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L’armée libanaise à l’épreuve du soutien international

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Le président Macron (au centre), le président Aoun (au centre à droite) et le roi Abdallah II (au centre à gauche) ouvrent la réunion du «processus d’Aqaba» en soutien à l'armée libanaise, à l’Hôtel des Invalides, sous le regard bienveillant de Napoléon III... (AFP)
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Par LevantTime .
Publié sept. 17, 2026 - 23:04

Journée éminemment libanaise, jeudi, à Paris où le président libanais Joseph Aoun a appelé les participants à la réunion préparatoire de la conférence internationale de soutien à l’armée à «établir une feuille de route et un calendrier-programme précis » pour cette conférence, dont l’idée a été initiée par le président Emmanuel Macron. Sa date reste toutefois à déterminer.


La réunion, qui s’est tenue à l’Hôtel des Invalides, s’inscrit dans le cadre du processus d’Aqaba lancé en 2015 par le roi Abdallah II de Jordanie pour renforcer la coopération sécuritaire et militaire contre le terrorisme.


Abdallah II a pris part à cette rencontre aux côtés de représentants des États-Unis, notamment l’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, et le chef du Groupe de coordination militaire pour le Liban, le général Joseph Clearfield, parallèlement à de hauts responsables de pays arabes et de l’Union européenne. 

Le commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal y a pris part également.


L’importance de cette réunion réside dans le fait qu’elle intervient à un moment où le Liban, confronté à une crise multidimensionnelle qui traîne depuis 2020, et à une guerre destructrice provoquée par un groupe qui ne reconnaît pas l’autorité de l’État et refuse de s’y soumettre, est résolument engagé dans un processus de réédification de ses institutions. 

Et pour cela, il a besoin de l’aide de ses partenaires arabes et internationaux. 


C’est d’ailleurs l’essence du message lancé par le président Aoun qui a d’emblée affirmé, dans son discours, que «le Liban et les Libanais ont fait le choix de l’État». 

Pas tous évidemment, puisque le Hezbollah, totalement inféodé à l’Iran, se pose en obstacle majeur devant l’extension de l’autorité étatique sur l’ensemble du territoire national, à travers les forces régulières.

Celles-ci ne sont toujours pas suffisamment équipées pour mener à bien cette mission que le départ de la Finul, à la fin de l’année, compliquera davantage. 


Autant de défis que le chef de l’État a exposés aux Invalides, en soulignant l’importance du partenariat sollicité, qu’il a d’ailleurs situé dans le cadre du processus d’Aqaba. 

«Celui-ci nous assure un cadre important pour coordonner les efforts et déterminer ensemble les besoins et les priorités», a-t-il affirmé, en avertissant que le départ de la Finul, à la fin de sa mission «ne devait pas entraîner un vide sur le plan de la sécurité, mais favoriser un renforcement de la présence de l’État et de ses institutions, notamment l’armée».


La Troupe a certes commencé à sécuriser certains secteurs, notamment dans les trois zones-pilote fixés dans l’accord-cadre libano-israélien de juin. 

Sa mission reste cependant lourdement handicapée par un manque de moyens que seule une aide sérieuse internationale peut combler.


La conférence de soutien qui devrait en principe se tenir en octobre, doit ainsi servir de test pour la volonté des partenaires du Liban à doter sérieusement l’armée des moyens techniques et militaires qui lui permettraient de mener à bien sa mission. 


Elle devrait également servir de test pour le sérieux et la capacité politique du gouvernement à imposer son autorité là où cela est possible, en application de ses deux décisions de mars 2026, lorsqu’il avait annoncé «l'interdiction immédiate» de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah, et de celle du 9 avril, lorsqu’il avait décidé de faire de Beyrouth une «ville démilitarisée, sans armes illégales».


Quoi qu’il en soit, pour que l’assistance internationale à l’armée soit efficace, elle doit s’étaler sur le long terme, a insisté Joseph Aoun, en rappelant que le Liban a jusque-là honoré, dans la mesure de ses moyens, les engagements qu’il a pris dans le cadre de l’accord-cadre avec Israël. 


Pour lui, seul un partenariat «à long terme, fondé sur des engagements bien définis», permettrait à l’armée et aux forces de sécurité «de planifier et de renforcer leurs capacités, au lieu de gérer leurs besoins d'une crise à l'autre». 

«Nous tenons à ce que ce soutien soit accompagné des plus hauts niveaux de transparence et de responsabilité, a souligné le président Aoun. Nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires sur un mécanisme clair et transparent qui définisse les priorités, qui suive la mise en œuvre des engagements, garantisse que l'aide parvienne là où le besoin s'en fait sentir, et permette d'en mesurer les résultats et l'impact», a-t-il promis, en insistant sur le fait que «l'État libanais devra par la suite assumer une part croissante du financement de ses institutions sécuritaires et militaires, à mesure qu'il assainira ses finances».


Si le président a mis en relief ce souci de transparence, c’est parce que le Liban a cessé depuis de nombreuses années, notamment à partir de l’effondrement économico-financier de 2020, de bénéficier d’aides internationales, en raison de la corruption endémique qui a entraîné cet effondrement.


Réunion tripartite et menaces israéliennes


Selon diverses sources médiatiques, la réunion des Invalides a débouché sur une entente pour soutenir l’armée et les services de sécurité. 

Les participants avaient auparavant discuté des besoins des institutions sécuritaires libanaises, sur base d’un rapport exhaustif présenté par le Liban.


Ces assises ont été précédées d’un tête-à-tête Aoun-Macron au cours duquel la situation au Liban-Sud, où les attaques et le dynamitage israéliens se poursuivent sans relâche, ainsi que l’après-Finul, ont été passés en revue. 


Le tête-à-tête a été suivi d’un sommet tripartite avec le roi Abdallah, au cours duquel l’ensemble des bouleversements militaires dans la région, ainsi que leur impact, ont été examinés. 


La présidence libanaise a fait état, dans un communiqué, d’une convergence de vues sur la nécessité d’une «intensification des efforts diplomatiques en vue d’une réduction des tensions».




Dans le même temps, à Tel Aviv, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, renouvelait ses menaces contre «le régime iranien» et ses proxys.

Affirmant que ces derniers «veulent toujours la destruction d’Israël», mais que «leurs capacités ont été grandement diminuées», il a assuré que «du travail restait à accomplir: faire tomber le régime en Iran, éliminer le Hamas et le Hezbollah dont nous comptons nous occuper».


Alors que sur le terrain la situation demeure inchangée dans la région, le site américain Axios a fait état d’une réunion que le président américain, Donald Trump, compte tenir, mardi, en marge des travaux de la 81ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, avec les dirigeants du Golfe qui seront présents à New York.


Selon Axios, le but de ces assises est de «discuter des prochaines étapes de la guerre contre l’Iran» et des idées de Washington concernant «une stratégie d’après-guerre».

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