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L'Essentiel du jour

Israël libère quatre civils et intensifie ses frappes au Liban
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LevantTime .
Publié
sept. 5, 2026 - 00:55

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé vendredi avoir transféré au Liban quatre nouvelles personnes relâchées par Israël, au lendemain de la libération d’un premier civil. Il s’agit de trois Libanais et de deux Syriens, selon le CICR. C’est la première fois qu’une telle opération a lieu depuis le début, en avril, des négociations entre le Liban et Israël, sous l’égide des États-Unis. Beyrouth avait demandé, lors de la dernière session de pourparlers en août, la libération d’un premier groupe de ses ressortissants capturés par Israël dans le sud du Liban, où celui-ci est en guerre avec le Hezbollah pro-iranien. Leur nombre est estimé par leurs proches à une trentaine, parmi lesquels figurent des combattants du mouvement islamiste. Le président libanais Joseph Aoun a remercié, dans un communiqué, les États-Unis et le CICR, et affirmé que cette libération «confirmait la pertinence de la position» du Liban, engagé avec Israël dans des négociations rejetées par le Hezbollah. Les États-Unis ont salué jeudi «le gouvernement d’Israël et le gouvernement du Liban pour avoir fait preuve de bonne foi à travers ces premières étapes», exprimant l’espoir que cela serve «de base à des discussions élargies sur d’autres questions civiles». Les deux pays doivent tenir une nouvelle session de négociations en septembre, à une date encore inconnue. Selon le bureau du Premier ministre israélien, l’annonce de jeudi «fait suite aux efforts déployés par Israël et le Liban pour localiser et rapatrier les dépouilles des dirigeants de la communauté juive qui avaient été enlevés et tués au Liban» entre 1984 et 1986. Intensification des frappes israéliennes Sur le terrain, des frappes israéliennes ont fait vendredi trois morts et 23 blessés dans le sud et l’est du Liban. Israël a intensifié vendredi ses frappes dans la région, après avoir annoncé jeudi soir avoir pris le contrôle de la crête montagneuse d’Ali Taher, qui servait de position stratégique au Hezbollah pro-iranien et qui surplombe notamment Nabatiyé. L’armée va désormais y renforcer ses positions afin d’«empêcher l’ennemi de reprendre position dans la zone», a déclaré le ministre israélien de la Défense, Israël Katz. Une frappe a également visé la région de Tyr, notamment le village de Rmadiyé, selon l’ANI. Pour Trump, la guerre en Iran, c’est de la «gnognotte» Concernant la guerre en Iran, le président américain Donald Trump a cherché vendredi à en minimiser l’impact pour les États-Unis, à l’approche des élections législatives cruciales de mi-mandat. «Beaucoup de gens n’appellent pas ça une guerre. Je dis que c’est un conflit militaire, parce que c’est de la gnognotte (en anglais ‘small potatoes’) pour nous. Ce n’est pas un gros truc. On a fait le Venezuela et on a fait ça», a-t-il répondu aux journalistes dans le Bureau ovale, interrogé à propos de son vice-président JD Vance, qui avait déclaré la veille ne pas vouloir qualifier le conflit de guerre. Alors que la flambée des prix du carburant liée à la guerre menace de coûter aux républicains de Donald Trump leur majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre, son administration s’efforce de minimiser l’ampleur du conflit. Selon le président, les États-Unis mènent des «frappes ponctuelles», assurant «ne pas être actuellement en train de se battre». Il a également affirmé que les États-Unis contrôlaient le détroit d’Ormuz et avaient décimé les forces armées iraniennes. «Ce que nous avons accompli est remarquable. Nous avons pris le contrôle du Venezuela et nous avons, pour l’essentiel, pris le contrôle de l’Iran», a-t-il déclaré.

Israël revendique le contrôle d’Ali el-Taher
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LevantTime .
Publié
sept. 4, 2026 - 01:11

L’armée israélienne a annoncé jeudi avoir «achevé le nettoyage de deux infrastructures souterraines du Hezbollah sur la crête d’Ali el-Taher», dans le sud du Liban, indiquant que «ses forces s’emploient désormais à les neutraliser». Citée par le Jerusalem Post et sur son compte X, l’armée israélienne a précisé que «les forces de la 36e division ont opéré dans la région au cours des dernières semaines et ont pris le contrôle opérationnel de la crête, aussi bien en surface que sous terre. Au cours de l’opération, la zone a été débarrassée des combattants du Hezbollah qui y étaient déployés, certains ayant été tués tandis que d’autres ont pris la fuite». Les sources ont par ailleurs indiqué qu’aucun personnel iranien ne se trouvait dans les tunnels, alors que des experts affirmaient qu’au moins une douzaine de membres du Corps des gardiens de la révolution islamique y seraient retranchés aux côtés de combattants du Hezbollah. Le Post affirme que, selon l’armée, ces infrastructures ont été construites sur une période d’environ vingt ans et ont été planifiées et financées par l’Iran. Illustration générée à partir du relief de la région d’Ali el-Taher. Par ailleurs, selon des informations révélées par Reuters, les Iraniens avaient mis en garde les États-Unis contre une attaque israélienne sur le site d’Ali el-Taher. Cela montre à quel point Téhéran reste impliqué dans le front ouvert par le Hezbollah, son allié, contre Israël depuis le 2 mars. Israël libère cinq Libanais, en détient trois autres La journée de jeudi a commencé par une opération israélienne peu commune, menée relativement loin de la zone occupée, dans le village de Houla, à Hasbaya, dans le sud du pays. Les troupes israéliennes se sont infiltrées dans ce village et ont détenu trois de ses habitants, après avoir encerclé plusieurs maisons et empêché leurs occupants de les évacuer, selon l’Agence nationale d’information. Les détenus ont été emmenés en territoire israélien, selon des témoins cités par l’agence. Cette nouvelle violation israélienne, venue s’ajouter aux multiples explosions provoquées jeudi par son armée en divers points du sud du pays, n’a pas empêché l’autre surprise du jour: l’annonce, par Israël, de la libération de cinq prisonniers libanais détenus dans ses geôles, tous arrêtés au cours de ce conflit, depuis le 2 mars, ou du précédent, en 2023-2024. Un jeune homme a effectivement été libéré jeudi et remis à l’armée libanaise à la frontière de Naqoura. Selon le site local al-Modon , la libération de quatre autres Libanais aurait été reportée à vendredi. «Je n’appellerais pas ça une guerre» Concernant le conflit avec l’Iran, le vice-président américain JD Vance a estimé jeudi que les hostilités, qui suscitent le mécontentement d’une partie des électeurs américains à l’approche d’importantes élections législatives, ne constituaient pas «une guerre», tout en affirmant que le passage dans le détroit d’Ormuz était «presque» revenu à la normale. Alors que, selon le Wall Street Journal , le président Donald Trump réfléchirait à déclarer purement et simplement la fin du conflit, le vice-président a ainsi tenté de minimiser les hostilités lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche. «Je n’appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n’y a pas d’échange de tirs», a-t-il déclaré, alors que les États-Unis ont frappé des cibles iraniennes à deux reprises ces derniers jours. L’une de ces attaques, que l’Iran a promis de venger, a tué quatre personnes lors d’un mariage. «Les médias d’État iraniens n’ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s’est passé dans ce conflit jusqu’à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet», a déclaré JD Vance en réponse à une question sur cette frappe, ajoutant que les États-Unis menaient malgré tout «une enquête approfondie». «Nous avons un grand contrôle sur le détroit d’Ormuz. Nous faisons passer 30 à 40 navires par nuit», a assuré de son côté Donald Trump dans un entretien avec la chaîne conservatrice britannique GB News, diffusé jeudi. Enfin, ultime signal montrant que la guerre est loin d’être terminée au Moyen-Orient : selon le Wall Street Journal , le ministère américain de la Défense a discrètement prolongé la présence de 50 000 soldats déployés dans la région. Frappes iraniennes sur le Koweït et les EAU Sur le terrain, les Gardiens de la révolution islamique ont annoncé avoir mené, dans la nuit de mercredi à jeudi, des frappes contre des «cibles américaines» au Koweït et aux Émirats arabes unis. Dans un communiqué, les Pasdaran affirment avoir visé «à l’aide de missiles et de drones les systèmes de communication par satellite, les dépôts d’équipements et les hangars d’avions de combat de l’armée américaine sur la base aérienne Ahmad al-Jaber, au Koweït». Aux Émirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains de la base aérienne d’al-Minhad qui ont été visés.

