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L'Essentiel du jour

La diplomatie s’active: Haykal à Islamabad
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LevantTime .
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juin 6, 2026 - 21:50

La diplomatie pakistanaise s’active sur les deux fronts, libanais et iranien, avec la visite officielle du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, à Islamabad, et celle du ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, à Téhéran. Quoique différentes, les deux missions se situent dans le prolongement des efforts soutenus engagés pour rétablir le calme dans la région. L’armée libanaise a annoncé samedi le départ de son commandant pour Islamabad, à l’invitation de son homologue et du ministre de la Défense pakistanais, sans préciser l’objectif de la visite. À cause des frictions entre Beyrouth et Téhéran, exacerbées par l’accord libano-israélien de cessez-le-feu de mercredi, tout porte à croire que le déplacement du général Haykal à Islamabad s’inscrit dans le cadre de la médiation menée par le Pakistan entre les États-Unis et l’Iran. Et pour cause: le dossier du Hezbollah fait partie des points de discorde entre Washington et Téhéran. Soucieuse de préserver son influence au Liban, qu’elle considère comme un État satellite, la République islamique ne compte pas lâcher cette carte maîtresse en vue de ses négociations à venir avec Washington. Elle l’a encore une fois montré, lorsqu’elle a contesté ouvertement jeudi, l’accord de trêve qui relève pourtant d’une décision souveraine libanaise. L’opposition iranienne, à laquelle a fait écho le Hezbollah en rejetant à son tour l’accord, complique l’exécution du document. Trois militaires libanais tués au sud D’ailleurs, le cessez-le-feu, tributaire de l’arrêt des tirs de la formation pro-iranienne contre Israël, se fait toujours attendre. La guerre se poursuit, au même rythme, depuis mercredi au Liban-Sud où Israël a dit avoir frappé «environ 150 objectifs» du Hezb en 48 heures. Trois militaires libanais ont été également tués, samedi, dans une frappe israélienne entre Khardali et Nabatiyé. Vivement dénoncée par les autorités libanaises, cette attaque injustifiée fait l’objet d’une enquête à Tel Aviv, selon le porte-parole militaire israélien, qui a évoqué la possibilité d’une erreur liée, selon, lui à «un mouvement qui a été jugé suspect près d’une zone de combat». Cette attaque a été immédiatement instrumentalisée par un Hezbollah toujours en mal d’arguments pour justifier l’aventure destructrice dans laquelle il a entraîné le Liban. Selon lui, le raid qui a tué un général de brigade, un capitaine et un soldat «est la conséquence du mépris du pouvoir pour la souveraineté, ainsi que de ses concessions gratuites». Cette accusation gratuite, empreinte de mauvaise foi, s’inscrit dans le prolongement des reproches formulés par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, au président Aoun. Ce dernier avait stigmatisé, vendredi, dans le cadre d’une interview à CNN, le rôle déstabilisateur de Téhéran au Liban. «D'après les propos de M. Aoun, on pourrait croire que c'est l'Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays au quotidien», a réagi sur X Araghchi. «Si le Liban avait été une monnaie d'échange pour l'Iran, nous aurions conclu un accord depuis longtemps. Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le président», a ajouté le ministre qui, en toute mauvaise foi lui aussi, se contente de se concentrer sur les conséquences de l’action dont son pays est directement responsable. Ses propos déplacés adressés au président de la République ont suscité des réactions indignées au Liban où le député Ghayath Yazbek (Forces libanaises) a prié le ministre iranien, non sans ironie, de laisser le Liban tranquille. «Merci, Monsieur Araghchi. Nous vous déchargeons de votre sollicitude envers le Liban. Allez signer un accord avec Washington et laissez-nous vivre en paix», a-t-il écrit sur X, avant de comparer l’Iran au «pompier pyromane». «Votre État en a fait le symbole de sa politique étrangère, fondée sur le mauvais voisinage, le sabotage et l’exportation du chaos et la mise à disposition de ses services», a-t-il ajouté. Ciblage de Bahreïn et de Koweït Cette accusation intervient quelques heures après de nouveaux tirs iraniens, dans la nuit de vendredi à samedi, contre Bahreïn et le Koweït qui ont affirmé se réserver le droit de défendre leurs pays respectifs. L’attaque iranienne était consécutive à des tirs de l’armée américaine qui a abattu vendredi six des sept missiles balistiques et des drones iraniens lancés en direction du détroit d’Ormuz et des alliés arabes du Golfe. Le septième n’a pas atteint sa cible, selon le Centcom qui a dit avoir également frappé, en riposte, les sites radar, y compris une île dans le détroit, «afin de se défendre contre de nouvelles attaques». C’est dans ce contexte de tension renouvelée que le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, s’est rendu samedi à Téhéran, porteur, selon des médias panarabes, de nouvelles propositions américaines relatives notamment au déblocage des avoirs iraniens, sur lequel la République islamique insiste. Ouverture de l’aéroport de Qlayaat Sur un autre plan, le Liban a lancé samedi le projet de développement et d’exploitation de l’aéroport de Qlayaat, dans le Akkar, lors d’une officielle organisée en présence du chef du gouvernement, Nawaf Salam et de nombreux officiels. L’aéroport a accueilli à titre symbolique, un premier avion. L’importance de ce projet n’est pas seulement d’ordre socio-économique. Elle est aussi politique dans la mesure où la mise en service de l’aéroport René Moawad marque un pas supplémentaire sur la voie de l’affranchissement du joug du Hezbollah. Ce dernier, avec ses alliés au Liban, s’y opposait pour diverses raisons. Le Hezb avait réussi à avoir une présence active au seul aéroport international de Beyrouth, qui était pour lui d’une importance stratégique capitale, étant donné surtout sa situation géographique. L’AIB est situé dans son fief, la banlieue sud de Beyrouth. Il suffit d’ailleurs de rappeler que cette formation avait réalisé son coup de force à Beyrouth, en mai 2008, lorsque le gouvernement de Fouad Siniora avait décidé, dans une tentative de réduire son influence au sein de l’État, de limoger le chef de la sécurité à l’AIB, Wafic Choucair, et de démanteler son réseau de communications.

Beyrouth défie Téhéran et accélère le virage souverainiste
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LevantTime .
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juin 5, 2026 - 23:30

