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Analyse

Une défaite de Netanyahu fait-elle notre victoire ?

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Publié oct. 29, 2026 - 12:04

Au Liban, le bruit de la bataille électorale israélienne couvre toutes les autres voix. Chaque camp en suit les développements selon ses propres calculs, sa situation et les données dont il dispose, dans l’espoir de renforcer sa position.

Pour certains, le changement au Liban paraît difficile à obtenir. Ils se prennent donc à espérer une alternance politique en Israël, qui leur épargnerait une confrontation directe avec le Hezbollah et leur offrirait une issue à la crise, ainsi que la possibilité de retrouver une marge de manœuvre, d’atteindre leurs objectifs et d’obtenir des résultats dans les négociations sans rencontrer d’obstacles.

Le Hezbollah, de son côté, calcule qu’il pourrait ainsi restaurer son influence, reprendre le contrôle de l’État et imposer l’agenda iranien. À ses yeux, une défaite de Netanyahu constituerait une nouvelle victoire divine, venant s’ajouter à ses précédents triomphes, puisqu’elle serait le fruit de son «jihad sacré». Il l’attend, l’annonce déjà et s’apprête à la vendre à son milieu afin de reconquérir une base populaire qui commence à lui échapper.

Peu lui importe que cette prétendue victoire ne changerait rien au déplacement des habitants du Liban-Sud, à la destruction de leurs maisons ni à l’impossibilité de regagner leurs villages sans un accord que l’axe iranien refuse, de peur de perdre sa présence et son influence au Liban.

Peu lui importe également que le feu de celui qui succédera à Netanyahu ne se transformera pas pour autant en fraîcheur et en paix pour les Palestiniens et les Libanais. Les fondements de la politique israélienne demeurent inchangés, qu’il s’agisse de sécurité, de colonisation, de politique étrangère ou du caractère juif de l’État, inscrit dans ses institutions et ses structures. Autrement dit, la compétition entre les candidats relève avant tout d’enjeux intérieurs israéliens et ne remet pas en cause l’offensive généralisée qu’Israël mène depuis l’opération «Déluge d’al-Aqsa» contre tous ceux qu’il considère comme une menace.

Peu importe, enfin, ce qui se joue sur les différents fronts arabes, dans des affrontements qui renforcent Israël et lui permettent de tirer davantage profit de la politique du «diviser pour régner», comme le fait également l’Iran. La Syrie face à la Jordanie, l’Arabie saoudite face au Yémen, et pourquoi ne pas ouvrir encore d’autres fronts, pourvu qu’ils servent les plans et les ambitions de ceux qui les entretiennent? Il suffit d’un peu d’habileté pour déplacer les pièces sur l’échiquier de ce monde arabe qui a perdu sa capacité à peser sur le destin de la région, après s’être fragmenté en autant d’univers antagonistes et rivaux.

Mais tout cela relève de la stupidité et de cette prétention à puiser sa force là où il n’y a rien à gagner, dans le seul but de remonter le moral de vaincus qui continuent de s’enfoncer dans le déni. À cela s’ajoutent la précipitation et la volonté de devancer des événements qui, s’ils ne répondent pas aux attentes, provoqueront une profonde désillusion et un nouveau revers chez ceux qui s’empressent de vendre des chimères.

Ainsi, l’exultation prématurée devant une éventuelle défaite de Netanyahou rendrait la désillusion d’autant plus cruelle s’il venait à remporter les élections, à former une nouvelle fois un gouvernement et à poursuivre sa politique d’agression, qui ne s’arrête ni à la ligne jaune ni à la colline de Ali el-Taher. La déception serait tout aussi amère si son successeur entendait faire de la banlieue sud de Beyrouth le prix à payer pour assurer la sécurité des colonies israéliennes du Nord.

Où le Hezbollah irait-il alors chercher ses victoires? Comment pourrait-il remobiliser sa base? Et quels avantages pourrait-il encore espérer tirer de son refus de voir émerger un État maître de la décision de guerre et de paix et détenteur du monopole des armes, qui pourrait négocier avec l’ennemi israélien en disposant d’atouts susceptibles de lui permettre de parvenir à un accord satisfaisant, garantissant la fin de l’occupation et le lancement de la reconstruction pour que les habitants du Liban-Sud puissent retrouver leurs villages?

En somme, vaincrons-nous si Netanyahu perd… ou serons-nous vaincus s’il gagne?

Autant de questions difficiles, dès lors que l’on fait de la victoire ou de la défaite de cet homme le baromètre de l’avenir de la guerre contre le Liban.

L’intérêt national libanais ne saurait dépendre des calculs de ceux qui misent sur les développements en Israël pour renforcer leur position et améliorer leurs atouts. Il réside dans la nécessité de mettre fin à cet état de ni-guerre ni-paix qui ruine tout espoir de sortir de l’impasse économique et de rendre à l’État sa vitalité, de restaurer ses institutions et de rétablir sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.

L’obstination arrogante qui domine le discours de la faction iranienne au Liban ne changera rien à la guerre d’extermination menée par l’ennemi israélien. Pas plus que les tergiversations autour des décisions qui s’imposent, lesquelles empêchent l’État libanais de prendre les mesures susceptibles de changer la donne.

Ce qu’il faut faire est clair.

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