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L'Essentiel du jour

Le Liban pris dans un nouveau tourbillon de violence
Par
Tilda Abou Rizk
Publié
mai 26, 2026 - 22:57

Au lendemain des menaces du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, d’«écraser le Hezbollah» et d’élargir son opération militaire au Liban, le pays était pris dans un nouveau tourbillon de violence qui a ravivé les craintes d’un retour à une confrontation ouverte. Des craintes d’autant plus légitimes que l’armée israélienne a commencé à élargir la zone dite de sécurité qu’elle contrôle au Liban-Sud. Dans le même temps, le dirigeant israélien, qui a obtenu un feu vert américain pour une opération d’envergure contre le Hezb, a réaffirmé mardi ne pas vouloir «lever le pied de l’accélérateur», précisant que son armée intensifie ses opérations au Liban et «sécurise des positions stratégiques». Le Premier ministre a également fait état d’un «effort national mené pour contrer la menace des drones explosifs du Hezbollah». Les Libanais s’attendent ainsi au pire, alors que le Hezbollah reste totalement indifférent à l’effroyable coût humain, économique, social et matériel de la guerre destructrice dans laquelle il a entraîné le pays au profit de l’Iran. Les frappes israéliennes se sont intensifiées dans la journée de mardi. Depuis lundi après-midi, c’est la ville de Nabatiyeh, en passe de subir le même sort que celui de Bint Jbeil, réduite à un amas de cendres, ainsi que des localités de la Békaa-Ouest, fiefs de la formation pro-iranienne, qui sont prises sous le feu ininterrompu des avions de guerre et des drones israéliens. Pour la première fois depuis le début de la guerre, l’armée israélienne a appelé les habitants de Nabatiyeh à évacuer toute la ville et à se rendre «au nord du fleuve Zahrani». Pour la première fois aussi, elle s’est acharnée autant contre les bourgades de la Békaa-Ouest. Rien que dans le village mixte de Machghara, quinze personnes ont péri dans un raid mené après un appel à évacuer la localité où les combattants du Hezb se réfugient à l’intérieur ou près des habitations abandonnées par leurs occupants, pour lancer leurs roquettes contre des positions israéliennes. La logique de ce groupe à qui le Liban doit, en plus des destructions, une occupation israélienne d’une large superficie de sa partie sud, reste la même: faute de pouvoir repousser l’armée israélienne, il s’efforce de lui infliger des pertes. Celles-ci restent dérisoires au vu de celles que subit le Liban. Tel Aviv compte 23 tués dans les rangs de son armée depuis le 2 mars, alors que le Liban compte 3.185 morts et 9.633 blessés. Un nombre qui risque de grimper davantage si Israël met ses menaces à exécution. Benjamin Netanyahu a tenu des consultations militaires avec son ministre de la Défense, Israël Katz, et son chef d’état-major, Eyal Zamir, quelques heures avant que l’armée israélienne ne confirme à Reuters vouloir élargir vers le nord la «ligne jaune» fictive qui délimite la zone dite de sécurité qu’elle a établie tout le long de sa frontière nord. Dans la nuit de lundi à mardi, elle a d’ailleurs mené une incursion au nord de cette ligne d’une dizaine de kilomètres de profondeur, pour repousser des combattants du Hezb. Le risque est grand aujourd’hui de la voir étendre sa zone d’influence jusqu’au fleuve Zahrani, à quelques kilomètres au sud de Saïda, conformément aux vœux des ministres d’extrême droite du cabinet israélien. Ou encore de mettre à exécution son plan initial. Celui-ci consistait à mener une incursion dans la Békaa, à partir des positions qu’elle contrôle au sommet de la partie libanaise du Mont-Hermon pour y établir également une zone de sécurité et neutraliser la menace du Hezbollah, en attendant des arrangements sécuritaires avec le Liban. Un développement sur le terrain conforterait cette thèse: le ciblage de routes dans la Békaa. L’aviation israélienne a rendu impraticable la route stratégique qui longe le lac Qaraoun, au niveau du barrage, et qui relie entre eux les villages de Qaraoun et de Machghara. L’axe routier en question a été ciblé quatre fois, mais sans que le barrage soit endommagé, selon l’Office des eaux du Litani. Cette tactique, qui consiste à couper les voies de passages pour perturber les déplacements des combattants du Hezb, rappelle celle que l’armée israélienne avait appliquée au Liban-Sud, avant de mener son opération terrestre. Face à ce scénario-catastrophe, il est légitime de se demander si le Hezbollah, poussé par l’Iran, n’a pas fait exprès d’intensifier depuis quelques jours ses attaques aux drones contre l’armée israélienne – sachant que celle-ci n’allait pas garder les bras croisés – afin d’atteindre un double objectif: compromettre le nouveau round de pourparlers directs entre Beyrouth et Tel Aviv, prévu en principe vendredi à Washington, et faire du Liban une nouvelle carte de pression aux mains de Téhéran dans le cadre de potentielles négociations difficiles avec les États-Unis. Pour l’heure, ni Israël ni le Hezbollah semblent prêts à réduire la pression militaire, ce qui fait craindre un enlisement dans une guerre sur laquelle les autorités n’ont aucun contrôle. Une médiation au point mort Dans ce climat tendu, non seulement les efforts de médiation en vue d’une reprise du dialogue irano-américain restent au point mort, mais la tension a resurgi entre les belligérants. Téhéran a repris le langage des menaces, au lendemain des frappes américaines qui ont visé des hydroglisseurs des Pasdarans, à Bandar Abbas, sur le détroit d’Ormuz. Le ministère iranien des Affaires étrangères a accusé Washington d’une «violation flagrante du cessez-le-feu», alors que, l’armée américaine a affirmé avoir visé des sites de lancement de missiles ainsi que des embarcations suspectées de poser des mines maritimes. «L’Iran tient le régime américain responsable de toutes les conséquences résultant de ces actions agressives et injustifiées», a souligné le ministère dans un communiqué. À son tour, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a averti que les forces américaines ne disposeraient désormais «plus d’aucun refuge dans la région», tandis que les Pasdaran ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d’autres aéronefs qui entraient dans l’espace aérien du pays. C’est dans ce contexte de résurgence des tensions que le président américain, Donald Trump, se rendrait demain à Camp David, selon le New York Post , pour des concertations relatives au dossier iranien, avec les membres de son administration, dont la directrice du renseignement national (DNI), Tulsi Gabbard. Cette dernière avait présenté sa démission, il y a quatre jours. Loin des tensions régionales, la suspension d’un décret présidentiel iranien qui rétablissait l’accès à Internet en Iran, mérite d’être relevée, dans la mesure où elle confirme la mainmise des Pasdarans sur les décisions stratégiques dans le pays. La décision d’invalider la mesure présidentielle a été prise par le ministère iranien de la Justice.

