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Ceuta: le Maroc met les points sur les i avec l’Espagne

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Par Khairallah Khairallah
Publié sept. 12, 2026 - 03:38

Il fallait, pour le Maroc, mettre les points sur les i avec son voisin espagnol, avec lequel il entretient à l’origine de bonnes relations qui ont connu un saut qualitatif depuis plus de quatre ans. Le ministère marocain des Affaires étrangères a tenu à rappeler les différentes étapes traversées par les relations maroco-espagnoles ainsi que le tournant positif intervenu en 2022. Cette année-là, le roi Mohammed VI avait reçu le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez. Il convient de rappeler à cet égard que l’Espagne a joué, après les États-Unis, un rôle déterminant dans l’affirmation de la marocanité du Sahara et dans l’affirmation que la seule option envisageable réside dans une large autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine.

C’est ce que rappelle le communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères, dont il importe de reproduire certains passages. Il souligne que «le Royaume du Maroc a souverainement choisi de s’inscrire, avec le Royaume d’Espagne, dans une relation de bon voisinage géographique, d’entente politique, de partenariat économique et de coopération sécuritaire». Cette orientation «a trouvé son expression la plus aboutie dans la Déclaration conjointe du 7 avril 2022», à l’issue de la rencontre entre le souverain marocain et le président du gouvernement espagnol.

Le communiqué rappelle que «ladite Déclaration a consacré une nouvelle étape dans les relations, sur la base des principes essentiels du respect mutuel, de la confiance réciproque, du dialogue permanent et de l’ambition pour un partenariat mutuellement bénéfique». Grâce à cette approche, «les deux pays ont réussi à cultiver avec volontarisme ce qui les unit, et à circonscrire leurs divergences pour les traiter avec sérénité et respect, loin de toute velléité de fait accompli».

Ainsi, «des résultats tangibles ont été obtenus, notamment aux niveaux économique (l’Espagne est le premier partenaire économique du Maroc; le Royaume est le deuxième partenaire commercial de l’Espagne hors Union Européenne), et de coopération sécuritaire (des vies ont été sauvées et des réseaux terroristes et criminels ont été démantelés, souvent au prix de dégâts humains et matériels subis par les forces marocaines)».

Le ministère marocain des Affaires étrangères a également souligné que «la coopération migratoire a toujours été coordonnée et efficiente», ajoutant que les événements regrettables survenus en juillet dernier à Ceuta «nécessitent certainement un examen approfondi pour définir leurs circonstances, identifier les ingérences, dénoncer les manipulations et, surtout, garantir qu’ils ne se reproduisent plus».

Le communiqué poursuit: «A présent, loin de toute polémique ou rhétorique, le bon sens et le discours de vérité exigent de se poser des questions directes: Pourquoi maintenir le réquisitoire contre le Maroc, alors qu’aucune donne, fait ou rapport n’établit une quelconque implication des autorités marocaines? Pourquoi les migrants illégaux ne sont-ils pas refoulés, alors même que le gouvernement marocain s’est officiellement engagé à les réadmettre? Pourquoi les mineurs non-accompagnés sont-ils maintenus loin de leurs familles, alors que le Maroc a demandé instamment leur retour?», affirmant que «la réponse à ces questions n’est pas à chercher au Maroc, mais auprès des acteurs espagnols concernés».

Du côté marocain, il s’agit donc de remettre les choses à leur juste place, loin des polémiques et des manœuvres politiques qui ne font rien avancer et ne peuvent que nuire aux relations entre deux pays unis par de nombreux intérêts communs. C’est ce qu’a fait le Maroc à travers le communiqué du ministère des Affaires étrangères du Royaume, un texte qui confirme d’abord l’attachement du Maroc au partenariat avec l’Espagne tout en refusant les surenchères sur le dossier migratoire.

Le Maroc a tenu à réaffirmer plusieurs points. Rabat répond aux récits accusatoires concernant la migration tout en misant sur la solidité de son partenariat avec Madrid. Il était significatif, ces derniers jours, que Pedro Sánchez affirme que rien ne permet de prouver une implication du Maroc dans l’encouragement de l’immigration vers Ceuta, colonie espagnole située sur le territoire marocain.

Le Maroc pose des questions concrètes sur le dossier migratoire et reste attaché au dialogue avec l’Espagne. Rabat appelle en outre à préserver le partenariat maroco-espagnol des surenchères politiques. En somme, le Maroc refuse d’être instrumentalisé dans les affrontements politiques internes espagnols et continue de miser sur son partenariat avec l’Espagne. Le Maroc n’a aucune intention d’entrer dans le jeu des rivalités politiques internes espagnoles.

Tels sont les principaux points sur lesquels insiste le Maroc. Ils renforcent sa position à un moment où il n’est un secret pour personne que l’entrée d’environ soixante-dix mille citoyens marocains à Ceuta, le 30 juillet dernier, est intervenue dans des circonstances dont l’Espagne est considérée comme partiellement responsable, notamment en raison d’une décision de la Cour suprême espagnole imposant un traitement différent pour toute personne entrant à Ceuta par voie maritime.

En définitive, Rabat déconstruit les récits qui l’accusent et appelle, en retour, à une gestion responsable du dossier migratoire, loin de toute surenchère. Le Maroc défend le bilan de sa coopération avec l’Espagne face aux affrontements politiques autour de la question migratoire, un dossier qui met à l’épreuve la solidité du partenariat maroco-espagnol.

Le Maroc cherche à développer davantage encore sa relation avec l’Espagne. Il sait parfaitement que certaines parties bien connues cherchent à pêcher en eau trouble en tentant de transformer la question migratoire en crise maroco-espagnole, une crise dont les deux pays devraient pouvoir faire l’économie.

Le Maroc sait que la situation des deux colonies espagnoles de Ceuta et Melilla n’a rien de naturel. Une telle situation ne peut être traitée qu’avec sagesse et patience. Sagesse et patience ont toujours caractérisé la diplomatie marocaine, qui a récupéré les provinces sahariennes par une manifestation pacifique, la Marche verte, il y a plus d’un demi-siècle, mais qui a également su défendre par la force, lorsqu’elle y a été contrainte, ce que la diplomatie avait accompli.

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