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Opinion

Le FMI achève sa mission: qui financera la restitution des dépôts?

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Par Antoine Menassa
Publié sept. 21, 2026 - 18:09

Après la fin de la mission du Fonds monétaire international (FMI) à Beyrouth, et alors que le Liban s’apprête à prendre des décisions déterminantes concernant la restructuration du secteur bancaire et l’avenir des dépôts, le pays se trouve aujourd’hui à un tournant décisif.

 

En avril 2025, je qualifiais l’accord recherché par le Liban avec le FMI de «visa le plus cher au monde». Aujourd’hui, après la dernière visite du FMI à Beyrouth, cette formule prend un sens encore plus évident.

 

L’accord conclu au niveau des services du FMI en avril 2022 portait sur un financement d’environ trois milliards de dollars, sous réserve de l’accomplissement des mesures préalables requises et de l’approbation des instances compétentes du Fonds. Cet accord devait avant tout servir de certificat de confiance et de crédibilité permettant au Liban d’attirer, par la suite, des financements arabes et internationaux beaucoup plus importants.

 

L’objectif est légitime. Mais une question demeure: quel sera le prix réel de ce visa, et surtout qui devra le payer?

 

Si trois milliards de dollars doivent ouvrir au Liban les portes du financement international, mais au prix de la disparition de dizaines de milliards de dollars appartenant aux déposants, le Liban aura effectivement obtenu le visa le plus cher de son histoire.

 

Les conclusions publiées par le FMI à l’issue de sa mission au Liban du 15 au 18 septembre 2026 apportent aujourd’hui un élément essentiel à ce débat.

 

Le Fonds a insisté sur la nécessité de respecter la hiérarchie des créanciers et sur le principe selon lequel les déposants ne doivent subir aucune perte avant les actionnaires et les créanciers subordonnés.

 

C’est un principe fondamental.

 

Mais la question essentielle demeure sans réponse:

 

Où est le financement?

 

Car aucune loi de restructuration bancaire, aussi précise et sophistiquée soit-elle, ne peut à elle seule créer les dizaines de milliards de dollars nécessaires à la restitution des dépôts.

 

On peut restructurer les banques, répartir les responsabilités, déterminer celles qui sont viables et organiser, lorsque cela devient nécessaire, la résolution ou la liquidation ordonnée des établissements en difficulté. Mais avant toute liquidation, la situation de chaque banque doit être examinée conformément aux procédures prévues par la loi et dans le respect des droits des différentes parties concernées.

 

Reste alors la question que l’on repousse depuis des années:

 

Qui financera la restitution des dépôts?

 

L’État?

 

La Banque du Liban?

 

Les banques et leurs actionnaires?

 

Les revenus futurs de l’État ou certains de ses actifs?

 

Ou une combinaison équitable et réfléchie de ces différentes ressources?

 

C’est là que se trouve le véritable cœur du problème.

 

Le FMI demande lui-même que tout mécanisme de récupération des dépôts soit compatible à la fois avec la viabilité future du secteur bancaire et avec la soutenabilité de la dette publique.

 

Autrement dit, il ne suffit plus de répartir les pertes sur le papier: il faut mettre en place un véritable mécanisme de financement, crédible et applicable.

 

L’État libanais ne peut être absent de cette équation. Ses responsabilités et celles de la Banque du Liban doivent être examinées conformément aux dispositions du Code de la monnaie et du crédit, notamment son article 113, dont les dispositions doivent être appliquées et interprétées dans le cadre juridique et institutionnel compétent.

 

Pendant des décennies, les décisions relatives aux dépenses publiques ont été prises par les gouvernements successifs, adoptées ou encadrées par les institutions de l’État et exécutées à travers les mécanismes publics. On ne peut aujourd’hui rechercher une solution durable à la crise en faisant abstraction de cette histoire.

 

Un autre élément mérite particulièrement d’être souligné: la mission de septembre s’est achevée sans l’annonce d’un nouvel accord de financement avec le FMI.

 

Les discussions se poursuivent.

 

Cela signifie que le Liban dispose encore d’une possibilité de défendre une solution équilibrée: restructurer son secteur bancaire, responsabiliser les actionnaires lorsque la loi l’impose, rétablir la confiance, préserver les capacités futures de l’État et, surtout, protéger autant que possible les droits légitimes des déposants.

 

Le FMI peut offrir au Liban un visa lui permettant de retrouver sa place au sein de la communauté financière internationale.

 

Mais le prix de ce visa ne peut être la disparition des dépôts des Libanais.

 

Avant de demander aux déposants d’en payer le prix, il faut établir les responsabilités, identifier les ressources disponibles et présenter enfin aux Libanais un plan sérieux et crédible de restitution de leurs dépôts.

 

Car aucun pays ne peut reconstruire son système bancaire en sacrifiant la confiance de ceux qui lui avaient confié leur épargne.

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