Mot d’ordre de Netanyahu à l’armée: «Écrasez» le Hezb
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LevantTime .
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mai 25, 2026 - 23:35

On est bien loin, en ce lundi 25 mai, de l’enthousiasme affiché samedi quant à un très proche déblocage régional, par le biais d’une déclaration d’intentions irano-américaine qui donnerait le coup d’envoi à un second round de négociations entre Washington et Téhéran. Certes, les tractations se sont accélérées et les différents acteurs impliqués dans la médiation évoquent des progrès. Mais ne dit-on pas que le diable réside dans les détails? Apparemment, les détails à régler restent nombreux puisqu’en ce lundi, on en est toujours à avancer qu’un accord pourrait être conclu «dans les jours à venir». Samedi, Washington et Téhéran le présentaient comme étant presqu’imminent. Mais l’optimisme, du moins en apparence, reste de mise – prudemment – puisque Téhéran a officiellement reconnu par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères qu’il a été possible de trouver «des conclusions à une grande partie des questions sous examen». Qui ne sont cependant pas les plus importantes. Car, aux dernières nouvelles, le blocage porte sur le dossier des avoirs iraniens gelés et sur celui du nucléaire. En l’occurrence, l’essentiel! À Doha, le président du Parlement iranien et négociateur en chef aux pourparlers d’Islamabad, Mohammad-Bagher Qalibaf, ainsi que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ont eu des discussions lundi avec le Premier ministre qatari, Mohammad Ben Abdel Rahman al-Thani, au sujet des solutions possibles à ces deux dossiers. Selon l’agence Reuters qui a rapporté l’information, les discussions ont également porté sur le sort du détroit d’Ormuz. Le gouverneur de la banque centrale en Iran s’est joint à la réunion pour le volet en rapport avec un éventuel dégel des avoirs iraniens à l’étranger, bloqués à cause des sanctions américaines. Pour Téhéran, en proie à des difficultés financières et économiques colossales, ce dossier est prioritaire. L’Iran veut qu’une partie de ces avoirs soit débloquée avant tout accord et réclame un mécanisme clair pour garantir la libération des autres fonds gelés, selon l’agence iranienne, Tasnim. Ce que Washington refuse jusque-là, un dégel des avoirs devant être le résultat d’un accord. Le Qatar est engagé, avec le Pakistan, l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie, dans la médiation en cours. Au terme de ses discussions, le Premier ministre qatari est entré en contact avec son homologue omanais pour discuter des moyens de soutenir les efforts de conciliation, notamment dans le but de réduire les risques d’escalade dans la région. Une initiative qui s’expliquerait peut-être par le fait que Téhéran est en pourparlers avec Mascate au sujet d’une éventuelle coordination pour l’imposition d’un droit de péage sur Ormuz. L’Iran reste attaché à cette mesure, a réaffirmé lundi Ghalibaf, en la présentant comme «des frais d’entretien de la navigation». Mais elle est toujours rejetée par les États-Unis et les pays dont les pétroliers et les cargos traversent cette voie de passage maritime qui relève du droit international. Est-ce à dire qu’il y a encore du chemin à faire avant d’arriver à un possible compromis? Sans doute, car s’il donne des signes d’ouverture, Téhéran évite toujours d’apparaître comme cédant à la pression américaine et veut maintenir une marge de négociation sur le nucléaire et les sanctions, comme le montrent les propos de Ghalibaf ou encore ceux du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr. Ce dernier a assuré lundi que «Téhéran ne reculera pas, comme l’a montré le terrain et le processus diplomatique». Trump tempère Côté américain, après les critiques qui ont accueilli sa déclaration tonitruante de samedi sur «un très prochain deal» jugé trop souple par plusieurs sénateurs républicains, le président Donald Trump, a tempéré ses propos. Lundi, il a lancé sur son réseau, Truth Social: «L’accord sera excellent et significatif, sinon il n’y aura pas d’accord.» Donald Trump a insisté sur le fait qu’un éventuel document signé «ne ressemblera pas à l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien», conclu en 2015 sous le mandat de Barack Obama. Il a de nouveau brandi la menace de frappes en cas d’échec des médiations, alors que des informations de presse faisaient état d’une activité paramilitaire américaine dans le périmètre du détroit d’Ormuz. Donald Trump a par ailleurs interpellé les pays arabes engagés dans les médiations, en assurant qu’en cas de deal, ils doivent adhérer aux accords d’Abraham. Liban et ras-le-bol israélien Reste le Liban que Téhéran veut inclure dans un accord avec les États-Unis. Pour Israël, une telle option est hors de question, ce que Donald Trump semble admettre d’autant que le problème du Hezbollah devrait être réglé dans le cadre des pourparlers directs entre Beyrouth et Tel Aviv. Une réunion, dans le cadre d’un «processus sécuritaire», est prévue le 29 mai au Pentagone. Selon divers médias israéliens, Tel Aviv semble enclin à élargir le champ de ses attaques au Liban, pour en finir avec la menace des drones du Hezb. Le site Axios a, pour sa part, indiqué que l’administration Trump soutiendrait une opération militaire d’envergure contre le parti chiite. En fin de soirée, lundi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a indiqué qu’il avait donné l’ordre à l’armée d’«écraser» le Hezbollah. Lundi, l’armée israélienne a intensifié ses frappes au Liban-Sud, visant notamment plusieurs quartiers de la ville de Tyr, fief du président de la Chambre et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, le camp palestinien adjacent de Rachidiyé, et la région de Nabatiyeh . Dans le même temps, le Hezbollah multipliait ses attaques aux drones explosifs contre des militaires israéliens en poste au Liban-Sud. Un soldat a été tué et plusieurs autres ont été blessés, selon l’armée israélienne dont le chef d’état-major, Eyal Zamir, a plaidé pour une riposte musclée. Pour lui, Tel Aviv devrait mener des frappes directes contre des bâtiments dans la banlieue sud en représailles. Une idée reprise par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, alors que son collègue de la sécurité nationale Itamar Ben Gvir, appelait à «revenir à une guerre intensive», et à «prendre le contrôle» du secteur s’étendant jusqu’au fleuve de Zahrani, situé au nord du Litani. Dans les faits, tard dans la soirée de lundi, toutes les informations en provenance de Tel-Aviv faisaient état d’une escalade imminente et fulgurante contre le Hezbollah, avec l’appui explicite de Washington.

Trump cèdera-t-il face aux conditions iraniennes?
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LevantTime .
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mai 23, 2026 - 22:50

