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L'Essentiel du jour

Israël demande l’évacuation de tout le Liban-Sud, jusqu’au Zahrani

Trump "n’est pas satisfait" des propositions iraniennes

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Par LevantTime .
Publié mai 27, 2026 - 23:55

La journée du mercredi 27 mai s’est achevée sur deux développements qui incitent peu à l’optimisme : au cours de la réunion élargie de son équipe ministérielle, le président Donald Trump a souligné qu’il « n’est pas satisfait de ce que l’Iran propose » pour le mémorandum d’entente actuellement négocié entre les deux pays ; dans le même temps, l’armée israélienne enregistrait une « première » en demandant mercredi soir aux habitants de «tout le Liban-Sud» d’évacuer leurs localités pour se replier «au nord du fleuve de Zahrani», à quelques kilomètres au sud de Saïda!

Le climat politique général commençait à virer au rouge au milieu de la journée à la suite d’informations rapportées par la télévision iranienne officielle concernant la teneur du projet de mémorandum discuté entre les négociateurs américains et iraniens, par le biais du médiateur pakistanais. La télévision iranienne, largement reprise par les médias, a ainsi indiqué avoir obtenu «l’ébauche d’un premier accord-cadre non officiel en vue d’un protocole d’accord avec les Etats-Unis». 

Selon le média iranien, les termes de cet accord-cadre prévoiraient que «l’Iran rétablirait en l’espace d’un mois le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz» et retirerait les mines de la zone, alors que les Etats-Unis «s’engageraient» à mettre un terme à leur présence dans la région et à leur blocus des ports iraniens. Aucun mot sur le nucléaire… 

La Maison Blanche n’a pas tardé à réagir en affirmant que ces informations sont dénuées de tout fondement et son «fabriquées de toutes pièces», comme l’a rapporté Reuters.

Les déclarations de Trump  

De son côté, le président Trump a tenu mercredi une réunion de son équipe ministérielle à la Maison Blanche (et non à Camp David comme initialement prévu) pour discuter du dossier des négociations avec l’Iran. «Nous ne sommes pas satisfaits des propositions iraniennes concernant le mémorandum d’entente», a souligné le président américain au cours de cette réunion, ajoutant que les forces américaines devront «peut-être retourner en Iran pour achever le travail».

Auparavant dans la journée, le chef de la Maison Blanche déclarait à la BBC News que «l’Iran n’obtiendra pas un allègement des sanctions en échange de son renoncement à l’uranium enrichi». Le président Trump a réaffirmé, en outre, que l’Iran «veut un deal et n’a pas d’autre choix», assurant que son Administration «n’est toujours pas parvenue à un accord avec l’Iran et n’en est pas satisfait». Il a souligné dans ce cadre que l’Iran «est très faible» actuellement.

Pour sa part, le Secrétaire d’Etat Marco Rubio a insisté sur le fait que «les options restent ouvertes dans le dossier iranien, mais ce qui est sûr, c’est que ce pays n’obtiendra pas d’arme nucléaire».

Comme pour répondre à l’administration américaine, un haut responsable des Gardiens de la Révolution iraniens a estimé que la probabilité d’une nouvelle guerre est «faible», pointant du doigt la « faiblesse de l’ennemi ». Il a assuré que les forces armées iraniennes restaient prêtes à intervenir, « leurs chargeurs pleins ». Dans une autre déclaration surprenante, le ministère iranien du Renseignement a relevé que les Etats-Unis et Israël cherchaient toujours à renverser le régime de la République islamique «par de nouveaux moyens», après avoir «échoué» à le faire par des frappes. 

L’ordre d’évacuation du Liban-Sud

Au Liban, l’escalade israélienne se poursuit sans aucun répit. L’une des principales informations du jour aura été l’avis d’évacuation de tout le Liban-Sud. L’armée israélienne a, de fait, invité tous les habitants du Sud à se retirer jusqu’au nord du Zahrani, précisant que la région située au sud de ce fleuve est une «zone de combat». Tsahal a mis l’accent à cet égard sur sa détermination à lancer une forte offensive contre le Hezbollah dans cette zone.

