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L'Essentiel de la semaine

Avancée houthie et prise de Ali el-Taher: un impact régional majeur

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Loin des affres de la guerre, la population de Maghdouché, au Liban-Sud, a pu célébrer la fête de la Croix autour de son célèbre feu rituel. (AFP)
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Par Taline Becharraoui
Publié sept. 14, 2026 - 00:49

La milice yéménite pro-iranienne des Houthis a rapidement progressé cette semaine vers les zones côtières longeant le détroit de Bab el-Mandeb, sur la mer Rouge, dans une offensive portant l’empreinte iranienne et accentuant particulièrement la pression sur l’Arabie saoudite. De son côté, l’Iran n’a pas réagi à la destruction, par l’armée israélienne, du site stratégique d’Ali el-Taher, au sud du Liban, construit pendant vingt ans avec l’appui des Gardiens de la révolution.

Le développement le plus marquant de la semaine du 7 au 13 septembre 2026 au Moyen-Orient aura probablement été la progression rapide des rebelles houthis pro-iraniens vers les régions yéménites situées sur la côte du détroit de Bab el-Mandeb, sur la mer Rouge. Et ce, malgré les combats qui les opposent aux forces gouvernementales pro-saoudiennes dans ce pays divisé et en guerre depuis des années.

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L’empreinte de l’Iran, un pays qui croule sous le blocus et les sanctions américaines, est facilement reconnaissable sur ce front qui s’embrase progressivement.

Les attaques des Houthis, qui renforcent de plus en plus leur emprise sur le détroit, se sont concentrées sur les navires saoudiens, contrairement aux attaques iraniennes indiscriminées dans le détroit d’Ormuz.

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Sur ces images satellite, on peut voir le site de pompage de l’oléoduc Est-Ouest, qui traverse l’Arabie saoudite, avant et après les frappes attribuées à des milices pro-iraniennes opérant depuis l’Irak. (AFP)

L’Arabie saoudite est devenue la cible privilégiée des milices pro-iraniennes ces derniers jours. En témoigne une nouvelle attaque menée samedi depuis l’Irak contre un oléoduc Est-Ouest débouchant sur la mer Rouge et utilisé par les Saoudiens pour acheminer leur brut en contournant la fermeture relative du détroit d’Ormuz.

Sur le territoire irakien sévissent toujours des milices pro-iraniennes que le gouvernement avait promis de désarmer avant le 30 septembre, une échéance sans cesse repoussée face à la difficulté de la tâche.

Dès que les Saoudiens ont affirmé que les drones ayant frappé l’oléoduc, provoquant sa fermeture, avaient décollé d’Irak, le gouvernement irakien a annoncé samedi prendre des mesures urgentes afin d’empêcher que de nouvelles attaques soient lancées depuis son territoire.

Les autorités irakiennes ont affirmé avoir découvert les plateformes de lancement dans des zones reculées du pays, selon l’AFP.

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Des miliciens houthis en sandales, les joues gonflées par des boules de qat: on voit mal comment une telle formation paramilitaire, équipée en grande partie de matériel datant de l’ère soviétique, parvient à tenir tête aux armées bien équipées de la région. (AFP)

Les pressions exercées sur l’Arabie saoudite de toutes parts ne se limitent d’ailleurs pas aux difficultés croissantes rencontrées pour exporter son brut. Ses alliés au Yémen — les forces gouvernementales internationalement reconnues — paraissent également en difficulté, bien qu’ils aient mené de nombreuses attaques aériennes contre les Houthis durant le week-end.

Riyad ne pourrait pas davantage compter sur ses nouveaux alliés de l’accord de défense conjointe de La Mecque, signé en août dernier avec deux autres puissances sunnites régionales, le Pakistan et la Turquie. Un porte-parole pakistanais a fait jeudi une déclaration très vague, soulignant que son pays interviendrait « le moment venu » en cas de besoin, tout en estimant que le conflit avec les Houthis était antérieur à la signature de ce pacte.

Ormuz: report de la réunion à Oman

Dans ce contexte, une réunion prévue lundi au sultanat d’Oman a été reportée sine die, selon le ministre omanais des Affaires étrangères, « faute de consensus suffisant ». Cette réunion ministérielle, annoncée par l’Iran, devait porter sur « la gestion du détroit d’Ormuz » avec les pays du Golfe.

Si Mascate a, pour sa part, annoncé avoir trouvé un « terrain d’entente » avec Téhéran, il paraît peu probable qu’un accord puisse être conclu ou que la réunion puisse se tenir prochainement, compte tenu des profondes divergences qui subsistent sur cette question. En effet, après le rejet d’emblée de l’initiative par Bahreïn, il n’est pas certain que les autres pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, répondent à l’invitation, alors qu’ils sont régulièrement visés par des attaques iraniennes.

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Le président iranien Massoud Pezeshkian a, pour sa part, lié tout accord sur Ormuz à « l’arrêt des hostilités américaines contre l’Iran », dans un entretien télévisé diffusé dimanche, alors que les attaques iraniennes contre les navires transitant par le détroit se poursuivent.

Il apparaît clairement que l’Iran cherche à contourner les États-Unis en privilégiant des pourparlers directs avec ses voisins sur le détroit. Téhéran cherche ainsi à montrer que les Américains ne contrôlent pas la situation autant qu’ils ne cessent de l’affirmer.

Du côté de Washington, la politique de pressions économiques et de sanctions contre l’Iran continue d’être privilégiée.

Le président américain Donald Trump a déclaré à deux reprises, mercredi puis samedi, que la guerre se terminerait juste après les élections de mi-mandat aux États-Unis, en novembre, sans réellement expliciter le lien entre les deux événements — à moins qu’il ne s’agisse simplement d’une promesse électorale.

