


Le quatrième round des négociations directes entre le Liban et Israël s’est tenu mardi soir au Département d’État, à Washington, sous l’égide américaine, alors que la tension reste vive au Liban-Sud où l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires et continue à gagner du terrain, notamment au nord du Litani. Les pourparlers libano-israéliens, qui ont lieu avec la participation, côté libanais, de l’ancien ambassadeur Simon Karam, se poursuivront mercredi, toujours dans la capitale fédérale.
Sur le plan des opérations militaires, l’aviation de l’État hébreu a mené tout au long de la journée et de la soirée de mardi une série de raids aériens contre des positions et des dépôts d’armes et de munitions dans plusieurs villages des cazas de Tyr, de Bint Jbeil et de Nabatiyeh. Les villes de Tyr et de Nabatiyeh n’ont pas été épargnées. En fin de journée, l’armée israélienne faisait état de la présence de «dizaines de miliciens du Hezbollah» qui se sont repliés dans le quartier chrétien de Tyr.
Mais c’est surtout le cas de la banlieue-sud qui focalisait mardi l’attention des milieux politiques et diplomatiques. L’entente arrachée in extremis lundi soir par le président Donald Trump à la faveur de contacts urgents avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyhu, et le président Joseph Aoun, stipule qu’Israël suspendait son attaque aérienne contre la banlieue-sud, qui était semble-t-il imminente, en contrepartie de l’arrêt par le Hezbollah des tirs de roquettes contre Israël. L’entente obtenue ainsi par le président américain repose sur l’équation «banlieue-sud contre le Nord d’Israël».
M. Netanyahu et son ministre de la Défense, Israël Katz, ont clairement souligné mardi à ce propos que si le parti pro-iranien reprend ses tirs contre le territoire israélien, l’État hébreu bombardera les positions du Hezbollah dans la banlieue-sud. Une approche rejetée mardi par un haut responsable de la formation chiite qui a affirmé que son parti n’acceptera pas la formule d’un cessez-le-feu partiel et insiste pour une cessation des hostilités globale et permanente. Cette position rejoint celle du pouvoir libanais qui la défendra d’ailleurs au cours des pourparlers de Washington.
Il apparaît clair, de ce fait, que la banlieue-sud est en quelque sorte dans une situation d’équilibre instable, compte tenu de la poursuite des opérations militaires menées au sud par l’armée israélienne, ce qui risquerait d’entraîner une riposte du Hezbollah en direction d’Israël. Notons dans ce cadre que Tel-Aviv a indiqué mardi en fin de journée que l’une de ses unités de commando s’est déployée au nord du Litani, dans le secteur de la localité de Zawtar.
L’autre développement qui a focalisé mardi l’attention des médias et de la presse aux États-Unis et en Israël a été l’atmosphère dans laquelle s’est déroulé l’entretien téléphonique de lundi entre le président Trump et M. Netanyahu. L’une des chaînes de télévision à Tel-Aviv a confirmé en fin de journée que la discussion entre les deux dirigeants a été particulièrement tendue. Un site américain a rapporté mardi matin à cet égard que le chef de la Maison Blanche a tenu des propos très peu cordiaux à l’égard du Premier ministre israélien. La chaîne de télévision susmentionnée a indiqué sur ce plan que les milieux proches de M. Netanyahu affirmaient mardi matin que l’entretien de lundi a représenté le contact le plus tendu entre le président américain et le Premier ministre israélien depuis le début du second mandat de Donald Trump, il y a près d’un an et demi. Mardi soir, M. Netanyahu avait prévu de réunir son équipe ministérielle afin de faire le point de la situation dans la région.
Reste à signaler que le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu dans la nuit de lundi une réunion extraordinaire, à la demande de la France, afin de se pencher sur la dégradation militaire au Liban.