La déclaration, qualifiée d’« historique », issue jeudi des négociations de Washington, a été suivie vendredi par des prises de position inédites et déterminantes au sommet de l’État libanais. Des déclarations qui semblent accélérer la dynamique en faveur du rétablissement complet de la souveraineté du Liban face à l’Iran et à son bras armé, le Hezbollah. Vendredi, le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam ont adressé des avertissements fermes à Téhéran, l’appelant à cesser toute ingérence dans les affaires libanaises. « Ce n’est pas votre pays, c’est le nôtre (...) Vous n’avez pas à intervenir dans notre pays », a lancé le président Aoun à l’adresse de l’Iran lors d’un entretien accordé à CNN. Le chef de l’État a également appelé le Hezbollah à privilégier le dialogue. « Le Hezbollah doit comprendre qu’il n’existe pas d’autre solution que de s’asseoir à la table des négociations. Il n’y a pas d’autre moyen de sauver ce qu’il reste du pays que par la négociation et la diplomatie », a-t-il déclaré. « Il s’agit du peuple libanais, pas du peuple de Naïm Qassem », affirmant que Naïm Qassem ne représente pas le peuple libanais, en référence au secrétaire général du Hezbollah, qui avait rejeté jeudi l’accord conclu à Washington. « La majorité du peuple libanais en a assez de la guerre. » Évoquant les opérations militaires israéliennes, Joseph Aoun a estimé qu’Israël « peut raser tout le pays, mais ne pourra jamais atteindre son objectif », avant d’ajouter : « Ils l’ont tenté à Gaza. Le Hamas existe toujours, non ? » Le président libanais a également affirmé qu’« une grande opportunité » existait aujourd’hui pour mettre fin à l’état d’hostilité entre le Liban et Israël, tout en soulignant que la question du Hezbollah ne pouvait être réglée que dans un cadre strictement libanais. S’adressant aux autorités israéliennes, il a déclaré : « Vous devez faire preuve d’une volonté réelle de mettre fin à cette guerre. Nous sommes prêts, nous avons la volonté et l’engagement. Et vous ? » De son côté, Nawaf Salam a exhorté l’Iran à cesser d’utiliser le Liban comme « moyen de pression » dans ses discussions avec les États-Unis visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Téhéran exige en effet que tout accord avec Washington inclue également la fin des hostilités sur le front libanais et le retrait des forces israéliennes. Le président du Parlement, Nabih Berri, qui joue un rôle d’intermédiaire auprès du Hezbollah, a pour sa part, évoqué, pour la première fois, la possibilité d’un retrait du mouvement chiite du sud du Liban, à condition qu’Israël se retire du territoire libanais et qu’un cessez-le-feu « global et sans conditions » soit conclu. Faisant écho à ces déclarations, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lors d’une réunion du cabinet de sécurité qu’il privilégiait la voie diplomatique concernant le Liban, alors que plusieurs ministres plaidaient pour une extension des opérations militaires, selon les médias israéliens. Netanyahu a toutefois indiqué que l’accord de cessez-le-feu n’était pas encore définitivement finalisé. Israël conditionne son approbation au maintien d’une zone tampon dans le sud du Liban ainsi qu’à la préservation de sa liberté d’action militaire. Ces développements interviennent alors que la nouvelle trêve annoncée par Washington entre Israël et le Hezbollah semble déjà compromise. Rappelons à ce propos que la déclaration conjointe américano-libano-israélienne ayant conclu le quatrième cycle de négociations à Washington souligne que « l’avenir des relations entre Israël et le Liban doit être décidé par les deux gouvernements souverains ». Les trois signataires affirment également rejeter « toute tentative menée par un État ou un acteur non étatique de prendre le Liban en otage », dans une allusion à peine voilée à l’Iran et au Hezbollah. Sur le terrain, l’armée israélienne a poursuivi ses frappes dans le sud du Liban après avoir ordonné l’évacuation d’une dizaine de localités, maintenant sa pression militaire sur le Hezbollah qui avait rejeté l’accord la veille. L’armée israélienne a également mené une frappe à l’entrée de Tyr. Selon une source de la Défense civile citée par l’AFP, des bombardements sur la ville dans la nuit de jeudi à vendredi ont fait sept morts et légèrement endommagé l’hôpital Jabal Amel. Le Hezbollah a, de son côté, revendiqué plusieurs attaques contre les forces israéliennes déployées dans une partie du sud du Liban, sans annoncer d’opérations contre le nord d’Israël. Face à l’ampleur des destructions causées par le conflit, l’ONU a plus que doublé son appel à l’aide humanitaire et sollicite désormais près de 640 millions de dollars pour les six prochains mois.

Washington: un communiqué tripartite à haute portée historique
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LevantTime .
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juin 4, 2026 - 23:39