Iran-USA: frappes, représailles et guerre des pétroliers
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Taline Becharraoui
Publié
sept. 2, 2026 - 21:51

Depuis les frappes américaines contre l’Iran mardi soir, les premières depuis environ un mois, la tension est à son comble entre les belligérants. l’Iran a en effet poursuivi ses frappes, durant la nuit de mardi et la journée de mercredi, contre des pays voisins, comme il en a l’habitude dès qu’il est attaqué. La Jordanie a dit avoir abattu plusieurs drones. Au Koweït, un incendie s’est déclaré à la suite d’une attaque de drone, et les Iraniens eux-mêmes ont affirmé avoir ciblé les bases d’al-Dhafra et al-Minhad, aux Émirats arabes unis. Plus tard dans la journée, les Gardiens de la révolution ont déclaré avoir frappé des cibles américaines à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Les États-Unis qui, jusque dans l’après-midi, n’avaient pas mené de nouvelles frappes, ont appelé une nouvelle fois mercredi leurs ressortissants à la vigilance dans la région. Les frappes américaines de la veille au soir et dans la nuit ont cependant laissé leurs traces. L’Iran a annoncé au moins onze morts lors de ces frappes, dont quatre lors d’un mariage dans le sud-est du pays, où une cinquantaine de personnes ont été blessées, et sept dans la région du Khouzestan, lors d’attaques de missiles qui ont aussi fait huit blessés. Les Pasdarans, eux, ont reconnu la mort de quatre des leurs dans ces frappes, et de trois des Bassidjs, la fameuse police des mœurs. Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé un «crime de guerre». L’armée américaine, bien que n’ayant pas commenté l’affaire, a simplement assuré «ne jamais prendre des civils pour cible». Toutefois, la palme revient au président du Parlement et principal négociateur avec les Américains lors des pourparlers d’Islamabad, Mohammad Bagher Ghalibaf. Reprenant de manière très significative le vocabulaire des premiers temps de la Révolution islamique, l’ancien Pasdaran a qualifié les États-Unis de «grand Satan» pour leur attaque contre le mariage mardi, rappelant d’autres frappes, comme celle de l’école de Minab au premier jour de la guerre, qui avait fait des dizaines de victimes parmi les petites élèves de l’établissement. Il a même lancé une pique aux Israéliens, affirmant que ce grand Satan en protège un «plus petit». Les Israéliens, qui ne sont pourtant pas inclus dans ces nouvelles frappes contre l’Iran, se sont quand même manifestés mercredi. Israël Katz, ministre de la Défense, a insinué que l’État hébreu a des informations suivant lesquelles l’Iran serait prêt à attaquer son territoire. Il a assuré que les avions de chasse sont prêts à décoller à la moindre attaque iranienne. Les «ingérences extérieures» de Xi Quoi qu’il en soit, la joute oratoire est à son comble. Si les Gardiens de la Révolution avertissent leurs attaquants qu’ils ont une «nouvelle stratégie» qui vise à «briser les fondements de l’ennemi», un responsable américain, cité par Axios, a trouvé la nouvelle formule pour décrire ce qu’est devenue la guerre au Moyen-Orient: un pétrolier contre un pétrolier. C’est ainsi que, mercredi, les forces armées américaines ont visé un pétrolier iranien, après que deux navires ont pris feu en heurtant des mines. Car le détroit d’Ormuz reste au centre de ce conflit. Et le président américain, qui a décidément de plus en plus l’habitude de rebaptiser des lieux, a proposé de l’appeler «détroit Trump»… Entre-temps, alors que la diplomatie est à l’arrêt, une visite a attiré l’attention: celle du président chinois Xi Jinping en Égypte, mercredi, où il a été reçu en grande pompe par son homologue Abdel-Fattah Sissi. M. Xi, qui avait défendu précédemment ses liens avec la République islamique, a abordé le sujet du conflit durant sa visite, appelant à combattre les «ingérences extérieures» dans la région, dans une allusion à peine voilée aux États-Unis. Avec le président égyptien, ils ont appelé aux «solutions diplomatiques». Le président chinois s’est également dit prêt à assurer la sécurité de navigation dans la région. Arrestation d’un lieutenant d’Assad au Liban Sur l’autre front de cette guerre, au sud du Liban, les attaques israéliennes ne connaissent aucun répit, notamment autour de la colline stratégique de Ali el-Taher. Une nouvelle fois, l’armée israélienne a justifié mercredi ses frappes par une attaque de drones piégés qu’elle attribue au Hezbollah (dont un membre a été tué), celui-là restant silencieux, comme il le fait depuis plusieurs semaines déjà. Le Liban a été le théâtre d’un autre événement mercredi, qui signale le rapprochement des officiels libanais de leurs homologues syriens, et de l’affaiblissement de l’axe iranien dans le pays. Les autorités ont arrêté un ancien colonel du régime syrien déchu de Bachar al-Assad, a indiqué à l’AFP un responsable judiciaire libanais. Il fomentait des complots contre les actuelles autorités syriennes à partir de Beyrouth. Des armes ont été saisies avec ses complices et lui. Enfin, du côté des territoires palestiniens, la situation ne s’arrange pas et les déclarations israéliennes sont de plus en plus désinhibées à l’approche des élections législatives d’octobre. Le ministre de la Défense a ainsi proposé de faire sortir toute la population de Gaza de la bande, assurant que les Israéliens «sont bien organisés pour le faire». Comme en écho à ces propos, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a assuré que son armée «ne se retirerait pas» de Gaza.

