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Analyse

Trump-Xi: un sommet-test à dimension politico-économique

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Trump a invité le président chinois à admirer l'immense plateforme d'hélicoptère qu'il a faite installer à la Maison Blanche: Xi Jinping "aime le beau granite", a lancé à la presse le président US, passionné de chantiers, aux côtés de son invité. (AFP)
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Par Tilda Abou Rizk
Publié sept. 24, 2026 - 21:53

Le président américain, Donald Trump, a reçu jeudi à la Maison-Blanche, son homologue chinois, Xi Jinping, pour un sommet à double dimension, économique et politique, très suivi à l’échelle internationale, à cause de ses retombées éventuelles.

Plusieurs dossiers sensibles sont à l’ordre du jour: les échanges commerciaux, les tarifs douaniers américains, l’accès des États-Unis aux terres rares chinoises, l’intelligence artificielle, l’appui américain à Taïwan, l’Iran, les sanctions américaines imposées à Téhéran et l’appui chinois à la République islamique. Autant de dossiers qui laissent de nombreux analystes sceptiques quant à des annonces fracassantes, à l’instar de ceux cités par l’agence Reuters. Pour ces analystes, le sommet XI-Trump doit surtout permettre aux deux dirigeants de «stabiliser une relation soumise à de fortes tensions».

Dans ce contexte, il serait utile de soulever une question de forme. Donald Trump a tenu à accueillir personnellement mercredi soir, son homologue chinois -dont c’est la première visite aux États-Unis depuis plus de dix ans- à sa descente d’avion, à la base aérienne d’Andrews. Un tapis rouge a été déroulé pour l’occasion, la première du genre depuis 2015, lorsque Barack Obama avait reçu dans cette même base, le pape François, rapporte Reuters.

Compte-tenu de l’importance des enjeux liés à ce sommet, le deuxième entre les deux hommes, en quelques mois, il est légitime de s’interroger sur le point de savoir s’il peut effectivement se limiter à «une stabilisation des relations» bilatérales.

Xi Jinping a donné le ton à son arrivée aux États-Unis en exprimant le souhait que les deux pays soient «des partenaires plutôt que des rivaux». La formule peut être certes diplomatique, tout comme elle peut refléter une volonté réelle de parvenir à des accords.

Dans le domaine économique d’abord: la Chine connaît sur ce plan des difficultés accentuées par les sanctions imposées à son principal fournisseur en fuel, l’Iran. Elle a également besoin, pour son industrie, d’avoir accès au marché américain, devenu difficile à cause des droits élevés de douane imposés par Donald Trump, quelque temps après son élection, en janvier 2025.

Les États-Unis souhaitent pour leur part baisser la tendance inflationniste qui va crescendo depuis que le président américain a lancé sa guerre contre l’Iran, et stabiliser les marchés internationaux, notamment celui du carburant. Ils veulent également avoir accès aux terres rares dont la Chine domine une grande partie de la production. Ces minerais sont indispensables à de nombreuses industries, notamment dans les secteurs de la défense, de l'automobile et des technologies.

Est-il possible pour Pékin et Washington de s’entendre sur un genre de troc? La question peut se poser, tout comme celle de savoir jusqu’où les deux dirigeants iraient dans leurs concessions, à supposer qu’ils sont prêts à faire des concessions.

C'est là où les deux dossiers de Taïwan et de l’Iran entrent en jeu. Pékin considère l'île comme une partie de son territoire et réclame une réduction du soutien que Washington lui accorde, notamment dans le domaine de la défense. De leur côté, les États-Unis considèrent la sécurité de Taïwan essentielle pour leur présence stratégique dans le Pacifique.

Une concession américaine sur ce dossier serait énorme en raison de son impact sur l'équilibre militaire et stratégique dans cette partie du monde.

L'Iran constitue un autre test. Partenaire économique majeur de Téhéran, la Chine détient ainsi une influence que Washington souhaite utiliser pour arracher à la République islamique l’accord qu’il souhaite conclure avec elle et en finir avec une guerre devenue trop coûteuse, politiquement, pour Donald Trump.

La question qui se pose dès lors est la suivante: Trump proposerait-il à son hôte un deal suffisamment intéressant sur le commerce pour pouvoir obtenir, en échange, une pression chinoise sur Téhéran? Et vice versa?

Rien ne permet jusqu’à présent d'avancer que la Chine serait prête à sacrifier sa relation avec l'Iran en échange de concessions américaines, au vu surtout, des récentes révélations de la presse américaine, jeudi, sur l’aide détournée fournie par Pékin à Téhéran, dont, entre autres, des équipements militaires, dont des systèmes de guidage de drone. Selon les mêmes sources, des responsables américains ont établi une relation entre des images satellitaires fournies par des entités chinoises et une frappe iranienne ayant tué trois soldats américains il y a quelques mois.

Les questions qui attendent des réponses sont nombreuses. Le sommet qui se poursuivra demain, va au final permettre de mesurer les limites du donnant-donnant.

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