Le quatrième round de négociations libano-israéliennes qui s’est tenu mardi et mercredi à Washington s’est soldé par une «première»: la publication, dans la nuit de mercredi à jeudi (heure du Levant) d’un communiqué conjoint américano-libano-israélien dont la teneur constitue lui aussi une autre « première ». Parallèlement à l’instauration d’un cessez-le-feu conditionné par l’arrêt des tirs du Hezbollah contre Israël et la création de «zones pilotes» au Sud sous le seul contrôle de l’armée libanaise, le document souligne - et c’est là que réside le précédent - que «le futur des relations entre Israël et le Liban doit être décidé par les deux gouvernements souverains». Les trois pays signataires soulignent en outre qu’ils rejettent «toute tentative déployée par un État ou un acteur non-étatique de tenir le Liban en otage». L’allusion au régime iranien et au Hezbollah n’échappera à personne. Et dans une démarche dont la portée historique paraît indéniable, les pays signataires ajoutent surtout qu’«Israël et le Liban réaffirment qu’ils n’ont aucune intention hostile envers l’un l’autre et ils s’engagent à poursuivre les négociations directes afin de bâtir la confiance ». En clair, le communiqué relève que l’Iran est tenu à l’écart du processus actuel enclenché par le Liban et Israël, sous l’égide américaine. De surcroît, c’est la première fois que le Liban et Israël affirment dans un communiqué conjoint qu’ils n’ont «aucune intention hostile envers l’un l’autre». Conséquence immédiate de la publication de ce document: l’AFP rapportait en fin de journée que le Hezbollah a informé les autorités libanaises qu’il rejette le cessez-le-feu avec Israël. Une position qui fait, à l’évidence, échos à une réaction hostile du régime iranien qui n’épargne aucun effort pour contrôler la carte libanaise. Les mesures prévues Au niveau des résolutions prises tard dans la soirée de mercredi, le communiqué tripartite évoque la mise en œuvre d’un cessez-le-feu, sous condition de l’arrêt des attaques menées par le Hezbollah. La nouveauté de ce texte est la création de zones pilotes qui se retrouveront sous le seul contrôle de l’armée libanaise au sud. Le communiqué insiste sur la souveraineté et l’intégrité territoriale des deux pays et parle du démantèlement des groupes armés non étatiques, nouvelle pique contre le Hezbollah. Les mots «accord global de paix et de souveraineté» sont explicitement évoqués. Les deux parties ont convenu d’un nouveau round de négociations le 22 juin, en vue de parvenir à un «accord global». Ce quatrième round de négociations était inédit dans le fond et la forme, du fait des mesures pratiques visant à démilitariser le Hezbollah d’une part, et la lecture d’un communiqué conjoint d’autre part. Les trois parties libanaise, israélienne et américaine ont condamné ensemble les attaques iraniennes contre les pays du Golfe. En d’autres termes, autant le Hezbollah que l’Iran s’y retrouvent marginalisés. Au cours de ces négociations, Israël a insisté sur la sécurité de son territoire et la nécessité de désarmer le Hezbollah une fois pour toutes, et le Liban a appelé au respect des frontières internationalement reconnues, ce qui signifie un retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais occupé. La proximité du prochain round témoigne de la volonté de progrès rapide entre les deux parties. Le cessez-le-feu, cependant, n’est pas une certitude absolue du fait que plusieurs cessez-le-feu avaient été décrétés avant cela, sans résultats. Les combats sur le terrain au sud se poursuivent effectivement, mais la capitale et sa banlieue restent épargnées, pour le moment. A l’issue de la réunion, l’ambassadrice du Liban Nada Hamadé Mouawad a assuré que «le moment est historique», et que les réalisations de ces négociations sont dues «à la seule volonté de l’Etat libanais souverain». L’ambassadeur d’Israël Yechiel Leiter, dans une déclaration en marge de la réunion, s’est dit convaincu que «le Hezbollah devra comprendre que toute cette folie est terminée» et que les deux Etats parviennent graduellement à un accord. Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a réitéré que le «Hezbollah est l’ennemi des deux parties». Selon les informations de la MTV venant de Baabda, les négociations étaient très ardues, et le chef de la délégation libanaise, Simon Karam, a dû interrompre les pourparlers en vue de l’inclusion d’une clause sur le cessez-le-feu total au Liban. Suite à une intervention du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, les discussions ont repris et ont donné le résultat que l’on connaît. Dans une première réaction aux négociations, s’adressant directement aux journalistes, le président de la République Joseph Aoun a estimé que le cessez-le-feu «pourrait être appliqué dans les 24 heures qui suivront son approbation définitive». Un premier signe est venu d’un retrait des forces israéliennes du village de Debbin, Marjeyoun, et son remplacement par l’armée libanaise. M. Aoun a dit attendre les réponses de toutes les parties et un engagement de leur part en vue de faire réussir cette trêve. Il a également informé ses interlocuteurs du fait que le Liban a proposé une première zone pilote dans deux villages stratégiques de la région de Nabatiyeh, Zawtar el-Charqiya et Zawtar el-Gharbiya. Réponse du Hezbollah De toute évidence, ces progrès ne sont pas du goût de tout le monde en Israël comme au Liban. A Tel Aviv, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a qualifié le cessez-le-feu avec le Liban de «grave erreur». Le ministre de la Défense Israel Katz a, pour sa part, assuré que son pays «gardera une liberté de mouvement au Liban», notamment en cas d’attaque du Hezbollah. Du côté de l’axe iranien, le commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution, Esmaïl Qaani, a réitéré l’appui de son pays à la «résistance au Liban», estimant qu’un retrait total des forces israéliennes jusqu’au point d’avant ce dernier conflit est la moindre des choses. Peut-être M. Qaani oublie-t-il que l’armée israélienne occupait déjà cinq points sur le territoire libanais avant le 2 mars… alors même que l’Etat libanais négocie pour un retrait total du territoire. Comme on pouvait s’y attendre, la réaction du secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem, lors d’un discours jeudi, à ce communiqué conjoint libano-israélo-américain, a été particulièrement virulente. Il a qualifié de «fictif» le cessez-le-feu obtenu par l’Etat libanais, et les négociations directes d’«inutiles et humiliantes». «Si l’objectif de tout accord est de démilitariser le Hezbollah, cela veut dire que l’on ôte au Liban toutes ses cartes de force», a-t-il lancé, ajoutant que «cette déclaration est une capitulation et un appel à la discorde interne». Relevant le fait que ce texte demande au Hezbollah de cesser les hostilités en priorité, Qassem a déclaré que son mouvement «est seulement concerné par un cessez-le-feu total et un retrait israélien complet des territoires libanais occupés». La violence de cette réaction est attendue, du fait que le communiqué conjoint marginalise totalement le rôle du Hezbollah et de l’Iran, alors même que la marche des négociations apparaît inéluctable. Comment réagira le Hezbollah sur le terrain ? Dans tous les cas, comme l’a dit jeudi le président américain Donald Trump lui-même, les efforts se poursuivent pour séparer les volets iranien et libanais. Sur le terrain, les combats n’ont pas cessé. Alors qu’il avait donné l’impression la veille d’éviter de frapper le nord d’Israël, le Hezbollah aurait à nouveau envoyé des drones vers cette région, même s’il n’a revendiqué des tirs vers Israël. Les sirènes ont retenti dans le nord d’Israël juste après le discours de Qassem, selon l’armée israélienne. Celle-ci continuait aussi ses frappes en diverses régions du sud, et a lancé un nouvel appel à l’évacuation de tous les habitants du sud du Zahrani (Saïda), bien au nord du Litani, l’ancienne ligne de démarcation. Autre développement grave au sud : la mort d’un Casque bleu à Marjeyoun, un soldat de la FINUL de nationalité serbe, suite à la chute d’un missile sur le siège de l’organisation. La FINUL a dénoncé «une attaque délibérée» contre ses soldats, et demandé une enquête pour délimiter les responsabilités. Plusieurs Casques bleus ont été tués et blessés durant ce conflit, certains par des tirs israéliens et les autres par le Hezbollah, suivant les déclarations de l’organisation elle-même. Notons aussi la visite au Liban de l’envoyé français Jean-Yves Le Drian, qui a rencontré jeudi plusieurs personnalités libanaises. Le président français Emmanuel Macron a espéré que les négociations en cours (dans lequel la France ne joue pas de rôle) aboutiront à un cessez-le-feu effectif, et que son pays « reste à disposition » selon l’AFP. Le Congrès américain Sur le front américano-iranien, le développement le plus spectaculaire en ce 4 juin est la résolution votée par la Chambre des représentants américaine en faveur d’un arrêt immédiat de la guerre en Iran, lancée par le président américain Donald Trump depuis le 28 février dernier. Une décision qui a été rendue possible par le ralliement de 4 députés républicains au bloc de démocrates, mais qui n’a qu’une portée symbolique. Le Congrès reproche en gros à Trump de s’être engagé dans une guerre sans vision claire et sans prendre en compte l’intérêt des Américains. Sous pression (interne et externe, en raison du renouvellement des attaques contre les pays du Golfe, notamment le Koweït mercredi), Trump a estimé que les négociations pourraient aboutir ce week-end. Il a réitéré le fait qu’aucun accord ne pourrait être conclu sans une livraison totale de l’uranium enrichi iranien aux Etats-Unis. De son côté, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a publié un communiqué dans lequel il accuse les Etats-Unis et Israël de tenter de semer la discorde, assurant que «l’ennemi a subi un revers cuisant» lors de ce conflit avec son pays. Cette déclaration virulente intervient alors même que le président américain a récemment exprimé sa volonté de le rencontrer, et qu’il continue à déclarer que l’Iran veut un deal et que les négociations ont beaucoup progressé. Ce type de démentis iraniens est devenu une habitude à chaque fois que Donald Trump s’exprime. Signalons enfin un regain des tensions dans la bande de Gaza, où les forces israéliennes ont mené des bombardements violents dans la nuit de mercredi à jeudi sur des appartements, tuant notamment une famille entière.

Pourparlers Liban-Israël: le Hezbollah fait-il de la provocation?
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LevantTime .
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juin 3, 2026 - 22:08

