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Éditorial

Sauver l’humanisme intégral
Par
Michel Hajji Georgiou
Publié
mai 14, 2026 - 00:33

On continue à parler de « mondialisation » comme si le mot avait encore un sens commun. Il n’en a plus. Ou plutôt : il lui reste sa carcasse économique, la globalisation – flux de capitaux, chaînes de production, plateformes numériques –, mais son âme a disparu. La mondialisation comme ouverture, comme promesse d’un monde plus habitable par tous, comme quête d’un langage partagé entre les cultures, est en train de mourir. Cette mondialisation-là n’était pourtant pas qu’une réalité matérielle, mais un horizon moral. Elle reposait sur une idée simple, presque naïve : le contact répété entre les peuples, les cultures, les imaginaires finirait par désarmer la tentation de la guerre. Les distances réduites par la technologie, les transports, l’abolition des frontières douanières… On se croiserait à l’université, dans les festivals, dans les ONG, dans les institutions internationales ; on bâtirait des compromis, des traités, des programmes d’échange. On apprendrait à vivre ensemble, faute de mieux.

L’impasse…
Par
Jawad Pakradouni
Publié
mars 23, 2026 - 11:29

La position actuelle de l’Exécutif libanais n’est certainement pas enviable. Du président de la République et son discours d’investiture, au Premier ministre et son projet gouvernemental. De beaux discours, de belles promesses, une certaine volonté pour les réaliser, une bonne foi (du moins pour le second), mais l’obstacle de la réalité, du terrain, des dissensions, d’une nostalgie, d’un rêve, d’une utopie. D’aucuns reprochent à l’Exécutif son inertie, son incapacité à faire face aux évènements, et lui rappellent la position de Winston Churchill face à Chamberlain, le choix entre le déshonneur et la guerre. Il est facile de critiquer et de transposer les situations. Sauf que la politique du pays du Cèdre n’est pas celle d’un seul homme à l’instar de la Grande Bretagne, mais celle d’un consensus, confessionnel de surcroît.

«Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font»
Par
Jawad Pakradouni
Publié
mars 14, 2026 - 09:44

Et quid du pardon quand les offenseurs savent pertinemment et sciemment ce qu’ils font? Quid de la mansuétude à l’égard de ceux qui se foutent du pays, des autres et même des leurs? Au nom de Khamenei et de la République Islamique, le Hezbollah lance des roquettes sur le pays qui lui a anéanti son guide suprême en une seule frappe. Le prétendu chef du Hezbollah, Naim Kassem, le planqué, lance des guerres «karbaléennes», des batailles baptisées aux noms de versets coraniques, faisant ainsi honneur à son originel, « la résistance islamique au Liban ». Et pendant ce temps, c’est la mort, la destruction, la panique, le chaos. Leur pardonner?

Comment en sommes-nous arrivés là?
Par
Jawad Pakradouni
Publié
mars 7, 2026 - 13:59

Un énième retour à la guerre, une guerre qui n’est toujours pas la nôtre, celle pour venger la mort d’un dictateur théocrate. Il se dit que dans les temps d’infortune, la solidarité est de mise, et que nous ne devons régler nos comptes qu’après. C’est d’ailleurs ce que les voix moralistes préconisaient en 2023-2024. Non ! Aujourd’hui plus que jamais, nous devons dénoncer une fois pour toutes les causes de nos malheurs. Nos malheurs nous les devons bien évidemment au Hezbollah, mais aussi à la complaisance politicienne, à l’acquiescement d’un état de fait, de tous les partis. La complaisance pour éviter la « guerre civile »; l’acquiescement qui se traduit par des alliances contre nature, pour le partage des postes ou pour préserver des quotas confessionnaux.

Pour un retour au legs politique de Mohammed Mehdi Chamseddine
Par
Michel Touma
Publié
janv. 26, 2026 - 19:26

Le Liban et, plus spécifiquement, la communauté chiite ont commémoré il y a quelques jours le 25e anniversaire du décès, le 10 janvier 2001, de l’ancien président du Conseil supérieur chiite (CSC), l’imam Mohammed Mehdi Chamseddine. Celui qui fut pendant plus de deux décennies le chef spirituel de la communauté chiite libanaise, succédant à l’imam Moussa Sadr – mystérieusement disparu lors d’une visite en Libye en 1978 – a laissé derrière lui un « testament » politique dont de nombreux Libanais et étrangers, notamment dans les milieux universitaires et journalistiques, ignorent (ou occultent…) l'existence et la véritable portée. La dimension historique et véritablement existentielle de ce legs est mise en relief par les développements dramatiques dont le Liban et la région sont actuellement le théâtre.

