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Décryptage

Ryad intensifie l’offensive contre les Houthis

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By LevantTime .
Published oct. 5, 2026 - 23:03

Après les récentes avancées des miliciens pro-iraniens vers les régions bordant la mer Rouge, la coalition présidée par l’Arabie saoudite s’est lancée dans une contre-offensive de grande envergure qui a déjà donné ses fruits, lundi.

Cela fait plusieurs semaines que, face au calme relatif sur le front irano-américain – les forces US n’ont pas lancé d’attaques directes en territoire iranien depuis début septembre – le front yéménite bouge le plus. Mais, jusque-là, c’était à l’avantage des Houthis pro-iraniens qui avaient, à la surprise générale, réalisé des avancées considérables vers la mer Rouge, menaçant de perturber le passage dans le détroit de Bab el-Mandeb, après la quasi-fermeture de celui d’Ormuz en raison du conflit en Iran. Le week-end dernier déjà, les combattants de la milice étaient parvenus à encercler la ville yéménite de Taez, en la séparant de celle d’Aden, où siège le gouvernement yéménite officiel.

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Dans ce tableau sombre pour les forces yéménites officielles, le lundi 5 octobre fera date. Déjà la veille, le président yéménite Rachad Al Alimi avait annoncé le lancement d’une offensive pour reprendre l’intégralité du territoire conquis par les Houthis depuis 2014 (dont la capitale Sanaa). L’offensive - bien nommée - « Aube du Yémen » a donc commencé lundi. Selon Reuters et plusieurs médias, l’armée yéménite régulière a pu regagner les positions prises par les Houthis sur le détroit de Bab el-Mandeb en quelques heures.

Le tournant a été l’annonce faite par la Coalition militaire présidée par Ryad, qui a affirmé se joindre à l’offensive lancée par l’allié yéménite. Celle-ci possède plus d’une centaine d’avions de combat qui ont lancé des frappes sur les régions contrôlées par les Houthis, offrant ainsi une couverture continue aux soldats yéménites déployés sur le terrain.

Même Sanaa n’y a pas échappé, et les médias des Houthis ont confirmé une frappe sur la capitale qui aurait fait, selon eux, une victime, une étudiante.

En soirée, selon la chaîne saoudienne al-Hadath, les forces gouvernementales ont indiqué avoir repris la ville de Mokha et son port, affirmant se lancer vers la capitale en «utilisant les méthodes de combat les plus modernes», selon la chaîne.

Il est évident que les Houthis n’ont pas perdu leur sens du défi. Ils ont lancé des obus vers Bab el-Mandeb en journée.

Ils avaient auparavant provoqué une interruption du transport de pétrole dans l’oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite. Ils ont même déclaré avoir frappé un site du géant pétrolier saoudien Aramco, la veille.

Sur un ton de défi, en soirée, ils ont averti que l'espace aérien saoudien n'était «pas sûr» pour l'aviation civile, a rapporté leur agence de presse reprise par l’AFP, adressant un avertissement à ce sujet aux compagnies aériennes.

Le royaume acculé

Si la coalition a décidé de rejoindre cette contre-offensive yéménite officielle, c’est que l’Arabie saoudite a tout intérêt à réagir après le nombre et la gravité des attaques des Houthis contre ses intérêts économiques et contre son territoire.

En toute logique, les Américains – qui arment les Saoudiens traditionnellement – ne devraient pas s’impliquer directement dans le combat, le président américain Donald Trump n’ayant aucun intérêt à ouvrir un nouveau front à quelques semaines des élections de mi-mandat. Cependant, en soirée, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a déclaré que «l’Arabie saoudite a le droit de se défendre», ajoutant que les Etats-Unis ont des engagements à l’encontre des Saoudiens et qu’ils comptent les honorer. Autant dire qu’un vent de changement soufflerait déjà sur le Golfe, avec des restrictions supplémentaires sur les proxys iraniens.

Les Houthis avaient, jusque-là, semblé ménager les Etats-Unis, jouant la carte des assauts contre les seuls Saoudiens. Ils avaient même gelé leurs attaques contre le territoire israélien, la dernière datant de début juin. Ils semblent à cet égard se conformer à une stratégie iranienne dont le principal souci est le contrôle d’un détroit supplémentaire, plutôt qu’une confrontation directe avec les Américains et les Israéliens.

Les Saoudiens peuvent-ils compter sur leurs partenaires de l’Accord de défense conjointe de la Mecque, signé en août 2026? L’intensification de cette nouvelle offensive contre les Houthis coïncide avec la deuxième réunion, le 5 octobre, du comité politique stratégique de défense issu de l’accord, dans la capitale saoudienne. Des ministres et des chefs d’Etat major des trois pays étaient présents.

Jusqu’où ira cette offensive? Les Houthis en sortiront-ils réellement affaiblis ? Il faudra attendre les jours suivants pour le savoir.

Toujours est-il que la journée du lundi 5 octobre s’est terminée par cette information relayée par les médias: les forces gouvernementales ont repris toutes les zones en bordure de Bab el-Mandeb, et les combattants houthis fuyaient par dizaines les alentours de Taez, qu’ils avaient pris la veille. Affaire donc à suivre…

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