La deuxième session du quatrième round de pourparlers directs entre le Liban et Israël a repris mercredi au Département d’État, à Washington. Les discussions, qui restent ardues et impactées par la violence sur le terrain au sud du Liban, devaient reprendre après une pause-déjeuner. Beyrouth s’efforce toujours d’arracher en priorité à Tel Aviv un engagement pour une trêve durable, alors même que sur le terrain, la formule de cessez-le-feu que le président Donald Trump a imposée, lundi, après les menaces israéliennes de frapper la banlieue sud, reste malmenée. Le Hezbollah a montré mercredi qu’il fait peu de cas de ces menaces, formulées par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et son ministre de la Défense, Israel Katz. Les deux avaient averti que leur armée frapperait la banlieue sud de Beyrouth si la formation iranienne poursuivait ses attaques contre les localités du nord du pays. Donald Trump s’y était cependant fermement opposé. En début d’après-midi, le Hezb a revendiqué le tir de deux roquettes contre une base militaire israélienne dans le nord du pays. Les deux projectiles ont été interceptées par l’armée israélienne, alors que les sirènes retentissaient à Kiryat Shmona et Menara. Le Hezbollah essaie-t-il de provoquer les autorités israéliennes, sachant que ces dernières n’outrepasseront pas les limites posées par le président américain? Peut-être. Mais il se trompe sans doute s’il croit pouvoir profiter des divergences de vues apparues lundi entre Tel Aviv et Washington, à la faveur de la prise de bec entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, au sujet de l’opération militaire israélienne qui reste ainsi limitée au sud du pays. Les propos tenus mercredi par le président américain et son ministre des Affaires étrangères, Marco Rubio, ainsi que par Benjamin Netanyahu, confirment que les États-Unis et Israël restent sur la même longueur pour ce qui est des objectifs stratégiques au Liban et en Iran, mais qu’ils divergent sur la tactique. Washington et Tel Aviv s’accordent ainsi sur la nécessité de mettre fin à la présence militaire du Hezbollah au Liban, en tant que bras armé de l’Iran dans le pays. Pour Washington, la diplomatie demeure la voie prioritaire, qu’il s’agisse du Liban ou du dossier iranien. Donald Trump l’a répété mercredi, au cours d’une interview au podcast du New York Post , tout en se disant «contrarié» par «la guerre sans fin» menée par Israël contre le Liban. Dans le même temps, le Premier ministre israélien affirmait partager avec le président américain l’objectif de désarmer le Hezbollah, dans un entretien à la chaîne américaine CNBC. «Si nous voulons sauver le Liban, si nous voulons parvenir à une paix entre le Liban et Israël, comme je le souhaite, nous devons désarmer le Hezbollah et démilitariser le pays. C’est un objectif que le président et moi partageons, et c’est ce que nous devons faire», a-t-il dit. Le secrétaire d’État américain lui a fait écho, en soulignant «le danger» que le Hezb représente pour l’État au Liban, notamment après les menaces formulées par des cadres de ce groupe de renverser le gouvernement de Nawaf Salam. Le plus important reste la volonté de Washington de dissocier les négociations libano-israéliennes en cours, des pourparlers engagées avec l’Iran, ce que Téhéran rejette toujours. La présidence américaine veut donc gérer simultanément, mais séparément, les négociations bilatérales libano-israéliennes et le dossier iranien. Sur ce dernier point, Donald Trump a affirmé que les discussions avancent vite. L’Iran s’est cependant empressé de le démentir, niant avoir envoyé à Washington une réponse quelconque aux propositions américaines pour une reprise des négociations. Le démenti, diffusé par l’agence Tasnim, liée aux Gardiens de la révolution islamique, a été rendu public peu de temps après l’interview de Donald Trump au New York Post . Tasnim n’a pas cependant commenté les propos du président américain qui a évoqué la possibilité d’une rencontre avec le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei. Alors que Téhéran continue de jouer la montre, Donald Trump a réaffirmé pour la énième fois qu’il n’attendra pas indéfiniment et qu’il va devoir choisir entre la conclusion d’un accord avec l’Iran et le lancement d’une frappe militaire. Il a qualifié cette seconde option de «non agréable». Benjamin Netanyahu a, pour sa part, estimé que la République islamique «joue avec le feu», en abordant non seulement ses atermoiements dans les discussions indirectes avec Washington, mais également les frappes menées dans la nuit de mardi à mercredi contre le Koweït et Bahrein, en réponse, selon les Pasdarans, contre des attaques américaines ayant visé un pétrolier iranien et une île du détroit d’Ormuz. Au Koweït, les raids revendiqués par ces derniers, ont touché un terminal de l’aéroport et fait un tué et 63 blessés, dont certains dans un état grave. L’armée américaine a mené en réponse des «frappes de défense» sur l’île iranienne de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz, selon le commandement américain pour la région (Centcom). Les Gardiens de la Révolution ont riposté à leur tour, en visant une base aérienne «abritant des hélicoptères» au Koweït, ainsi que le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn.

La banlieue sud en équilibre instable
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LevantTime .
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juin 2, 2026 - 23:52

Le quatrième round des négociations directes entre le Liban et Israël s’est tenu mardi soir au Département d’État, à Washington, sous l’égide américaine, alors que la tension reste vive au Liban-Sud où l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires et continue à gagner du terrain, notamment au nord du Litani. Les pourparlers libano-israéliens, qui ont lieu avec la participation, côté libanais, de l’ancien ambassadeur Simon Karam, se poursuivront mercredi, toujours dans la capitale fédérale. Sur le plan des opérations militaires, l’aviation de l’État hébreu a mené tout au long de la journée et de la soirée de mardi une série de raids aériens contre des positions et des dépôts d’armes et de munitions dans plusieurs villages des cazas de Tyr, de Bint Jbeil et de Nabatiyeh. Les villes de Tyr et de Nabatiyeh n’ont pas été épargnées. En fin de journée, l’armée israélienne faisait état de la présence de «dizaines de miliciens du Hezbollah» qui se sont repliés dans le quartier chrétien de Tyr. Mais c’est surtout le cas de la banlieue-sud qui focalisait mardi l’attention des milieux politiques et diplomatiques. L’entente arrachée in extremis lundi soir par le président Donald Trump à la faveur de contacts urgents avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyhu, et le président Joseph Aoun, stipule qu’Israël suspendait son attaque aérienne contre la banlieue-sud, qui était semble-t-il imminente, en contrepartie de l’arrêt par le Hezbollah des tirs de roquettes contre Israël. L’entente obtenue ainsi par le président américain repose sur l’équation «banlieue-sud contre le Nord d’Israël». M. Netanyahu et son ministre de la Défense, Israël Katz, ont clairement souligné mardi à ce propos que si le parti pro-iranien reprend ses tirs contre le territoire israélien, l’État hébreu bombardera les positions du Hezbollah dans la banlieue-sud. Une approche rejetée mardi par un haut responsable de la formation chiite qui a affirmé que son parti n’acceptera pas la formule d’un cessez-le-feu partiel et insiste pour une cessation des hostilités globale et permanente. Cette position rejoint celle du pouvoir libanais qui la défendra d’ailleurs au cours des pourparlers de Washington. Il apparaît clair, de ce fait, que la banlieue-sud est en quelque sorte dans une situation d’équilibre instable, compte tenu de la poursuite des opérations militaires menées au sud par l’armée israélienne, ce qui risquerait d’entraîner une riposte du Hezbollah en direction d’Israël. Notons dans ce cadre que Tel-Aviv a indiqué mardi en fin de journée que l’une de ses unités de commando s’est déployée au nord du Litani, dans le secteur de la localité de Zawtar. L’autre développement qui a focalisé mardi l’attention des médias et de la presse aux États-Unis et en Israël a été l’atmosphère dans laquelle s’est déroulé l’entretien téléphonique de lundi entre le président Trump et M. Netanyahu. L’une des chaînes de télévision à Tel-Aviv a confirmé en fin de journée que la discussion entre les deux dirigeants a été particulièrement tendue. Un site américain a rapporté mardi matin à cet égard que le chef de la Maison Blanche a tenu des propos très peu cordiaux à l’égard du Premier ministre israélien. La chaîne de télévision susmentionnée a indiqué sur ce plan que les milieux proches de M. Netanyahu affirmaient mardi matin que l’entretien de lundi a représenté le contact le plus tendu entre le président américain et le Premier ministre israélien depuis le début du second mandat de Donald Trump, il y a près d’un an et demi. Mardi soir, M. Netanyahu avait prévu de réunir son équipe ministérielle afin de faire le point de la situation dans la région. Reste à signaler que le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu dans la nuit de lundi une réunion extraordinaire, à la demande de la France, afin de se pencher sur la dégradation militaire au Liban.

