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Analyse

Qui de la Turquie, du Pakistan ou d’Israël peut tirer les Saoudiens d’embarras?

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L’immense réserve d’hydrocarbures saoudiens est à la fois source de richesse et de vulnérabilité pour le royaume. (AFP)
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Par Youssef Mouawad
Publié sept. 26, 2026 - 15:26

«Tout peut arriver avec moi», clame le président Donald Trump. Et qui irait le nier? Mais la vraie question est de savoir quel intérêt les États-Unis tireraient d’une politique étrangère pour le moins erratique. 

Prêtons une oreille attentive au quotidien Le Monde qui en a pris acte en titrant: «La Chine ne peut que saluer la perte de crédibilité des États-Unis de Donald Trump auprès des alliés traditionnels de Washington». En effet, le président américain qui patauge du côté du golfe Persique, se désengage, le croiriez-vous, de la mer Rouge. 

Il ne s’est pas porté pas au secours de Mohammed ben Salmane, qui réclamait son appui imminent alors qu’on enregistrait, entre le 9 et le 11 septembre, une débandade des troupes yéménites loyalistes, troupes que Riyad soutenait, mais pas assez semble-t-il. 

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Sans état d’âme, les États Unis ont laissé se morfondre l’Arabie Saoudite, leur indéfectible allié. Cette dernière, prise qu’elle était en étau entre le détroit d’Ormuz et celui d’Aden, devra elle-même se tirer d’affaire, les Américains, sur leur quant-à-soi, se contentant de lui fournir du «renseignement, des données de ciblage et un soutien militaire non cinétique». 

La Maison-Blanche et les «Ansar Allah» 

L’offensive victorieuse des Ansar Allah, ces rebelles houthis, leur accorde le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb et suscite des craintes légitimes quant au transport maritime international. Quant à leur bombardement de la capitale saoudienne et des terminaux pétroliers, il va semer la crainte et le désordre sur les marchés mondiaux des hydrocarbures.

Alors si «l’Empire du Milieu» va profiter de l’aubaine comme l’affirme plus haut Le Monde, il ne faut pas croire que les États-Unis en sont pour leurs frais. Loin de là, ces derniers viennent de conclure à la hâte un contrat avec les Saoudiens pour la fourniture de 48 avions de combat F-35A.

Le montant de la transaction s’élève à 24,3 milliards de dollars. Washington reste donc l’allié stratégique de Riyad, même si désormais il refuse de transformer cette alliance en engagement in solidum dans tout conflit avec les Houthis. 

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Après tout, les Américains n’auront rien à craindre de la milice triomphante des Ansar Allah laquelle, selon Reuters, aurait assuré le libre passage de leurs navires et le respect du cessez-le-feu de 2025. Faut-il croire qu’ils n’ont de compte à régler qu’avec Riyad? 

Difficile de s’en persuader quand on sait que des experts iraniens se sont rendus à Bab el-Mandeb dans le but d’y installer des radars et de creuser des tunnels dans les collines qui surplombent le site. 

Mais que voulez-vous ? Washington rechigne à «entrer dans la fournaise» du moment que les pays du Pacte de La Mecque cherchent à s’émanciper de sa tutelle. Encore une volte-face de Donald Trump, maintenant qu’il a initié une nouvelle politique américaine. Cette dernière consisterait à veiller à la protection des équilibres entre nations, mais laisserait davantage les puissances régionales assurer leur propre sécurité et assumer le coût militaire de leurs propres rivalités. 

Toutefois, en infléchissant de la sorte sa politique, Washington se rend-il compte que, mine de rien, il pousse Riyad dans les bras de Tel-Aviv? 

Le «hand’s off approach», ou la politique de non-intervention américaine

A l’Assemblée générale qui se tient cette semaine à New-York, des discours héroïques ont été prononcés, des politiques générales ont été tracées, des discussions entre belligérants ont bien eu lieu et des axes ont été constitués entre nations alliées , mais en fait la réalité est plus prosaïque.   

Trump a dit non à MBS le 10 septembre: il n’allait pas faire intervenir la US Air Force! Puis ayant changé d’avis, il aurait, le jeudi 17 septembre, donné instruction au Pentagone de préparer des frappes. Mais le dimanche 20, après que les listes de cibles eurent été approuvées, et alors que les bombes étaient en train d’être chargées à bord des avions, il s’est finalement dédit, selon le récit du New York Times, et a annulé sa décision. 

pacte la mecque

Comment voulez-vous que Ben Salmane s’y retrouve? Par ailleurs, ce dernier peut-il compter sur ses partenaires du Pacte de la Mecque, à savoir la Turquie et le Pakistan? Erdogan n’a pas l’air de vouloir bouger: une intervention turque directe au Yémen risquerait de provoquer une confrontation régionale avec l’Iran. Quant au Pakistan, il s’est fendu d’une déclaration assurant qu’il se tenait «diplomatiquement et physiquement » aux côtés de l’Arabie saoudite, et que dans son soutien il irait jusqu’à l’extrême limite. 

Tout cela ne fait pas beaucoup!

Irrémédiable et incontournable Israël

L’Arabie saoudite a le sentiment d’être lâchée par ses alliés qui resteront dans l’expectative tant que les États-Unis n’auront pas choisi de se mouiller. Mais Washington peut très bien sous-traiter la défense anti-missile et anti-drone à Israël, qui en fera les choux gras. Ce qui permettra de raviver les Accords d’Abraham qui sont au point mort depuis un moment. Paradoxalement, le dossier houthi pourrait s’avérer comme «le laboratoire sécuritaire d'un rapprochement israélo-saoudien avant même sa formalisation diplomatique». 

Trump a bien dit qu’avec lui tout peut arriver!

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