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L'Essentiel du jour

Un entretien libano-iranien à New York, mais plusieurs messages politiques

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Par Tilda Abou Rizk
Publié sept. 24, 2026 - 23:04

Le Liban a demandé jeudi de vive voix à l’Iran de cesser de s’immiscer dans ses affaires intérieures, via le Hezbollah, et de maintenir leurs relations bilatérales au niveau d’État à État. Telle est l’essence du message que le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a adressé au président iranien, Massoud Pezeshkian, durant leur entretien qui s’est déroulé en marge des travaux de l’assemblée générale de l’ONU, en présence des ministres libanais et iranien des Affaires étrangères, Joe Raggi et Abbas Araghchi.

Dans le contexte de crise aigüe qui dure depuis plus de six mois entre Beyrouth et Téhéran, la rencontre libano-iranienne de New York devrait normalement être considérée comme étant hautement importante. Mais les divisions au sein du pouvoir iranien, où le pouvoir de décision est détenu comme on le sait, non pas par le président et son ministre des Affaires étrangères, mais par le Corps des gardiens de la révolution, et les divergences de vues iraniennes autour de la gestion des dossiers régionaux, réduisent la portée de cet échange.

Son importance réside ainsi dans sa symbolique, surtout que l’entretien a eu lieu à la demande expresse de la délégation iranienne, mais aussi dans certains messages politiques qu’il a véhiculés.

Il a principalement permis au Liban de réaffirmer devant l’une des plus hautes autorités de la République islamique, ce qu’il n’arrête pas de réclamer depuis des mois: le respect de sa souveraineté.

«Nous voulons une relation d’État à État» a martelé le Premier ministre libanais, en insistant sur le fait que le Liban ne peut être une «arène» pour les conflits régionaux ou «un espace destiné à l’échange de messages entre puissances» étrangères. Il a appelé à «ouvrir une nouvelle page» entre Beyrouth et Téhéran, «fondée sur le respect mutuel, la non-ingérence dans les affaires intérieures et la recherche d’intérêts communs».

Un autre signal important a émergé de cette rencontre: En appelant sans détour le président Pezeshkian à nommer un nouvel ambassadeur au Liban, à la place de Mohammad Reza Chibani, déclaré persona non grata par le ministère libanais des Affaires étrangères, Nawaf Salam a marqué la fermeté de Beyrouth et, surtout, la cohésion du pouvoir, sur les questions touchant à sa souveraineté, au moment où l’axe pro-iranien s’est efforcé de coller à l’affaire Chibani une étiquette partisane.

Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre a défendu le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et l’importance d’un monopole des armes.

À son tour, le chef de la diplomatie a affirmé que la délégation libanaise a «clairement exposé sa position souverainiste aux responsables iraniens». «Je ne vois aucun problème à rencontrer n’importe quelle partie et à lui serrer la main», a poursuivi Joe Raggi, en expliquant que «les négociations et le dialogue se font généralement avec la partie avec laquelle on a un problème, précisément pour tenter de le résoudre». Selon lui, les discussions ont principalement porté sur «les conditions nécessaires à l’établissement de relations plus solides entre Beyrouth et Téhéran, fondées sur le respect réciproque et, en particulier, celui de la souveraineté libanaise».

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