Menaces et frappes US d’ampleur secouent l’Iran
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LevantTime .
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sept. 2, 2026 - 00:34

Les États-Unis ont déclenché mardi soir des frappes d’ampleur contre l’Iran pour la deuxième fois en quelques jours, le Centcom indiquant sur ce plan avoir « commencé des opérations contre des cibles relevant des Gardiens de la Révolution islamique ». Le président américain Donald Trump est même allé jusqu’à menacer d’une future attaque encore plus dévastatrice : « Si la nation en faillite qu’est l’Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. Malgré la mise en garde américaine, Téhéran a annoncé à son tour une riposte « décisive », menaçant directement les intérêts américains: « Les bases et les intérêts américains dans la région sont pris pour cible par des missiles et des drones iraniens. » Les frappes américaines ont commencé peu après que le président iranien Massoud Pezeshkian eut appelé à une relance de la diplomatie, aujourd’hui au point mort. Demandant aux États-Unis de respecter un compromis signé en juin et ayant presque aussitôt volé en éclats, il a déclaré : « Si les États-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d’accord (...), la République islamique d’Iran prendra immédiatement des mesures réciproques. » Mais sur la chaîne Fox News, le président Trump a rapidement répliqué en relevant que « l’accord avec les Iraniens ne vaut même pas le prix du papier sur lequel il a été écrit », avant d’ajouter : « Nous leur avons donné de nombreuses chances. » Le président iranien s’exprimait au cours d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), au Kirghizstan, en Asie centrale, auquel se sont également rendus les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, deux alliés majeurs de la République islamique que Washington soupçonne de violer l’embargo économique et militaire imposé à Téhéran. L’AIEA révèle les activités nucléaires secrètes du régime Assad Sur un autre registre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a révélé hier, dans un rapport confidentiel, que les autorités syriennes sous Assad menaient des activités nucléaires non déclarées. Les infrastructures découvertes à Deir Ezzor, en Syrie, sont «conformes à celles d’un réacteur nucléaire», indique l’AIEA, qui souligne que ces activités menées sous le régime de Bachar al-Assad n’avaient jamais été déclarées. Des inspecteurs de l’AIEA ont visité le mois dernier deux sites, l’un à Deir Ezzor et l’autre dans un second lieu lié à des matières nucléaires identifiées par le nouveau pouvoir syrien. Outre le « réacteur nucléaire en construction », l’AIEA a recensé une usine de fabrication de combustible nucléaire destiné au réacteur, ainsi qu’un site de stockage et des déchets d’uranium. Le 18 août, l’AIEA et les autorités syriennes avaient annoncé la découverte de « quelques tonnes de matières nucléaires » sur un site « non déclaré », présenté comme un « héritage de l’ancien régime » et signalé en juillet par les autorités de Damas. Dans son rapport consulté mardi, l’AIEA indique avoir trouvé environ 73 tonnes d’uranium naturel, dont 55 tonnes sous forme de barres de combustible, le reste étant constitué de déchets. Israël a reconnu en 2018 avoir bombardé le site onze ans plus tôt, affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en construction. En 2008, moins d’un an après la frappe, des responsables américains avaient accusé la Syrie d’avoir cherché à construire un réacteur nucléaire secret avec l’aide de la Corée du Nord, indiquant qu’Israël l’avait détruit lors du raid. Des conseillers européens pour l’armée libanaise Sur le plan local, l’Union européenne va lancer dans les prochains mois une mission de formation de l’armée libanaise, sans pour autant remplacer la mission actuelle des Nations unies, a indiqué mardi sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas. « Les ministres ont discuté de nos projets pour une nouvelle mission de l’UE visant à conseiller et former les forces armées du pays, notamment en matière de sécurité des frontières et de sécurité maritime », a-t-elle déclaré à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’UE à Wicklow, près de Dublin. Israël sous la menace de sanctions britanniques Notons par ailleurs que le Royaume-Uni a annoncé mardi qu’il prendrait, dans les prochaines semaines, des mesures face aux «effroyables» attaques de colons en Cisjordanie occupée, un sujet qui suscite une indignation croissante dans les pays européens. Israël a, de son côté, prévenu qu’il riposterait. Parallèlement à la guerre menée à Gaza par Israël, en représailles à l’attaque sans précédent du Hamas du 7 octobre 2023, les violences commises par les colons se sont intensifiées au cours des trois dernières années. Dénonçant des «actes de terrorisme de colons absolument effroyables», le nouveau chef de la diplomatie britannique, Ed Miliband, lui-même issu d’une famille juive, a promis de dévoiler sous peu «un ensemble complet de mesures». Les violences commises par les colons israéliens en Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par l’armée israélienne, ont suscité de vives critiques de la part des pays européens, mais aussi des États-Unis, allié indéfectible d’Israël.

USA/Iran: guerre d’usure à feu doux
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LevantTime .
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août 31, 2026 - 23:20

