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L'Essentiel du jour

Guerre en Iran: la douche écossaise se poursuit

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Après les forces de l'ordre et les secouristes, les journalistes investissent un quartier sérieusement touché par les frappes israéliennes dans la ville de Tyr. (Houssam Shbaro/AA via AFP)
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Par LevantTime .
Publié mai 29, 2026 - 23:19

Le scénario du week-end dernier s’est renouvelé en ce vendredi 29 mai. Les médias et les opinions publiques ont eu droit à une nouvelle séance de douche écossaise pour ce qui a trait aux tractations américano-iraniennes, par le biais du médiateur pakistanais, visant à mettre un terme à la situation de guerre, enclenchée le 28 février, en prélude à des négociations bilatérales, portant sur les grands dossiers qui entretiennent le conflit entre les Etats-Unis et la République islamique.

Comme ce fut le cas le week-end dernier, un vent d’optimisme a soufflé dans l’après-midi de vendredi, faisant état de l’imminence de l’annonce officielle d’un «accord-cadre» entre Washington et Téhéran. Le président Donald Trump devait annoncer publiquement sur ce plan qu’il levait le blocus naval imposé aux ports iraniens et qu’il s’apprêtait à tenir une réunion à la Maison Blanche avec son équipe de hauts responsables et de conseillers afin de «prendre une décision définitive» au sujet du projet d’accord-cadre en gestation.

Après l’annonce faite par le président Trump, les informations parvenaient aux médias concernant les termes du mémorandum d’entente en question. A en croire ces indiscrétions, le document prévoit le rétablissement immédiat de la libre circulation maritime au détroit d’Ormuz, sans péage et sans conditions (en contrepartie de la levée du blocus naval) et la destruction par les Etats-Unis du stock d’uranium enrichi, «en collaboration avec la République islamique et l’Agence internationale de l’Energie atomique». Aucune mesure n’était par contre prévue pour mettre fin au gel d’une partie des avoirs iraniens.

Près d’une heure après la divulgation de ces informations, les autorités iraniennes, du moins celles proches des Gardiens de la Révolution, affirmaient qu’aucun accord n’avait encore été conclu, que les informations rapportées par le président Trump étaient erronées et, cerise sur le gâteau, que «c’est l’Iran qui impose ses conditions» à l’Administration US, et non le contraire.

Le climat manifestement négatif filtré aux médias par la mouvance du régime iranien proche des Pasdaran s’est vraisemblablement répercuté sur le cours de la réunion présidée par le président Trump à la Maison Blanche. Au terme de deux heures de débats entre les hauts responsables américains, le président Trump n’a fait aucune annonce, contrairement ce qui avait été indiqué dans l’après-midi. Le New York Times rapportait en soirée sur ce plan, citant un haut responsable US, qu’aucune décision n’a été prise concernant le projet d’accord-cadre, relevant à cet égard que «certaines questions doivent encore être discutées». En fin de soirée, le Trésor américain devait préciser que «le blocus imposé aux ports iraniens sera levé lentement»…

Avancées israéliennes et pourparlers au Pentagone

Cette impasse diplomatique n’a pas pour autant occulté les développements au niveau des opérations militaires, plus précisément sur le plan libanais. L’armée israélienne a ainsi poursuivi vendredi son opération «rouleau compresseur» contre les positions, les infrastructures et les miliciens du Hezbollah. De nouveaux raids aériens intensifs ont été menés contre plusieurs localités du Sud et de la Békaa-Ouest. Parallèlement, selon diverses sources, l’armée israélienne continue de gagner du terrain et serait arrivée à la périphérie de Nabatiyeh. En fin de soirée, la chaîne al-Hadath indiquait que les forces israéliennes se trouvaient à 500 mètres du Château de Beaufort. D’autres sources précisaient à une heure avancée de la soirée que Tsahal était pratiquement arrivée au Château croisé médieval.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait effectué une tournée d’inspection à la frontière avec le Liban. Dans une déclaration aux correspondants de presse, il a indiqué que l’armée israélienne avait franchi le Litani et avait pris position sur les collines stratégiques de la région.

«Nous agissons avec force à Beyrouth, au Sud et dans la Békaa, sans restriction», a affirmé M. Netanyahu qui a fait état d’un «effondrement du Hezbollah»… Diverses sources d’information ont d’ailleurs signalé vendredi soir un «effondrement du Hezbollah sur toutes les lignes de front». Ces indications n’ont toutefois pas pu être confirmées de source indépendante.

C’est dans cette atmosphère particulièrement tendue et explosive que s’est tenue vendredi après-midi (heure du Levant) au Pentagone la première réunion de négociation directe libano-israélienne s’inscrivant dans le cadre du «processus sécuritaire», parallèle au processus politique des négociations bilatérales.

En marge de la réunion du Pentagone, le Secrétaire d’Etat Marco Rubio est entré en contact par téléphone avec le président Joseph Aoun afin de faire le point du dialogue libano-israélien.

Selon un communiqué de la présidence de la République, le chef de l’Etat a souligné à cette occasion l’importance d’un cessez-le-feu comme préalable à tout progrès dans les négociations avec Israël.

Le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé de son côté le soutien de son pays à «la souveraineté, la stabilité et l’indépendance du Liban, ainsi qu’à son droit à décider de son avenir».

Selon un communiqué du Département d’Etat, M. Rubio a rendu hommage «au courage du président Joseph Aoun qui a pris l’initiative d’engager des négociations avec Israël». Le Secrétaire d’Etat a, d’autre part, souligné que «le Hezbollah assume l’entière responsabilité des combats en cours au Liban». Il a affirmé sur ce plan que «le Hezbollah poursuit ses tentatives d’entraver les négociations avec Israël».

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