Le président américain Donald Trump déclarait il y a quelques jours que le régime iranien «nous mène en bateau (les Etats-Unis et le monde occidental) depuis 47 ans». L’on pourrait ajouter, sans grand risque de nous tromper, que dans le contexte actuel, c’est essentiellement l’opinion publique dans plusieurs pays du Levant qui est menée en bateau, notamment à la lumière de la pléthore d’informations, samedi, faisant état de l’imminence d’un «mémorandum d’entente» entre Washington et Téhéran, dont il ressort, à en croire du moins les indiscrétions filtrées aux médias, que le président Trump semble (apparemment) avoir cédé, pour l’essentiel, aux principales conditions iraniennes. En ce samedi 23 mai, certains médias et chaînes satellitaires n’ont cessé de déverser au public, à un rythme effréné, des informations et indiscrétions qui sont contredites un court laps de temps plus tard. L’exemple le plus frappant aura été les indications fournies par le ministère iranien des Affaires étrangères dont le porte-parole indiquait en milieu d’après-midi que «la fin de la guerre est une opération qui prendra du temps» et qu’une «issue rapide est peu probable». Reflétant une position radicale quant aux problèmes de fond, le porte-parole a pris soin d’affirmer que la question du détroit d’Ormuz «ne concerne pas les Etats-Unis» (sic!) et que le dossier nucléaire ne sera pas abordé en cas d’accord préliminaire sur une cessation des hostilités. Ce même porte-parole, ne craignant pas de se contredire, faisait état, une demi-heure plus tard, d’une «tendance au rapprochement» avec Washington, précisant qu’un protocole d’accord est «en phase de finalisation». Et pour mener davantage en bateau les médias et l’opinion publique, ce même ministère iranien des Affaires étrangères relevait aussi, de manière concomitante, que «nous sommes très loin, mais nous sommes en même temps très proche (!), d’un accord avec les Etats-Unis». La position US Côté américain, le Secrétaire d’Etat Marco Rubio évoquait «une chance» que le pouvoir iranien «accepte un accord» avec Washington. Une déclaration quelque peu surprenante dans la mesure où c’est plutôt l’Administration US qui devrait «accepter» de faire la concession de conclure un accord avec l’Iran et non le contraire. L’attitude des hauts responsables US ces derniers jours laissent insinuer que les Etats-Unis paraissent «implorer» le régime des mollahs d’«accepter un accord», donnant ainsi la perception, trompeuse, que c’est l’Iran qui est vainqueur et qui impose ses conditions et les concessions que devraient faire les USA. En tout état de cause, le président Trump estimait à 50-50 les chances d’un accord ou d’une reprise des opérations militaires, affirmant qu’il ne signerait un accord, qu’il estimait proche, que dans le seul cas où il obtiendrait satisfaction au niveau de toutes les demandes présentées aux Iraniens et si le texte «tiendrait compte des intérêts d’Israël». Sa déclaration sur ce plan était toutefois contredite dans une certaine mesure par les indiscrétions filtrées aux médias, portant sur les grandes lignes du mémorandum en gestation qui, si elles se confirment réellement dans les faits, signifieraient qu’elles satisfont plutôt les positions iraniennes, dans leurs grandes lignes, marquant ainsi un net recul américain à plusieurs égards. L’accord en question prévoit en effet, à en croire les informations filtrées aux médias, de mettre fin définitivement aux hostilités sans que le dossier nucléaire ne soit abordé, sans que l’uranium enrichi soit transporté hors de l’Iran et sans aucun engagement des Pasdaran concernant le sort des proxys iraniens et la fin de l’entreprise de déstabilisation des pays de la région, sans compter que la question vitale des prisonniers politiques – qui se comptent par milliers – et des exécutions en masse, par pendaison, d’adolescents et de jeunes iraniens semble être totalement occultée. Ces dispositions, si elles se confirment, constitueraient dans une large mesure, un alignement quasi-total sur la position iranienne et un sérieux revers pour l’Administration US. Les concertations de Trump Dans ses différentes interventions publiques, samedi en fin de journée, le chef de la Maison Blanche a indiqué qu’il prendra dimanche, 24 mai, sa décision portant sur le choix entre la conclusion de l’accord ou la relance des opérations militaires, après s’être concerté avec ses plus proches collaborateurs ainsi qu’avec les dirigeants des pays du Golfe, de la Turquie et de l’Egypte. En fin de soirée, il devait avoir, en outre, un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Alors que les tractations s’intensifiaient en vue de finaliser le texte du projet d’accord, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, devait entrer en contact par téléphone avec le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, afin de réaffirmer le «ferme soutien» de la République islamique au parti pro-iranien, soulignant dans ce cadre que l’Iran a insisté pour que l’arrêt des combats au Liban soit l’une des clauses de l’accord négocié avec les Etats-Unis. Cette position iranienne, qui est venue s’ajouter à la dynamique des dernières tractations diplomatiques régionales, a poussé M. Netanyahu à convoquer les chefs de file de sa coalition gouvernementale à une réunion urgente qui devait se tenir tard dans la soirée de samedi. C’est dans ce climat fiévreux que les sources officielles US indiquaient dans la nuit que le chef de la Maison Blanche devrait annoncer dimanche sa décision concernant le projet d’accord avec le régime des mollahs.

Forcing diplomatique: les missions se multiplient en Iran
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LevantTime .
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mai 22, 2026 - 22:01

