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L'Essentiel du jour

Au dixième jour de la guerre, la rhétorique s’enflamme entre les belligérants
Par
Taline Becharraoui
Publié
mars 10, 2026 - 17:45

Au dixième jour du début de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran qui a embrasé la région, Liban inclus, la tension continue de monter. Les autorités américaines et israéliennes haussent le ton, et les piliers du régime iranien, qui joue sa survie, répondent avec une virulence accrue, comme s’ils avaient repris du poil de la bête depuis l’annonce de l’identité du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei. Le président américain Donald Trump avait donné le ton, lundi, en déclarant penser que «la guerre est finie, quasiment», dans une interview à la chaîne CBS, considérant que le conflit est «très en avance» sur le calendrier initial. «C’est nous qui déciderons de la fin de la guerre», ont rétorqué les Gardiens de la révolution dans un communiqué.

S’adressant aux dirigeants de l’UE, Aoun laisse éclater sa colère contre le Hezbollah

Ce dixième jour de l’offensive américano-israélienne contre le régime des mollahs iraniens a été marqué par trois faits saillants : la position en flèche adoptée par le président Joseph Aoun qui a stigmatisé, en des termes très sévères, le comportement du Hezbollah, se prononçant en outre pour des négociations directes avec Israël sous supervision internationale ; les intenses bombardements aériens israéliens contre la banlieue-sud de Beyrouth, plus précisément contre les bureaux du Qard el-Hassan (la structure financière illégale du Hezbollah) ; et le vote par le Parlement de la prorogation du mandat des députés pour une période de deux ans.

Un commando israélien à Nabi Chit; Pezeshkian «s’excuse» auprès des pays arabes!

La nuit du vendredi 6 au samedi 7 mars a été marquée par une intrusion israélienne héliportée dans un village de la Békaa, dont l’objectif apparent était la recherche des restes de Ron Arad, aviateur israélien disparu en 1986 après que son avion avait été abattu. Les habitants de plusieurs régions libanaises, notamment le Mont-Liban, ont entendu le bruit incessant de l’aviation israélienne à basse altitude toute la nuit de vendredi à samedi. L’action, elle, se déroulait dans un village de Baalbeck dans le nord de la Békaa, Nabi Chit, qui a été le théâtre de l’opération d’une unité de commando.

Paris aurait présenté un projet de solution définitive
Par
Tilda Abou Rizk
Publié
mars 6, 2026 - 16:47

Le gouvernement libanais a entrepris vendredi 6 mars une intense activité diplomatique afin de tenter de mettre un terme à la dégradation galopante qui secoue le pays, suite à la réouverture du front du Liban-Sud par le Hezbollah, dans la nuit du 1 er au 2 mars, faisant fi de toutes les mises en garde qui ont été adressées au Liban sur ce plan au cours des dernières semaines. Face à cette nouvelle aventure suicidaire de la formation alliée aux Pasdaran, les activités paramilitaires et sécuritaires du parti pro-iranien ont été interdites lundi par le gouvernement de Nawaf Salam. Mais le Hezbollah demeure totalement sourd aux injonctions officielles et reste profondément engagé, sur instruction de la République islamique iranienne, dans une guerre régionale à laquelle le Liban est totalement étranger.

Le cabinet Salam lance la chasse aux Pasdaran
Par
Michel Touma
Publié
mars 5, 2026 - 20:16

Le Conseil des ministres réuni jeudi au Grand Sérail a adopté plusieurs mesures visant à empêcher toute activité et toute présence des Gardiens de la révolution islamique iranienne au Liban, dans ce qui est perçu comme une véritable chasse aux Pasdaran dans le pays. Le gouvernement a demandé aux ministères concernés (Défense et Intérieur) ainsi qu’aux municipalités et aux différents services de sécurité de prendre toutes les mesures qui s’imposent afin d’empêcher toute activité militaire et sécuritaire des Gardiens de la révolution sur le territoire libanais. Les autorités concernées ont été chargées de déceler la présence de Pasdaran dans le pays, de les arrêter et de les expulser. Par ailleurs, sur proposition du ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, le gouvernement a décidé d’imposer l’obtention d’un visa d’entrée à tout ressortissant iranien désireux de se rendre au Liban.

