


L’Iran a accueilli une réunion des pays de l’Accord de La Mecque à un moment où le «New York Times» publie des informations selon lesquelles Donald Trump s’orienterait vers une attaque majeure, après les élections de mi-mandat. En même temps, selon des fuites médiatiques en Israël, le Premier ministre israélien aurait voulu attaquer l’Iran avant le scrutin de mardi, mais n’aurait pu convaincre son chef d’état-major.
Alors qu’un nouveau conflit régional semble quasi-inévitable, une réunion quadripartite tenue lundi en Iran avait de quoi surprendre. Annoncée le jour même, elle a réuni, à Téhéran, à l’initiative du régime iranien, des représentants de l’accord de La Mecque, en l’occurrence le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie. L’objectif affiché est la recherche d’une stabilité régionale aujourd’hui perdue. Cette réunion a été aussitôt saluée par le chef de l’ONU, António Guterres.
Le président iranien Massoud Pezeshkian en a profité pour appeler à «l’unité régionale», exprimant ses espoirs face à ces représentants de «pays islamiques influents». Il a souhaité «faire front commun et adopter une position coordonnée». Comprendre: contre les États-Unis et Israël, à un moment où, selon le New York Times, le président américain Donald Trump pourrait ordonner une frappe majeure après les élections de mi-mandat aux États-Unis, le 3 novembre.
Il est fort à parier cependant, notent des observateurs, que les discussions n’ont pas été très «cordiales» derrière les portes closes. L’Arabie saoudite est toujours sous le feu des Houthis yéménites, alliés de l’Iran. Suivant l’accord de La Mecque, le Pakistan et la Turquie devraient soutenir l’Arabie dans sa défense. Le même jour, l’Égypte, qui n’a pas encore demandé à se joindre à l’alliance de La Mecque, signée en août dernier, a autorisé son président Abdel Fattah Sissi, par le biais de son Parlement, à aider Riyad dans sa défense contre toute agression.
C’est donc un front uni que le régime iranien a vu face à lui en ce lundi. Les représentants des trois alliés auraient-ils demandé aux Iraniens de faire les concessions nécessaires pour éviter le pire? Et surtout de renoncer à ses frappes contre des pays voisins, directement ou par le biais de ses proxys? Pour le régime iranien, par contre, ces discussions de la dernière chance avaient pour but de désamorcer la tension régionale grandissante et de court-circuiter une éventuelle attaque américaine et israélienne.
Une frappe avortée contre l’Iran?
La réunion de Téhéran a donc eu lieu à la veille de l’échéance électorale en Israël, mardi. Pour Benjamin Netanyahu, cette longue campagne électorale israélienne aura été éprouvante jusqu’au bout. Et c’est encore une fois la question iranienne qui aura soulevé la polémique à la veille du scrutin.
Lundi, certains médias israéliens ont rapporté qu’un différend aurait opposé Netanyahu au chef d’état-major de son armée au sujet d’une attaque contre l’Iran, qu’il aurait souhaité avant le scrutin. Eyal Zamir aurait craint de commettre «une erreur d’appréciation» en attaquant l’Iran. Une réunion houleuse aurait eu lieu entre les deux hommes.
Ces fuites dans les médias ont été catégoriquement démenties par le ministre israélien de la Défense et proche de Netanyahu, Israel Katz. Israël «n’avait aucune intention de lancer une attaque contre l’Iran avant les élections», selon lui. Il n’aura toutefois pas pu dissiper tous les doutes vu l’ampleur des fuites médiatiques.
Dans ce contexte, le scrutin israélien est donc attendu avec anxiété du fait de son impact certain sur toute la région. Les derniers sondages montrent que les deux principaux candidats, Benjamin Netanyahu et Gadi Eisenkot, sont au coude-à-coude. Ce qui signifie que des résultats trop proches peuvent mener à une crise politique et à une difficulté à former un nouveau gouvernement.
Quelles conséquences sur le conflit en cours? Donald Trump a, une fois de plus, apporté, à la veille du scrutin, son soutien à Netanyahu, dans l’optique du partenariat entre les deux hommes contre l’Iran. Le régime iranien s’est empressé de souligner lundi que les résultats de ces élections, quels qu’ils soient, «ne feront aucune différence». Quant au Hezbollah, à en croire les sources de Reuters, il se prépare déjà à la guerre…