Vendredi, l’Iran n’avait toujours pas répondu aux conditions américaines pour une reprise des négociations avec Washington qui affiche un optimisme prudent quant à un possible déblocage. Les marchés boursiers mondiaux évoluaient d’ailleurs dans le vert, au cours de la journée, portés par l'espoir entretenu par le forcing diplomatique mené pour parvenir à une déclaration d’intention qui servirait de base pour une reprise des pourparlers irano-américains. Le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, est attendu à Téhéran pour des entretiens avec de hauts responsables, selon l’agence officielle iranienne, IRNA. Reuters a fait état de la présence d’une délégation qatarie en Iran, dans le cadre d’une mission menée en coordination avec Washington, alors que le site Axios indique que l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie sont également impliqués dans les efforts diplomatiques en cours. Mais pour l’heure, Téhéran, qui espère avoir les États-Unis à l’usure afin de leur arracher le maximum de concessions, continue de défier Donald Trump. Les Gardiens de la révolution ont ainsi annoncé dans la matinée le nombre de cargos et pétroliers qui ont traversé le détroit d’Ormuz sur base des nouvelles règles de péage imposées par la République islamique. Celles-ci sont «contraires au droit international», a rappelé l’Union européenne. Bruxelles a d’ailleurs décidé, vendredi, d’étendre les sanctions imposées à l’Iran, aux «personnes et entités impliquées dans les actions qui menacent la liberté de navigation au Moyen-Orient». Parmi les pays lésés et importunés par les mesures iraniennes sur Ormuz, les Émirats arabes unis, qui ont appelé l'Iran, par la voix du haut conseiller du président émirati, Anwar Gargash, à «ne pas surestimer ses cartes» dans les négociations à venir avec Washington. Pour lui, les chances d'un accord Iran-États-Unis permettant de débloquer ce détroit sont à «50-50». Par ailleurs, M. Gargash a mis en garde contre un cessez-le-feu «sans issue, qui sèmerait les germes d'un nouveau conflit à l'avenir». «Le programme nucléaire iranien, qui était notre deuxième ou troisième préoccupation, est désormais notre première préoccupation, a-t-il souligné. Nous nous sommes rendus compte que l'Iran est capable d'utiliser n'importe quelle arme dont il dispose». Le choc des sanctions américaines Au Liban, par ailleurs, on reste sous le choc des sanctions imposées par Washington à un groupe de députés et, pour la première fois, à des responsables de sécurité jugés proches du Hezbollah et du mouvement Amal du président de la Chambre, Nabih Berry. Il s’agit, en l’occurrence, du chef du département de la sécurité nationale à la Sûreté générale, le général Khattar Nassereddine, et du chef du bureau des Renseignements de l’armée dans la banlieue sud de Beyrouth, le colonel Samir Hamadé. Les deux sont accusés par le Trésor américain d’avoir «partagé des renseignements importants avec le Hezbollah au cours du conflit en cours». Les autres personnes visées sont les députés hezbollahis Hassan Fadlallah, Ibrahim Moussaoui, Hussein Hajj Hassan, ainsi que l’ancien ministre Mohammad Fneich, membre du conseil exécutif de la formation pro-iranienne et ancien député, l’ambassadeur accrédité par Téhéran à Beyrouth, Mohammad Reza Chibani, ainsi que Ahmad Assaad Baalbacki et Ali Ahmad Safaoui, tous deux des responsables de sécurité d’Amal. L'armée libanaise a rejeté indirectement les accusations portées par Washington contre son officier, accusé d’aider le Hezb, en soulignant dans un communiqué que la loyauté de ses soldats va «uniquement à l'institution». Tous les officiers et soldats «accomplissent leurs missions nationales (...) conformément aux décisions du commandement de l'armée», selon un communiqué de la Troupe qui a dit ne pas avoir été informée des sanctions «par les canaux de communication habituels» avec Washington. L’Iran a dénoncé les sanctions contre son ambassadeur, les qualifiant d'«illégales». Sur le terrain, au Liban, une frappe israélienne a fait six tués, dont deux secouristes et une fillette, dans le village de Deir Qanoune al-Nahr, dans la région de Tyr. Dans la nuit de jeudi à vendredi, quatre secouristes affiliés au Hezbollah ont été tués dans un raid sur Hanaouay, près de Tyr. L’Otan et Trump Par ailleurs, réunis en Suède, les ministres des Affaires étrangères des pays européens de l'Otan espéraient obtenir vendredi des éclaircissements de la part des États-Unis sur leur présence militaire en Europe, surtout après l’annonce faite par Donald Trump de déployer 5000 soldats américains en Pologne, alors qu’il envisageait d’atténuer la présence militaire américaine sur le Vieux continent. Au cours de cette réunion, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a dit à ses alliés de l'Otan que les décisions américaines sur les déploiements de troupes en Europe annoncées ces dernières semaines par Donald Trump n'avaient rien de «punitives». «C’est simplement un processus continu qui existait auparavant», a-t-il affirmé, ajoutant qu'il faudra «répondre» aux «inquiétudes» de M. Trump sur le Moyen-Orient. A Washington, la cheffe du renseignement américain Tulsi Gabbard a annoncé sa démission. Celle qui a semblé être en désaccord avec le président Donald Trump à propos de la guerre en Iran, dirige la Direction nationale du Renseignement (DNI), l'organisme qui chapeaute toutes les agences du renseignement, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Tulsi Gabbard était donnée partante par les médias américains, semblant être en porte-à-faux avec Donald Trump. Elle avait notamment refusé lors d'une audition parlementaire en mars de confirmer les propos du républicain selon lesquels l'Iran représentait une "menace imminente" avant les frappes américano-israéliennes qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient. Elle est la quatrième femme à quitter le gouvernement Trump en trois mois, après la ministre de la Justice Pam Bondi, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem et la ministre du Travail Lori Chavez-DeRemer. Le 3 avril dernier, en pleine guerre en Iran, le Pentagone a annoncé le départ du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, un limogeage qui allonge la liste des hauts gradés évincé par l’administration Trump.

Ormuz, uranium enrichi… l’Iran durcit sa position
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LevantTime .
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mai 22, 2026 - 00:19

Le ballet diplomatique visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran se poursuit avec la visite à Téhéran d’un nouveau haut responsable pakistanais, médiateur des discussions. Entre les déclarations du secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a affirmé que des « progrès avaient été réalisés », et celles du ministère iranien des Affaires étrangères, selon lesquelles « les négociations portent, à ce stade, sur la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban», un certain optimisme semblait émerger après une série de messages explosifs échangés de part et d’autre. Mais une information publiée jeudi par l’agence Reuters concernant le nucléaire iranien, ainsi qu’un durcissement de la position des Pasdaran au sujet du détroit d’Ormuz, sont venus balayer cette accalmie diplomatique. Selon Reuters, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a donné pour directive que l’uranium iranien enrichi à un niveau proche de celui nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire ne soit pas transféré à l’étranger. « La directive du Guide suprême, ainsi que le consensus au sein de l’establishment, est que le stock d’uranium enrichi ne doit pas quitter le pays », a indiqué l’une des deux sources iraniennes citée par Reuters, et qui s’exprimait sous couvert d’anonymat. Selon ces sources évoquées, les plus hauts responsables iraniens estiment qu’un transfert de cette matière à l’étranger rendrait le pays plus vulnérable à de futures attaques américaines ou israéliennes. Les deux responsables iraniens ont également affirmé qu’une profonde méfiance règne à Téhéran quant à la trêve actuelle, perçue comme une possible manœuvre tactique de Washington destinée à créer un faux sentiment de sécurité avant une reprise des frappes aériennes. Selon les sources, les deux parties ont commencé à réduire certaines divergences, mais des désaccords majeurs persistent concernant le programme nucléaire iranien — notamment le sort des stocks d’uranium enrichi et la demande de Téhéran de voir reconnu son droit à l’enrichissement. L’une des sources a toutefois affirmé qu’il existait des « formules réalisables » pour résoudre ce différend. « Il existe des solutions, comme la dilution du stock sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a indiqué l’un des responsables iraniens, cité par l’agence londonienne. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estime que l’Iran possédait 440,9 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % lorsque Israël et les États-Unis ont frappé des installations nucléaires iraniennes en juin 2025. La quantité de matière ayant survécu à ces frappes reste inconnue. Cette décision durcit la position de Téhéran sur l’une des principales exigences américaines dans le cadre des pourparlers de paix. L’ordre de l’ayatollah Khamenei pourrait accentuer les tensions avec le président américain Donald Trump et compliquer davantage les discussions visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Donald Trump a affirmé jeudi que les États-Unis ne permettraient pas à l’Iran de conserver son stock d’uranium hautement enrichi. « Nous allons le récupérer. Nous n’en avons pas besoin, nous n’en voulons pas. Nous le détruirons probablement une fois en notre possession, mais nous ne les laisserons pas le garder », a déclaré Trump à des journalistes à la Maison Blanche. Ormuz: l’Iran élargit ses revendications Concernant un deuxième point sensible des négociations avec les Etats-Unis, le nouvel organisme iranien de gestion du détroit d'Ormuz a revendiqué jeudi une zone de contrôle allant jusqu'aux eaux situées au sud du port émirati de Fujaïrah, s'attirant les foudres de son voisin du Golfe. Téhéran contrôle la navigation dans cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Si un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, les autorités exigent que les bateaux transitant par le détroit obtiennent des autorisations des forces armées iraniennes. La toute nouvelle "Autorité du détroit du Golfe Persique", qui dispose désormais d'un compte officiel sur X, a publié mercredi un message accompagné d'une carte, disant avoir délimité "la zone de compétence réglementaire pour la gestion" du détroit. Elle écrit que cette zone s'étend "de Kuh-e Mubarak en Iran jusqu'au sud de Fujaïrah aux Emirats arabes unis" concernant l'entrée est du détroit, et du côté ouest "de l'île de Qeshm à Umm Al-Quwain”, un des sept émirats constituant les UAE. "Le transit dans cette zone dans le but de traverser le détroit d'Ormuz nécessite une coordination avec l'Autorité du détroit du golfe Persique et son autorisation", est-il spécifié. De quoi irriter Abou Dhabi, alors que le port de Fujaïrah se trouve au coeur de sa stratégie pour contourner le blocage du détroit. "Le régime (iranien) tente d'imposer une nouvelle réalité (...), mais les tentatives de contrôle du détroit d'Ormuz ou d'atteinte à la souveraineté maritime des Emirats ne sont qu'une chimère", a réagi sur X le conseiller du président émirati, Anwar Gargash. Sanctions US contre Amal et le Hezbollah Sur un autre plan, Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe. L'un d'entre eux est le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement. Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth. Les mesures prises par le département du Trésor visent également Ahmad Baalbeki et Ali Safawi, deux responsables du mouvement Amal, présidé par le chef du Parlement Nabih Berri. Dans son communiqué le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, a déclaré que "le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix". Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles. Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars. Sur le terrain, un hôpital au Liban-Sud a été endommagé jeudi par une frappe israélienne, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien. "Deux frappes israéliennes ont visé la localité de Tebnine, près de l'hôpital gouvernemental", dans la région de Bint Jbeil, a rapporté de son côté l'Agence nationale d'information. Le ministère a par ailleurs précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes". Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Conflit iranien: tractations de la «dernière chance»
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LevantTime .
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mai 21, 2026 - 01:11