C’est une guerre d’usure qui porte bien son nom. Sauf que, souvent, elle est entretenue à «feu doux», comme ce fut le cas dans la nuit de dimanche à lundi et à l’aube de ce début de semaine. Tard dans ls soirée de dimanche, l’armée américaine a ainsi indiqué avoir repéré (sans doute par satellite) des miliciens des Gardiens de la révolution islamique en train de préparer deux rampes de lancement de roquettes capables de disperser des mines dans le détroit d’Ormuz. Peu de temps après cette annonce, l’armée US a lancé, dans la nuit, des raids contre les positions des Pasdaran sur l’île de Larak, faisant plusieurs tués et blessés, selon les sources des Gardiens de la révolution. En riposte à ces attaques, les Pasdaran ont lancé à l’aube de lundi plusieurs missiles balistiques en direction de deux bases américaines en Jordanie. L’armée jordanienne a affirmé avoir intercepté ces missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible. Plus tard dans la matinée de lundi, les Émirats arabes unis ont indiqué avoir neutralisé un drone dans leur espace aérien. Une certaine confusion a régné lundi en milieu de journée au sujet de la zone bombardée par l’aviation US. Dans un premier temps, des sources américaines ont démenti que l’île de Larak ait été la cible des raids et que c’est l’île de Kharg qui avait été attaquée. Mais en soirée, un responsable US a confirmé que c’est bien Larak qui avait subi le raid. En tout état de cause, le président Donald Trump a apporté lundi une précision de taille sur ce plan en indiquant que «le centre énergétique de l’île de Kharg est en train d’être réduit en miettes». Le chef de la Maison Blanche a en outre affirmé que l’armée américaine allait répondre aux attaques de missiles menées par les Pasdaran à l’aube de lundi. «Il y aura une réponse et nous allons les frapper fort», a précisé le président Trump, ce qui laissait supposer que la riposte américaine pourrait avoir lieu dans la nuit de lundi. Dans ce cadre, un haut responsable US a indiqué lundi que le président Trump étudie un plan visant à relancer des attaques aériennes contre les Pasdaran afin de les empêcher de poser à nouveau des mines dans le détroit d’Ormuz. Il convient de rappeler que l’Administration Trump a souligné récemment que l’armée américaine avait achevé les opérations de déminage à Ormuz, ce qui expliquerait les tentatives des Pasdaran de miner une nouvelle fois le détroit en question. Rester à signaler pour clore ce dossier de la guerre d’usure irano-US que les Gardiens de la révolution ont affirmé lundi que toute attaque américaine contre des positions iraniennes serait suivie d’une riposte «dix fois plus forte, sachant qu’il n’existe aucune cible dans la région qui soit hors de notre portée». Cette menace a été implicitement dénoncé lundi soir par le président iranien qui a affirmé qu’une éventuelle reprise des opérations militaires n’est pas dans l’intérêt de l’Iran. Aoun à Athènes Sur le plan purement libanais, le président Joseph Aoun a effectué lundi une visite officielle à Athènes où il a tenu des réunions avec son homologue grec Konstantinos Tasoulas et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. Le président Tasoulas a souligné à cette occasion que les pourparlers entre le Liban et Israël aideront le Liban à bénéficier de son indépendance et d’un climat de prospérité, dans le prolongement de l’application de la résolution 1701. Sur le terrain, l’aviation israélienne a effectué lundi en fin de journée quatre raids contre la localité de Mansouri, dans le caza de Tyr.

Téhéran pose un nouveau type de conditions à Washington…
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Taline Becharraoui
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août 29, 2026 - 00:24

Depuis que les Etats-Unis ont opté pour une politique de sanctions et de pressions économiques sur l’Iran, les négociations entre les deux belligérants n’ont connu aucune avancée. La visite du Premier ministre et ministre qatari des Affaires étrangères, Cheikh Mohammad Abdel Rahmane al-Thani, à Téhéran jeudi avait pour but de relancer ces pourparlers en vue, notamment, d’aménager un passage plus fluide dans le détroit d’Ormuz. Vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a exploité habilement cette visite pour effectuer une timide ouverture envers les Etats-Unis. Publiant une photo avec le responsable qatari sur son compte X, il l’a assorti d’un message affirmant que revenir à la table des négociations «n’est pas impossible». Comme il se doit, il a accompagné cette formulation très étudiée par des conditions: les Etats-Unis doivent savoir que les pressions ne servent à rien, ils doivent établir une confiance avec l’Iran, lui parler avec respect (!) et reconnaître ses droits, tout en honorant leurs engagements. Vaste programme. Sauf que les Américains ne donnent pas signe pour l’instant de vouloir abandonner leur stratégie de pressions économiques pour reprendre les pourparlers. Vendredi, le Trésor américain a indiqué avoir défini les réseaux et les intermédiaires utilisés par l’Iran pour exporter son pétrole par voie de contrebande et pour contourner les sanctions… «Nous allons cibler n’importe quelle source de revenus illicite du régime iranien, en coopération avec toutes les institutions gouvernementales (américaines) et avec nos alliés», a souligné le Trésor US. Par ailleurs, selon le site d’information Axios , les Etats-Unis estiment avoir largement affaibli l’emprise iranienne sur le détroit d’Ormuz, devenu, au fil du temps, le centre des négociations, plus important même que le dossier nucléaire ou les missiles balistiques. A ce propos, le ministère iranien des Affaires étrangères (encore lui) a publié un communiqué vendredi mettant en garde «tous les pays» contre l’application des sanctions américaines «illégales et injustifiées» contre l’Iran, et revendiquant une application du «droit international». Le pays restera déterminé à contrer « l’offensive militaire et économique conjointe des Etats-Unis et d’Israël », poursuit le texte. Par ailleurs, le chef de la sécurité iranienne Mohsen Rezaei a catégoriquement démenti les informations diffusées par les services secrets américains, mardi, selon lesquelles Téhéran aurait fomenté un plan pour l’assassinat de Barron, le plus jeune fils du président américain Donald Trump. Et c’est sur la chaîne du Hezbollah que le dirigeant iranien a choisi de dénoncer les «mensonges» américains sur le projet d’assassinat de Barron Trump. C’est la télévision d’Etat iranienne, rappelle-t-on à ce sujet, qui avait diffusé cette information il y a quelques jours, faisant état d’une importante prime pour toute contribution à cette opération… Frappes sur la banlieue de Damas L’autre information du jour est un nouveau regain de tension entre Damas et Tel Aviv, à la suite de deux incidents survenus jeudi soir et vendredi matin. Le premier est une incursion israélienne à Ras el-Ajraf en territoire syrien, au niveau du plateau du Golan, jeudi soir. Selon la chaîne pro-Hezbollah el-Mayadeen , les soldats israéliens auraient fouillé plusieurs habitations dans cette localité. Le second incident a concerné la banlieue de la capitale Damas, vendredi matin. Le correspondant de l’agence syrienne Sana a rapporté que deux obus étaient tombés dans des champs agricoles dans le Rif de Damas, sans faire de victimes. Les Israéliens semblent ne pas être pressés de réduire la tension avec la Syrie, malgré la réunion récente du ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad Chibani, avec le patron du Mossad, en Jordanie, destinée à calmer le jeu, après des frappes israéliennes contre un aéroport syrien à Idleb. Ce raid avait failli également provoquer une grave escalade avec la Turquie, allié du régime syrien. Par ailleurs, la journée de jeudi a été meurtrière dans les territoires palestiniens. Des frappes israéliennes ont fait trois morts à Gaza, dont deux d’une même famille. Et des frappes à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, ont ciblé «plusieurs terroristes», selon un communiqué de l’armée israélienne. Haykal reçoit le chargé d’affaires français Le sud du Liban, entre-temps, continue de vivre au rythme des explosions et des bombardements israéliens. De plus en plus, l’armée israélienne effectue des incursions en territoire libanais, notamment pour des fouilles ou pour dynamiter des maisons. Le processus de destruction donne l’impression de s’intensifier, notamment dans certaines localités comme Nabatiyeh ou Mansouri, à Tyr. En l’absence de toute nouvelle perspective dans le cadre des négociations directes menées par les autorités libanaises avec Israël, sous parrainage américain, le rôle français recommence à poindre sur la scène libanaise. Le commandant en chef de l’armée libanaise Rodolphe Haykal a ainsi reçu vendredi le chargé d’affaires français Bruno Da Silva, en prévision de la conférence qui devrait se tenir à Paris en soutien à l’armée libanaise. Une réunion préparatoire devrait avoir lieu dans la capitale française le 17 septembre, et le général Haykal devrait y participer. Le chef de l’armée avait été reçu, peu avant la visite du diplomate français, par le président de la République Joseph Aoun à Baabda.

