


Si Netanyahu a créé la surprise en demeurant en tête avec son parti et son bloc, il n’a pas les moyens de former seul un gouvernement. L’Etat hébreu se dirige vers une crise ou du moins une période d’incertitude, mais l’actuel Premier ministre a, entre-temps, les mains libres pour participer à d’éventuelles nouvelles frappes sur l’Iran avec les Etats-Unis. Et au Liban, une nouvelle provocation du Hezbollah ouvrirait les portes de l’enfer.
La dernière semaine d’octobre aura été marquée par les élections législatives en Israël qui auront fait date cette année.
En attendant l’autre échéance cruciale, celle des élections de mi-mandat aux Etats-Unis mardi prochain, les résultats finaux en Israël sont déjà un indicateur de l’avenir des guerres dans la région, même si les perspectives sur ce plan ne sont pas encore très claires.
Contre toute attente, l’actuel Premier ministre Benjamin Netanyahu a consolidé sa position en obtenant le plus grand nombre de sièges et en distançant ses adversaires, que ce soit au niveau de son parti, le Likoud, ou de son bloc, avec 53 sièges. Son principal rival, Gadi Eisenkot (qui n’a pas une vision radicalement différente concernant la région), n’a raflé que 48 sièges.
Aussi bien M. Netanyahu que ses adversaires ne peuvent former seuls de gouvernement, étant loin des 61 sièges requis. Et c’est là qu’intervient l’autre surprise du scrutin : la participation record des Arabes israéliens, avec plus de 80%. Les deux partis arabes pont totalisé un nombre inédit de 19 sièges. Ils s’imposent donc comme des acteurs incontournables, mais il n’est pas sûr que les opposants juifs à Netanyahu accepteraient une telle alliance.
Même si, selon des informations de presse, le bloc d’Eisenkot serait en pourparlers avec ces blocs arabes, l’un des piliers de la nouvelle opposition israélienne à Netanyahu, Avigdor Lieberman, président du parti Yisrael Beitenu, a déjà déclaré qu’il est hors question pour lui d’accepter une alliance avec les partis arabes.
Force est de relever à ce propos que depuis le massacre du 7 octobre 2023 perpétré par le Hamas à Gaza (qui avait fait plus de 1200 morts civils en Israël), toute alliance avec les Palestiniens est très impopulaire au niveau de la population israélienne.
Quoi qu’il en soit, l’avenir du gouvernement israélien est ouvert à toutes les éventualités, et le président israélien Isaac Herzog devra nommer un Premier ministre d’ici quelques jours.
En attendant les « mid-terms »
Entre-temps, l’actuel Premier ministre reste aux commandes, et la participation à une éventuelle nouvelle frappe contre l’Iran reste une forte possibilité. Netanyahu pourrait même rechercher cette nouvelle guerre pour sortir de l’impasse.
Car l’option d’une nouvelle attaque reste très présente dans les déclarations du président américain Donald Trump, alliée à d’autres indicateurs comme le renforcement de la présence militaire américaine au Moyen-Orient et les avertissements lancés aux ressortissants US dans plusieurs pays. Une attaque serait cette fois coordonnée avec les Israéliens, ceux-ci ayant été écartés lors des négociations d’Islamabad.
Dimanche, le président américain a déclaré que son armée devrait encore s’occuper « d’un ou deux sites » nucléaires, disant pouvoir le faire « en dix minutes ». L’éventualité la plus grande, selon des sources médiatiques, serait celle d’une campagne intense et courte.
«Négociations» au Qatar
Certes, la porte des négociations n’est pas fermée. Cette semaine, le vice-président américain JD Vance a transmis une proposition aux autorités iraniennes, dans une lettre adressée au secrétaire du Conseil suprême iranien de sécurité nationale, Mohsen Rezaï, visant établir un nouveau cadre de négociations pour éviter une nouvelle action militaire contre Téhéran.
Les points les plus importants de cette proposition seraient, selon plusieurs sources d’information, une reprise rapide des pourparlers directs, une réouverture du détroit d’Ormuz en 7 jours, et la soumission du nucléaire iranien à des contrôles réguliers.
La réponse iranienne a été, comme d’habitude, un mélange de menaces et de flexibilité en matière de négociations. Le guide suprême iranien a donné ses «directives» le 31 octobre en vue d’une «riposte immédiate, puissante et sans limite géographique», à toute attaque israélo-américaine. Et les Iraniens, répondant à Trump, ont affirmé que la guerre «pourrait être plus longue que la précédente».
Toutefois, les Iraniens maintiennent la voie des négociations. Leurs négociateurs se trouvaient à Doha au cours des trois derniers jours de la semaine, tentant de parvenir à un brouillon d’accord. Mais leurs déclarations montrent qu’ils s’attendent au pire : leur ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dit que son pays « est prêt à la défense comme à la diplomatie ».
Nouvelle occupation… jusqu’à Saïda ?
Et au Liban ? La question d’une éventuelle implication du Hezbollah dans une nouvelle guerre continue de hanter les Libanais. D’autant que les relations entre la milice et l’Etat continuent de se détériorer avec l’inculpation de 15 membres du parti dans l’affaire de la saisie d’explosifs transportés de la Békaa vers Beyrouth, il y a environ trois semaines.
Dans ce cadre, les menaces israéliennes sont aussi intenses que leur escalade militaire. Et l’ampleur des menaces contre le Liban a été reflétée par un article du journal israélien Maariv dimanche matin : selon certaines sources, en cas de participation du Hezbollah à toute guerre à venir, l’occupation pourrait s’étendre à Tyr, Nabatiyeh et même Saïda!
Sans compter la banlieue-sud de Beyrouth. Toujours selon le journal, les tirs sur les sites libanais seraient confiés aux bâtiments navals, vu que l’aviation serait prise par les bombardements en Iran.
En attendant toutes ces sombres perspectives, les regards se tournent vers l’échéance de mi-mandat aux Etats-Unis et la course entre efforts de paix et préparation au combat.























