

Les craintes d’un enlisement du conflit militaire entre l’Iran et l’axe formé par Israël et les États-Unis se confirment à mesure que les développements sur le terrain s’accélèrent et que la confrontation politique et militaire entre Téhéran et Washington s’intensifie.
Au quatorzième jour de la guerre qui fait rage depuis le 28 février, Washington et Tel Aviv insistent sur leur volonté d’anéantir les capacités militaires d’un Téhéran qui réagit en élargissant le champ de ses attaques, quelques heures après le message belliqueux télévisé du nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, pourtant blessé dans la violente frappe qui avait tué son père, Ali Khamenei. La diplomatie, elle, ne semble toujours pas avoir de place dans ce bras-de-fer dont l’issue demeure incertaine.
Pour la première fois depuis le début du conflit, des objectifs français dans la région sont pris pour cible par l’Iran. Pourtant, traditionnellement, Paris entretient des relations cordiales avec la République islamique, tout en restant critique sur certains dossiers.
Il serait intéressant de relever que l’attaque n’a pas été menée directement par Téhéran, contrairement à celle qui avait visé le 2 mars une base britannique à Chypre. Les missiles, lancés par l’Iran, avaient été interceptés par Israël, selon le ministre britannique de la Défense, John Healy.
Un groupe occulte pro-iranien qui se fait appeler Ashab el-Kahf, a ainsi revendiqué, vendredi, l’attaque nocturne aux drones contre une base française à Irbil, en Irak, où un soldat français a été tué et au moins cinq autres ont été blessés. Selon ce groupe, il s’agit d’une réaction au déploiement du porte-avions Charles de Gaulle dans le Golfe. Une initiative que le président français, Emmanuel Macron, avait prise «dans un but défensif».
Ashab el-Kahf a également annoncé vouloir prendre pour cible l’ensemble des intérêts français dans la région et non seulement en Irak.
L’attaque contre la base française ne doit cependant pas être seulement mise sur le compte d’une réponse au déploiement du Charles de Gaulle. L’Iran cherche surtout à faire parvenir un message au président Macron qui l’avait vivement critiqué la semaine dernière, qualifiant Ali Khamenei, l’ancien Guide suprême tué par des frappes israélo-américaines, de «bourreau». Emmanuel Macron s’en était pris également au Hezbollah, lui reprochant d’avoir entraîné le Liban dans une guerre qui ne le concerne pas.
Ainsi, au moment où Washington et Tel Aviv continuent donc d’insister sur leur détermination à anéantir les capacités militaires de Téhéran, le régime des Mollahs s’efforce de montrer qu’il maintient celles-ci et qu’il a toujours la possibilité d’accentuer la pression sur ses «ennemis», en intensifiant ses attaques aux missiles et aux drones et en bloquant toujours le détroit d’Ormuz, au grand dam des Etats-Unis.
Quelques heures après les menaces du nouveau Guide suprême iranien qui a promis de plonger la région dans le chaos, les attaques iraniennes se sont intensifiées contre des bases américaines en Arabie saoudite, où 56 drones ont pu être interceptés dans la nuit de jeudi à vendredi, selon Riyad, aux Emirats arabes unis et au Koweit où un missile a touché de plein fouet un immeuble résidentiel.
La Turquie a également annoncé que l'Otan a intercepté au niveau du bassin oriental de la Méditerranée un missile iranien qui avait été tiré en sa direction.
En Israël, des responsables militaires, cités par des médias, ont cependant dit avoir constaté une diminution de la fréquence des attaques iraniennes aux missiles et aux drones, notamment contre le territoire israélien.
Celui-ci reste cependant sous le feu des attaques du Hezbollah qui a lancé plusieurs salves contre le nord israélien dans la nuit de jeudi à vendredi puis de nouveau vendredi, plongeant davantage le Liban dans une spirale de violence qu’il reste incapable de freiner.
En représailles, Israël ne s’est pas contenté de bombarder les secteurs et les villages où la formation pro-iranienne est implantée ou de mener des assassinats ciblés, comme à Nabaa, au nord de Beyrouth, vendredi matin, mais a entrepris de mettre à exécution sa menace de frapper des infrastructures civiles libanaises. Premières cibles: deux ponts au niveau du Litani au Liban-Sud, dont un qui relie les cazas de Tyr, Nabatiyeh, Bint Jbeil et Zahrani et qui revêt de ce fait une importance stratégique.
Pendant ce temps, le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, entamait une visite officielle au Liban. Dans les circonstances actuelles, celle-ci relève de la pure forme, l’Onu n’ayant aucun levier de pression ou marge de manoeuvres pour mettre fin au conflit en cours, ou intervenir afin de soustraire le Liban à la menace que représente le Hezbollah pour la sécurité du pays à long terme.
Dans un message sur son réseau social, Truth Social, le président Trump a réaffirmé que Téhéran est sur le point de capituler. «Nous sommes en train de détruire totalement le régime terroriste d'Iran, militairement, économiquement et autrement». «La marine iranienne a disparu, leur armée de l'air n'est plus, les missiles, les drones et tout le reste sont décimés, et leurs dirigeants ont été rayés de la surface de la terre», a-t-il ajouté.
Donald Trump a répété ce même message au cours d’une réunion virtuelle des dirigeants du G7. Selon le site Axios, il aurait évoqué une défaite très proche. Quelques heures auparavant, Mojtaba Khamenei, pourtant blessé dans la frappe qui avait tué son père, Ali Khamenei, affirmait qu’il n’était pas question pour l’Iran de «plier».