Israël multiplie les assassinats de cadres; l’Iran étend ses tirs à l’Azerbaïdjan

L’offensive américano-israélienne lancée le 28 février dernier contre le régime des mollahs iraniens ainsi que la réouverture consécutive du front du Liban-Sud par le Hezbollah, dans la nuit du 1 er au 2 mars, ont pris une nouvelle tournure au cours des dernières quarante-huit heures. Alors que les raids aériens contre les positions du Hezbollah se poursuivent, notamment dans la banlieue-sud de Beyrouth et dans plusieurs villages de la région méridionale du pays, l’aviation de l’Etat hébreu multiplie les raids ciblés visant à éliminer des cadres supérieurs de la formation pro-iranienne et des organisations palestiniennes fondamentalistes. Mercredi 4 mars, et dans la journée de jeudi, 5 mars, des raids ont été menés à Aramoun, Saadiyate, Bchemoun, Choueifat, Saïda, Hazmieh, sur la route de l’aéroport de Beyrouth (deux cadres du Hezbollah assassinés), Zahlé et dans le camp palestinien de Baddaoui, au Liban-Nord, où un haut responsable du Hamas a été tué.

Israël et les USA se partagent la destruction des infrastructures du régime iranien

«Ils sont finis (…). Cette guerre est sept fois plus puissante que la précédente.» En peu de mots, le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a résumé la tournure prise, ou qu’a commencé à prendre, la guerre lancée le 28 février dernier par les États-Unis et Israël contre le régime des mollahs iraniens. Le ministre US a souligné que cette guerre en est encore à ses débuts, précisant que de nouveaux avions et de nouvelles forces armées seront acheminés prochainement au Moyen-Orient pour participer aux opérations militaires. Les déclarations du secrétaire à la Guerre reflètent clairement les développements en cours en Iran. Cette journée du 4 mars 2026 a été marquée principalement par les violents bombardements intensifs menés par l’aviation israélienne contre les bâtiments, les centres de commandement, et les infrastructures relevant du régime dans la région de Téhéran. Plus d’une centaine de centres des bassidjs (le bras armé répressif des Gardiens de la révolution islamique) ont notamment été la cible des bombardiers israéliens.

L’armée israélienne occupe de nouvelles positions au Liban-Sud
Par
Michel Touma
Publié
mars 3, 2026 - 21:22

L’initiative prise par le Hezbollah dans la nuit du 1 er au 2 mars de réactiver le front du Liban-Sud, à la demande vraisemblablement des Gardiens de la Révolution iranienne, aboutira-t-elle à un retour de l’occupation israélienne dans une partie de la région méridionale du pays ? Cette question s’est posée avec acuité en ce mardi 3 mars 2026 à la lumière de l’annonce par le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, de la décision de l’État hébreu de «prendre le contrôle de zones supplémentaires» au Liban-Sud «pour protéger les communautés frontalières». En clair, l’armée israélienne avancera en territoire libanais et occupera de nouveaux secteurs qui viendront s’ajouter aux cinq positions stratégiques desquelles Tsahal ne s’était pas retiré après l’application du cessez-le-feu qui avait été convenu en novembre 2024.

Le gouvernement libanais proclame illégale l’action militaire du Hezbollah

Au troisième jour de l’offensive américano-israélienne contre le régime des mollahs iraniens (l’opération conjointe « Rugissement des lions »), les développements se sont accélérés sur le plan des opérations militaires et se sont étendus au Liban. Dans la nuit du dimanche 1 er mars au lundi 2 mars, ainsi que dans la journée de lundi, le « front » du Liban s’est ainsi embrasé à la suite de tirs de missiles lancés par le Hezbollah contre le nord d’Israël, plus particulièrement contre la région de Haïfa. Faisant fi effrontément de la position claire de la quasi-totalité des factions politiques locales et, surtout, du pouvoir central, qui ont mis en garde explicitement le parti pro-iranien contre toute tentative de s’impliquer dans le conflit iranien, le Hezbollah a malgré tout pris la décision suicidaire d’entrainer le Liban dans cette guerre (une n-ième guerre stérile) pour venger la mort du Guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, tué samedi dernier, 28 février, lors du premier raid lancé par l’aviation israélienne à Téhéran.

Chronique d’un suicide annoncé
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mars 2, 2026 - 04:35

Pouvait-il en être autrement? Le Liban, devenu depuis 1973 le seul front actif de toutes les guerres régionales, pouvait-il, pour une fois, rester en dehors d’un conflit existentiel pour l’une de ses composantes politiques, le Hezbollah, dans la mesure où ce dernier fait partie intégrante des Gardiens de la révolution iranienne, actuellement sous le feu israélo-américain à Téhéran? Non. Le Hezbollah a ainsi superbement ignoré les avertissements internationaux relayés ces derniers jours par l’État libanais, et selon lesquels son intervention dans la guerre en cours entre l’Iran et l’axe américano-israélien provoquerait son annihilation et coûterait cher au Liban. Comme s’il voulait asséner un camouflet retentissant au président de la République, Joseph Aoun, et au cabinet Salam.