Cette guerre impopulaire, en raison notamment de la hausse des prix du carburant, risque en effet de peser lourdement sur le scrutin, dans un contexte de baisse de la popularité du président américain.

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Ces déclarations de Donald Trump ont été relativisées par des informations révélées jeudi par le Wall Street Journal, selon lesquelles les plus proches collaborateurs du président américain, notamment le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, auraient fait part de leurs craintes de voir ce conflit se prolonger au-delà de la fin du mandat.

Donald Trump n’en aurait pas moins décidé de poursuivre sa politique d’étranglement économique, qui affecte de manière significative la situation intérieure iranienne, selon plusieurs informations de presse, sans pour autant faire fléchir l’armée idéologique du régime, les Gardiens de la révolution.

Ceux-ci poursuivent leur fuite en avant en accentuant l’escalade au Yémen et en utilisant des missiles contre des navires de guerre américains. L’armée américaine, quant à elle, a frappé à plusieurs reprises des pétroliers iraniens, sans recourir cette semaine à des offensives de plus grande ampleur.

Sommet des BRICS et réunion Iran-EAU

L’autre événement international majeur de la semaine a été la tenue, à partir de vendredi en Inde, d’un sommet des BRICS, en présence du président iranien ainsi que des présidents russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Le sommet s’est déroulé dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, ce qui n’a pas empêché les participants de publier une déclaration finale se limitant à appeler à la retenue, sans désigner aucun pays en particulier.

Le fonctionnement des BRICS est notamment affecté par la fracture entre deux de ses membres, l’Iran et les Émirats arabes unis, à la suite des frappes iraniennes contre le territoire émirati.

La rupture économique aurait particulièrement affecté Téhéran, pour lequel la coopération avec les Émirats arabes unis revêt une grande importance.

Il reste qu’une réunion s’est tenue en marge du sommet de New Delhi entre le président iranien Massoud Pezeshkian et le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Khaled ben Mohamed ben Zayed Al Nahyane.

Cette prise de contact reste toutefois essentiellement symbolique, le président iranien ne semblant pas être le véritable décideur dans la conduite des opérations militaires de son pays.

L’autre dossier revenu sur le devant de la scène cette semaine est celui du nucléaire iranien. Le président Trump a menacé, à plusieurs reprises, de frapper le site iranien du mont Kolang — Pikeaxe Mountain, ou « montagne de la Pioche » —, qui abrite des installations nucléaires construites en profondeur dans la roche granitique.

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L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a décidé cette semaine de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU au sujet du non-respect par l’Iran de ses obligations, Téhéran refusant toujours d’ouvrir certains de ses sites nucléaires aux inspecteurs de l’Agence.

Une résolution a été présentée avec le soutien de plusieurs pays occidentaux, dans une unité avec les États-Unis rarement observée depuis le début du mandat Trump. Elle a recueilli 23 voix pour, 3 contre et 8 abstentions.

Selon des informations de presse, les Israéliens tenteraient de persuader les Américains de mener des frappes contre les sites nucléaires iraniens. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à quelques semaines d’élections législatives cruciales pour sa survie politique, prévues en octobre, continue de chercher à fédérer l’opinion publique israélienne autour de la crainte d’un Iran nucléaire.

L’explosion gigantesque d’Ali el-Taher

Les Israéliens ont également fait parler d’eux cette semaine au Liban-Sud, avec une image peu banale : l’explosion massive survenue jeudi tard dans la soirée, qui a détruit plus de deux kilomètres de tunnels du Hezbollah dans la colline d’Ali el-Taher, à Nabatiyé, à l’aide de 1 100 tonnes d’explosifs, selon les sources israéliennes.

La détonation a été si puissante qu’elle a provoqué au Liban-Sud une secousse de magnitude 4,1. Les images impressionnantes de ce dynamitage ont fait le tour du monde.

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Pour les dirigeants israéliens, il s’agissait du « plus grand avant-poste iranien en dehors de l’Iran », selon un communiqué conjoint du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son ministre de la Défense, Israël Katz. Sa destruction vient donc, selon eux, « consolider la zone de sécurité » établie par Israël au sud du Liban.

Face à la destruction de ce site stratégique, le Hezbollah et l’Iran ont choisi de garder le silence, sans confirmer ni infirmer l’ampleur des pertes subies. Il est cependant très probable que celles-ci soient considérables et qu’un grand nombre de miliciens du Hezbollah aient perdu la vie dans les tunnels ce soir-là.

La semaine au Liban-Sud a également été marquée, mercredi, par un appel lancé par des dizaines de personnalités de Nabatiyé en faveur du déploiement de l’armée libanaise et des forces de sécurité dans la région afin de rassurer les habitants.

Point d’orgue de la semaine dans le Sud : la visite, samedi, du président de la République Joseph Aoun à Nabatiyé, où il a circulé dans les rues de la ville, s’adressant aux habitants et étant accueilli chaleureusement.

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Démentant que des pourparlers directs avec Israël soient prévus la semaine prochaine, il a assuré aux habitants que l’État « ne les abandonnerait pas ».

Joseph Aoun, comme plusieurs autres dirigeants libanais, a multiplié ce type de déclarations au cours de la semaine, dans une volonté manifeste de rassembler la population du Sud autour des institutions officielles, sur fond de ce qui apparaît comme un affaiblissement de plus en plus marqué du Hezbollah et une diminution sensible du soutien iranien à cette formation.

Notons enfin la réaction, cette semaine, de l’ambassade des États-Unis à l’appel lancé par les personnalités de Nabatiyé en faveur du déploiement de l’armée libanaise. Dans un communiqué publié sur X, l’ambassade a affirmé que « le sud du Liban n’est affilié à aucune partie régionale ni à aucune milice », en référence à l’Iran et au Hezbollah.

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