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L'Essentiel de la semaine

Pour la nième fois, Trump annule l’attaque annoncée contre l’Iran

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À Téhéran, la propagande bat son plein : une banderole représentant Donald Trump et portant plusieurs messages menaçants est installée devant les missiles balistiques Zolfaghar et Zolghadr, exposés sur la place Azadi, le 2 août 2026. (Fatemeh Bahrami/Anadolu via AFP)
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Par Taline Becharraoui
Publié août 3, 2026 - 00:57

Une fois de plus, et pour la nième fois (les précédents sur ce plan ne se comptent plus !), le président Donald Trump a annoncé à l’aube de dimanche, 2 août, «l’annulation» de l’attaque de «grande envergure» qui était présentée comme «imminente» contre le régime iranien. 


Au cours des derniers jours, l’Administration US avait entretenu, à grand renfort de tapage médiatique, un climat faisant état d’une attaque de grande envergure, prévu pour ce week-end, avec pour cible les infrastructures énergétiques de la République islamique. 

L’annonce de ces opérations militaires à grande échelle étaient accompagnée de déclarations du président Trump et de hauts responsables officiels américains stigmatisant la ligne de conduite des dirigeants iraniens et dénonçant, en des termes très sévères, leur attitude négative et leur comportement mensonger lors des pourparlers avec les négociateurs US. 

Faisant, toutefois, table rase de cette position en flèche, le président Trump a annoncé à l’aube de dimanche l’annulation de l’attaque «à la demande de l’Iran» (!) et de certains pays de la région, indiquant qu’une entente avait été convenue au sujet du programme nucléaire iranien et de la réouverture immédiate et sans entrave du détroit d’Ormuz… Sauf que l’agence officielle iranienne a démenti peu après tout accord sur ce passage stratégique! 

Force est de reconnaitre et, surtout, de déplorer dans ce cadre que ces revirements à répétition du président Trump qui l’ont mené, nombre de fois, à se rétracter à la dernière minute après avoir menacé d’attaquer l’Iran ne peuvent que porter un malheureux préjudice à sa crédibilité et ne font que renforcer, par ricochet, l’aile radicale du régime iranien.   

Il reste qu’en annonçant l’annulation des raids prévus, le chef de la Maison Blanche a affirmé une nouvelle fois que «si un accord n’est pas négocié très vite, nous mènerons les frappes les plus fortes que le monde a vues depuis la Seconde Guerre mondiale».

Sauf que l’opinion publique a plutôt tendance à ne plus prendre les menaces du président américain au sérieux.  

Cette décision, annoncée sur le réseau social Truth Social, est survenue après une semaine riche en tensions et en développements. 

Mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait tenu une réunion avec le président Trump, à Washington, en marge d’une cérémonie en hommage au sénateur américain disparu, Lindsay Graham. 

L’absence de conférence de presse conjointe entre les deux hommes avait relancé les spéculations sur la persistance de désaccords entre les deux dirigeants.

Les menaces iraniennes 


Quoi qu’il en soit, il devenait évident à mesure que le temps passait cette semaine qu’Israël et les Etats-Unis se préparaient à une nouvelle attaque contre l’Iran, alors que l’Etat hébreu était écarté de la dernière escalade militaire contre Téhéran. 


Samedi, il était question de frappes contre les sites énergétiques iraniens, ces mêmes menaces de frappes qui avaient précédé la première trêve annoncée par Trump le 8 avril. Les ambassades des Etats-Unis dans la région avaient mis les ressortissants en garde, samedi, contre tout déplacement au Moyen-Orient. 

Il convient de noter, pour tenter d’apporter une explication au revirement du président Trump, que l’annonce de l’annulation de l’attaque a été précédée de contacts entrepris samedi par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avec ses homologues saoudien et turc ainsi qu’avec le commandant de l’armée pakistanaise. 

Parallèlement, M. Araghchi a proféré des menaces contre les Etats-Unis, mettant en garde les Américains contre «toute décision précipitée». Dans le même temps, les sources de l’aile radicale du régime se lançaient dans une opération de chantage pur et simple, soulignant, samedi, que si l’armée américaine mettait ses menaces à exécution, les populations des pays du Golfe, de Jordanie et d’Israël ne connaitraient plus la paix.  

Dans ce contexte de chantage iranien, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a affirmé samedi soir, dans un entretien avec Fox News, que «le régime iranien doit changer, car c’est un régime qui ne cherchait pas à gouverner son propre pays mais à gouverner la région». 

Et M. Rubio de souligner qu’«il faut faire payer aux dirigeants iraniens le prix fort suite à ces pratiques de façon à ce qu’ils abandonnent leur volonté d’hégémonie». 

La question irakienne et les armes du Hamas

En tout état de cause, le régime iranien a montré une fois de plus ces derniers jours sa capacité de nuisance par le biais de ses proxys. Les rebelles houthis du Yémen ont ainsi ouvert un nouveau front sur la mer Rouge et ont brandi la menace de la fermeture totale d’un autre détroit, celui de Bab el-Mendeb.

Toutefois, outre le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen, c’est un autre acteur qui est entré en jeu cette semaine. Le Hachd el-Chaabi, groupe irakien pro-iranien, a mené des frappes de drones contre le territoire saoudien, provoquant une riposte américano-saoudienne en début de semaine contre les sites du groupe en Irak. 

Quoi qu’il en soit, en fin de semaine, malgré un engagement renouvelé plusieurs fois des autorités irakiennes à empêcher toute frappe à partir de leur territoire, la Jordanie a menacé d’attaquer les groupes irakiens pro-iraniens si son territoire était à nouveau ciblé.

Cet élargissement de la zone du conflit a été confirmé par une frappe inédite, mercredi, sur un port égyptien, contre un navire gazier appartenant à une société américaine. C’est la première fois que l’Egypte est ainsi impliquée dans ce conflit. 

Autre développement majeur concernant les alliés de l’Iran dans la région: le Hamas, dirigé nouvellement par Khalil el-Hayya, a approuvé un accord menant à son désarmement, qui stipule, selon le groupe, un retrait progressif des forces israéliennes de la bande.

Un accord qui devrait être mis en œuvre par le Conseil de paix mis en place par Trump en janvier. 


Notons enfin que le président libanais Joseph Aoun a été reçu en milieu de semaine par son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à Ankara.

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