
La politique régionale de Téhéran a obéi au cours des vingt-cinq dernières années à une logique claire: s’installer sur les goulots et les corridors du Moyen-Orient, transformer les détroits, les routes terrestres et les enclaves en instruments de chantage stratégique et bâtir autour de l’Iran une profondeur défensive faite de milices et de régimes inféodés. Dans le cadre de cette politique, le Yémen et les Houthis ont joué un rôle central. Le Yémen, éclaté, failli, constituait le terrain idéal pour la République islamique iranienne en vue d’installer ce « jumeau occidental ». Le mouvement houthi, adossé à une matrice zaïdite et à une grammaire anti-impérialiste malléable, offrait à Téhéran un proxy capable de: tenir la capitale Sanaa ; contrôler une large portion de la côte de la mer Rouge ; et menacer Bab el-Mandeb avec des missiles, drones, embarcations piégées.







