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Décryptage

Trois ans après le 7 Octobre, quel nouvel ordre régional?

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Des manifestants défilent avec des poupées enveloppées dans des draps blancs tachés de rouge, symbolisant les enfants palestiniens tués à Gaza, à Nimègue, aux Pays-Bas. L’attaque du 7 octobre 2023 et, surtout, la réaction israélienne sanguinaire à Gaza ont replacé la cause palestinienne au centre du débat international. (AFP)
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Par Tilda Abou Rizk
Publié oct. 7, 2026 - 21:49

De Gaza au Yémen, en passant par le Liban, la Syrie et l’Irak, l’attaque meurtrière du Hamas palestinien contre Israël, le 7 octobre 2023, restera dans la mémoire collective, comme le point de départ de bouleversements militaires et politiques allant tous dans le sens d’un établissement d’un nouvel ordre régional.

En Israël où le souvenir de cette attaque - qui avait fait plus de 1200 morts parmi les civils - a donné lieu mercredi à plusieurs cérémonies commémoratives, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d’«achever la mission» lancée le 7 octobre 2023, en allusion à la guerre sans merci lancée par Tel Aviv contre le Hamas. Il a fait état d’un «règlement de comptes qui n'est pas terminé», sans préciser toutefois si cette «mission» se limite au Hamas ou englobe son bailleur de fonds, l’Iran, tenu pour responsable de cette opération d’envergure.

L’offensive du 7 octobre avait eu, comme on le sait, un effet domino, déclenchant, avec une rapidité singulière, une succession d’événements dont les conséquences auraient été difficilement imaginables en temps de paix.

Qui aurait imaginé que le régime syrien de Bachar el-Assad pouvait tomber, que le Hezbollah, le Hamas et l’Iran seraient décapités et affaiblis ou que le Liban pouvait lui-même assister, sous l’égide de Washington certes, à des pourparlers directs avec Tel Aviv pour essayer de freiner la folie meurtrière qui s’est manifestée sur son sol, depuis que le Hezb a décidé de voler au secours du Hamas, au lendemain de l’attaque?

Une issue hors de vue

Trois ans plus tard, le Moyen-Orient n’est certes plus le même, mais l’issue du chemin dans lequel il a été catapulté reste encore hors de vue.

La guerre qui fait rage au Yémen entre les Houthis soutenus par l’Iran et les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite, et dont un des enjeux est le contrôle d’un point de passage stratégique en Mer Rouge, confirme l’impasse dans laquelle la région est bloquée.

Pour certains, elle est une conséquence naturelle de la pause observée par Israël et, surtout, Washington sur le front régional, les deux étant concentrés sur leurs prochaines échéances électorales, le 27 octobre pour Israël et le 3 novembre pour les États-Unis.

Mais un ensemble de paramètres fait craindre, sur le long terme, un genre de guerre froide qui pourrait s’installer dans la région et qui serait hautement préjudiciable pour des pays comme le Liban et l’Irak, supposés s’affranchir de l’emprise iranienne.

Ces appréhensions trouvent leur origine dans le bilan des événements déclenchés par le 7 octobre 2023 et notamment dans la difficulté que les États-Unis et Israël ont eu à atteindre leurs objectifs de guerre.

Bien que décapités, l’Iran garde une importante capacité de nuisance, même s’il a perdu une partie de ses positions dans la région et ses relais ont toujours la possibilité de jouer aux fauteurs de troubles. La guerre au Yémen en est l’exemple parfait, puisque les Houthis qui sont entrés en scène après l’affaiblissement du Hezbollah, principal bras militaire de l’Iran dans la région, ont montré qu’ils peuvent menacer l'Arabie saoudite, les routes maritimes, voire les intérêts américains et israéliens dans la région, simultanément.

Plus encore, le fait qu’ils aient ouvert le front de Bab el-Mandeb alors qu’Israël s’apprêtait à commémorer le 7 octobre ne peut pas être anodin. À travers ce groupe, Téhéran cherche encore à montrer que la dynamique du conflit reste la même et qu’il continue de détenir des cartes qui lui permettent de s’imposer en tant qu’acteur régional incontournable, en dépit des pressions énormes exercées sur lui.

Les menaces iraniennes, formulées mercredi, par un responsable des Gardiens de la révolution islamique qui a annoncé un prochain blocage des «routes maritimes illégales» dans le détroit d'Ormuz, vont dans ce sens.

Au Liban, non seulement le Hezb n’a toujours pas été neutralisé, pour des raisons en lien surtout avec la politique libanaise, prisonnière des calculs et de la frilosité de ceux qui la commandent, mais à en croire Reuters, il continue de bénéficier de l’appui logistique de la République islamique.

L’agence d’information a rapporté mercredi, que le Hezbollah a reçu le mois dernier 200 millions de dollars de Téhéran afin d’aider ses partisans déplacés à cause de la guerre avec Israël, en citant «deux personnes directement informées de ce transfert».

Si cette information se confirme, on peut se poser des questions quant à l’efficacité des mesures prises pour asphyxier l’Iran et assécher les sources de financement de ses relais.

À Gaza, tout ce que le Hamas a réussi à réaliser, au prix de pertes terrifiantes, c’est de replacer la cause palestinienne au centre du débat international et de retarder l’adhésion de Riyad aux accords d’Abraham.

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