


La guerre en Iran est rentrée dans sa troisième semaine et, au stade actuel, les deux camps en présence, la coalition américano-israélienne, d’une part, et la République islamique iranienne, d’autre part, se livrent à une escalade militaro-politique qui parait aller crescendo.
Le président Donald Trump a ainsi haussé le ton face à ses alliés occidentaux pour surmonter leurs réticences concernant la mise sur pied d’une vaste coalition qui prendrait en charge la sécurité de la voie maritime du détroit d’Ormuz.
Le chef de la Maison Blanche a été jusqu’à souligner que si les alliés des Etats-Unis maintiennent leur refus d’envoyer une force navale militaire pour sécuriser le détroit d’Ormuz, les conséquences sur l’OTAN pourraient être fâcheuses.
Dans l’après-midi de lundi, le président Trump devait rappeler à l’opinion publique le véritable enjeu de la guerre actuelle lancée contre le régime des mollahs. Il a notamment relevé à ce sujet, à l’attention de ceux qui n’ont pas saisi la véritable portée de ce conflit : « Ce qui se passe actuellement est mineur en comparaison avec les années de terrorisme exercé par le régime iranien ». Et le chef de la Maison Blanche d’ajouter que « le régime iranien a été anéanti ».
Si sur le plan militaire certains pays occidentaux se montrent, pour l’heure, réticents à s’engager directement dans le conflit armé, au niveau politique, par contre, l’heure est à l’escalade verbale.
Le président Emmanuel Macron est ainsi entré en contact avec son homologue iranien, Massoud Pezechkian, à qui il a exprimé ses vifs griefs au sujet des agressions iraniennes perpétrées contre la France et les pays voisins de l’Iran.
Pour sa part, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a souligné « l’appui total » de l’Allemagne aux Etats-Unis et à Israël dans le conflit en cours, affirmant qu’« il est clair que le régime iranien constitue un danger pour ses voisins, pour l’ensemble de la région, pour la liberté de navigation et pour le développement économique global ». « Ce danger ne doit pas continuer à exister », a relevé le ministre allemand.
Le gouvernement britannique a réaffirmé de son côté ses critiques à l’égard du régime iranien, précisant qu’il entreprend des contacts avec des pays européens afin de garantir la sécurité du détroit d’Ormuz. Des contacts diplomatiques seraient effectivement en cours entre les chancelleries occidentales pour assurer la sécurité de la navigation maritime et garantir les exportations pétrolières sans encombre.
Cette question paraît d’autant plus vitale que le blocage du détroit a eu pour conséquence, prévisible, une flambée du prix du pétrole sur le marché international, frôlant la barre de 110 dollars le baril.
Notons dans ce contexte que certains réseaux sociaux ont rapporté lundi matin des informations faisant état de la mise en service par l’Arabie saoudite d’un pipeline construit dans le désert saoudien et débouchant sur la mer Rouge. Ce pipeline aurait été construit, affirment les sources précitées, il y a de nombreuses années afin de constituer une voie de substitution au détroit d’Ormuz en cas de conflit.
L’escalade militaire
Au niveau des opérations militaires, la nuit du dimanche 15 mars et la journée du lundi 16 mars ont connu une nette escalade sur tous les « fronts ». L’aviation israélienne a ainsi lancé des raids intensifs contre les infrastructures du régime iranien à Téhéran.
Dans le même temps, la banlieue-sud de Beyrouth et plusieurs secteurs de la région méridionale étaient la cible de très violents bombardements aériens. Les raids de l’aviation israélienne assuraient semble-t-il une couverture à un nouveau déploiement d’unités blindés de Tsahal dans certaines zones du sud où des accrochages avec des miliciens du Hezbollah étaient en outre signalés.
Il convient d’indiquer dans ce cadre que le ministre israélien de la Défense a annoncé lundi la couleur en soulignant sans détour que Tsahal a entamé au Liban-Sud une opération d’envergure visant à détruite toute l’infrastructure du Hezbollah dans la zone méridionale du Liban. Il a ajouté que les habitants des villages du sud du Litani ne retourneront chez eux que lorsque la sécurité de la population du nord d’Israël sera garantie.
Parallèlement, les tirs de missiles et les attaques aux drones se sont intensifiés contre les pays du Golfe. L’Arabie saoudite a indiqué lundi, en début d’après-midi, avoir intercepté dans la nuit de dimanche et la matinée de lundi non moins de 60 drones.
Les Emirats arabes unis n’ont pas été épargnés et le trafic aérien à l’aéroport international de Dubaï a été momentanément interrompu en raison d’un incendie provoqué à proximité par un tir de missile.
Les environs de l’aéroport de Bagdad n’ont pas été en reste et ont été pris pour cible par des drones et des missiles iraniens.
Signalons, enfin, que le régime des mollahs a adressé « aux musulmans du monde et à tous les pays musulmans » un message dans lequel il les exhorte à prendre clairement position au sujet du conflit actuel. Le pouvoir iranien a en outre menacé de s’en prendre aux « entreprises américaines » au Moyen-Orient.