Manœuvres fébriles autour du sort de la banlieue-sud
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LevantTime .
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juin 2, 2026 - 00:23

Le suspens de la journée, en ce lundi 1er juin, a porté cette fois-ci sur le sort de la banlieue-sud, qui a vécu ces dernières vingt-quatre heures sous la menace de bombardements israéliens imminents. En fin de soirée, le président Donald Trump annonçait la conclusion d’une entente prévoyant l’arrêt des tirs du Hezbollah contre Israël en contrepartie de la suspension du bombardement israélien de la banlieue-sud, qui était sur le point d’être effectué. Le chef de la Maison Blanche a fait cette annonce sur son réseau social Truth Social, indiquant qu’il avait eu un entretien «très fructueux» avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Dans une allusion au raid qui paraissait imminent contre la banlieue-sud, il a indiqué qu’«aucune troupe ne se rendra à Beyrouth, et les forces qui étaient en route ont fait demi-tour». Le président Trump a en outre indiqué que « par le biais de représentants de haut rang, j’ai eu un entretien téléphonique avec le Hezbollah, et ils ont accepté de cesser les tirs, en ce sens qu’Israël ne les attaque pas et ils n’attaquent pas Israël». Tard en soirée, une source américaine autorisée précisait que les contacts avec le Liban au sujet de cessez-le-feu ont eu lieu avec le président Joseph Aoun. C’est dans la matinée de lundi que la tension était gravement montée de plusieurs crans lorsque le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense Israel Katz avaient annoncé dans un communiqué conjoint qu’ils avaient donné l’ordre à l’armée de bombarder la banlieue-sud, plus précisément les dépôts de drones et de munitions, les centres de construction de drones et les postes de commandement du Hezbollah. Peu de temps après la publication de ce communiqué, un exode massif des habitants de la banlieue-sud a été enregistré, provoquant un blocage de la circulation à la sortie de la région. Afin d’éviter que la tension ne dégénère en dérapages sur le plan sécuritaire, l’armée a entrepris de boucler au moyen de barrages fixes les entrées de Aïn el-Remmané. Alors que l’aviation israélienne multipliait durant toute la journée ses raids contre des positions du Hezbollah dans plusieurs villages du sud – le raid le plus meurtrier a dévasté totalement un quartier entier à Tyr – le pouvoir entreprenait des contacts urgents afin d’éviter que l’Etat hébreu mette à exécution ses menaces contre la banlieue sud. Le chef du législatif et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, devait notamment affirmer que le Hezbollah avait accepté de cesser ses tirs contre Israël. Plus tard dans la journée, le régime iranien relançait sa manœuvre visant à tenter de contrôler la carte libanaise. Il a ainsi souligné que toute attaque contre la banlieue-sud se répercuterait directement sur le nord d’Israël, invitant à ce sujet les habitants de cette région à l’évacuer en cas de frappes contre la banlieue de Beyrouth. Dans l’après-midi, Téhéran annonçait qu’il suspendait les tractations (indirectes) et les échanges de messages avec les Etats-Unis en raison des menaces israéliennes. Ce à quoi le président Trump a répondu en soirée : «Peu m’importe si les négociations avec l’Iran sont interrompues. Je peux attendre longtemps, c’est eux qui perdent». Cette position en flèche adoptée par l’Iran en vue d’empêcher à tout prix des bombardements contre la banlieue-sud a poussé certains analystes à s’interroger sur les raisons d’une telle attitude et à se demander ce qui se cache de si important dans cette banlieue qui expliquerait la position du régime iranien à ce propos… En tout état de cause, les informations disponibles tard en soirée permettaient de clarifier comme suit la situation: L’arrêt des tirs annoncé par le président Trump ne concerne pas nécessairement le Liban-Sud, où les raids se sont d’ailleurs poursuivis de manière intensive tard dans la nuit contre plusieurs villages. L’entente convenue lundi stipule implicitement une équation selon laquelle le bombardement de la banlieue-sud sera mis à exécution si le Hezbollah reprend ses tirs contre Israël (M. Netanyahu a indiqué en soirée qu’il avait mis l’accent sur ce point lors de son entretien téléphonique avec le président Trump, précisant dans le même temps que l’armée poursuivra ses opérations au Sud). Tard dans la nuit de lundi, la chaine panarabe al-Hadath rapportait que le Hezbollah a lancé des roquettes contre le nord d’Israël, notamment en direction de Metoullé où les sirènes d’alarme ont été actionnées. A en croire certaines sources, le chef de la Maison Blanche est intervenu afin de suspendre le pilonnage de la banlieue-sud afin de ne pas compromettre le nouveau round de discussions directes entre le Liban et Israël, prévues mardi et mercredi au Département d’Etat, à Washington. Reste à signaler, au niveau régional, que le commandement militaire américain a indiqué lundi matin que l’aviation US a bombardé samedi et dimanche derniers des positions iraniennes, notamment des défenses aériennes, des radars et des centres de lancement de drones et de missiles. Dans le même temps, l’armée américaine a intercepté et détruit durant le week-end deux missiles balistiques qui avaient été lancés par les Gardiens de la révolution en direction d’une base militaire US au Koweït. Tard dans la nuit de lundi, les Gardiens de la révolution indiquaient qu’ils avaient lancé un missile contre «un navire relevant de l’ennemi sioniste américain»…

Salam: la négociation avec Israël est la voie la moins coûteuse
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mai 31, 2026 - 00:24

