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La diplomatie s’active: Haykal à Islamabad

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Le Liban a lancé samedi le projet de développement et d’exploitation de l’aéroport de Qlayaat, dans le Akkar, en présence du chef du gouvernement Nawaf Salam. (AFP)
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Par LevantTime .
Publié juin 6, 2026 - 21:50

La diplomatie pakistanaise s’active sur les deux fronts, libanais et iranien, avec la visite officielle du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, à Islamabad, et celle du ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, à Téhéran. Quoique différentes, les deux missions se situent dans le prolongement des efforts soutenus engagés pour rétablir le calme dans la région.

L’armée libanaise a annoncé samedi le départ de son commandant pour Islamabad, à l’invitation de son homologue et du ministre de la Défense pakistanais, sans préciser l’objectif de la visite.

À cause des frictions entre Beyrouth et Téhéran, exacerbées par l’accord libano-israélien de cessez-le-feu de mercredi, tout porte à croire que le déplacement du général Haykal à Islamabad s’inscrit dans le cadre de la médiation menée par le Pakistan entre les États-Unis et l’Iran. Et pour cause: le dossier du Hezbollah fait partie des points de discorde entre Washington et Téhéran.

Soucieuse de préserver son influence au Liban, qu’elle considère comme un État satellite, la République islamique ne compte pas lâcher cette carte maîtresse en vue de ses négociations à venir avec Washington. Elle l’a encore une fois montré, lorsqu’elle a contesté ouvertement jeudi, l’accord de trêve qui relève pourtant d’une décision souveraine libanaise. L’opposition iranienne, à laquelle a fait écho le Hezbollah en rejetant à son tour l’accord, complique l’exécution du document.

Trois militaires libanais tués au sud

D’ailleurs, le cessez-le-feu, tributaire de l’arrêt des tirs de la formation pro-iranienne contre Israël, se fait toujours attendre. La guerre se poursuit, au même rythme, depuis mercredi au Liban-Sud où Israël a dit avoir frappé «environ 150 objectifs» du Hezb en 48 heures.

Trois militaires libanais ont été également tués, samedi, dans une frappe israélienne entre Khardali et Nabatiyé. Vivement dénoncée par les autorités libanaises, cette attaque injustifiée fait l’objet d’une enquête à Tel Aviv, selon le porte-parole militaire israélien, qui a évoqué la possibilité d’une erreur liée, selon, lui à «un mouvement qui a été jugé suspect près d’une zone de combat».

Cette attaque a été immédiatement instrumentalisée par un Hezbollah toujours en mal d’arguments pour justifier l’aventure destructrice dans laquelle il a entraîné le Liban.

Selon lui, le raid qui a tué un général de brigade, un capitaine et un soldat «est la conséquence du mépris du pouvoir pour la souveraineté, ainsi que de ses concessions gratuites».

Cette accusation gratuite, empreinte de mauvaise foi, s’inscrit dans le prolongement des reproches formulés par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, au président Aoun. Ce dernier avait stigmatisé, vendredi, dans le cadre d’une interview à CNN, le rôle déstabilisateur de Téhéran au Liban.

«D'après les propos de M. Aoun, on pourrait croire que c'est l'Iran qui a occupé un cinquième du Liban, déplacé un quart des Libanais et bombarde son pays au quotidien», a réagi sur X Araghchi.

«Si le Liban avait été une monnaie d'échange pour l'Iran, nous aurions conclu un accord depuis longtemps. Sauvez le Liban de votre véritable ennemi, Monsieur le président», a ajouté le ministre qui, en toute mauvaise foi lui aussi, se contente de se concentrer sur les conséquences de l’action dont son pays est directement responsable.

Ses propos déplacés adressés au président de la République ont suscité des réactions indignées au Liban où le député Ghayath Yazbek (Forces libanaises) a prié le ministre iranien, non sans ironie, de laisser le Liban tranquille. «Merci, Monsieur Araghchi. Nous vous déchargeons de votre sollicitude envers le Liban. Allez signer un accord avec Washington et laissez-nous vivre en paix», a-t-il écrit sur X, avant de comparer l’Iran au «pompier pyromane».

«Votre État en a fait le symbole de sa politique étrangère, fondée sur le mauvais voisinage, le sabotage et l’exportation du chaos et la mise à disposition de ses services», a-t-il ajouté.

Ciblage de Bahreïn et de Koweït

Cette accusation intervient quelques heures après de nouveaux tirs iraniens, dans la nuit de vendredi à samedi, contre Bahreïn et le Koweït qui ont affirmé se réserver le droit de défendre leurs pays respectifs.

L’attaque iranienne était consécutive à des tirs de l’armée américaine qui a abattu vendredi six des sept missiles balistiques et des drones iraniens lancés en direction du détroit d’Ormuz et des alliés arabes du Golfe.

Le septième n’a pas atteint sa cible, selon le Centcom qui a dit avoir également frappé, en riposte, les sites radar, y compris une île dans le détroit, «afin de se défendre contre de nouvelles attaques».

C’est dans ce contexte de tension renouvelée que le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, s’est rendu samedi à Téhéran, porteur, selon des médias panarabes, de nouvelles propositions américaines relatives notamment au déblocage des avoirs iraniens, sur lequel la République islamique insiste.

Ouverture de l’aéroport de Qlayaat

Sur un autre plan, le Liban a lancé samedi le projet de développement et d’exploitation de l’aéroport de Qlayaat, dans le Akkar, lors d’une officielle organisée en présence du chef du gouvernement, Nawaf Salam et de nombreux officiels. L’aéroport a accueilli à titre symbolique, un premier avion.

L’importance de ce projet n’est pas seulement d’ordre socio-économique. Elle est aussi politique dans la mesure où la mise en service de l’aéroport René Moawad marque un pas supplémentaire sur la voie de l’affranchissement du joug du Hezbollah. Ce dernier, avec ses alliés au Liban, s’y opposait pour diverses raisons.

Le Hezb avait réussi à avoir une présence active au seul aéroport international de Beyrouth, qui était pour lui d’une importance stratégique capitale, étant donné surtout sa situation géographique.

L’AIB est situé dans son fief, la banlieue sud de Beyrouth. Il suffit d’ailleurs de rappeler que cette formation avait réalisé son coup de force à Beyrouth, en mai 2008, lorsque le gouvernement de Fouad Siniora avait décidé, dans une tentative de réduire son influence au sein de l’État, de limoger le chef de la sécurité à l’AIB, Wafic Choucair, et de démanteler son réseau de communications.

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