Le Liban-Sud était au rendez-vous avec une nouvelle escalade, dans la nuit de mardi, puis de nouveau mercredi, alors qu’au niveau régional, le Pakistan s’active toujours discrètement pour tenter de désamorcer un conflit qui menace de dégénérer à tout moment, au vu des échanges de menaces entre Washington et Téhéran. L'armée israélienne a mené au cours des dernières vingt-quatre heures, une série de frappes meurtrières, aériennes et d'artillerie, contre un grand nombre de positions et d’infrastructures du Hezbollah dans des villages et sites au sud du Liban. Selon le dernier bilan communiqué par le ministère libanais de la Santé, ces attaques ont coûté la vie à au moins 20 personnes au cours des dernières 24 heures, dont 13 rien que dans le village de Deir Qanoun el-Nahr. Ce chiffre risque cependant de grimper alors que les recherches se poursuivaient mercredi dans les décombres des habitations visées. La situation s'est aggravée mercredi matin avec des raids presque ininterrompus sur des positions du parti pro-iranien dans les localités de Bint Jbeil et de Nabatiyeh, pendant que le Hezbollah faisait état, dans une série de communiqués, de violents affrontements au sol avec les forces dans la zone frontalière. L’armée israélienne a pour sa part annoncé dans un communiqué, qu’un de ses officiers a été grièvement blessé dans une attaque au drone du Hezbollah. Un soldat a été aussi légèrement atteint, selon le texte. Cette montée de la violence au Liban-Sud a douché les espoirs d’un apaisement espéré par Beyrouth après la prolongation de 45 jours du cessez-le-feu, laquelle avait été négociée à Washington. Vers un dénouement au Golfe? Elle intervient au moment même où le Pakistan, médiateur clé entre Washington et Téhéran, tente de nouveau de dégager un compromis minimal pour permettre la reprise des négociations entre les deux capitales. Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, s'est rendu dans ce cadre pour la deuxième fois en moins d’une semaine à Téhéran. Ce voyage intervient sur fond de tension croissante entre Téhéran et Washington. Le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, par ailleurs négociateur en chef iranien aux discussions d’Islamabad, a ainsi prévenu que son pays a préparé une «réponse musclée» à toute nouvelle attaque américaine ou israélienne. Les Pasdaran ont également averti que la guerre au Moyen-Orient s’étendrait «au-delà de la région» en cas d’attaques. Répondant aux questions de la presse à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’une reprise des frappes est toujours envisagée en cas d’échec des efforts diplomatiques, par ailleurs salués par l’Arabie saoudite. «Nous sommes dans la phase finale des pourparlers avec l’Iran. On verra bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous frapperons dur. Nous espérons que cela ne se produira pas», a-t-il affirmé, tout en se disant être hostile à toute précipitation. «Je ne suis pas pressé, a-t-il déclaré. Tout le monde parle des élections de mi-mandat, mais je ne suis pas pressé. Idéalement, j’aimerai voir un nombre restreint de personnes tuées plutôt que plusieurs», a-t-il lancé. Flottille pour Gaza: une vidéo suscite les indignations Le président Trump a également affirmé être sur la même longueur d’ondes avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui fait face actuellement à une nouvelle crise, provoquée par l’interpellation musclée des militants de la «flottille pour Gaza». Le comportement de son ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui a diffusé une vidéo de lui avec les militants agenouillés et ligotés après leur placement en détention, a suscité des réactions indignées en Europe et dans le monde, en dépit des critiques de Netanyahu et du ministre des AE Gideon Sa’ar. Les réactions étrangères n'ont pas tardé. Le traitement réservé aux détenus a été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses", "monstrueux, indigne et inhumain" par Madrid, "odieux" par Ottawa. Dublin s'est dit "consterné et choqué". La France a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur israélien pour les "agissements inadmissibles" du ministre Ben Gvir, coutumier des outrances, tout comme la Belgique qui a jugé les images "profondément troublantes". L'Allemagne, qualifiant l'épisode de "totalement inacceptable". La Turquie a dénoncé la "mentalité barbare" du gouvernement israélien. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré sur X que ces images "bafouent les normes les plus élémentaires de respect et de dignité quant à la manière dont les personnes doivent être traitées". L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee a critiqué des "actes méprisables". Poutine à Pékin Loin du conflit régional, l’attention était portée, en ce mercredi, sur les discussions à Pékin entre les présidents chinois et russe Xi Jinping et Vladimir Poutine, dont la visite intervient moins d’une semaine après celle du président Trump. Les deux pays ont souligné la nécessité de revenir au dialogue et aux négociations dès que possible au Moyen-Orient, selon le texte d'une déclaration commune publiée par le Kremlin, pendant que Téhéran annonçait avoir autorisé une cinquantaine de pétroliers battant pavillon de «pays qui coordonnent avec nous» à traverser le détroit d’Ormuz.

