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Youssef Mouawad

Youssef Mouawad

Qui donc a réclamé le Golan annexé?
Par
Youssef Mouawad
Publié
oct. 11, 2026 - 12:53

Dans le contexte qui prévaut sur la scène syrienne, une question fondamentale se pose aujourd’hui avec acuité : qui a réclamé la restitution du Golan ? Qui voulez-vous que ce soit, sinon le président syrien Ahmed al-Charaa ? Mais pourquoi diable le président syrien a-t-il remis à l’ordre du jour le « cold case » du Golan, quand il avait tant d’autres priorités à gérer? Prendre le monde à témoin, lors de la réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies le 23 septembre dernier, ne relevait pas, à ses yeux d’ex-jihadiste, d’un simple rappel du contentieux israélo-syrien remontant à juin 1967. Quelle mouche l’a donc piqué, alors que dans un entretien, la veille, il avait souligné que des négociations directes israélo-syriennes s’étaient déroulées sous l’égide américaine et que les deux parties avaient atteint 90 % d’un accord sécuritaire ? (1)

Mais qui sont ces Houthis qui menacent la libre navigation ?
Par
Youssef Mouawad
Publié
oct. 3, 2026 - 13:31

Mais «qui sont ces Zoulous, qui sont ces gens remarquables qui infligent des défaites à nos généraux , qui convertissent nos évêques ... ?» Cette exclamation de Disraeli, Premier ministre britannique, pourrait être reprise par les nations européennes qui, aux portes de l’hiver, appréhendent la fermeture de Bab el-Mandeb ! Rappelons qu’en janvier 1879 , alors que l’Empire britannique sous Victoria avait atteint une suprématie mondiale, ses troupes se faisaient massacrer en Afrique du Sud par des tribus primitives. L’impérialisme européen en prit un coup, le cabinet britannique n’en revint pas et les nations occidentales purent rire sous cape de la mésaventure qui ternissait le lustre de sa Gracieuse Majesté!

Qui de la Turquie, du Pakistan ou d’Israël peut tirer les Saoudiens d’embarras?

«Tout peut arriver avec moi», clame le président Donald Trump. Et qui irait le nier? Mais la vraie question est de savoir quel intérêt les États-Unis tireraient d’une politique étrangère pour le moins erratique. Prêtons une oreille attentive au quotidien Le Monde qui en a pris acte en titrant: «La Chine ne peut que saluer la perte de crédibilité des États-Unis de Donald Trump auprès des alliés traditionnels de Washington». En effet, le président américain qui patauge du côté du golfe Persique, se désengage, le croiriez-vous, de la mer Rouge. Il ne s’est pas porté pas au secours de Mohammed ben Salmane, qui réclamait son appui imminent alors qu’on enregistrait, entre le 9 et le 11 septembre, une débandade des troupes yéménites loyalistes, troupes que Riyad soutenait, mais pas assez semble-t-il.

À quoi jouent les États-Unis? À quoi sert l’alliance de La Mecque?
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Youssef Mouawad
Publié
sept. 19, 2026 - 01:12

Alors que les affrontements se poursuivaient à Ormuz, se constituèrent, au vu et au su de Washington, deux axes militaires concrétisant deux logiques géostratégiques appelées à rivaliser! Et qui plus est, en une zone allant de la mer d’Arabie à la Méditerranée orientale, zone toujours considérée comme la cour arrière des États-Unis, voire comme sa chasse gardée. Et de fait, l’accord de défense antimissile et anti-drones conclu le 2 septembre dernier entre Israël et la Grèce a tout lieu d’être un duplicata de l’alliance de défense conjointe de La Mecque signée le 7 août dernier entre la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Nous voilà donc, en théorie du moins, en présence de «deux pôles de sécurité qui se font face sans pour autant constituer deux blocs parfaitement étanches».

Liban-Syrie ou les vases communicants!
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Youssef Mouawad
Publié
sept. 12, 2026 - 23:40

Oserions-nous tenter un parallèle entre les carrières respectives de deux dictateurs déchus, à savoir Adib Chichakli et Bachar el-Assad ? Tous deux avaient gouverné la Syrie d’une poigne de fer (1), puis minablement déguerpi en abandonnant leurs partisans à la vengeance populaire. Le premier fila à l’anglaise en février 1954 et le second s’exfiltra sans tambour ni trompette en décembre 2024. Un même schéma à 70 ans d’intervalle ! Mais la comparaison ne s’arrête pas là si l’on considère que les deux dictateurs ont tenté de reprendre pied en Syrie à partir d’un point de chute libanais ! Étant dans le déni, ni l’un ni l’autre ne pouvaient douter de leur popularité auprès d’un peuple qu’ils avaient réprimé, ni de l’enthousiasme que les Syriens manifesteraient pour le cas où ils reviendraient aux affaires.

