Logotipo de Levant Time

Culture

Avec l’OIF, les littératures francophones abolissent les frontières
Por
Nanette Ziadé-Ritter
Publicado
oct. 12, 2026 - 12:22

Une prose poétique ou une poésie prosaïque? C’est le premier sentiment qui happe le lecteur dans Cette vieille chanson qui brûle . L’écriture est au cœur de ce second roman d’Alexandre Lenot, qui tient davantage en haleine par ses longues phrases riches que par sa trame dramatique. Il y est question de liens familiaux distendus, de gémellité, d’identité mixte, de quête d’amour et de reconnaissance, d’écologie et de militantisme. C’est touffu, mais ça coule de source, tant ce roman entraîne le lecteur dans une spirale d’événements cruels qui se fondent dans une écriture d’une puissance exaltante.

Eva Gonzalès, la liberté subtile au pinceau
Por
Yasmina Comair
Publicado
oct. 11, 2026 - 03:41

Le Petit Palais consacre à Eva Gonzalès sa première grande rétrospective, depuis le 15 septembre et ce jusqu’au 24 janvier prochain, réunissant près de cent peintures, pastels et gravures. Unique élève d’Édouard Manet, contemporaine de Berthe Morisot et Mary Cassatt sans jamais véritablement appartenir au groupe impressionniste, elle fut surtout une femme qui sut se frayer un chemin dans un XIXe siècle qui en laissait peu aux artistes de son sexe. Remarquablement construite, l’exposition est aussi émouvante : derrière l’élève, le modèle, l’épouse et la mère, elle laisse apparaître, œuvre après œuvre, une artiste peintre qui conquiert sa liberté.

News du mois de septembre: la bataille du Liban
Por
Nadim Tabet
Publicado
oct. 4, 2026 - 21:58

Le mois de septembre vient de s’achever et, malheureusement, je n’ai pas réussi à atteindre l’un des objectifs que je m’étais fixés pour ce mois, à savoir terminer un texte que je suis en train de rédiger sur le cinéma libanais. Un texte traversé, entre autres, par la question de savoir ce que ce cinéma doit filmer au moment où le pays vit une nouvelle invasion israélienne, où la société libanaise est plus que jamais divisée et où commencent déjà à émerger des récits venus d’ailleurs sur ce qui nous arrive. Je pense, par exemple, à ce film annoncé sur l’opération des pagers, qui passera probablement sous silence les destructions provoquées par Israël au sud du Liban pour inviter plutôt le spectateur à s’émerveiller devant la prouesse technique d’une telle opération.

Le Festival Samir Kassir, ou le Liban qui n’est pas encore né
Por
Jad Akhawi
Publicado
sept. 17, 2026 - 21:05

Chaque année, lorsque commence le Festival du Printemps de Beyrouth, organisé par la Fondation Samir Kassir, j’observe le public avant d’observer la scène ou l’écran. Peut-être parce que, pour moi, le nom de Samir n’est pas simplement celui que porte un festival, et que la Fondation Samir Kassir n’est pas simplement une institution culturelle, je me surprends à chercher autre chose sur les visages: la Beyrouth à laquelle Samir croyait existe-t-elle encore? Y a-t-il encore des gens qui veulent de la culture, du débat, de l’art et de la liberté? La ville est-elle encore capable, au milieu de tout ce qui l’a frappée, de rassembler les gens autour d’une idée, plutôt qu’autour d’un chef, d’une communauté ou d’une peur?

Pourquoi la pensée de Habermas reste d’une brûlante actualité
Por
Nanette Ziadé-Ritter
Publicado
août 24, 2026 - 15:04

En des temps où la réflexion publique semble parfois s’essouffler, la pensée du philosophe allemand Jürgen Habermas apparaît comme une boussole singulière et demeure, aujourd’hui encore, d’une brûlante actualité du fait qu’elle engage une réflexion sur la modernité laïque, la place de la religion, l’État-nation et le nationalisme dans un contexte européen, ainsi que sur la pensée critique d’une manière générale, sous l’angle de «l’éthique de la discussion» et du «dialogue libre de toute domination». Sa pensée s’oppose dans ce cadre à l’idée que le bien et le mal pourraient être définis par une autorité absolue, une tradition figée ou une vérité métaphysique incontestable. À l’inverse, Habermas défend l’idée qu’ils doivent être discutés rationnellement entre individus libres et égaux, dans un espace de dialogue ouvert.

«Byblos» à l’IMA, une résistance culturelle face à la guerre
Por
Fabienne Touma
Publicado
juil. 9, 2026 - 14:12

À l’heure où les conflits fragilisent les équilibres culturels et menacent directement les trésors du passé, certaines expositions dépassent le simple cadre artistique pour devenir de véritables actes de résistance culturelle. C’est précisément le cas de l’exposition «Byblos, cité millénaire du Liban», présentée jusqu’au 23 août 2026 à l’Institut du monde arabe (IMA) de Paris. À travers près de 400 objets, elle retrace l’histoire ancienne de Byblos, l’un des plus anciens ports au monde, tout en s’encrant concrètement dans l’actualité et le conflit qui affecte aujourd’hui le Liban et le Moyen-Orient. Car l’exposition est aussi, malgré elle, façonnée par la guerre.