En Syrie, l’État se reconstruit ; au Liban, il s’enlise
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LevantTime .
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août 26, 2026 - 23:50

À Damas, la dissolution des Forces démocratiques syriennes annoncée mardi soir par le chef de ce groupe à dominance kurde, et l’intégration de ses combattants au sein de l’armée syrienne reste un événement majeur à cause de sa dimension hautement symbolique. Elle renvoie à la détermination du président Ahmad el-Chareh à reconstruire un État capable de prendre sous son aile toutes les communautés et ethnies syriennes, dont certaines, comme les Kurdes, avaient fini par développer leurs propres institutions. C’est ce que la présidence turque a d’ailleurs relevé mercredi, en affirmant qu’«à ce stade, la dissolution des FDS représente une étape importante pour la stabilité de la Syrie». Le voisin libanais, lui, continue de se débattre dans ses contradictions. D’un côté, le discours officiel reflète, toutes proportions gardées, ce que Ahmad el-Chareh fait dans son pays. De l’autre, la réalité sur le terrain, continue de s’imposer en force et de se poser en obstacle à toute évolution du Liban vers un État, au vrai sens du terme. À force de vouloir tenir compte de cette réalité qui peut être résumée par l’influence du tandem Amal-Hezbollah -hostile à toute modification d’un statu-quo destructeur qui dure depuis des décennies- et de miser sur le facteur temps, le Liban officiel perd une occasion après l’autre. La question du désarmement du Hezbollah reste l’un des principaux obstacles à la réédification d’un État. Le président Joseph Aoun continue de défendre les négociations directes avec Israël, comme étant le seul moyen, a-t-il dit mercredi, pour éviter une nouvelle guerre avec Israël, permettre à l’armée de reprendre le contrôle du territoire, libérer les prisonniers libanais auprès d’Israël et reconstruire le Liban-Sud. Mercredi, il a reconnu que ces pourparlers se heurtent à des obstacles, sans s’étendre cependant sur la question. C’est l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, Michel Issa, qui a été plus explicite. S’exprimant au terme d’un entretien avec le mufti de la République, Abdel Latif Deriane, le diplomate a sans détour affirmé qu’aucun accord susceptible de mettre fin aux affrontements ne pouvait être conclu tant que le Hezbollah ne remettait pas ses armes. Michel Issa s’est ainsi interrogé sur le point de savoir «pourquoi faut-il demander à Israël de tout faire alors que le Hezb ne fait rien?» s’étonnant de que l’État libanais multiplie les exigences face à Israël, mais se garde de demander au Hezbollah de rendre ses armes. Il s’agit là du principal obstacle devant une reprise des négociations bilatérales dont le huitième round est supposé se tenir début septembre. Une date qui devait cependant être confirmée et qui ne l’a toujours pas été. L’ambassadeur américain est resté vague sur le sujet, se contentant de préciser que les discussions techniques ont lieu dès qu’un problème se pose. Il a relevé des retards dans la réalisation de ce qui a été décidé durant les précédentes sessions de négociations diplomatico-militaires. Aussi, pendant que l’armée libanaise continue de saisir des armes, probablement destiné au Hezbollah, à la frontière libano-syrienne, l’armée israélienne poursuit ses destructions au Liban-Sud. Elle a annoncé mercredi, sur son compte X, avoir détruit plus de 400 infrastructures «terroristes» au cours des dernières semaines, et saisi un grand nombre d’armes et d’équipements militaires. Menaces militaires et pressions économiques Sur le front américano-iranien, la confrontation se poursuit toujours à coups d’échanges de menaces et de pressions économiques. Celles-ci commencent à porter leurs fruits comme en témoignent la dégringolade continue du rial iranien et les longues queues sui se forment dans toutes les villes iraniennes devant les stations-services. Les autorités iraniennes assurent toujours en revanche, qu’elles sont parfaitement préparées pour y faire face, en dépit des difficultés économiques reconnues par le président Massoud Pezeshkian. Téhéran affirme ainsi avoir reconstitué ses capacités militaires après le conflit, «grâce à l’arrivée de nouveaux systèmes provenant de l'industrie de défense, de l'armée, et certains ont également été importés de l'étranger», selon le porte-parole de son armée, Mohammad Akraminia. Quatre centrales électriques auraient également été reconstruites. Au niveau économique, le président Pezeshkian continue de plaider pour «le dialogue et la négociation», tout en assurant que Washington n’obtiendra «rien» à travers les nouvelles pressions économiques inédites. Les États-Unis pour leur part, semblent vouloir maintenir le D-Day économique inédit jusqu’après les élections de mi-mandat aux États-Unis, soit début novembre, selon de hauts responsables américains, cités par l’AFP, qui reprend la chaîne 12 israélienne. D’après cette même chaîne, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, aurait exposé deux objectifs sur lesquels les États-Unis comptent se concentrer au cours les prochains mois: accroître la pression économique sur l’Iran et normaliser la situation dans le détroit d’Ormuz, afin de rétablir le trafic pétrolier par cette voie maritime stratégique. À ce sujet, le président Donald Trump, qui a réaffirmé mercredi que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, n’est pas mort, mais «grièvement blessé», a assuré que «toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales d'Ormuz». Sur son réseau social, Truth social, il a également signalé que ce détroit «était sous contrôle américain -ce que Téhéran a démenti- et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait «en travers» de la route des Etats-Unis sur Ormuz, seul levier de pression de Téhéran pour le moment. Mercredi, les Gardiens de la révolution islamique ont annoncé «certains accords» avec Oman sur la gestion du détroit, «concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus», selon leur porte-parole, Hossein Mohebi. Le directeur de la CIA à Moscou Au cœur de l’actualité de ce mercredi également, une rare visite du chef de la CIA, mardi à Moscou. Donald Trump en a cependant minimisé l’importance, la qualifiant de «semi routinière». Il a assuré, au cours d’une interview, que ce déplacement n’était lié ni à l’Iran ni à des menaces russes contre l’OTAN. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, il s’inscrit dans le cadre d’«échanges entre services secrets». Il reste que le président russe, Vladimir Poutine, doit s’entretenir la semaine prochaine avec son homologue iranien, en marge du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, au Kirghizistan.