Liban, Terre d’Asile
Par
Jawad Pakradouni
Publié
janv. 17, 2026 - 20:32

« Le Liban se distingue par la proximité unique entre la mer et la montagne. Les imposantes chaînes de montagnes du Liban s’étendent parallèlement au littoral de la mer Méditerranée, créant une diversité géographique saisissante qui réunit des plages magnifiques, des vallées verdoyantes et des montagnes couvertes de neige en hiver. » Introduction type que l’on retrouve dans tous les manuels de géographie libanaise qui décrit un pays unique en son genre, tout aussi captivant pour les autochtones que pour les touristes. Il ne faut donc pas s’étonner de l’afflux massif de ressortissants étrangers, notamment Syriens et Iraniens (lesquels, parait-il contribuent à une hausse soudaine du taux d’occupation de certains hôtels) : le Liban paie la rançon de son succès. Il est vrai que nous aurions préféré voir débarquer des Occidentaux ou des Arabes du Golfe Persique, mais malheureusement, nous ne choisissons pas nos touristes, et c’est bien le ministère concerné qui s’était fendu du slogan « Ahla Bhal Tallé » sans préciser les nationalités de la « tallé ».

Bonne année 2026 !
Par
Jawad Pakradouni
Publié
déc. 29, 2025 - 15:35

Chers compatriotes, Jeudi 1er janvier 2026 le Liban sera transfiguré! L’électricité fonctionnera 24h/24, sans générateur ou abonnement parallèle. Tous les malfaisants et corrompus seront jugés, du plus petit piaf au vieux corbeau aussi haut que soit son perchoir. L’État fonctionnera, du verbe fonctionner et non ponctionner. Un État où les services basiques de la République seront efficients et non inopérants. En parallèle, les télé-pilotes des MK seront au chômage technique, étant donné que le Hezbollah sera démilitarisé au nord, est et ouest du Litani. La question avec un grand Q est comment se fait-ce (quand bien même vous aurez le 1er janvier la tête dans la lettre ou le verbe)? Parce que tout simplement au Liban, chaque nouvelle année est une promesse de miracle, qui est nécessairement reportée à l’année suivante. Maintenant, réveillez-vous. Prenez deux paracétamols et respirez! Le jeudi 1er janvier 2026 n’est qu’une seconde de plus que le mercredi 31 décembre 2025.

Merci d’oublier
Par
Jawad Pakradouni
Publié
déc. 21, 2025 - 21:37

L’oubli est un mécanisme qui permet à beaucoup de surmonter les épreuves. Mais il est aussi le moyen, voire le but, auquel aspirent tous les malfaisants pour effacer leurs traces. Une population dotée d’une mémoire de poisson rouge est le fantasme de tous les pêcheurs: un Alzheimer collectif qui leur garantit une vie paisible, comme un long fleuve tranquille. Et le Liban en est l’exemple le plus frappant. Récemment, certains établissements financiers promettent, pour tout dépôt en espèces, de recouvrer les fonds avec un taux d’intérêt. Un terme que nous n’avions plus croisé depuis 2019 et qui, pour beaucoup, est pire que la pomme du jardin d’Eden: Adam et Ève étaient nus avant d’y croquer, alors que nous avons cédé face à ces taux créditeurs usuriers, qui nous ont menés à l’usure et à l’érosion.

Consensuel…
Par
Jawad Pakradouni
Publié
déc. 16, 2025 - 18:51

Ce terme est plus que jamais d’actualité dans tous les pays du monde et retrouve sa définition d’origine: un acte ne peut être consensuel ou consenti que s’il est accepté par l’autre. Le premier exemple qui vient à l’esprit est celui de l’acte charnel, qui défraye toutes les chroniques, lance les tendances sur les réseaux sociaux et peut annihiler une carrière ou une vocation. Tant qu’il s’agit d’une application à un acte entre deux personnes, le terme n’a que peu d’incidence. Mais lorsqu’il devient le fondement d’une politique, d’une société, voire le pilier d’un pays, il s’agit là d’une tout autre paire de manches.