Trump change d’avis, l’Iran veut changer de tactique
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LevantTime .
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mai 19, 2026 - 23:38

Après avoir déclaré qu’il avait annulé au dernier moment, lundi, une nouvelle attaque contre l'Iran, qui aurait dû avoir lieu le lendemain, le président américain Donald Trump a de nouveau menacé mardi de frapper l'Iran si un accord n'était pas trouvé. L'armée iranienne a, de son côté, répondu en menaçant Washington d'ouvrir "de nouveaux fronts" en cas de reprise de leurs attaques. Depuis la Maison Blanche, où il présentait aux journalistes le chantier de l’aile Est du siège de la présidence, Trump a répété qu'il espérait ne pas devoir faire la guerre. "Mais nous pourrions devoir leur donner encore un gros coup. Je ne suis pas sûr pour l'instant", a-t-il dit. A l'un d'eux qui lui demandait combien de temps il était prêt à attendre pour que l'Iran vienne à la table des négociations, il est resté évasif: "deux ou trois jours, peut-être vendredi, samedi, dimanche, quelque chose comme ça, peut-être au début de la semaine prochaine". Donald Trump a fait visiter mardi le chantier de la future salle de bal de la Maison Blanche aux journalistes, en balayant les questions sur le financement de l'édifice ainsi que sur le coût de la vie. (AFP) Depuis Téhéran, alors que la suspension des frappes avait déjà été annoncée, l’armée iranienne a poursuivi ses menaces, en déclarant qu’elle « ouvrirait de nouveaux fronts » si les frappes reprenaient. Un article du New York Times indique, en effet, que les responsables iraniens pourraient envisager de nouvelles tactiques si les combats reprennent, comme celui de chercher à contrôler le détroit de Bab el-Mandeb qui contrôle l’entrée Sud de la mer Rouge. Ce passage maritime, parmi les plus stratégiques de la planète, est bordé à l’Est par le Yémen, où les milices houthis, alliées à l’Iran, avaient à maintes reprises provoqué le blocage du détroit en représailles à des frappes américaines. Le NYT ajoute que l’Iran a pu se préparer pour lancer un grand nombre de missiles par jour, soulignant que les premières frappes (avant le cessez-le-feu) n’avaient pas pu éradiquer les lance-missiles, qui se trouvent sous terre. Cela expliquerait les craintes des pays du Golfe d’une reprise des hostilités. «Nous combattrons les agents israéliens comme les Israéliens» Au Liban, alors que le très polémique projet de loi sur l’amnistie générale était discuté au Parlement, le député Hassan Fadlallah, porte-voix privilégié du Hezbollah dernièrement, s’est distingué par une déclaration d’une rare virulence contre les dirigeants libanais, assortie d’une menace inédite. « Nous combattrons les agents israéliens exactement comme nous combattons les Israéliens eux-mêmes », a-t-il lancé, sans pour autant expliciter ce qu’il entend par « agents ». Il a indiqué que son parti « n’accepterait aucun nouveau Antoine Lahd imposé par les Américains et les sionistes, sous quelque masque que ce soit », en référence au fondateur de la milice pro-israélienne des années 80. Le député du Hezbollah tire de toute évidence à boulets rouges sur la coopération militaire libano-israélo-américaine devant commencer le 29 mai à Washington, dans le cadre des négociations, et dont l’un des objectifs serait le désarmement du Hezbollah. Il prend aussi à partie les efforts du Liban officiel dans les négociations directes avec Israël dont le dernier round en date a eu lieu la semaine dernière à Washington, estimant que celles-ci sont « synonymes de reddition » et qu’elles « n’ont même pas pu déboucher sur un cessez-le-feu ». Sur le terrain au sud du Liban, la situation s’envenime. Malgré la prorogation du cessez-le-feu de 45 jours depuis vendredi dernier. Pour la première fois, les avis d’évacuation ont atteint la ville de Nabatiyé une dizaines d’autres villages. Et le nombre de tués depuis le 2 mars a dépassé les 3000, et le nombre de blessés les 9300. Les forces israéliennes, elles, ont kidnappé trois Libanais dans la région de Hasbaya. Selon l’Agence nationale d’information, elles ont dressé un barrage, arrêtant ces trois personnes et confisquant les téléphones de plusieurs autres présentes sur les lieux. Entre-temps, la Syrie a été le théâtre d’une attaque terroriste mardi, qui a fait un mort, un soldat, et 12 blessés, à Damas. Les autorités syriennes se plaignent régulièrement de tentatives de déstabilisation du pays, mais les auteurs de cet attentat restent inconnus.

L’Iran persiste et signe… son arrêt de mort?
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LevantTime .
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mai 18, 2026 - 21:09

L'Iran a répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient, a indiqué lundi son ministère des Affaires étrangères, ajoutant que les échanges se poursuivaient avec Washington "via le médiateur pakistanais". L'Iran a réitéré lundi ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie. Le porte-parole a également insisté sur le versement de réparations pour la guerre, jugée "illégale et sans fondement". Dimanche, des médias iraniens avaient dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre. Selon l'agence Fars, ils exigent que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis. Un pari risqué Dans ce cadre, l'Iran a formalisé lundi la création d'un nouvel organisme, l'Autorité du détroit du Golfe Persique, pour la gestion de ce passage. Les prérogatives exactes de cette nouvelle structure n'ont pas été dévoilées dans l'immédiat. Mais selon le journal spécialisé Lloyd's List, elle est "chargée d'approuver les transits de navires et de percevoir des droits de passage dans le détroit d'Ormuz". En effet, la République islamique pense que le contrôle de ce goulet d’étranglement serait une arme magique pour faire plier les Etats-Unis. Les Gardiens de la Révolution ont même menacé lundi de faire payer l'utilisation des câbles sous-marins de fibre optique traversant le détroit d'Ormuz, relevant que toute perturbation sur ces équipements ferait perdre jusqu'à des "centaines de millions de dollars par jour" à l'économie mondiale. Dans un message sur Telegram, l'armée idéologique de la République islamique a estimé qu'au nom de la "souveraineté absolue" de l'Iran sur ses eaux territoriales, le pays "pourrait déclarer que tous les câbles en fibre optique traversant la voie maritime sont soumis à des permis, une surveillance et des péages"… Sans aucun doute, cette position radicale émane de l’aile dure du régime, à savoir, les Gardiens de la révolution. Mais cette posture risquée pourrait provoquer la reprise de la confrontation militaire. Pour les Pasdarans et les durs du régime, ce n’est ni plus ni moins une guerre existentielle qu’ils cherchent à perdurer. Alors que l’Iran a perdu de nombreux dirigeants, que ses infrastructures ont été gravement endommagées par les bombardements et que son économie est exsangue, la classe dirigeante refuse de capituler… et réclame même des concessions. Téhéran estime en effet que Donald Trump perdra patience face à la hausse des prix à la pompe, avant les élections de mi-mandat en novembre. La quasi-paralysie du droit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures, date depuis le début de la guerre le 28 février, à laquelle Washington a répliqué en imposant un blocus aux ports iraniens. Le blocage de cette voie de passage a fait flamber les cours du pétrole. Mais ce que les dirigeants iraniens oublient, c’est que la conjoncture n'est pas idéale, puisque le peuple est très hostile à ce bras-de-fer, surtout après les vastes manifestations de janvier, réprimées dans le sang (près de 40 000 morts en deux jours, les 8 et 9 janvier), et à cause de l'impact de la guerre sur l'économie et les infrastructures. Un triste record C’est sur ce point que l’Iran a été épinglé dans le rapport annuel d'Amnesty International publié lundi et qui affirme que le nombre d'exécutions recensées dans le monde a grimpé en 2025 et atteint son plus haut niveau depuis 1981, un bond principalement dû à l'Iran où elles ont plus que doublé l'an passé. A elle seule, la République islamique représente 80% des exécutions recensées en 2025 par Amnesty. Quelque 2159 personnes y ont été exécutées par pendaison l’an dernier, contre 972 en 2024. "Les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme outil de répression et de contrôle politiques, alimentant une hausse sans précédent du nombre d'exécutions", note l'ONG dans son rapport. Le recours aux exécutions a été particulièrement marqué après la guerre des 12 Jours qui a opposé l'Iran à Israël et aux Etats-Unis en juin: 654 exécutions avaient été comptabilisées avant ce conflit, contre 1505 entre juillet et décembre. Les condamnations à mort et exécutions en Iran à la suite du mouvement de protestation dans le pays en janvier et le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février ne sont pas comptabilisés dans le rapport d'Amnesty. Mais selon des ONG établies dans certains pays européens, non moins de 600 adolescents et jeunes iraniens, dont de nombreux étudiants universitaires, ont été pendus depuis janvier dernier. Sur le terrain… Une frappe de drone a provoqué un incendie dimanche près de la centrale nucléaire de Barakah, dans l'ouest des Emirats arabes unis, sans faire de blessés ni provoquer de hausse de la radioactivité, les autorités dénonçant une "attaque terroriste". Les systèmes de défense antiaérienne ont détecté "trois drones qui étaient entrés par la frontière occidentale", dont deux ont été interceptés avec succès, tandis que l'autre "a frappé un générateur électrique" près du site, selon le ministère émirati de la Défense. Le ministère a dénoncé une attaque "terroriste", semblant suggérer une implication de l'Iran. L'attaque, "qu'elle ait été menée par l'auteur principal ou par un de ses agents, représente une escalade dangereuse", a-t-il estimé sur X. Abou Dhabi a accusé à plusieurs reprises l'Iran d'avoir mené des frappes depuis le cessez-le-feu du 8 avril, qui a mis fin aux hostilités opposant la République islamique à Israël et aux Etats-Unis. Par ailleurs, l’Arabie saoudite a indiqué lundi avoir intercepté trois drones au-dessus de son territoire, précisant qu’ils auraient été tirés à partir du territoire irakien. Notons dans ce cadre que le Qatar et le secrétaire général de l’Onu ont vivement stigmatisé le tir de drone contre le secteur de la centrale nucléaire de Barakah. Au Liban… Sur le front libanais, en dépit de l’entrée en vigueur (théorique) dimanche, à minuit, de la prolongation de la trêve entre Israël et le Hezbollah, pour une période de 45 jours, Israël a poursuivi lundi ses frappes contre des positions et des infrastructures du parti pro-iranien dans plusieurs localités du Liban-Sud et de la Békaa. Tsahal a appelé dans la journée à l'évacuation de trois localités dans les régions de Tyr et de Nabatiyé en prévision des bombardements. Dimanche, une frappe israélienne près de Baalbeck, dans la localité de Douriss, a provoqué la mort du responsable du Jihad islamique dans la Békaa.