Frappes en Syrie et tensions avec la Turquie: Israël élargit l’étendue de ses attaques

L’Etat hébreu semble résolu à contrer les ambitions turques en Syrie, suscitant une réaction américaine mitigée. En Iran, les Etats-Unis privilégient désormais une stratégie d’étouffement économique. Au Liban, le Hezbollah fait face à une pression US accrue. Au Moyen-Orient, la grande nouveauté de la semaine du 17 au 23 août a été le bras de fer entre Israël et la Turquie en Syrie. L’affaire a commencé, mardi, avec une frappe sur l’aéroport d’Abou Douhour de la province d’Idleb dans le sud-ouest de la Syrie, hors service depuis le début de la guerre syrienne, mais où se trouve une présence de la nouvelle armée syrienne du pouvoir d’Ahmad el-Chareh. Les huit frappes ont aussitôt suscité une condamnation du pouvoir syrien, qui a accusé Israël. Un communiqué de l’Observatoire syrien des droits de l’homme a donné une première indication de la cause de ces raids : des troupes turques s’y étaient déployées peu avant les frappes pour réhabiliter l’installation détruite. La revendication israélienne n’est intervenue que deux jours plus tard, par la voix du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a affirmé avoir adressé un message « clair » autant à la Syrie qu’à la Turquie. Il a accusé Ankara de vouloir s’implanter en territoire syrien en créant une base à Abou Douhour. Le chef d’Etat-major israélien Eyal Zamir a enfoncé le clou en visitant les forces israéliennes postées au sud de la Syrie et en assurant que son pays ne tolérerait aucune présence hostile à ses frontières. Une nouvelle attaque israélienne en territoire syrien a eu lieu samedi, près du plateau du Golan occupé. Samedi également, un drone israélien a visé un véhicule dans le sud-ouest syrien. La Syrie a fustigé des atteintes à sa souveraineté, demandant une condamnation de l’ONU. L’escalade israélo-turque devait s’envenimer tout au long de la semaine. Tout en démentant toute présence militaire en territoire syrien, la Turquie a déclaré « ne pas tomber dans le piège » du Premier ministre Benjamin Netanyahu en se laissant entraîner dans un conflit armé, ce qui semble indiquer un plafond à cette escalade. Mais la violence verbale devait aller crescendo, faisant éclater au grand jour l’animosité entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et M. Netanyahu. Alors que les Israéliens le traitaient de « dictateur antisémite », Erdogan a fini par délivrer un « mandat d’arrêt international » contre M. Netanyahu pour « crimes » de guerre lors de la répression de la Flottille de Gaza, que l’armée israélienne avait interceptée en mai afin de l’empêcher d’atteindre la bande. Réunion israélo-syrienne à Amman Par cette attaque frontale israélienne en territoire syrien, l’Etat hébreu complique fortement la donne à l’ombre d’une situation régionale déjà très complexe. Son adversaire turc vient de signer un protocole de défense commune avec deux autres puissances sunnites, l’Arabie saoudite et le Pakistan. Qui plus est, il entretient des relations amicales avec les Etats-Unis : lors du sommet de l’OTAN en Turquie, il y a quelques semaines, le président américain Donald Trump avait décrit Erdogan en termes élogieux. C’est ce qui expliquerait la réaction plus que mitigée du représentant de Trump en Syrie, Tom Barrack, à la frappe israélienne, qu’il a qualifiée « d’escalade inutile ». Le même Barrack avait estimé que cette escalade israélienne serait « une manœuvre électorale » de Netanyahu, à quelques semaines d’élections cruciales en Israël où le chef du Likoud joue sa survie politique. Le ministre israélien de la Défense Israel Katz s’est défendu samedi en assurant avoir transmis « des informations du Service de Renseignement aux Etats-Unis » avant la frappe, accusant Barrack d’un discours « plein d’inexactitudes et de positions qui contredisent la ligne » du président Trump. En effet, une confrontation entre deux géants aurait des conséquences imprévisibles, alors pourquoi Israël prendrait-il ce risque ? Les ambitions électorales de Netanyahu peuvent apporter un élément de réponse, mais elles ne suffisent pas. Les officiels israéliens ont utilisé des termes comme « les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région », ou encore une volonté « d’empêcher l’enracinement turc », qui semblent suggérer qu’ils redouteraient que les Turcs ne comblent le vide que pourrait laisser un recul de l’influence iranienne sur les pays du Levant. Il convient de noter sur ce plan que ce dossier explosif a été au centre d’une réunion qui a groupé dimanche à Amman le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, et le nouveau directeur du Mossad, Roman Gofman. L’entretien avait pour but de faire tomber la tension entre la Syrie et Israël à la suite du raid contre l’aéroport d’Abou Douhour. Cette réunion israélo-syrienne est intervenue après la récente déclaration du ministre Chaibani qui a fait état de la repise prochaine des négociations entre Damas et Tel-Aviv en vue de la finalisation d’un accord de sécurité entre les deux pays. Les grandes lignes de cet accord avaient été convenues au début de cette année. La guerre économique de Trump Sur le front iranien, il semble que la décision américaine de remplacer l’escalade militaire par les pressions économiques, voire une guerre économique, reste en vigueur. De nouvelles sanctions américaines sont envisagées contre l’Iran, et le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, devrait tenir une conférence de presse à ce propos, lundi. Les pressions économiques contre l’Iran ont été au centre des déclarations de part et d’autre cette semaine. Le président Trump a annoncé explicitement « une guerre économique totale » contre l’Iran, mettant en garde « tout pays, ou aéroport, entreprise, institution financière, et entité gouvernementale » qui offriraient « une bouée de sauvetage » au régime iranien. La riposte iranienne a été de qualifier les pressions économiques et les menaces de sanctions de « terrorisme économique ». L’Iran a lui aussi eu recours à la menace contre tout pays qui participerait aux restrictions économiques contre lui, par la voix du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohsen Rezaï. Ce qui a accentué l’isolement économique iranien cette semaine est la décision des Emirats arabes unis de couper tous les ponts avec Téhéran, suite à une frappe de missiles non revendiquée. Les EAU sont un partenaire essentiel pour l’Iran, mais ce pays du Golfe a nettement accentué son rapprochement avec Israël et les Etats-Unis durant cette guerre. Cette semaine a également marqué la fin du délai de 60 jours prévu dans l’accord d’Islamabad, signé par Washington et Téhéran en juin pour parvenir à un accord final. Le président Trump lui-même a annoncé que plus aucune discussion n’est en cours, exhortant l’Iran à la « reddition » et annonçant, une nouvelle fois avec un ricanement énigmatique, que le détroit d’Ormuz est un « territoire américain ». Le président américain a également estimé qu’il n’y a plus d’interlocuteurs en Iran. Côté iranien, malgré la virulence des attaques verbales, les rapports faisant état d’un réel étouffement économique et social se multiplient, tout comme ceux de la répression exercée par le pouvoir, par le biais des exécutions sommaires d’opposants, des adolescents et des jeunes universitaires, notamment. Serait-ce ce qui a motivé une déclaration du président iranien Massoud Pezeshkian en fin de semaine, estimant qu’il est temps de mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis ? Cette voix iranienne modérée a pris évidemment soin de ménager les plus extrémistes en ajoutant que Téhéran devrait considérer cette possibilité «tant qu’il se trouve en position de force». Le président du Parlement, Mohammad Ghalibaf, a défié pour sa part les Etats-Unis en annonçant samedi de « nouveaux dispositifs de sécurité et de coopération économique » avec des pays voisins, qu’il s’est bien gardé de nommer. Cet ancien gardien de la révolution a visité l’Irak cette semaine, alors que ce pays annonce clairement sa détermination de désarmer toutes les factions illégales, principalement pro-iraniennes, d’ici le 30 septembre. Un exemple de plus de l’affaiblissement de l’influence iranienne dans la région? Sanctions contre le Hezbollah Les informations sur des sanctions américaines prochaines contre l’Iran ont été précédées cette semaine par des sanctions contre des individus soupçonnés de financer le Hezbollah au Liban, les Etats-Unis précisant bien qu’elles sont dues aux liens du parti chiite avec les gardiens de la révolution iranienne. Elles sont intervenues après des propos d’Edward Gabriel, président de l’American Task Force for Lebanon (ATFL), en tournée à Beyrouth : celui-ci avait indiqué, en réponse à la question d’un journaliste, que le président Trump serait prêt à dialoguer avec le Hezbollah mais que ce dernier ne semble pas « prêt ».