Négociations et dialogue à Washington, conflit et frappes aériennes au Liban. La journée du samedi 30 mai a été marquée par une intervention du Premier ministre libanais Nawaf Salam qui a stigmatisé les frappes israéliennes, tandis que le Pentagone a assuré que les discussions entre militaires israéliens et libanais à Washington, vendredi 29 mai, avaient été « constructives ». Dans un discours télévisé, Nawaf Salam a estimé que la « politique de la terre brûlée » et de « punition collective » menée par Israël « ne lui apportera ni la sécurité ni la stabilité ». Au lendemain de nouvelles discussions israélo-libanaises au Pentagone, alors que l'armée israélienne continue de progresser en profondeur sur le territoire libanais, M. Salam n’en a pas moins défendu la poursuite des négociations avec Israël. Celles-ci constituent « la voie la moins coûteuse » pour Beyrouth, a souligné le chef du gouvernement. Le président libanais Joseph Aoun a, de son côté, assuré au secrétaire d'État américain Marco Rubio qu'une trêve constituait « le passage obligé » vers tout progrès dans les négociations. Le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby, a qualifié la réunion de vendredi de « constructive », estimant qu'elle servirait « de base au volet politique » qui doit être abordé par les deux pays les 2 et 3 juin au Département d’Etat. Selon une source israélienne bien informée, citée par Reuters, Israël et le Liban n'ont pas abordé la question de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, où Israël affirme avoir largement contenu ses attaques sous la pression des États-Unis. Israël poursuit son expansion vers le nord Sur le plan des opérations militaires, l'armée israélienne a appelé, samedi matin, les habitants de plus d'une dizaine de villages du Liban-Sud à évacuer les lieux avant des frappes ayant visé plusieurs localités de la région. De son côté, l'armée libanaise a annoncé qu'une frappe de drone israélien, décrite comme « ciblée », avait grièvement blessé deux de ses soldats à bord d'un véhicule près de la ville de Nabatiyé. Des tirs d'artillerie ont également visé les abords de la forteresse médiévale de Beaufort, au lendemain des déclarations des ministres des Affaires étrangères Joe Raggi et de la Culture Ghassan Salamé, qui s'étaient inquiétés du «danger sérieux» que les attaques israéliennes font peser sur le patrimoine historique. Notons dans ce cadre que l’armée israélienne a diffusé une vidéo, largement reprise par plusieurs médias libanais, montrant que les tirs qui ont atteint il y a 48 heures l’église grecque-orthodoxe Saint-Georges de Marjayoun provenaient de positions tenues par le Hezbollah. Les appels des pôles d’influence de Nabatiyé et Tyr Face à la recrudescence des raids et des bombardements, le président Joseph Aoun et le Premier ministre ont dénoncé, dans un communiqué conjoint, «les pratiques condamnables d'Israël», «l'extension de ses attaques», ainsi que «la poursuite des bombardements et la destruction au bulldozer des habitations et des sites historiques». Il convient de signaler à l’ombre de ce contexte que qu’une centaine d’intellectuels et de pôles d’influence de Nabatiyé et autant de la ville de Tyr ont publié, respectivement, un «appel» dans lequel ils réclament la démilitarisation des deux localités, la fin de toute présence milicienne et le rétablissement de la seule autorité de l’Etat et de l’armée dans les villes en question. Les deux «appels» s’élèvent contre le fait que les Gardiens de la révolution islamique iranienne aient entrainé le Liban-Sud dans une «guerre stérile» et appuient les démarches entreprises par le gouvernement libanais afin de rétablir la paix au Liban-Sud. Notons que le Hezbollah a publié un communiqué condamnant vivement la teneur des deux «appels» de Nabatiyé et de Tyr. En Iran, les « lignes rouges » de Washington Sur le plan régional, Les États-Unis ont affirmé samedi disposer des moyens nécessaires pour reprendre la guerre contre l'Iran, tout en réaffirmant qu'un accord de paix ne serait possible que si leurs « lignes rouges » étaient respectées. Dans ce contexte, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré que les États-Unis étaient « tout à fait capables » de reprendre les hostilités contre l'Iran « si nécessaire ». « Nos stocks sont largement adaptés à cet objectif », a-t-il affirmé lors d'un forum sur la défense à Singapour. Une source diplomatique américaine a indiqué samedi que, si les négociations achoppent sur trois dossiers essentiels — le stock d'uranium enrichi, le détroit d'Ormuz et les avoirs iraniens gelés à l'étranger —, le blocage provient principalement de l'aile dure du régime. Celle-ci est notamment représentée par le général Esmaïl Qa'ani, commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution islamique, ainsi que par le député Ebrahim Azizi, connu pour ses positions radicales. Selon cette source, ces deux figures influentes du régime s'opposent au président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a récemment montré des signes d'ouverture envers Washington. Parallèlement, en Irak, une déclaration faite samedi par un responsable de la sécurité de Kataëb Hezbollah — organisation souvent surnommée le « Hezbollah irakien » — a relancé la polémique sur l'avenir des armes échappant au contrôle de l'État, alors que des sources politiques à Bagdad indiquent que cinq factions armées envisageraient de commencer à déposer les armes. Cette formation chiite proche de l'Iran a souligné qu’elle refusait de relettre ses armes au gouvernement central et qu’elle est déterminée à « poursuivre la résistance », affirmant qu’elle était « prête à recevoir certaines armes spécialisées pour lesquelles les institutions de l'État ne disposent pas des compétences nécessaires, telles que les drones, les missiles de croisière et les armes antichars », ajoutant qu'elle était également « prête à les financer ». Signalons, en conclusion, que le département d'État américain a relevé Tom Barrack de ses fonctions d'envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, sans fournir davantage de précisions.

Guerre en Iran: la douche écossaise se poursuit
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mai 29, 2026 - 23:19

Le scénario du week-end dernier s’est renouvelé en ce vendredi 29 mai. Les médias et les opinions publiques ont eu droit à une nouvelle séance de douche écossaise pour ce qui a trait aux tractations américano-iraniennes, par le biais du médiateur pakistanais, visant à mettre un terme à la situation de guerre, enclenchée le 28 février, en prélude à des négociations bilatérales, portant sur les grands dossiers qui entretiennent le conflit entre les Etats-Unis et la République islamique. Comme ce fut le cas le week-end dernier, un vent d’optimisme a soufflé dans l’après-midi de vendredi, faisant état de l’imminence de l’annonce officielle d’un «accord-cadre» entre Washington et Téhéran. Le président Donald Trump devait annoncer publiquement sur ce plan qu’il levait le blocus naval imposé aux ports iraniens et qu’il s’apprêtait à tenir une réunion à la Maison Blanche avec son équipe de hauts responsables et de conseillers afin de «prendre une décision définitive» au sujet du projet d’accord-cadre en gestation. Après l’annonce faite par le président Trump, les informations parvenaient aux médias concernant les termes du mémorandum d’entente en question. A en croire ces indiscrétions, le document prévoit le rétablissement immédiat de la libre circulation maritime au détroit d’Ormuz, sans péage et sans conditions (en contrepartie de la levée du blocus naval) et la destruction par les Etats-Unis du stock d’uranium enrichi, «en collaboration avec la République islamique et l’Agence internationale de l’Energie atomique». Aucune mesure n’était par contre prévue pour mettre fin au gel d’une partie des avoirs iraniens. Près d’une heure après la divulgation de ces informations, les autorités iraniennes, du moins celles proches des Gardiens de la Révolution, affirmaient qu’aucun accord n’avait encore été conclu, que les informations rapportées par le président Trump étaient erronées et, cerise sur le gâteau, que «c’est l’Iran qui impose ses conditions» à l’Administration US, et non le contraire. Le climat manifestement négatif filtré aux médias par la mouvance du régime iranien proche des Pasdaran s’est vraisemblablement répercuté sur le cours de la réunion présidée par le président Trump à la Maison Blanche. Au terme de deux heures de débats entre les hauts responsables américains, le président Trump n’a fait aucune annonce, contrairement ce qui avait été indiqué dans l’après-midi. Le New York Times rapportait en soirée sur ce plan, citant un haut responsable US, qu’aucune décision n’a été prise concernant le projet d’accord-cadre, relevant à cet égard que «certaines questions doivent encore être discutées». En fin de soirée, le Trésor américain devait préciser que «le blocus imposé aux ports iraniens sera levé lentement»… Avancées israéliennes et pourparlers au Pentagone Cette impasse diplomatique n’a pas pour autant occulté les développements au niveau des opérations militaires, plus précisément sur le plan libanais. L’armée israélienne a ainsi poursuivi vendredi son opération «rouleau compresseur» contre les positions, les infrastructures et les miliciens du Hezbollah. De nouveaux raids aériens intensifs ont été menés contre plusieurs localités du Sud et de la Békaa-Ouest. Parallèlement, selon diverses sources, l’armée israélienne continue de gagner du terrain et serait arrivée à la périphérie de Nabatiyeh. En fin de soirée, la chaîne al-Hadath indiquait que les forces israéliennes se trouvaient à 500 mètres du Château de Beaufort. D’autres sources précisaient à une heure avancée de la soirée que Tsahal était pratiquement arrivée au Château croisé médieval. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait effectué une tournée d’inspection à la frontière avec le Liban. Dans une déclaration aux correspondants de presse, il a indiqué que l’armée israélienne avait franchi le Litani et avait pris position sur les collines stratégiques de la région. «Nous agissons avec force à Beyrouth, au Sud et dans la Békaa, sans restriction», a affirmé M. Netanyahu qui a fait état d’un «effondrement du Hezbollah»… Diverses sources d’information ont d’ailleurs signalé vendredi soir un «effondrement du Hezbollah sur toutes les lignes de front». Ces indications n’ont toutefois pas pu être confirmées de source indépendante. C’est dans cette atmosphère particulièrement tendue et explosive que s’est tenue vendredi après-midi (heure du Levant) au Pentagone la première réunion de négociation directe libano-israélienne s’inscrivant dans le cadre du «processus sécuritaire», parallèle au processus politique des négociations bilatérales. En marge de la réunion du Pentagone, le Secrétaire d’Etat Marco Rubio est entré en contact par téléphone avec le président Joseph Aoun afin de faire le point du dialogue libano-israélien. Selon un communiqué de la présidence de la République, le chef de l’Etat a souligné à cette occasion l’importance d’un cessez-le-feu comme préalable à tout progrès dans les négociations avec Israël. Le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé de son côté le soutien de son pays à «la souveraineté, la stabilité et l’indépendance du Liban, ainsi qu’à son droit à décider de son avenir». Selon un communiqué du Département d’Etat, M. Rubio a rendu hommage «au courage du président Joseph Aoun qui a pris l’initiative d’engager des négociations avec Israël». Le Secrétaire d’Etat a, d’autre part, souligné que «le Hezbollah assume l’entière responsabilité des combats en cours au Liban». Il a affirmé sur ce plan que «le Hezbollah poursuit ses tentatives d’entraver les négociations avec Israël».