Prodromes d’un clash israélo-turc en Syrie
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Youssef Mouawad
Publié
sept. 5, 2026 - 13:25

La guerre ne s’est pas encore interrompue dans notre sud qu’elle risque de se déclencher chez nos voisins. C’est dire que nous vivons en sursis et d’un conflit à l’autre. Et pour cause! Peu s’en fallut que le bombardement d’une base syrienne ne dégénérât en bataille rangée entre Ankara et Tel-Aviv. C’était le 18 août dernier et Benjamin Netanyahou n’y était pas allé de main morte: son pays n’allait pas tolérer un ancrage militaire turc susceptible de déborder vers le sud syrien. Le message était d’autant plus brutal que huit frappes avaient pris pour cible la base aérienne d’Abou al-Dhouhour, située à 70 kilomètres de la frontière turque.

Holà, les janissaires sont à nos portes!
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Youssef Mouawad
Publié
août 29, 2026 - 01:29

Ankara la néo-ottomane avance ses pions dans le Bilad ash-Sham! Et ce n’est pas un bombardement israélien de la base aérienne d’Abou al-Dhouhour le 18 août dernier ou de la banlieue de Damas dix jours après, et encore moins les menaces à peine voilées de Tel-Aviv, qui retiendraient la progression turque en direction du sud géographique et le long de la «mer de Syrie» (1). Tom Barack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et émissaire spécial auprès de Damas, aura fort à faire maintenant qu’une rivalité stratégique se concrétise entre Turcs et Israéliens, avec la Syrie et bientôt le Liban comme principal terrain de compétition, voire de confrontation.

«Ne plus subir», ce slogan du sunnisme politique!
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Youssef Mouawad
Publié
août 22, 2026 - 13:26

Les sunnites s’étaient trouvés bien seuls quand l’OLP de Yasser Arafat avait embarqué avec armes et bagages, sur des navires français, à destination de la Tunisie. C’était le 30 août 1982 ; Bachir Gemayel avait été élu président de la République et l’armée israélienne allait investir Beyrouth-Ouest. Avec le départ d’Abou Ammar et de ses contingents qui avaient alimenté la guerre civile et confessionnelle libanaise, une page venait d’être tournée. Constatant l’état des choses, le président Takieddine al-Solh, homme d’État avisé et fin observateur, s’était exprimé avec une amertume, en ces termes: «Les musulmans se sont tant sacrifiés qu’ils en ont péri» (1).

La guerre des deux récits ou «l’heure sunnite a sonné»
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Youssef Mouawad
Publié
août 15, 2026 - 13:41

«Ça suffit!» se sont écriés trois pays qui s’étaient retrouvés à La Mecque le 7 août dernier. La Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite, trois puissances complémentaires, viennent de constituer un Otan sunnite auquel ne manquerait pas de se joindre d’autres États en quête de protection militaire ou d’un parapluie diplomatique. L’annonce de la signature dudit pacte a fait naturellement l’effet d’un coup de tonnerre. Et rien qu’à suivre la presse saoudienne de ces derniers jours, on se rend compte de son changement de ton vis-à-vis des mollahs de Téhéran. Finie l’époque où Riyad, capitale du Royaume saoudien, avalait les couleuvres, encaissait stoïquement les provocations iraniennes, et optait pour la résolution pacifique des conflits avec ses agresseurs.

Si ce n’est la Syrie, c’est la Turquie et vice-versa!
Par
Youssef Mouawad
Publié
août 8, 2026 - 14:31

Après avoir été adoubé à Washington, voilà que fin juillet le général Joseph Aoun se faisait introniser à Ankara, une capitale qui l’a reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Le tapis rouge, la garde présidentielle rendant les honneurs süngü tak et les salves de canon ne furent pas rien aux yeux du militaire de carrière qu’est le président libanais. Évidemment, ce n’est pas lui qui irait chercher noise à une délégation commerciale turque comme l’avait fait le président Élias Hraoui au tout début de son mandat. La carte complète des sanjaks des vilayets de Beyrouth et de Syrie en 1909. Le vilayet de Beyrouth regroupait les sanjaks de Naplouse, de Saint-Jean d’Acre, du “Bilad al Bechara” (Liban-Sud actuel ou Jabal Amil), la ville de Beyrouth, les sanjaks de Tarablus ash-Sham, et de Lattaquié. La terminologie Tarablus ash-Sham était utilisée pour éviter la confusion avec une autre ville ottomane: Tarablus el-Gharb, la ville de Tripoli en Libye, qui a gardé son nom. (Wikimedia Commons)

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