3m 41s
Une politique culturelle est-elle possible au Liban? (2/2)
Por
Fabienne Touma
Publicado
juin 17, 2026 - 09:54

Dans un précédent article, nous avons souligné que malgré les crises successives qui ont frappé le Liban, la scène artistique libanaise continue de faire preuve d’une remarquable résilience, au Liban comme à l’étranger. Expositions, festivals, ouvertures de galeries, nouvelles institutions, initiatives se rapportant au patrimoine: l’art et la culture liés au Liban n’ont jamais complètement cessé d’exister, contre vents et marées. Au contraire, ils semblent aujourd’hui retrouver une nouvelle dynamique qui participe à l’élaboration d’une diplomatie culturelle à l’international et laisse entrevoir les prémices d’une politique culturelle spécifique au pays du Cèdre.

«Rouvenat», une émotion de pierres anciennes
Por
Yasmina Comair
Publicado
juin 14, 2026 - 21:20

Après plus de vingt ans passés au cœur des grandes maisons de la haute joaillerie et du luxe international, de Cartier à Hermès, de De Beers à LVMH, entre Paris, Londres et New York, Marie Berthelon aurait pu prolonger une trajectoire parfaitement tracée au sommet du système. Elle a choisi de s’en écarter pour réveiller Rouvenat, Maison disparue du XIXe siècle qu’elle réactive aujourd’hui comme un territoire vivant, à la frontière de l’héritage et de l’avant-garde. À la tête d’une structure réduite et ultra-engagée, elle y défend une vision singulière de la haute joaillerie: un luxe de circularité et de mémoire, où l’or recyclé, les pierres anciennes retrouvées dans des coffres oubliés et les matières brutes ou polies ne cherchent pas la perfection mais la lumière. Une joaillerie qui ne s’ajoute pas au monde, mais qui le réveille, en transformant ce qui existait déjà en présence contemporaine.

Diplomatie culturelle libanaise: entre rayonnement, solidarité et résistance (1/2)

Un Pop-Up Store libanais est organisé les 30 et 31 mai à Paris, à la galerie Aalamuna, par l’entreprise ELFAN pour la promotion des artistes libanais. Cette nouvelle initiative d’ELFAN est à inscrire dans le sillage d’une vaste dynamique générale visant à soutenir les artistes libanais en développant la présence culturelle libanaise en France et en Europe. Avant d’exposer le contexte de ce nouveau Pop-Up libanais, un rapide survol, en amont, de la dynamique globale en cours, à laquelle participe le ministre de la Culture Ghassan Salamé, paraît utile à plus d’un égard. Depuis plusieurs années, plus particulièrement depuis les événements de 2019 et l’explosion au port de Beyrouth en août 2020, la culture libanaise connaît un essor grandissant à l’étranger. A l’évidence, les initiatives culturelles libanaises hors du Liban ne sont pas nouvelles : la diaspora a toujours joué un rôle essentiel dans la diffusion et la valorisation de l’identité culturelle du Liban. Mais aujourd’hui, ce phénomène semble prendre une ampleur nouvelle.

Gibran Khalil Gibran: un pont de lumière entre l’Orient et l’Occident (3/3)
Por
Micha Moussallem
Publicado
mai 21, 2026 - 20:56

Comme nous l’avons vu précédemment, Gibran Khalil Gibran est un artiste aux multiples facettes, à la fois poète, penseur, écrivain et peintre de grand talent. Bien qu’il soit principalement connu en Occident pour son œuvre littéraire Le Prophète , publiée dans de nombreuses langues, son travail pictural est tout aussi remarquable et a été reconnu de son vivant. « L’art est l’expression de la pensée par le pinceau, le ciseau, la plume ou le chant. C’est l’étincelle divine qui brûle en chacun de nous. » « Je voudrais peindre ce qui se trouve au plus profond du cœur humain. » Gibran montre des aptitudes pour le dessin dès l’enfance. En 1904, ses premiers dessins sont exposés au studio de Fred Holland Day à Boston, grâce à Mary Haskell, son mentor. En 1908, encouragé par cette dernière, il rejoint l’Académie Julian ainsi que l’atelier d’Auguste Rodin à Paris, afin de parfaire sa technique picturale. Cette rencontre avec Rodin marque sa vision du corps humain. Ce dernier compare d’ailleurs Gibran à William Blake. Comme Blake, Gibran illustre ses propres textes afin de créer une œuvre «totale» où le mot et l’image se répondent.

/