Turquie-Israël: après les frappes, la guerre des mots
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LevantTime .
Publié
août 21, 2026 - 23:34

Rien ne va plus entre la Turquie et Israël : trois jours après le raid aérien israélien contre une base désaffectée dans le nord-ouest de la Syrie, qu’Israël soupçonne Ankara de vouloir utiliser, deux nouvelles offensives, verbales cette fois, ont accéléré la dégradation des relations entre les deux puissances de la Méditerranée orientale. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ainsi qualifié vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan de «dictateur antisémite», affirmant qu’Israël agirait contre «les tentatives de la Turquie de déstabiliser la région». «Nous ne tolérerons pas un enracinement militaire turc qui progresserait vers le sud, car cela nous menace», avait déclaré M. Netanyahu mercredi, alors que la Turquie dément toute présence sur le site syrien bombardé. «Israël n’est plus, depuis longtemps, impressionné par l’hypocrisie de la Turquie. Erdogan est un dictateur antisémite qui a massacré les Kurdes, soutenu le massacre de l’organisation terroriste du Hamas et opprimé son propre peuple», a souligné le bureau de M. Netanyahu dans un communiqué. Dans un autre communiqué publié vendredi, le bureau de M. Netanyahu a accusé le président turc de chercher à «étendre son agression contre Israël jusqu’en Syrie». Ankara a prévenu jeudi qu’elle continuerait «résolument» à protéger l’intégrité et la souveraineté de la Syrie. En revanche, la présidence turque a tenu à préciser qu’elle n’envisageait pas de riposte et qu’Ankara ne tomberait pas «dans le piège» tendu par le Premier ministre israélien. Mais la Turquie a enfoncé le clou vendredi en émettant un «mandat d’arrêt» international contre le Premier ministre israélien, dans le cadre d’une enquête sur l’interception brutale et humiliante de la «Flottille pour Gaza» et la détention des militants qui se trouvaient à bord. Des notices rouges Le ministre turc de la Justice a déclaré vouloir «émettre des notices rouges en vue de l’arrestation internationale» de Netanyahu pour «crimes contre l’humanité, génocide, privation aggravée de liberté, coups et blessures volontaires, torture, destruction de biens, pillage aggravé et détournement de véhicules de transport», a précisé le ministère. Les quelque 430 membres d’équipage de la cinquantaine de bateaux arraisonnés par l’armée israélienne en Méditerranée, à l’ouest de Chypre, avaient été amenés de force en Israël, puis détenus avant d’être expulsés en mai. Le ministre israélien (d’extrême droite) de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a partagé des images montrant des dizaines de participants à la flottille, agenouillés, les mains liées. Ils ont été forcés de marcher à quatre pattes et sommés de prononcer «Vive Israël» face aux caméras, tandis que les haut-parleurs diffusaient l’hymne national israélien. La diffusion de la vidéo a provoqué un tollé diplomatique international et suscité les condamnations de plusieurs gouvernements étrangers, ainsi que des critiques au sein même du gouvernement israélien. Ancienne alliée sûre de l’État hébreu, la Turquie est devenue l’un des principaux adversaires d’Israël depuis l’arrivée au pouvoir du parti islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan. Outre l’animosité personnelle entre les deux dirigeants, Erdogan se pose à la fois en protecteur de la nouvelle administration sunnite syrienne et en porte-étendard de l’islam face à l’ennemi sioniste. Récemment, le président turc a annoncé la participation de son pays à l’«Alliance de La Mecque», un pacte de défense mutuelle entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan. Pezeshkian veut «une sortie dans la dignité» Sur le front iranien, le président Massoud Pezeshkian a affirmé vendredi qu’il était temps de mettre fin à la guerre avec les États-Unis, Téhéran étant selon lui «en position de force et dans la dignité» face à Washington, qui souhaite imposer une nouvelle «guerre économique». «Le monde entier reconnaît notre victoire et souligne que les États-Unis ont attaqué nos écoles, nos hôpitaux et nos infrastructures en violation de toutes les règles», a-t-il ajouté. «Ils sont détestés à travers le monde.» Le président iranien a également défendu la conclusion, en juin, d’un protocole d’accord avec les États-Unis visant à trouver une issue au conflit, stigmatisant les critiques qui voudraient y voir un signe de faiblesse iranienne. «Ils ne trouveront pas la moindre clause dans cet accord qui indique une capitulation ; tous les engagements concernent l’autre partie», a-t-il assuré. Les déclarations de Pezeshkian, qui occupe théoriquement le poste le plus élevé au sein de la structure officielle de l’État, font suite à plusieurs autres indices témoignant de la lutte de pouvoir qui l’oppose au camp «dur» du régime, incarné par le Guide suprême, Mojtaba Khamenei, qui commande l’armée idéologique des Gardiens de la révolution. Khamenei avait laissé entrevoir des réserves sur l’accord. «J’avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation», avait-il déclaré.

