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Guerre au Moyen-Orient: s’oriente-t-on vers une escalade plus ouverte?

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Des chars israéliens déployés en haute Galilée, à la frontière avec le Liban. (Jalaa Marey / AFP)
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Par Tilda Abou Rizk
Publié mars 12, 2026 - 18:35

Au cours des dernières vingt-quatre heures, plusieurs indicateurs sur le terrain suggèrent que la guerre entre l’Iran et l’axe formé par Israël et les États-Unis est sur le point de franchir un nouveau seuil d’escalade auquel le Liban n’échappe pas.

 

Au treizième jour de l’opération militaire baptisée «Fureur épique» par le président américain Donald Trump, la tension s’est sensiblement accentuée sur le double front irano-israélien et libano-israélien, avec une synchronicité très remarquée entre le Hezbollah et Téhéran.

 

L’intensification nocturne des échanges de tirs de missiles entre Téhéran et Tel Aviv, pendant qu’au Liban, le Hezbollah annonçait – mercredi soir – le lancement de l’opération «Paille mâchée» (en allusion à l’état de l’armée d’Abraha qui, selon le Coran, avait été frappée par des pierres d’argile lancées par des oiseaux) est à mettre sur le compte de la montée des tensions autour du détroit stratégique d’Ormuz, qui risque de constituer un point d’inflexion dans le conflit militaire en cours.

 

Pour Washington, la sécurité des pétroliers et des navires qui traversent le détroit reste une ligne rouge que Téhéran n’a pas hésité à franchir, faisant flamber le prix du pétrole sur le marché international. Une stratégie contre laquelle le président américain Donald Trump a mis en garde, mais que l’Iran maintient et utilise comme arme pour accentuer la pression sur ce dernier, en perturbant le marché international du pétrole.

 

Depuis qu’Israël a ciblé, dimanche, des réservoirs de carburants à Téhéran, le régime des Mollahs a visé en représailles des champs pétroliers et des réservoirs de carburants dans les pays du Golfe. Dans la nuit de mercredi à jeudi, au moins deux pétroliers au large de l’Irak ont été attaqués. Quelques heures plus tôt, c’est un navire cargo qui était pris pour cible.

 

Cette situation a poussé les pays du Golfe à réduire leur production pétrolière d’au moins 10 millions de barils par jour, selon l’Agence internationale de l’énergie.

 

Le régime des Mollahs, qui joue aujourd’hui sa survie, fait feu de tout bois, se disant prêt à une guerre d’usure qui, pour l’heure est cependant loin de décourager ses adversaires, déterminés à aller jusqu’au bout de leur opération militaire, comme le répètent Tel Aviv et Washington.

 

Jusqu’à présent, sa stratégie semble donc avoir un effet contraire. Parce qu’après avoir soufflé le chaud et le froid au cours des derniers jours, en laissant entendre que la guerre pourrait très prochainement s’arrêter, le président Trump a annoncé mercredi soir que Washington «doit finir le travail» en Iran et qu’il n’est pas question pour lui de «s’arrêter en cours de route et de partir très tôt». S’il a assuré que «l’Iran est proche d’une défaite», il est cependant resté flou sur la nature des objectifs de guerre: s’agit-il d’un changement du régime, auquel il avait fait allusion au début du conflit, ou seulement d’une neutralisation de la menace nucléaire ou de la capacité de Téhéran à développer des missiles balistiques, pouvant représenter une menace pour les États-Unis?

 

Sa déclaration fait aussi écho à celle du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui, lui est plus direct sur les objectifs de guerre: en finir avec le régime des Mollahs, en raison de la menace existentielle qu’il représente pour son pays, et son bras militaire, le Hezbollah.

 

Dans cette perspective, Tel Aviv envisage d’élargir son opération militaire au Liban. Son ministre de la Défense, Israël Katz, l’a annoncé jeudi, au lendemain d’un conseil de sécurité israélien restreint, convoqué, pour discuter de la suite à donner à l’engagement militaire au Liban où, selon les médias de Tel Aviv, l’armée israélienne occupe, non plus cinq, mais dix-huit points stratégiques, dans la perspective d’une éventuelle incursion terrestre.

 

Israël Katz a annoncé qu’un ordre a été donné à l’armée israélienne pour se préparer à «étendre ses opérations au Liban», mettant en garde contre une possible occupation de territoires libanais pour assurer la sécurité des villages du nord d’Israël, au cas où le gouvernement ne mettrait pas fin aux activités belliqueuses du Hezb.

 

Israël s’est aussi dit déterminé à agir «partout au Liban, du nord jusqu’au sud, en passant par la Békaa», alors que le gouvernement libanais peine toujours à freiner la folie meurtrière et destructrice de cette formation.

 

Une semaine après sa décision historique qui consiste à interdire les activités paramilitaires du Hezb et à poursuivre ceux qui tirent des missiles contre Israël, le gouvernement n’a toujours pas honoré son engagement, se contentant de gérer la crise humanitaire née de l’aventure infernale dans laquelle les agents locaux de l’Iran ont embarqué le Liban et les Libanais.

 

Le Conseil des ministres, réuni jeudi, a ainsi décidé de convoquer le chargé d’affaires près l’ambassade d’Iran pour soulever avec lui la question de la présence de représentants des Gardiens de la révolution islamique au Liban.

 

Pas un mot cependant sur les activités du Hezb ou encore sur la mission dont l’armée et les forces de l’ordre avaient été chargées pour les contenir.

 

Retour donc à la case départ, celle de l’incapacité d’un État qui croit que le Liban et les Libanais ont beaucoup à perdre s’il s’aventure sur ce terrain miné, alors que les Libanais, dans leur majorité, toutes appartenances confondues, ne désirent qu’une chose: en finir avec le Hezb et ses activités criminelles.

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