L’autre point très chaud du Sud est la localité de Zawtar al-Charkiya dans la zone de Nabatiyeh, théâtre de violents affrontements entre les miliciens du Hezb et l’armée israélienne, qui progresse sur cet axe. Selon des analystes, les Israéliens chercheraient à prendre le château de Beaufort, une colline très stratégique, dans sa route vers la ville de Nabatiyeh. Son action à Tyr augure également d’une avancée dans cette direction.

Le Hezbollah utilise toujours à profusion ses missiles contre l’armée israélienne au Liban, mais aussi son arme la plus efficace du moment, les drones explosifs, au-delà des frontières. Jusqu’à quand arrivera-t-il à retarder l’avancée israélienne ? Le parti pro-iranien semble de plus en plus coller à sa tactique de guérilla qui sacrifie la géographie au profit d’une guerre d’usure.

L’affaire du barrage de Qaraoun 


Sur un autre plan, il convient d’indiquer que les trois frappes qui ont ciblé mardi dernier, 26 mai, le barrage de Qaraoun, dans la Békaa, ont provoqué des réactions alarmistes de la part de l’Autorité nationale du Litani et de l’Union des municipalités de Bouhayra, qui regroupe 19 villages riverains du lac.

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(Pages Facebook Al Buhaira Union of Municipalities, Machghara Municipality)

Le barrage de Qaraoun, rappelle-t-on, a été construit selon le modèle dit du «barrage-poids». Il comporte certes une «âme» en béton en son centre et jusqu’à une certaine hauteur, mais la pression exercée par les eaux du lac artificiel est principalement contenue par un immense remblai qui « couronne » cette structure en béton.

Ce remblai joue un rôle crucial dans la stabilisation des roches et la prévention de leur glissement vers la base du barrage. D’un point de vue technique et architectural, la route bombardée mardi fait partie intégrante du remblai en question.

Un mur de soutènement a été construit le long de cette section afin demaintenir les masses rocheuses en place et protéger la structure du barrage contre tout glissement de terrain ou impact structurel. Par conséquent, la route visée par les frappes israéliennes n’est pas un simple axe reliant les rives ouest et est du Litani, mais bien un élément structurel et fonctionnel du système de protection du barrage.

Les frappes israéliennes visaient sans doute à isoler la Békaa-Ouest du Sud-Liban, en coupant les voies de communication et de soutien logistique du Hezbollah.

Après le bombardement du pont reliant le village de Machghara (soumis mardi à d’intenses frappes israéliennes et où des tunnels ont été découverts) au village de Sohmor, autre bastion du Hezbollah situé sur l’autre rive du Litani, la seule route encore praticable était celle du barrage. À présent, avec la neutralisation de cette voie, il faut soit se diriger plus au Nord, vers Kefraya, soit emprunter une autre route vers le sud, à proximité de Nabatiyeh. Dans les deux cas, ces itinéraires sont plus longs et davantage exposés.

Dans ce contexte, l’Autorité nationale du Litani a publié un communiqué dans lequel elle met en garde contre les dangers que représentent les attaques répétées à proximité des installations du barrage. L’Autorité souligne que toute attaque, directe ou indirecte, contre le barrage de Qaraoun ou ses installations pourrait engendrer des conséquences catastrophiques pour la population, les infrastructures et les équipements essentiels situés en aval.

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(Page Facebook Litani River Authority, litani.gov.lb,)

Elle a d’ailleurs republié une projection établie par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui décrit les scénarios potentiels d’inondation en cas de rupture du barrage, et identifie les zones vulnérables susceptibles d’être submergées à la suite de dommages structurels ou d’une attaque contre le barrage.

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