
Cela risque de devenir une routine subversive, le rendez-vous hebdomadaire du week-end… Paris et les principales grandes villes françaises sont-elles condamnées à connaître chaque samedi des émeutes, des pillages, des agressions violentes contre des CRS?
ont-elles condamnées à être livrées chaque fin de semaine, durant encore une période indéterminée, aux tristement célèbres black blocs, ces bandes de casseurs vêtus de noir qui semblent s’être fixés comme objectif «stratégique», voire «idéologique», de transformer systématiquement la fin de chaque manifestation pacifique en émeutes, en batailles rangées avec les forces de l’ordre, avec en apogée des pillages et de graves dégradations subies par des milliers d’établissements de commerce?
Ces interrogations étaient samedi soir sur toutes les lèvres un peu partout en France à l’issue du troisième week-end de manifestations organisées à l’appel, notamment, de la CGT et des organisations syndicales, estudiantines et lycéennes, avec la participation active d’activistes d’extrême gauche, sur fond de malaise sociale due principalement à la cherté de vie et à de mauvaises conditions d’études dans de nombreux lycées.
Ce vaste mouvement de protestation suscite d’autant plus d’inquiétude chez les Français qu’il survient à la veille de la période des fêtes de Noël et du Nouvel An qui assurent traditionnellement non moins de 40 pour cent du chiffre d’affaires des entreprises commerciales…
Cocktails molotov contre les policiers
Comme ce fut le cas samedi dernier, un imposant dispositif de sécurité avait été mis en place en ce 31 octobre aussi bien à Paris qu’à Lyon, Marseille, Nantes, Bordeaux, Nice, Toulouse, notamment, pour encadrer les manifestants. En fin de soirée, le ministère de l’Intérieur a estimé à près de 320000 le nombre de manifestants à l’échelle de toute la France, dont 70000 à Paris, soit moins que le week-end dernier qui avait été marqué par une mobilisation de plus de 400 000 manifestants, sans compter les 800 000 revendiqués par les organisations syndicales lors de la journée du 17 octobre.
A Paris, cet acte III de la contestation avait débuté tôt le matin par un litige sur le parcours de la manifestation prévue. Le tribunal administratif de la capitale avait donné son aval à une marche entre Bastille et Nation. Ce parcours spécifique a toutefois été interdit, au grand dam des organisateurs, par le Conseil d’Etat qui a fixé Bagnolet comme point de départ du cortège, vers la Porte de Charenton.
Cette manifestation parisienne s’est déroulée dans le calme jusqu’au lieu d’arrivée, en fin d’après-midi.
Comme c’est le cas au terme de chaque marche pacifique, et alors que les contestations commençaient à se disperser, les black blocs ont lancé leur bataille rangée contre les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau pour contenir les émeutiers.
Un fait nouveau, et particulièrement grave, est apparu dans ce contexte: les policiers ont été la cible, à certains moments, de… cocktails molotov.
Dans le sillage des émeutes survenues parallèlement en soirée à Lyon, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Rennes, et Marseille, dans cette dernière ville des casseurs ont fait irruption, dans une atmosphère fiévreuse et teintée d’agressivité, dans un bâtiment abritant une école maternelle.
Atmosphère d’inquiétude à Paris
En fin de soirée, une vive tension régnait dans certains secteurs de Paris où sévissaient des centaines de casseurs et d’émeutiers, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez qui a tenu un point de presse pour commenter les développements de la journée. Le ministre a notamment stigmatisé le comportement de « centaines de pilleurs et de casseurs (…), animés par une mouvance d’ultragauche ». « On attend ceux qui veulent en découdre », a lancé le ministre de l’Intérieur, reflétant ainsi les craintes de larges débordements et d’une nuit chaude dans la capitale, notamment dans certains quartiers, tels que Châtelet et Bastille où des appels à des « manifestations sauvages » ont été lancés à une heure tardive par divers groupes subversifs d’extrême gauche.