À défaut de péage, un «racket» iranien pour le détroit d’Ormuz ?
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LevantTime .
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mai 16, 2026 - 22:46

Début de week-end (relativement) calme aussi bien sur le plan libanais que régional, à l’exception de la persistance des opérations militaires au Liban-Sud et dans certains secteurs de la Békaa. C’est ce dimanche, 17 mai, que devrait entrer en vigueur, formellement, la prolongation de la cessation des hostilités, pour une période de 45 jours, décidée vendredi au cours du troisième round des négociations directes libano-israéliennes qui s’est tenu, jeudi et vendredi, à Washington, sous l’égide du Département d’État. Même si Israël donne son aval, officiellement, à ce nouveau cessez-le-feu (il pourrait difficilement ne pas le faire), rien n’indique que les bombardements aériens des infrastructures du Hezbollah ou que la liquidation, par des attaques aériennes ciblées, de cadres du parti pro-iranien seront suspendus pour autant. Dans l’attente de l’heure « H » du début de la trêve, la journée de samedi a été marquée par une intensification des raids de l’aviation israélienne et des bombardements à l’artillerie lourde contre les positions de la formation chiite dans plusieurs villages des cazas de Tyr, Saïda et Nabatieh, provoquant un déplacement de la population vers la ville de Saïda. Dans le même temps, un drone israélien survolait la capitale et la banlieue-sud à très basse altitude. Au niveau régional, les milieux politiques attendent toujours la décision que le président Donald Trump devrait prendre sous peu au sujet du conflit avec l’Iran, à la lumière de la position définitive du régime iranien concernant les propositions américaines de paix. Samedi, le ministre pakistanais de l’Intérieur s’est rendu à Téhéran afin de discuter avec les dirigeants iraniens de la possibilité d’une relance de la médiation du Pakistan avec les États-Unis avant que la situation se dégrade au niveau des opérations militaires. Manœuvre iranienne Au stade actuel, des sources iraniennes ont fait état, samedi, de discussions entamées par « des pays européens » avec la République islamique afin de trouver une issue au problème explosif du détroit d’Ormuz. Si cette initiative de certains pays européens se confirme, elle ne manquera pas d’avoir pour conséquence une réhabilitation du régime des mollahs et un renforcement de sa position face à l’Administration Trump. Sur le plan pratique, le pouvoir iranien s’obstine à vouloir profiter de la crise actuelle pour tenter d’imposer sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz dans le but d’engendrer des rentrées substantielles qui lui permettraient de compenser une partie des pertes subies au cours du conflit armée avec les États-Unis et Israël. À en croire certaines sources d’information, Téhéran chercherait à contourner le refus international unanime de toute politique de péage directe que les Gardiens de la révolution cherchaient à imposer aux pays empruntant le détroit. Pour la République islamique, la solution de substitution, qui serait examinée par le ministère de l’Économie, constituerait à percevoir, non pas un péage, mais une sorte de contribution financière en échange de « services » fournis aux bateaux circulant sur cette voie maritime. Parmi ces « services » une « assurance » couvrant des risques bien spécifiques. Une telle « taxe » détournée permettrait d’engendrer des recettes particulièrement élevées, supérieures à celles que pourraient assurer un péage classique. Le régime des mollahs ne se contenterait pas de ce genre de « racket » étatique, il aurait l’intention de pousser la manœuvre jusqu’à prendre la décision unilatérale d’étendre largement la zone maritime du détroit qu’il tente de soumettre à sa souveraineté! Reste à savoir si les États-Unis, et surtout les pays européens, accepteront de baisser les bras face au chantage iranien…

Négociations de Washington: la politique des petits pas
Par
Michel Touma
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mai 15, 2026 - 20:36