Conflit iranien: stagnation diplomatique, escalade militaire
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mai 29, 2026 - 01:00

Les Libanais, et les peuples des pays du Levant en général, doivent semble-t-il se résigner à être soumis régulièrement au régime de la douche écossaise pour ce qui a trait à l’évolution du conflit iranien. Jeudi après-midi, des informations, rapportées par le site américain Axios, faisaient état de la conclusion d’un accord-cadre entre négociateurs US et iraniens. Les mêmes sources affirmaient qu’une copie de ce mémorandum d’entente avait été transmis à la Maison Blanche et que le président Donald Trump avait demandé «quelques jours de réflexion» avant d’avaliser le texte. Quelques heures plus tard, les Gardiens de la révolution de la République islamique iranienne ont paru vouloir «faciliter» la tâche au président américain en soulignant, par le biais de l’agence Tasnim qui reflète leur point de vue, qu’aucun accord n’a encore été conclu entre Américains et Iraniens. A en croire les prises de position adoptées publiquement de part et d’autre, les divergences sont encore profondes entre les deux parties concernant notamment les problèmes de la libre circulation au détroit d’Ormuz, le blocus naval US imposé à l’Iran, la remise au pouvoir iranien d’une partie des avoirs iraniens en devises étrangères gelés depuis plusieurs années, et le sort de l’uranium enrichi. Le Secrétaire US au Trésor a affirmé jeudi dans ce cadre qu’aucun accord n’est possible avec l’Iran avant la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime sans condition et sans la remise aux Etats-Unis de l’uranium enrichi. Or ce dernier point est rejeté par les Gardiens de la révolution, de sorte que le scepticisme était jeudi soir nettement perceptible au sujet d’un rapide déblocage des pourparlers américano-iraniens. Signalons dans ce cadre que le président Trump a adressé jeudi un sévère avertissement au sultanat d’Oman, le mettant en garde contre tout accord qu’il serait tenté de conclure avec le régime iranien pour gérer conjointement le détroit d’Ormuz et imposer d’un commun accord un droit de passage aux navires marchands. Téhéran insiste pour contrôler le détroit et imposer une sorte de péage sur cette voie maritime pour s’assurer des revenus substantiels. Notons à ce propos qu’une source iranienne a indiqué au Wall Street Journal que les réserves en devises de la République islamique suffisent pour à peine trois mois… Escalade dans les opérations militaires Alors que les pourparlers paraissent ainsi piétiner, une nette escalade a été enregistrée jeudi dans les opérations militaires tant sur le plan régional que local. Tard en soirée de jeudi, l’agence iranienne officielle Fars faisait état de «tirs de missiles iraniens à partir du sud de l’Iran». L’agence Tasnim indiquait pour sa part que des tirs d’armes automatiques étaient entendus à Bandar Abbas du fait d’accrochages en cours dans les eaux du Golfe. Les médias de Téhéran précisaient dans ce cadre que les Gardiens de la révolution ont ouvert le feu dans le détroit d’Ormuz en direction de bâtiments de guerre américains et un accrochage a suivi entre les navires US et les Pasdaran. A l’aube de jeudi, les Gardiens de la révolution avaient lancé des drones contre un pétrolier US et trois navires qui tentaient de traverser le détroit d’Ormuz. L’armée américaine a indiqué avoir intercepté quatre drones avant de mener une attaque aérienne contre un site de lancement de drones dans le secteur du port de Bandar Abbas. En réaction, les Pasdaran ont lancé des missiles et des drones contre le Koweït. Les sirènes d’alarmes ont été activées dans la capitale et l’armée koweitienne a précisé dans un communiqué que «les défenses aériennes koweitiennes ont repoussé des attaques menées par des missiles et des drones ennemis». Les Pasdaran ont affirmé de leur côté avoir visé «une base américaine». Cette attaque des Gardiens de la révolution islamique contre le Koweït s’inscrit dans le cadre de la stratégie suivie par les Pasdaran depuis le début de cette guerre, le 28 février dernier, visant à axer leurs agressions sur les pays du Golfe (davantage que sur Israël) dans le but de pousser ces derniers à réclamer le démantèlement des bases américaines dans le Golfe et à intervenir auprès des Etats-Unis afin qu’ils mettent un terme à leur pression économique et militaire sur la République islamique. Il convient de relever en outre que l’armée israélienne a éliminé jeudi à Gaza deux hauts responsables militaires du Hamas. Démarches de Raggi pour préserver les vestiges de Tyr Sur le front libanais, des informations faisaient état tard en soirée d’une importante avancée rapide des troupes israéliennes qui seraient à un kilomètre et demi de la ville Nabatieh et qui auraient pris le contrôle du château de Beaufort, importante position stratégique dans la région. La journée de jeudi a été marquée principalement par un tir de missile israélien contre un appartement de Choueifat, où le responsable du système de missiles au sein du Hezbollah, Ali Husseini, a été tué. A l’aube de jeudi, un raid aérien israélien a été mené contre la ville de Tyr. Tsahal a indiqué avoir attaqué des centres de commandement du Hezbollah dans la ville. Selon certaines sources, un raid a visé en outre un secteur proche des célèbres vestiges de la ville de Tyr. Sur ce plan, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi a entrepris des démarches diplomatiques urgentes afin d’éviter toute atteinte à l’héritage archéologique et culturel qui fait la richesse de la région de Tyr. Pour en revenir aux opérations militaires, un tir de missile a visé jeudi à l’aube, à Saïda, un appartement dans un immeuble de plusieurs étages. Trois personnes ont été tuées dans cette attaque. Par ailleurs, une voiture a été la cible d’un tir de drone sur la route côtière de Adloun, non loin de Saïda. Cette attaque aurait fait six tués. Des raids aériens ont par ailleurs été signalés en début de matinée contre la ville de Nabatiyeh ainsi que contre des positions de la milice du Hezbollah dans le caza de Jezzine et à Zahrani. Une moto circulant à la périphérie de Tyr a d’autre part été la cible, à l’aube, d’un tir de drone.

