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Analyse

Reçu par Rubio, Salam prône un «partenariat renouvelé» avec les USA

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Nawaf Salam reçu par Marco Rubio. (Saul Loeb / AFP)
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Par LevantTime .
Publié sept. 28, 2026 - 23:16

L’étape new-yorkaise initiée par le pouvoir libanais dans le cadre de ses démarches visant à consolider son autorité souveraine, face à la stratégie «hezbollahie» de déconstruction de l’État central, touche à sa fin. Il était évident dès le départ que les multiples entretiens du Premier ministre Nawaf Salam et du chef de la diplomatie Joe Raggi en marge des travaux de l’assemblée plénière des Nations unies ne pouvaient nullement déboucher sur des résolutions concrètes ou des résultats pratiques. Il est de notoriété publique, en effet, que les réunions tenues par les différents dirigeants du monde à l’occasion du rendez-vous onusien traditionnel, en septembre de chaque année, ne dépassent pas le cadre des échanges et des concertations de pure forme.

 

La mission de la délégation libanaise présente depuis plusieurs jours à New York ne pouvait s’inscrire que dans ce contexte. Cela ne signifie pas pour autant que les contacts de Nawaf Salam et Joe Raggi ont été sans intérêts. Ils ont permis, à n’en point douter, de réaffirmer sans détours et de clarifier en toute transparence, à qui veut bien l’entendre, les options stratégiques définies par le gouvernement dès son entrée en fonction.

 

Ce fut notamment le cas lors de l’entrevue avec le président iranien Massoud Pezeshkian et son ministre des AE, Abbas Araghchi. Nul n’ignore que ces derniers ne peuvent prendre aucun engagement concret, les grandes décisions au niveau du pouvoir iranien étant du ressort quasiment exclusif des Gardiens de la révolution islamique. Il reste que MM. Salam et Raggi ont tenu à réaffirmer de vive voix à leurs interlocuteurs iraniens que le Liban n’accepte plus désormais d’être un champ de confrontation exploité par les puissances régionales, ce qui implique que seul le pouvoir central libanais est habilité à négocier et à prendre des décisions au nom du Liban. MM. Salam et Raggi ont tenu à réitérer devant le président et le ministre iraniens la position de principe du gouvernement portant sur la nécessité de limiter les rapports de l’Iran avec le Liban à des relations d’État à État, et non pas par le biais de proxy inféodé à la République islamique.

 

La réunion avec Marco Rubio

 

Le point fort de la visite de M. Salam à New York aura été, sans conteste, la réunion lundi avec le Secrétaire d’État, Marco Rubio. Là aussi, aucune décision palpable n’a été prise, mais le Premier ministre a mis à profit cet entretien pour prôner un «partenariat renouvelé» entre les États-Unis et le Liban. M. Salam a précisé sur son compte X qu’un tel partenariat devrait avoir pour objectif d’encadrer «le projet de reconstruction de l’État et de renforcement des institutions légales».

 

Fait notable à cet égard, qui confirme les options stratégiques du pouvoir libanais: aussi bien M. Rubio que le Premier ministre libanais ont insisté sur la nécessité de «booster» l’accord-cadre tripartite conclu entre les États-Unis, Israël et le Liban. M. Salam a plus particulièrement souligné sur ce plan que cet accord-cadre dépasse le seul volet militaire et sécuritaire, relatif au retrait israélien du Liban-Sud, mais doit englober dans les faits un mécanisme de renforcement du pouvoir central, et plus particulièrement de l’armée libanaise.

 

Il convient de noter dans ce contexte que la réaffirmation par le chef du gouvernement de l’attachement de principe à l’accord cadre américano-israélo-libanais est intervenu quelques heures après un discours du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, qui a tiré à boulets rouges sur le président de la République Joseph Aoun et le gouvernement en raison, précisément, de leur attachement à l’accord signé avec Israël. À l’évidence, le Premier ministre a tenu à confirmer, à New-York même et devant le Secrétaire d’État, l’engagement du Liban à aller de l’avant dans le processus entamé avec Israël, sous l’égide des États-Unis. Le message est ainsi clair: fort du soutien de Washington, le pouvoir libanais ne peut plus se permettre de replonger le pays dans la période sombre et funeste de la tutelle régionale qui entraîne le Liban dans des crises aigues à répétition et dans des guerres «de soutien» dont il n’en a cure…

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