Il ne fallait évidemment pas s’attendre à des résultats ou des décisions spectaculaires au terme du troisième round de négociations directes libano-israéliennes qui s’est tenu jeudi et vendredi au Département d’Etat, à Washington. Il faut toutefois reconnaître que la simple tenue de ces discussions bilatérales en face-à-face à Washington, sous l’égide de l’Administration US, est une importante avancée en soi. A ce paramètre symbolique politiquement est venu s’ajouter certains indices apparus vendredi soir, à l’issue des réunions marathon tenues par les délégations libanaise et israélienne. Le Département d’Etat a ainsi souligné que les échanges se sont déroulés dans une «atmosphère positive qui a même dépassé nos attentes». Abondant dans le même sens, l’ambassade du Liban dans la capitale fédérale a indiqué qu’elle accueillait «favorablement le résultat des discussions» avec Israël, précisant que ces négociations s’inscrivent dans le cadre d’un «processus politique» qui devrait aboutir à une issue favorable au conflit actuel dans le sens du rétablissement de la souveraineté de l’Etat libanais « par ses forces propres ». Quant à l’ambassadeur d’Israël à Washington, il a déclaré que les chances du succès des négociations avec le Liban sont «grandes». Concrètement, la réunion marathon de vendredi a débouché sur des mesures pratiques: la prolongation de la cessation des hostilités pour une période de 45 jours; la convocation des officiers et experts militaires des deux pays à une réunion le 29 mai au Pentagone afin de lancer «un processus sécuritaire entre le Liban et Israël»; la convocation des deux délégations à un nouveau round de négociations, fixé aux 2 et 3 juin prochains, au Département d’Etat. A défaut, donc, de décisions spectaculaires et rapides, le médiateur américain opte pour la démarche, réaliste, de la politique des petits pas (chère à Kissinger) qui vise à établir progressivement un climat de confiance et de coopération fructueuse entre les deux pays. Modification de l’appellation du chômage du 25 Mai Il convient de relever, en marge de l’esprit du processus en cours à Washington, que le Premier ministre Nawaf Salam a adopté, vendredi, une mesure symbolique, certes, mais dont la signification et la portée politiques sont loin d’être anodines. Il a publié ainsi une note administrative confirmant le chômage du 25 Mai qui était placé les années précédentes, depuis le retrait israélien de 2000, sous le signe de la célébration de « la Journée de la résistance et de la libération ». Pour cette année, la note du Premier ministre sur ce chômage du 25 Mai ne fait aucune mention de «la résistance» ni de «la libération», mais souligne, plutôt, que le chômage sera observé «en signe de solidarité avec les familles des martyrs, les blessés, les prisonniers, les déplacés, et les habitants du Sud et des villages frontaliers». Cette mention particulière, et très explicite, confirme ainsi que le gouvernement ne reconnait plus l’existence d’une «résistance», que le Hezbollah cherche à incarner contre vents et marées, faisant fi de la position de la légalité et de l’écrasante majorité des Libanais qui rejettent les aventures guerrières suicidaires de la milice pro-iranienne. Pas plus tard que dans la soirée de vendredi, le Premier ministre a d’ailleurs déclaré qu’il «est temps de mettre un terme définitif aux aventures insensées (allusion au Hezbollah) menées au service de projets étrangers», fustigeant sur ce plan les accusations de «trahison», lancées par la milice pro-iranienne. Rappelons dans ce cadre qu’au lendemain du déclenchement par le Hezbollah, une nouvelle fois, des hostilités le 2 mars dernier, pour «venger la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei», à Téhéran, le Conseil des ministres avait adopté une résolution stipulant que l’appareil sécuritaire et militaire du Hezbollah est désormais considéré comme «illégal». A la suite de cette décision, le ministre de l’Information avait demandé aux médias officiels de ne plus faire mention d’une «résistance» dans leurs bulletins d’information et leurs programmes politiques. Elimination du chef militaire du Hamas Signalons, sur un tout autre plan, mais toujours dans ce contexte militaro-sécuritaire – cette fois-ci au niveau régional – que l’armée israélienne a éliminé vendredi, au cours d’une frappe ciblée à Gaza, le chef de l’appareil militaire du Hamas, Ezzeddine Haddad, accusé d’être l’un des cerveaux de l’attaque meurtrière du 7 octobre 2023 contre des civils israéliens à la périphérie de Gaza. Le sommet de Pékin Le second dossier à caractère hautement stratégique qui a marqué l’actualité de ce vendredi 15 mai est la clôture du sommet américano-chinois qui s’est tenu à Pékin, et qui avait débuté vendredi. Il faudra attendre sans conteste quelques jours pour que des informations crédibles et précises soient divulguées concernant le bilan réel des discussions que le président Donald Trump et la délégation qui l’accompagnait ont eues pendant ces deux jours avec les dirigeants chinois. D’ores et déjà, quelques indications significatives rendues publiques permettent de dresser une esquisse des retombées possibles de ce sommet historique sur le conflit iranien. Le président Trump a notamment fait état d’une convergence totale des points de vue américain et chinois concernant l’Iran. Concrètement, le président Xi Jinping rejoint la position de l’Administration Trump au sujet du dossier nucléaire, en ce sens qu’à l’instar du chef de la Maison Blanche il affirme qu’en aucun cas le régime iranien devrait pouvoir se doter d’un armement nucléaire. Cette position chinoise n’est d’ailleurs pas nouvelle, comme l’illustre l’attitude que Pékin avait adoptée lors du vote des cinq résolutions du Conseil de Sécurité de l’Onu portant sur le dossier de l’enrichissement de l’uranium par le régime iranien. La première de ces résolutions, datée de juillet 2006, « exigeait » que Téhéran mette un terme à son enrichissement de l’uranium. Le régime des mollahs avait, évidemment, fait fi de cette résolution. En décembre de la même année, le Conseil de Sécurité imposait des sanctions à l’Iran pour l’amener à se conformer aux injonctions onusiennes. En vain… Trois autres résolutions étaient votées par le Conseil de Sécurité en 2007, 2008 et 2010 pour imposer à Téhéran des sanctions de plus en plus lourdes. La Chine, à l’instar d’ailleurs de Moscou, n’avait pas imposé de veto, ce qui reflétait une convergence de vue avec les pays occidentaux sur la nécessité de contraindre le régime des mollahs à arrêter le processus d’enrichissement de l’uranium. Lors de ses entretiens avec le président Trump, Xi a ainsi réitéré la position de principe de son pays sur ce plan. Autre point de convergence de Xi avec le chef de la Maison Blanche (ainsi qu’avec les pays européens, d’une manière générale): le refus de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz et, donc, le rejet de l’imposition d’un péage par les Gardiens de la Révolution. Parallèlement, le dirigeant chinois se serait engagé auprès de son hôte à ne pas fournir de matériel militaire au régime iranien. Il ressort de ces indications, que le sommet de Pékin pourrait avoir pour conséquence un affaiblissement de la position de l’Iran face aux conditions américaines visant à aboutir à une solution politique au conflit actuel. Les prochains jours devraient, en tout état de cause, clarifier davantage la situation sur ce plan. La grande question à cet égard qui sera remise sur le tapis à court terme, à la lumière du bilan du sommet de Pékin, est de savoir si le président Trump décidera de lancer, oui ou non, de nouvelles opérations militaires bien ciblées en territoire iranien dans le but, notamment, de recueillir l’uranium enrichi et de porter de nouveaux coups sévères aux infrastructures économiques de l’Iran afin d’amener le régime des mollahs à renoncer à ses aventures irrationnelles et son comportement belliqueux et arrogant, défiant toute raison d’une manière totalement éhontée.