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Aoun stigmatise les agissements du Hezbollah dans le Golfe

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Des familles déplacées du sud du Liban à côté de leurs tentes recouvertes de bâches en plastique pour se protéger des intempéries, installées le long du front de mer de Beyrouth. (Dimitar Dilkoff/AFP)
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Par LevantTime .
Publié mars 21, 2026 - 01:31

C’est au rythme des échanges de tirs de missiles entre l’Iran et Israël que le monde arabe et islamique a célébré, vendredi, la fête du Fitr, qui marque la rupture du jeun de Ramadan. 

Le président libanais Joseph Aoun s'est entretenu vendredi par téléphone à cette occasion avec son homologue émirati, Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane. Au cours de cet entretien le chef de l’Etat a "stigmatisé l'implication de certains partis politiques dans un complot de sabotage que les Emirats ont annoncé avoir déjoué aujourd'hui" (vendredi), selon un communiqué de la présidence libanaise, faisant référence aux accusations visant le Hezbollah.

La milice pro-iranienne a de son côté rejeté vendredi les accusations "fallacieuses" des Emirats arabes unis qui ont annoncé l'arrestation d'au moins cinq membres d'un réseau terroriste lié à l'Iran et au Hezbollah, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

C'est la troisième fois cette semaine que le mouvement chiite nie tout lien avec des cellules démantelées dans des pays du Golfe.

Le réseau du Hezbollah aux Emirats avait "cherché à infiltrer l'économie nationale et à mener des opérations extérieures menaçant la stabilité financière du pays" dans le cadre d'"un plan stratégique prédéfini, en coordination avec des parties externes liées au Hezbollah et à l'Iran", avait indiqué l'agence de presse officielle Wam, citant les services de sécurité des Emirats.

Dans ce même contexte, le Hezbollah a démenti à deux reprises cette semaine toute présence au Koweït, après l'arrestation de 16 personnes accusées d'avoir planifié une opération de "sabotage". Les autorités koweitiennes ont fait état, par ailleurs, du démantèlement d'une cellule de dix personnes affiliées au Hezbollah qui préparait, selon l’émirat, "un complot terroriste visant des installations vitales". Au cours d’un entretien téléphonique avec l’émir du Koweït, le président Aoun devait également condamner les agissements du Hezbollah dans l’émirat.  

De son côté, l'ambassadeur des Etats-Unis à Beyrouth, Michel Issa, a salué la proposition du président Joseph Aoun d'entamer des négociations directes avec Israël pour mettre fin à la guerre contre le Hezbollah. M. Issa a néanmoins déclaré qu'Israël n’a pas « décidé de mettre fin à ses frappes ».

"Le Liban doit décider s'il doit rencontrer les Israéliens dans ces circonstances", a-t-il ajouté. 

Par ailleurs, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a appelé vendredi l'Iran à des "concessions majeures". " Le régime iranien doit se résoudre à un changement radical de posture permettant la coexistence pacifique de l'Iran avec son environnement régional", a-t-il ajouté.

La diplomatie française cherche en particulier à éviter un élargissement du conflit entre Israël et le Liban, entraîné par le Hezbollah dans une guerre qui ne le concerne pourtant pas. Jean-Noël Barrot a ainsi condamné «la décision inadmissible et irresponsable du Hezbollah» qui s'est joint «aux agressions iraniennes contre Israël», tout en réaffirmant la disponibilité de Paris à faciliter des pourparlers «directs», entre Tel Aviv et Beyrouth. 

Tel Aviv n’écarte toujours pas l’éventualité d’une incursion terrestre d’envergure que la France essaie donc d’éviter, alors que le Hezb continue de cibler le nord d’Israël. Le porte-parole militaire israélien a annoncé vendredi que Tel Aviv envisage d’accentuer la pression sur le Hezbollah et élargir au cours des prochains jours, ses opérations militaires terrestres au Liban-Sud. Il a précisé que l’armée israélienne a ciblé plus de 2000 objectifs de ce groupe, depuis qu’il a commencé à attaquer son territoire, et continuera de le faire.

Depuis le début de la guerre lancée par l’axe Israël-Etats-Unis contre l’Iran, le 28 février, les autorités israéliennes répètent que leurs opérations militaires ne prendront fin que lorsque les objectifs fixés seront atteints: anéantir les capacités de l’Iran à produire des armes nucléaires et balistiques, affaiblir, sinon détruire le régime des Mollahs et ses proxies dans la région. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président américain, Donald Trump, ont tous deux réaffirmé qu’ils s’en rapprochent. 

A ces propos, les Gardiens de la révolution en Iran ont réagi en annonçant, vendredi, que Téhéran «poursuit, depuis le début de la guerre, la production de missiles», ne connaît pas de pénurie de stocks, et qu’ «il n’y a aucune inquiétude à ce sujet», selon l’agence Reuters. 

Ils ont dans le même menacé de cibler des responsables israéliens et américains. Cette menace en particulier, fait suite à l’élimination continue des cadres du commandement iranien.

Les Pasdarans ont ainsi confirmé vendredi la mort de leur porte-parole, Ali-Mohammad Naïni, alors qu’Israël annonçait la liquidation d’un «commandant clé du ministère iranien du Renseignement, Mehdi Rastami Shmastan, lors d’une frappe ciblée, mercredi».

Sur un autre plan, le Royaume-Uni a autorisé les Etats-Unis à utiliser des bases britanniques pour frapper des sites iraniens visant le détroit d'Ormuz dans le cadre d'"opérations défensives", une décision que Londres aurait dû prendre "beaucoup plus rapidement" selon Donald Trump.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a lui accusé sur X le Premier ministre Keir Starmer de mettre "des vies britanniques en danger en autorisant l'utilisation de bases britanniques pour mener une agression contre l'Iran".


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