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Décryptage

Israël: scrutin indécis, cap stratégique inchangé

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Publié oct. 28, 2026 - 01:16

Les premières estimations qui se dégagent de la journée électorale particulièrement fébrile qu’Israël a connue en ce mardi 27 octobre n’ont pas permis de désigner un vainqueur clair au terme de ces premières élections législatives organisées après le massacre du 7 Octobre. 



Les bureaux de vote ont fermé comme prévu à 22 heures – en dépit d’une demande de prolongation formulée par le Likoud. Le taux de participation – pour un électorat d’un peu plus de 7 millions d’électeurs – a atteint le niveau record de 75 pour cent, le plus élevé depuis plus de cinq décennies. 

La participation des Israéliens arabes a été massive, notamment parmi les tribus bédouines du Néguev, ce qui permettrait l’entrée à la Knesset de plus de 15 députés arabes (17 ou 18, selon les premières projections). 


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La composition de la Knesset avant les élections du 27 octobre 2026.

Il ressort des sondages effectués à la sortie des urnes que le Likoud est arrivé en tête avec 23 à 25 sièges, contre 21 ou 22 pour le parti de Gadi Eisenkot, le principal rival du Premier ministre sortant et leader du Likoud, Benjamin Netanyahu. 

Mais si l’on tient compte du jeu des possibles alliances politiques, et des marchandages qui en découlent, le bloc de l’opposition obtiendrait, selon des sources israéliennes, 52 ou 53 sièges, contre 50 au bloc de Netanyahu. 

Cette projection est toutefois contestée par la chaîne 14, proche du Likoud, qui indique qu’une coalition de droite pourrait regrouper 60 députés (soit un siège de moins que la majorité absolue), le rassemblement de l’opposition 43 parlementaires et les partis arabes 17 sièges.    



Il est donc, à l’évidence, prématuré de tirer une conclusion tranchée de ces élections et a fortiori d’esquisser le profil du nouveau gouvernement israélien. 

Les résultats définitifs et officiels, en termes de répartition des sièges à la Knesset, ne seront connues que dans 48 heures. Mais ce décompte ne permettra pas de déterminer pour autant avec certitude qui de Benjamin Netanyahu ou son adversaire conjoncturel Gadi Eisenkot réussira à former un gouvernement stable bénéficiant d’une majorité, fût-elle étriquée.



Le système électoral israélien, basé sur la proportionnelle, débouche en effet, depuis des décennies, sur un fort éclatement du paysage politique et sur l’émergence d’une nébuleuse de petits partis, reflétant soit des nuances dans les sensibilités et les programmes politiques, soit tout simplement des ambitions et des calculs politiques étroits. 

Il en résulte que les urnes n’accordent à aucun parti ou formation une majorité, même réduite à sa plus simple expression, lui permettant de former un gouvernement. 

Tout Premier ministre désigné est par voie de conséquence contraint de s’engager dans des pourparlers ardus et des marchandages d’ordre politicien pour parvenir, in extremis, au seuil des 61 sièges nécessaires pour assurer à son gouvernement suffisamment de latitude. 



La personnalité chargée par le président israélien de former son équipe ministérielle a 28 jours pour mener à bien sa mission, avec une prolongation possible de 14 jours. 

Au cas où aucune personnalité ne parvient à former un gouvernement dans les délais prévus, de nouvelles élections doivent être organisées. 

Ce cas de figure ne doit pas être écarté à l’aune du résultat non déterminant du scrutin de ce 27 octobre, ce qui permettrait au chef du Likoud de demeurer à son poste durant ce temps d’attente.  



Peu d’impact sur les options stratégiques



Dans l’attente que se décante davantage la physionomie pointue de la nouvelle Knesset et dans l’attente de la désignation officielle de la personnalité – Netanyahu ou Eisenkot – qui sera chargée d’engager des pourparlers avec les petits partis pour tenter de former une équipe ministérielle, les spéculations vont bon train sur les possibles retombés géopolitiques et régionales de la mise sur pied d’un Cabinet formé par l’opposition au Likoud. 



A notre petite échelle libanaise, et même iranienne, les porte-étendards du camp dit «obstructionniste», Pasdaran et Hezbollah en tête, pourraient être tentés de se réjouir à court terme d’une éventuelle éviction de Netanyahu. 

Ils ne tarderont pas toutefois à déchanter en raison de la personnalité et des positions tranchées de Gadi Eisenkot concernant les grandes orientations israéliennes sur le double plan stratégique et de la sécurité de l’Etat hébreu. 



D’une manière générale, d’ailleurs, face à des enjeux à caractère existentiel et lorsque la sécurité d’Israël se pose de façon sérieuse, l’histoire a prouvé que les leaders israéliens s’en tiennent sans tergiversations aux fondamentaux et aux options stratégiques, quelles que soient leurs divergences internes.   

Dans notre cas précis, M. Eisenkot, ancien chef d’état-major israélien, a déjà adopté des positions aussi radicales et fermes, voire plus extrémistes, que celles de M. Netanyahu concernant le Hezbollah (rappelons qu’il prône la destruction totale de la banlieue sud de Beyrouth), la situation sécuritaire au Liban-Sud et au Nord d’Israël, le problème de Gaza – où son fils et deux de ses neveux ont été tués – et, surtout (et c’est là le plus important), le dossier nucléaire iranien et la question iranienne. 



Cerise sur le gâteau: s’il parvient à former son gouvernement, le chef de l’opposition bénéficiera, à n’en point douter, d’une plus grande marge de manœuvre que le leader du Likoud pour ce qui a trait à ces dossiers stratégiques explosifs du fait qu’il ne sera pas inhibé en quelque sorte par le «passif» dont a pâti M. Netanyahu au niveau d’une partie de l’opinion occidentale et de certains décideurs américains et européens.


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