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Opinion

Doctrine de Dahiyeh ou doctrine de Gaza? Eisenkot ou Netanyahu?

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Janvier 2025: un flot ininterrompu de déplacés remontait la côte de la bande de Gaza en direction de la ville de Gaza. (AFP)
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Publié nov. 7, 2026 - 15:10

Ou peu s’en faut! Les résultats des législatives israéliennes sont là et ils ne sont concluants ni en faveur d’un candidat ni en faveur de l’autre. Ce qui a fait aussitôt dire à Aluf Benn, rédacteur en chef du quotidien Haaretz, que la guerre du 7 octobre n’a pas changé la société israélienne et qu’en dépit des turbulences des quatre dernières années, les électeurs, à l’heure de la vérité, se sont «agrippés» à leurs loyautés tribales, à leur sentiment et à leur appartenance identitaire, plutôt que de porter un regard critique sur les échecs de leur Premier ministre.

 

 

Or en dépit de tout, ce denier demeure incontournable et l’on peut valablement estimer que la bataille électorale s’est livrée entre lui d’un côté et l’ensemble de ses opposants de l’autre, que ces derniers soient Israéliens de souche juive ou palestinienne.

De fait, Netanyahu est toujours au poste de commandement et probablement pour des semaines encore. Sa popularité s’est certes amenuisée, mais sa campagne électorale a néanmoins réussi à coincer son rival Eisenkot: en effet, celui-ci ne peut former un gouvernement à moins de s’allier aux partis arabes.

Toutefois, au-delà de toutes ces considérations et de toutes les combinazioni imaginables, peut-on s’attendre à un changement radical de la politique de Tel-Aviv pour le cas où Eisenkot remplacerait Netanyahu à la tête du gouvernement?

Pour Mohammad Saleh Sedghian(1), l’Iran se féliciterait du départ de l’actuel Premier ministre israélien, l’affaire relevant de la vindicte personnelle. Mais qui croirait que dans la pratique le «limogeage» de «Bibi» irait desserrer l’étau qui étrangle le pays des mollahs ou épargnerait notre Sud libanais?

 

 

Deux hommes, deux styles de comportement (2)

 

 

Certes, les deux rivaux s’opposent au niveau de leur personnalité, carrière et pratique du pouvoir. Benyamin Netanyahu est un professionnel de la politique, excellent communicant, «combinant prudence à long terme et audace tactique», toujours évaluant les conséquences politiques de ses initiatives et autres décisions.

De surcroît, il tient à se maintenir coûte que coûte au pouvoir, vu qu’il devra affronter ses juges aussitôt qu’il aura rendu son tablier.

 

 

Tout à l’opposé, se tient Gadi Eisenkot. C’est un militaire de carrière, formé à la discipline, «valorisant la planification, la chaîne de commandement et les objectifs de sécurité définis». Cet ancien chef d’État-Major de l’armée israélienne privilégie l’approche guerrière flexible, qui s’adapte aux résultats opérationnels. Ne traînant pas une casserole, comme son rival, il n’a pas à craindre les cours de justice ni leurs implacables échéances. Aussi, n’aura-t-il pas tendance à «subordonner les décisions nationales à la conservation du pouvoir».

 

 

Cependant pour le reste, ni l’un ni l’autre n’accepte l’idée d’un État palestinien sis entre le Jourdain et la Méditerranée. Cela dit, quel impact positif pourrait-on espérer à Nabatieh ou Jabal al-Rihane, si le militaire de carrière venait à remplacer le politique retors?

 

 

Laquelle des deux doctrines?

 

 

Au lieu d’établir une comparaison entre les deux «postulants» et d’en tirer des conclusions hâtives, il est plus pressant de se demander à quelle sauce nous allons être mangés. En effet, si la machine de guerre israélienne venait à se mettre en branle, il serait bon de savoir quelle doctrine elle mettrait en œuvre, celle de la Banlieue sud ou celle plus extrême de Gaza.

 

La première, conçue en 2006 par plus d’un stratège, entre autres le même Eisenkot, relève de la politique de dissuasion et de celle de la disproportion. À titre de représailles, elle inflige un coût massif à l’adversaire comme à son environnement, l’idée étant de faire payer un prix si exorbitant à ses infrastructures civiles et à son vivier humain qu’il finira par renoncer à poursuivre les opérations militaires et se tiendra coi.

 

 

La doctrine de Gaza est similaire à celle de la Banlieue sud. Cependant, elle ne cherche pas tant à dissuader l’adversaire qu’à opérer un «déplacement de population». Elle consiste en un recours massif aux frappes aériennes qui cibleraient les zones d’habitation afin d’en refouler les habitants et de les déraciner. Et qui sait, peut-être à titre définitif ?

Entre ces deux doctrines, nous n’avons-nous pas beaucoup de choix dans le menu! Alors, dites-nous, où veut en venir le Hezb ?

 

 

Bonnet blanc et blanc bonnet

 

 

Pas plus que la victoire de Lula da Silva au Brésil, le recul de Netanyahu lors du dernier test des urnes ne constitue guère une victoire de l’axe de la moumana’a.

La même menace israélienne pèsera encore et encore sur notre pays comme sur l’Iran. Et si le parti des mollahs venait à se permettre la moindre incartade au Sud, le Liban serait saccagé. Car, au point où en sont les choses, pas plus Eisenkot que Netanyahu n’accorderait un répit au Hezbollah qu’un sursis aux Gardiens de la Révolution (3).

 

 

En dépit de cela, les « influenceurs » de la moumana’a, ces charlatans des médias, ne laissent pas de gaver leur public d’illusions. Alors, de grâce, s’ils pouvaient arrêter de miser sur des élections israéliennes ou sur des midterms américains.

 

 

1-Responsable du think tank «Arab-Iranian Studies Center», basé à Téhéran

2-Alain Frachon, «Benjamin Netanyahou ou Gadi Eisenkot, ce n’est pas pareil, et ce n’est pas seulement une affaire de style», Le Monde, 29 octobre

3-Steven Erlanger, “Israel’s election is unlikely to change its policies and global isolation”, The New York Times, 30 octobre 2026.

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