Israël demande l’évacuation de tout le Liban-Sud, jusqu’au Zahrani
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mai 27, 2026 - 23:55

La journée du mercredi 27 mai s’est achevée sur deux développements qui incitent peu à l’optimisme : au cours de la réunion élargie de son équipe ministérielle, le président Donald Trump a souligné qu’il « n’est pas satisfait de ce que l’Iran propose » pour le mémorandum d’entente actuellement négocié entre les deux pays ; dans le même temps, l’armée israélienne enregistrait une « première » en demandant mercredi soir aux habitants de «tout le Liban-Sud» d’évacuer leurs localités pour se replier «au nord du fleuve de Zahrani», à quelques kilomètres au sud de Saïda! Le climat politique général commençait à virer au rouge au milieu de la journée à la suite d’informations rapportées par la télévision iranienne officielle concernant la teneur du projet de mémorandum discuté entre les négociateurs américains et iraniens, par le biais du médiateur pakistanais. La télévision iranienne, largement reprise par les médias, a ainsi indiqué avoir obtenu «l’ébauche d’un premier accord-cadre non officiel en vue d’un protocole d’accord avec les Etats-Unis». Selon le média iranien, les termes de cet accord-cadre prévoiraient que «l’Iran rétablirait en l’espace d’un mois le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz» et retirerait les mines de la zone, alors que les Etats-Unis «s’engageraient» à mettre un terme à leur présence dans la région et à leur blocus des ports iraniens. Aucun mot sur le nucléaire… La Maison Blanche n’a pas tardé à réagir en affirmant que ces informations sont dénuées de tout fondement et son «fabriquées de toutes pièces», comme l’a rapporté Reuters. Les déclarations de Trump De son côté, le président Trump a tenu mercredi une réunion de son équipe ministérielle à la Maison Blanche (et non à Camp David comme initialement prévu) pour discuter du dossier des négociations avec l’Iran. «Nous ne sommes pas satisfaits des propositions iraniennes concernant le mémorandum d’entente», a souligné le président américain au cours de cette réunion, ajoutant que les forces américaines devront «peut-être retourner en Iran pour achever le travail». Auparavant dans la journée, le chef de la Maison Blanche déclarait à la BBC News que «l’Iran n’obtiendra pas un allègement des sanctions en échange de son renoncement à l’uranium enrichi». Le président Trump a réaffirmé, en outre, que l’Iran «veut un deal et n’a pas d’autre choix», assurant que son Administration «n’est toujours pas parvenue à un accord avec l’Iran et n’en est pas satisfait». Il a souligné dans ce cadre que l’Iran «est très faible» actuellement. Pour sa part, le Secrétaire d’Etat Marco Rubio a insisté sur le fait que «les options restent ouvertes dans le dossier iranien, mais ce qui est sûr, c’est que ce pays n’obtiendra pas d’arme nucléaire». Comme pour répondre à l’administration américaine, un haut responsable des Gardiens de la Révolution iraniens a estimé que la probabilité d’une nouvelle guerre est «faible», pointant du doigt la « faiblesse de l’ennemi ». Il a assuré que les forces armées iraniennes restaient prêtes à intervenir, « leurs chargeurs pleins ». Dans une autre déclaration surprenante, le ministère iranien du Renseignement a relevé que les Etats-Unis et Israël cherchaient toujours à renverser le régime de la République islamique «par de nouveaux moyens», après avoir «échoué» à le faire par des frappes. L’ordre d’évacuation du Liban-Sud Au Liban, l’escalade israélienne se poursuit sans aucun répit. L’une des principales informations du jour aura été l’avis d’évacuation de tout le Liban-Sud. L’armée israélienne a, de fait, invité tous les habitants du Sud à se retirer jusqu’au nord du Zahrani, précisant que la région située au sud de ce fleuve est une «zone de combat». Tsahal a mis l’accent à cet égard sur sa détermination à lancer une forte offensive contre le Hezbollah dans cette zone. L’autre point très chaud du Sud est la localité de Zawtar al-Charkiya dans la zone de Nabatiyeh, théâtre de violents affrontements entre les miliciens du Hezb et l’armée israélienne, qui progresse sur cet axe. Selon des analystes, les Israéliens chercheraient à prendre le château de Beaufort, une colline très stratégique, dans sa route vers la ville de Nabatiyeh. Son action à Tyr augure également d’une avancée dans cette direction. Le Hezbollah utilise toujours à profusion ses missiles contre l’armée israélienne au Liban, mais aussi son arme la plus efficace du moment, les drones explosifs, au-delà des frontières. Jusqu’à quand arrivera-t-il à retarder l’avancée israélienne ? Le parti pro-iranien semble de plus en plus coller à sa tactique de guérilla qui sacrifie la géographie au profit d’une guerre d’usure. L’affaire du barrage de Qaraoun Sur un autre plan, il convient d’indiquer que les trois frappes qui ont ciblé mardi dernier, 26 mai, le barrage de Qaraoun, dans la Békaa, ont provoqué des réactions alarmistes de la part de l’Autorité nationale du Litani et de l’Union des municipalités de Bouhayra, qui regroupe 19 villages riverains du lac. (Pages Facebook Al Buhaira Union of Municipalities , Machghara Municipality ) Le barrage de Qaraoun, rappelle-t-on, a été construit selon le modèle dit du «barrage-poids». Il comporte certes une «âme» en béton en son centre et jusqu’à une certaine hauteur, mais la pression exercée par les eaux du lac artificiel est principalement contenue par un immense remblai qui « couronne » cette structure en béton. Ce remblai joue un rôle crucial dans la stabilisation des roches et la prévention de leur glissement vers la base du barrage. D’un point de vue technique et architectural, la route bombardée mardi fait partie intégrante du remblai en question. Un mur de soutènement a été construit le long de cette section afin demaintenir les masses rocheuses en place et protéger la structure du barrage contre tout glissement de terrain ou impact structurel. Par conséquent, la route visée par les frappes israéliennes n’est pas un simple axe reliant les rives ouest et est du Litani, mais bien un élément structurel et fonctionnel du système de protection du barrage. Les frappes israéliennes visaient sans doute à isoler la Békaa-Ouest du Sud-Liban, en coupant les voies de communication et de soutien logistique du Hezbollah. Après le bombardement du pont reliant le village de Machghara (soumis mardi à d’intenses frappes israéliennes et où des tunnels ont été découverts) au village de Sohmor, autre bastion du Hezbollah situé sur l’autre rive du Litani, la seule route encore praticable était celle du barrage. À présent, avec la neutralisation de cette voie, il faut soit se diriger plus au Nord, vers Kefraya, soit emprunter une autre route vers le sud, à proximité de Nabatiyeh. Dans les deux cas, ces itinéraires sont plus longs et davantage exposés. Dans ce contexte, l’Autorité nationale du Litani a publié un communiqué dans lequel elle met en garde contre les dangers que représentent les attaques répétées à proximité des installations du barrage. L’Autorité souligne que toute attaque, directe ou indirecte, contre le barrage de Qaraoun ou ses installations pourrait engendrer des conséquences catastrophiques pour la population, les infrastructures et les équipements essentiels situés en aval. (Page Facebook Litani River Authority, litani.gov.lb ,) Elle a d’ailleurs republié une projection établie par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui décrit les scénarios potentiels d’inondation en cas de rupture du barrage, et identifie les zones vulnérables susceptibles d’être submergées à la suite de dommages structurels ou d’une attaque contre le barrage.