


À la lumière des élections législatives qui se sont tenues il y a quelques jours, on peut parler d’une régularité de la vie politique au Maroc. Les élections se sont déroulées dans le calme et la normalité dans le Royaume. Les résultats ont été parfaitement clairs et montrent que la plus grande victoire a été celle du Maroc, sous la conduite du roi Mohammed VI, qui a posé les fondements d’un État moderne. Ils ont également révélé à quel point les habitants des provinces du Sahara sont attachés à leur appartenance marocaine. Cela est apparu clairement à travers le taux de participation aux élections dans les provinces sahariennes.
Dans le Maroc moderne, les élections ont lieu à la date prévue et les gouvernements ne tombent pas dans la rue. Le changement passe par les urnes. En définitive, le jeu politique né de la Constitution de 2011 place les partis devant leurs responsabilités, c’est-à-dire devant l’obligation de mettre en œuvre les promesses faites durant les campagnes électorales.
Au cours des dernières années, le Maroc a affronté tous les défis et toutes les campagnes visant à semer le doute, jusqu’à ce qu’il apparaisse que Mohammed VI était présent à tout moment. Plus encore, il entre dans les moindres détails et connaît notamment la nature des problèmes que traverse le Royaume, parmi lesquels le chômage et la hausse des prix, devenue un phénomène mondial.
Il sait également qu’il est important de traiter le problème du chômage, celui de l’éducation et celui des services médicaux. Cela s’est traduit par des actes, comme en témoignent les hôpitaux construits dans différentes régions du Royaume. Dans son dernier discours à l’occasion de la fête du Trône, Mohammed VI a fait parler les chiffres. Les chiffres reflètent la réalité telle qu’elle est, loin de toute surenchère, quelle qu’elle soit. Le taux de croissance au Maroc a été de 4,25 % en 2025. Il est probable que ce taux reste proche de ce chiffre en 2026.
Les élections sont intervenues dans le contexte de ce qu’a évoqué le souverain marocain dans son dernier discours à propos de «l’État-nation». Le Maroc ne se comporte pas comme un État de circonstance à la recherche d’une place, mais comme un État profondément enraciné dans l’histoire, qui a accumulé institutions et traditions de gouvernement et conservé, au milieu d’un environnement très agité, une rare continuité politique.
Quant à la «jalousie» également évoquée par Mohammed VI, elle traduit l’irritation de certains acteurs face à un État dont la position évolue et qui progresse, contrairement au voisin algérien, dans des domaines dont ces acteurs pensaient qu’ils devaient lui rester inaccessibles.
Le Maroc est parvenu à se rendre davantage présent dans les calculs des autres sans avoir à élever beaucoup la voix. Le port de Tanger Med et celui de Dakhla, au Sahara marocain, expriment cette réalité simple, tout comme les industries liées à l’automobile et à l’aéronautique, l’expansion économique en Afrique de l’Ouest, les projets énergétiques et de connexion continentale avec l’Europe, ainsi que les relations équilibrées avec les États-Unis, la Chine et les pays du Golfe. Le Maroc a traité ces dossiers comme des parties d’une seule et même politique visant à transformer le Royaume en un État par lequel transitent et auquel se rattachent des intérêts qu’il devient difficile d’ignorer.
Rabat ne propose pas de projet idéologique à la région et ne prétend pas détenir une recette applicable aux autres. Elle parle rarement le langage du leadership ou de la tutelle. Son ambition est plus précise: protéger ses intérêts nationaux, consolider son intégrité territoriale, diversifier ses partenariats et augmenter le coût de son contournement dans les calculs régionaux et internationaux.
Cette approche s’est clairement manifestée dans la gestion de la question du Sahara. Le dossier n’est plus seulement un conflit dans lequel Rabat explique la justesse de sa position, mais il est devenu une composante de l’architecture de ses relations extérieures. Sous l’impulsion de Mohammed VI, la diplomatie marocaine est passée de la défense de la cause à la construction d’un environnement international qui relie davantage la position marocaine aux intérêts des États, à leurs investissements, à leur sécurité et à leurs projets en Afrique et dans l’Atlantique.
Les résultats des élections législatives ont révélé une prise de conscience marocaine, voire un rejet des surenchères et de ceux qui s’y livrent, notamment autour du relèvement du niveau des relations avec Israël jusqu’à l’échange d’ambassadeurs. La campagne menée par les islamistes dans ce domaine a échoué. Abdelilah Ibn Kirane, chef du Parti de la justice et du développement, n’est pas parvenu à capitaliser sur la campagne d’opposition au relèvement du niveau de représentation avec Israël. Son parti est arrivé quatrième, derrière le Parti authenticité et modernité (PAM), dont sera issu le nouveau chef du gouvernement, le Rassemblement national des indépendants et le Parti de l’Istiqlal. Les islamistes ont progressé par rapport aux dernières élections, mais cela n’a pas suffi pour que l’un d’entre eux occupe le poste de Premier ministre, comme cela avait été le cas en 2011 et en 2016.
Le citoyen marocain sait que les élections ne sont pas un terrain de surenchère ni d’exploitation des failles qui ont pu apparaître, comme celle des événements de Ceuta, qui ont révélé d’un côté l’ampleur des campagnes malveillantes auxquelles le Maroc est confronté et, de l’autre, la réalité d’une crise du chômage parmi la jeunesse marocaine. Quelque 60 000 jeunes Marocains ont afflué vers Ceuta, enclave espagnole en territoire marocain, dès la propagation d’une rumeur selon laquelle Ceuta avait ouvert ses portes à ceux qui y entraient par la mer, à la lumière d’un jugement rendu par un tribunal espagnol.
Il est impossible de dissocier les élections des évolutions positives qu’a connues le Maroc dans tous les domaines depuis l’accession de Mohammed VI au trône il y a vingt-sept ans. Le plus grand succès demeure celui obtenu dans les provinces sahariennes, dont les habitants affirment qu’ils font partie intégrante du Maroc. Le taux de participation aux élections dans les provinces sahariennes a été supérieur à celui enregistré dans d’autres régions marocaines. Il a atteint 77 % dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra. À l’échelle du Maroc, le taux de participation a été de 38 %. Cela témoigne de la loyauté des habitants de ces provinces envers le Maroc et de leur attachement à cette loyauté. Cela montre également que la question du Sahara a toujours été une question artificiellement créée, rien de plus, et même une guerre d’usure menée par l’Algérie contre le Maroc dans le but de créer une entité artificielle lui assurant un accès à l’océan Atlantique…
Reste que le Maroc s’oriente vers une vie politique partisane plus dynamique. Le Parti authenticité et modernité n’a d’autre choix que de démontrer qu’il est à la hauteur de la responsabilité de diriger le gouvernement et qu’il est effectivement capable de faire la différence par rapport aux gouvernements précédents, afin de barrer la route à un retour des islamistes au pouvoir à l’avenir.