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Un Œil sur l'évènement

Le Liban, le projet iranien et l’autocritique inachevée
Par
Hisham Dibsi
Publié
oct. 19, 2026 - 03:17

Le texte qui suit est la traduction d’une rencontre-débat autour de l’ouvrage du Dr Mohammad Ali Mokalled « La fin du Hezbollah et de tous les fondamentalismes », dans le cadre du Salon du Livre de Beyrouth. L’auteur du texte, notre collaborateur Hisham Dibsi, approuve et apprécie l’exercice de la remise en question des idées adoptées dans le but de rectifier la lecture de l’histoire. Il apprécie ainsi la méthode adoptée par l’auteur, Mohammad Ali Mokalled, dans la recherche historique et politique. La remise en question critique, au Liban, lorsqu’elle porte sur les rapports avec l’État, la société et la violence, ne doit pas commencer par l’examen de l’expérience de l’autre, mais d’abord par celui de son propre rôle, puis de celui de son parti, sans oublier la critique du milieu social qui lui a servi d’environnement et de soutien.

«L’Aube du Yémen»: un tournant aux conséquences durables (2)
Par
Hisham Dibsi
Publié
oct. 15, 2026 - 19:24

II - Où va le Yémen? On ne peut comprendre le tournant que représente l’opération «L’Aube du Yémen» à partir de ses seuls résultats militaires immédiats, ni se contenter d’examiner les positions affichées par les parties engagées dans la guerre. L’enjeu dépasse le cadre des affrontements sur le terrain pour toucher à la recomposition des équilibres régionaux, à l’avenir du Yémen et à sa place dans les enjeux de sécurité arabe et des voies maritimes internationales. La comparaison entre «L’Aube du Yémen» et l’opération «Tempête décisive» de 2015 révèle sans doute l’ampleur des changements intervenus dans la nature et les objectifs de la guerre. À l’époque, l’Arabie saoudite s’était engagée dans le conflit au nom du rétablissement de la légitimité et de la nécessité d’empêcher les Houthis de prendre le contrôle de l’État yéménite, forte d’une large supériorité militaire et d’une coalition régionale. Mais les années de guerre ont démontré que la supériorité militaire ne suffisait pas à trancher un conflit dans lequel les divisions internes s’entremêlent aux calculs régionaux, et où la géographie devient un facteur de puissance aussi important que les armes.

«L’Aube du Yémen»: un tournant aux conséquences durables (1)
Par
Hisham Dibsi
Publié
oct. 10, 2026 - 16:38

De «Tempête décisive» à «L’Aube du Yémen» La distance qui sépare «Tempête décisive» de «L’Aube du Yémen» ne se résume pas à onze années de guerre au Yémen. Elle représente un parcours politique et stratégique marqué par une accumulation d’échecs, des modifications des rapports de force et des transformations de la place du Yémen dans le conflit régional, jusqu’à cette situation où la sécurité de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb est devenue partie intégrante des calculs de guerre et de ses possibles dénouements. Lorsque l’Arabie saoudite a lancé l’opération «Tempête décisive», en mars 2015, l’objectif affiché était de rétablir l’autorité reconnue par la communauté internationale et d’enrayer l’expansion des Houthis après leur prise de Sanaa et leur progression vers Aden. L’intervention apparaissait comme une tentative d’empêcher l’effondrement d’une configuration politique et sécuritaire dont Riyad jugeait le maintien indispensable pour protéger ses frontières méridionales et empêcher que le Yémen ne devienne une base d’influence hostile sur le flanc sud du royaume.

La Palestine à l’épreuve de l’ONU
Par
Hisham Dibsi
Publié
oct. 3, 2026 - 13:02

Le Premier ministre israélien est rentré de New York déçu. Seule une poignée de délégations l’ont écouté, et son discours était dépourvu de toute formule laissant entrevoir une volonté de faire la paix au Moyen-Orient. Il ne s’est adressé qu’à ceux dont il veut recueillir les voix lors des prochaines élections à la Knesset afin de rester au pouvoir. En revanche, les Palestiniens ont obtenu un succès politique et diplomatique manifeste sur cette scène internationale, malgré leur situation de faiblesse, le siège et les pressions constantes. Nous avons ainsi assisté à une forme de folie en Cisjordanie, alors que la saison de la récolte des olives coïncidait avec l’acquis palestinien, certes limité, obtenu à l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Les défis de la paix mondiale
Par
Hisham Dibsi
Publié
sept. 26, 2026 - 21:54

À la même période chaque année, la ville de New York accueille le plus grand rassemblement d’élites consacré à la discussion des questions de paix mondiale et de l’avenir de la vie sur cette planète. Une sorte de fièvre politico-médiatique s’empare alors des lieux, tandis que monte la question du rôle et de la fonction de l’Organisation des Nations unies, de sa capacité et de sa compétence à accomplir la mission première qui lui avait été assignée lors de sa fondation. On remarque également les signes manifestes de vieillissement et de décrépitude de son bâtiment, qui a besoin d’être rénové. Certains estiment toutefois qu’il faudrait plutôt le démolir et le reconstruire entièrement, tant les transformations profondes qu’a connues le monde au cours des huit dernières décennies l’exigent. Ces évolutions ont rendu le «Conseil de sécurité» incapable de garantir la paix mondiale, tout comme il se montre incapable de faire appliquer ses propres résolutions.