Guerre économique totale de Washington contre l’Iran et le Hezbollah
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LevantTime .
Publié
août 21, 2026 - 00:35

Alors que le régime des mollahs iraniens continue sans relâche de pendre à des grues, quasi quotidiennement, des adolescents et des jeunes iraniens, pour la plupart des écoliers et des étudiants universitaires, l’Administration Trump a pratiquement déclaré une guerre économique tous azimuts contre la République islamique, comme l’a déclaré sans équivoque le président Donald Trump à l’aube de jeudi. Au cours d’un point de presse, le chef de la Maison Blanche a en effet annoncé que les Etats-Unis adopteront sous peu des sanctions économiques «sans précédent», dont l’effet sera d’isoler totalement l’Iran au niveau économique. Plus tard dans la journée de jeudi, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent (désormais « bête noire » du régime des mollahs), a été plus explicite, soulignant que «l’Iran fera face aux sanctions les plus sévères jamais imposées à un pays», précisant que les autorités US adopteront des mesures contre tout pays qui continue à entretenir des relations commerciales avec l’Iran. Mais le point le plus fondamental, revêtant un caractère hautement stratégique, soulevé par Scott Bessent réside dans ses propos portant sur le sort de la République islamique à l’ombre de cette guerre économique. «Le régime iranien s’effondrera, nous renverserons le régime iranien», a affirmé le Secrétaire au Trésor. Les exportations de pétrole interrompues C’est sans doute la première fois qu’un haut dirigeant américain met l’accent de façon aussi claire sur la volonté de l’Administration US de renverser, purement et simplement, le régime des mollahs. Jusqu’à présent, les hauts responsables à Washington soulignaient que leur objectif était d’aboutir à «un changement dans le comportement du régime, et non pas un changement de régime». Lundi prochain, M. Bessent devrait tenir une conférence de presse pour annoncer explicitement et dans le détail les sanctions qui seront imposées à la République islamique. Mais bien avant l’annonce des nouvelles mesures qui se profilent à l’horizon, la situation socio-économique, et financière, dans laquelle se débat d’ores et déjà l’Iran frôle l’effondrement généralisé. Le Gouverneur de la Banque centrale iranienne, Nasser Hemmati, a ainsi reconnu jeudi, sans doute pour la première fois, que les exportations iraniennes de pétrole sont totalement interrompues. «Nous n’exportons plus, du tout, de pétrole, et l’autre problème auquel nous sommes confrontés est notre incapacité à accéder à nos ressources financières», a déclaré le Gouverneur. Dans un tel contexte explosif, les milieux de l’opposition chiite libanaise soulignent, sur base d’informations en provenance de Téhéran, que des mouvements de fronde commencent à se manifester dans certains milieux populaires, et parallèlement l’impact des sanctions et du blocus maritime américain se traduit de plus en plus par une paralysie grandissante de l’appareil administratif de l’Etat. Une telle situation est aggravée en outre, affirment les milieux susmentionnés, par de profondes divergences et des luttes d’influence au niveau du pouvoir en place. Le Hezbollah, «organisation terroriste, sous la conduite des Pasdaran» Dans le sillage de cette escalade américaine contre le régime – qui a dénoncé jeudi en fin de journée un «terrorisme économique» pratiqué par Washington – l’Administration US a lancé de manière concomitante une sérieuse escalade dans sa campagne contre le Hezbollah. Le Département du Trésor a ainsi indiqué que le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) a réinscrit le Hezb sur la liste des organisations terroristes œuvrant sous le commandement direct de la «Brigade de Jérusalem» relevant des Gardiens de la Révolution islamique. Cela revient à considérer implicitement le Hezb comme une organisation iranienne et non libanaise. Dans ce contexte, l’OFAC a adopté des sanctions contre une dizaine de personnes liées au Hezbollah et aux Pasdaran. Elles sont accusées d’avoir acheminé clandestinement au Hezb des centaines de millions de dollars à partir de la Turquie par le biais de vols commerciaux. Joseph Aoun reçu par le pape Sur le plan des opérations militaires sur le terrain libanais, l’attention est essentiellement focalisée sur le cas des vastes fortifications militaires souterraines de Ali el-Taher (région de Nabatiyé) où sont retranchés, selon une source du Hezbollah citée jeudi soir par la chaîne Al-Hadath, une centaine de miliciens chiites et d’officiers supérieurs des Gardiens de la révolution iranienne, assiégés par l’armée israélienne qui resserre quotidiennement son étau et dont l’objectif est de mener des opérations de «grignotage» de terrain afin de provoquer la chute des tunnels et des infrastructures construits par les Iraniens pendant plusieurs années. La source du Hezbollah précitée souligne à cet égard que ces fortifications de Ali el-Taher représentent pour le parti chiite non seulement un acquis militaire stratégique, mais elles revêtent surtout, une «importance morale particulière». De ce fait, la source en question relève que le Hezbollah préfère que l’armée israélienne détruise, purement et simplement, cette infrastructure plutôt qu’elle soit remise à l’armée libanaise, comme l’avaient suggéré certains milieux locaux. Notons enfin dans ce contexte global que le président Joseph Aoun a été reçu en début de journée, jeudi, par le pape Léon XIV. Le chef de l’Etat a exhorté à cette occasion le Souverain Pontife à poursuivre ses efforts auprès des instances internationales afin de «faire pression sur Israël pour qu’il respecte les dispositions de l’accord-cadre» signé en juin dernier par le Liban et Israël, sous l’égide des Etats-Unis. Le Vatican a soutenu à ce sujet cet accord-cadre qui définit le processus approuvé par Beyrouth et Tel-Aviv pour aboutir à une situation mettant un terme définitivement à l’état de guerre entre le Liban et Israël.

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