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Décryptage

Trump contre les démocrates: le choc se prépare

Confusion autour d'un déploiement militaire syrien en Arabie saoudite

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Une casquette portant l’inscription «VETO» est posée sur le "Resolute Desk", à côté du président Trump, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington. (AFP)
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Publié nov. 7, 2026 - 22:45

À bon chat, bon rat. Après le raz-de-marée électoral qui a permis aux démocrates de prendre largement le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat, le président américain Donald Trump a donné le ton samedi en nommant Stephen Miller au poste de directeur de cabinet de la Maison Blanche.

Fidèle parmi les fidèles, Miller était jusque-là l'éminence grise du président, notamment sur les questions de lutte contre l'immigration, pièce maîtresse du programme trumpiste. Figure de l'aile la plus radicale du mouvement conservateur américain, sa nomination laisse ainsi présager une volonté de confrontation de la part de Donald Trump.

Le poste de «chief of staff» est hautement stratégique, son titulaire, véritable chef d'orchestre de l'action gouvernementale, filtrant notamment les personnes et les informations auxquelles le président a accès.

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Le nouveau «chief of staff» Stephen Miller en compagnie de Natalie Harp, assistante spéciale de Donald Trump. (AFP)

À 41 ans, Stephen Miller fait souvent écho aux discours de la droite radicale sur un déclin supposé de l'Occident face à «l'invasion» de migrants. Pour lui, le sujet est existentiel, estimant que «c'est un combat pour sauver la civilisation».

Il fut l'un des architectes du «Muslim ban», ces restrictions à l'entrée sur le territoire américain imposées aux ressortissants de plusieurs pays majoritairement musulmans, qui se sont ensuite heurtées à la justice.

Les démocrates ont dénoncé sa nomination, faisant valoir que les élections de mi-mandat avaient également constitué une condamnation des méthodes de la police de l'immigration (ICE), qui mène une campagne d'expulsions massives.

«Stephen Miller est un xénophobe dangereux et un extrémiste fou qui a du sang américain sur les mains», a protesté le démocrate Hakeem Jeffries, probable futur président de la Chambre des représentants.

Sur son réseau Truth Social, Trump a donné un autre signe de sa détermination à contrecarrer la majorité démocrate qui dominera le Congrès à partir de janvier, en publiant une photo de lui accompagnée de la mention «M. VETO».

Des soldats syriens dans la péninsule Arabique?

 

 

Trump a reconnu que le conflit avec l'Iran, en provoquant une flambée des cours du pétrole, avait largement contribué à la débâcle de son parti. Mais le président américain a refusé l'aide sollicitée par l'Arabie saoudite, poussant Riyad à rechercher des alliés régionaux plus fiables.

Dans ce contexte, des responsables du gouvernement yéménite reconnu par l'ONU ont déclaré samedi que la Syrie allait déployer des milliers de soldats en Arabie saoudite et au Yémen, où certains seraient déjà présents, afin de soutenir le gouvernement yéménite et son allié saoudien face aux Houthis pro-iraniens.

«Les parties syrienne et saoudienne ont convenu de l'envoi d'environ 3000 troupes pour combattre les Houthis», a affirmé une source au sein du Conseil présidentiel, la plus haute instance dirigeante du Yémen, s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité du dossier.

Des centaines de soldats syriens seraient déjà présents de part et d'autre de la frontière entre le Yémen et le royaume saoudien, selon cette même source gouvernementale yéménite et des sources militaires distinctes.

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Ces déclarations surviennent trois jours après une visite à Riyad du président syrien Ahmad al-Chareh, au cours de laquelle un accord-cadre de coopération a été signé. Cet accord porte principalement sur «la formation des forces militaires et le renforcement de leurs capacités», souligne une source diplomatique syrienne. Mais cette même source a démenti l'envoi de forces militaires syriennes au Yémen.

Selon Damas, cet accord militaire avec Riyad pourrait ouvrir la voie à une adhésion de la Syrie au pacte de défense dit de La Mecque, formé en août par l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie.

 

 

D'anciens jihadistes étrangers aguerris

 

 

Si l'information est confirmée par Riyad et Damas, il s'agirait du premier déploiement étranger massif sur ce front depuis la reprise des hostilités au Yémen, en juillet. L'Arabie saoudite tente en effet de mobiliser ses alliés face aux attaques quasi quotidiennes des Houthis visant, depuis octobre, ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.

L'armée syrienne est constituée d'un ensemble hétéroclite de groupes armés, principalement islamistes, dont certains comptent dans leurs rangs d'anciens jihadistes étrangers aguerris.

Les islamistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS) produisaient leurs propres drones pour leurs opérations contre les forces gouvernementales. Des combattants syriens issus de groupes islamistes avaient également pris part à d'autres conflits à l'étranger, notamment en Libye, au Haut-Karabakh et au Niger.

Face aux attaques des Houthis, le royaume saoudien avait lancé un appel à l'aide aux États-Unis, resté sans réponse favorable.

L'Égypte s'est, elle, récemment engagée à fournir une aide militaire défensive à Riyad, sans toutefois en préciser les modalités.

La France a, de son côté, déployé des effectifs pour protéger le terminal pétrolier saoudien de Yanbu, tandis que Londres a annoncé en octobre le déploiement d'avions de combat pour contribuer à la protection du territoire saoudien.

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