Les deux tours - Manhattan aujourd’hui
Par
Hisham Dibsi
Publié
sept. 15, 2026 - 16:54

Et si Woody Allen avait été présent cette année à la commémoration de la chute des deux tours? Il aurait réfléchi, regardé, écouté. Il aurait observé Bill Clinton, qui avait annoncé la théorie de la troisième voie pour le nouveau millénaire, tandis que les yeux de George W. Bush se seraient refermés sur le spectacle de l’invasion de l’Irak et qu’Obama, le sauveur à la peau sombre, aurait évolué d’une politique à l’autre avec une souplesse qui n’avait rien à envier à son agilité physique. À côté de lui, Joe Biden aurait dormi debout, le visage marqué par la tristesse, la vieillesse et l’ennui, comme une copie qui ne ressemble plus à l’original.

Bavardages électoraux
Par
Hisham Dibsi
Publié
sept. 7, 2026 - 18:44

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a créé la surprise lors de sa visite dans la localité de Turmus Ayya, en Cisjordanie, après que ses habitants possédant la nationalité américaine eurent insisté pour solliciter son aide afin de mettre un terme aux actes de vandalisme, au blocus, aux incendies et au pillage de leurs biens par les colons. Il a qualifié ces derniers de «terroristes criminels». Cela s’est produit le 5 du mois courant. La déclaration émanait d’un pasteur baptiste, ancien gouverneur de l’Arkansas, qui se targue d’être un sioniste convaincu et appelle le gouvernement israélien à annexer les territoires de Cisjordanie, qu’il considère comme le cœur de l’État juif, allant ainsi au-delà de la position officielle de son pays et de son président, Donald Trump.

Surenchère électorale
Par
Hisham Dibsi
Publié
sept. 1, 2026 - 04:18

Trois pôles structurent aujourd’hui la vie politique quotidienne en Israël, jusqu’aux élections de la vingt-sixième Knesset prévues le 27 octobre prochain. Le premier est le Premier ministre Benjamin Netanyahu, allié aux courants les plus extrêmes du sionisme religieux. Face à lui, Naftali Bennett, issu de la droite nationaliste, s’est allié au centriste Yaïr Lapid. Le troisième, venu de l’institution militaire, est l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, qui pourrait constituer le rival le plus dangereux pour Netanyahu. Les sondages d’opinion évoluent constamment. Une seule donnée demeure toutefois inchangée jusqu’à présent: aucun des trois pôles ne semble capable de réaliser la percée qui lui permettrait de former le prochain gouvernement.

Du fondamentalisme religieux... La dernière danse de la mort (3/3)
Par
Hisham Dibsi
Publié
août 25, 2026 - 04:34

La dernière danse de la mort a commencé au moment du coup de force contre les institutions de l’Autorité nationale en 2007, conséquence directe de la dualité du pouvoir, après l’élection d’Ismaïl Haniyeh au poste de Premier ministre. La mission fondamentale de ce dernier consistait pourtant à mettre en œuvre la politique du président de l’Autorité, élu au suffrage populaire, dans le cadre d’un système électoral hybride: les électeurs choisissent la moitié des membres du Conseil législatif selon un scrutin uninominal, en votant directement pour un candidat, et l’autre moitié selon un scrutin de listes partisanes, l’ensemble du territoire constituant une circonscription unique. Le nombre d’élus de chaque liste est déterminé en fonction du pourcentage de voix obtenu.

 Le fondamentalisme religieux…  La danse de la mort (2/3)
Par
Hisham Dibsi
Publié
août 18, 2026 - 13:32

Les Frères musulmans sont passés de l’action de prédication à l’activité politique et jihadiste en Palestine en restructurant leur organisation, qui prit la forme du Mouvement de la résistance islamique, le Hamas. Cette mutation s’accompagna d’un élargissement considérable de son assise populaire. Le mouvement chercha alors à imposer sa propre conception de l’intérêt palestinien, comme nous l’avons exposé dans la première partie de cette analyse. Dans sa politique affichée, le Hamas s’appuya sur deux piliers: faire échec aux accords d’Oslo et dénoncer la gestion ainsi que la corruption de l’Autorité nationale palestinienne. Il promut parallèlement les mots d’ordre de réforme et de changement, en prenant pour cible l’Autorité, ses ministères, ses appareils, ainsi que l’Organisation de libération de la Palestine, cadre politique palestinien détenteur de la représentation officielle et de la légitimité internationale.

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