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L'Essentiel du jour

Manœuvres fébriles autour du sort de la banlieue-sud

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Par LevantTime .
Publié juin 2, 2026 - 00:23

Le suspens de la journée, en ce lundi 1er juin, a porté cette fois-ci sur le sort de la banlieue-sud, qui a vécu ces dernières vingt-quatre heures sous la menace de bombardements israéliens imminents. En fin de soirée, le président Donald Trump annonçait la conclusion d’une entente prévoyant l’arrêt des tirs du Hezbollah contre Israël en contrepartie de la suspension du bombardement israélien de la banlieue-sud, qui était sur le point d’être effectué.

Le chef de la Maison Blanche a fait cette annonce sur son réseau social Truth Social, indiquant qu’il avait eu un entretien «très fructueux» avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Dans une allusion au raid qui paraissait imminent contre la banlieue-sud, il a indiqué qu’«aucune troupe ne se rendra à Beyrouth, et les forces qui étaient en route ont fait demi-tour».

Le président Trump a en outre indiqué que « par le biais de représentants de haut rang, j’ai eu un entretien téléphonique avec le Hezbollah, et ils ont accepté de cesser les tirs, en ce sens qu’Israël ne les attaque pas et ils n’attaquent pas Israël». Tard en soirée, une source américaine autorisée précisait que les contacts avec le Liban au sujet de cessez-le-feu ont eu lieu avec le président Joseph Aoun.

C’est dans la matinée de lundi que la tension était gravement montée de plusieurs crans lorsque le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense Israel Katz avaient annoncé dans un communiqué conjoint qu’ils avaient donné l’ordre à l’armée de bombarder la banlieue-sud, plus précisément les dépôts de drones et de munitions, les centres de construction de drones et les postes de commandement du Hezbollah. Peu de temps après la publication de ce communiqué, un exode massif des habitants de la banlieue-sud a été enregistré, provoquant un blocage de la circulation à la sortie de la région. Afin d’éviter que la tension ne dégénère en dérapages sur le plan sécuritaire, l’armée a entrepris de boucler au moyen de barrages fixes les entrées de Aïn el-Remmané.

Alors que l’aviation israélienne multipliait durant toute la journée ses raids contre des positions du Hezbollah dans plusieurs villages du sud – le raid le plus meurtrier a dévasté totalement un quartier entier à Tyr – le pouvoir entreprenait des contacts urgents afin d’éviter que l’Etat hébreu mette à exécution ses menaces contre la banlieue sud. Le chef du législatif et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, devait notamment affirmer que le Hezbollah avait accepté de cesser ses tirs contre Israël.

Plus tard dans la journée, le régime iranien relançait sa manœuvre visant à tenter de contrôler la carte libanaise. Il a ainsi souligné que toute attaque contre la banlieue-sud se répercuterait directement sur le nord d’Israël, invitant à ce sujet les habitants de cette région à l’évacuer en cas de frappes contre la banlieue de Beyrouth. Dans l’après-midi, Téhéran annonçait qu’il suspendait les tractations (indirectes) et les échanges de messages avec les Etats-Unis en raison des menaces israéliennes. Ce à quoi le président Trump a répondu en soirée : «Peu m’importe si les négociations avec l’Iran sont interrompues. Je peux attendre longtemps, c’est eux qui perdent».

Cette position en flèche adoptée par l’Iran en vue d’empêcher à tout prix des bombardements contre la banlieue-sud a poussé certains analystes à s’interroger sur les raisons d’une telle attitude et à se demander ce qui se cache de si important dans cette banlieue qui expliquerait la position du régime iranien à ce propos…

En tout état de cause, les informations disponibles tard en soirée permettaient de clarifier comme suit la situation:

L’arrêt des tirs annoncé par le président Trump ne concerne pas nécessairement le Liban-Sud, où les raids se sont d’ailleurs poursuivis de manière intensive tard dans la nuit contre plusieurs villages.

L’entente convenue lundi stipule implicitement une équation selon laquelle le bombardement de la banlieue-sud sera mis à exécution si le Hezbollah reprend ses tirs contre Israël (M. Netanyahu a indiqué en soirée qu’il avait mis l’accent sur ce point lors de son entretien téléphonique avec le président Trump, précisant dans le même temps que l’armée poursuivra ses opérations au Sud).

Tard dans la nuit de lundi, la chaine panarabe al-Hadath rapportait que le Hezbollah a lancé des roquettes contre le nord d’Israël, notamment en direction de Metoullé où les sirènes d’alarme ont été actionnées.

A en croire certaines sources, le chef de la Maison Blanche est intervenu afin de suspendre le pilonnage de la banlieue-sud afin de ne pas compromettre le nouveau round de discussions directes entre le Liban et Israël, prévues mardi et mercredi au Département d’Etat, à Washington.

Reste à signaler, au niveau régional, que le commandement militaire américain a indiqué lundi matin que l’aviation US a bombardé samedi et dimanche derniers des positions iraniennes, notamment des défenses aériennes, des radars et des centres de lancement de drones et de missiles.

Dans le même temps, l’armée américaine a intercepté et détruit durant le week-end deux missiles balistiques qui avaient été lancés par les Gardiens de la révolution en direction d’une base militaire US au Koweït. Tard dans la nuit de lundi, les Gardiens de la révolution indiquaient qu’ils avaient lancé un missile contre «un navire relevant de l’ennemi sioniste américain»…

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