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L'Essentiel du jour

Israël défie la Turquie sur le terrain syrien
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Publicado
août 20, 2026 - 00:10

Plusieurs développements diplomatiques et militaires ont marqué la journée de mercredi au Moyen-Orient, avec un regain de tension entre Israël et la Turquie sur le dossier syrien, qui a connu un nouvel épisode mercredi, au lendemain du bombardement par l’aviation israélienne de la base aérienne d’Abou Dhouhour, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est prévalu mercredi d'avoir "clairement" signifié à la Turquie qu'elle ne devait pas installer une base en Syrie, reconnaissant implicitement la frappe de la veille. Dans le même temps, le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, a averti que son pays ne tolérerait l’implantation d’aucune «force hostile» à proximité de ses frontières, lors d’une visite auprès des troupes israéliennes déployées dans le sud de la Syrie. La visite du haut gradé intervient au lendemain du bombardement de la base aérienne d’Abou Dhouhour. Le gouvernement israélien accuse Damas d’avoir violé un accord entre eux, en autorisant le déploiement de troupes turques sur cette installation. Ankara, dont les relations avec Israël sont tendues depuis plusieurs années, a rejeté ces accusations. L’ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, également envoyé spécial du président américain pour la Syrie, a de son côté condamné les frappes israéliennes, dénonçant une «escalade inutile». Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ces frappes sont intervenues après «la visite, ces derniers jours, d’une délégation militaire turque à l’aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service». Conférence de soutien à l’armée libanaise Sur le dossier libanais, Beyrouth a annoncé mercredi avoir reçu une invitation de la France à participer à une réunion préliminaire en vue de la tenue, le mois prochain à Paris, d’une conférence internationale de soutien à l’armée libanaise. Cette conférence devait initialement se tenir en mars dans la capitale française, mais elle avait été reportée lorsque le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, en soutien à l’Iran. Le président libanais Joseph Aoun, qui se trouve actuellement en visite officielle à Rome, a reçu une lettre de son homologue français Emmanuel Macron, invitant le Liban à «participer à une réunion préliminaire le 17 septembre à Paris, en vue de la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure», a indiqué la présidence libanaise. Des chefs d’état-major de plusieurs pays, ainsi que des experts et des représentants de gouvernements et d’organisations internationales, sont attendus à cette réunion préliminaire, selon la présidence libanaise. Paris n’a toutefois pas encore fait d’annonce officielle concernant la réunion. L’armée israélienne reconnaît avoir tué Hind Rajab À Gaza, l’armée israélienne a reconnu mercredi que ses troupes avaient ouvert le feu sur la voiture dans laquelle se trouvait Hind Rajab, une fillette palestinienne de cinq ans, tuée en janvier 2024. Elle a également annoncé l’ouverture d’une enquête à la suite d’investigations préliminaires sur cette affaire. Le corps de Hind Rajab avait été retrouvé dans une voiture criblée de balles plusieurs jours après que la fillette eut été entendue pour la dernière fois lors d’un long appel téléphonique avec le Croissant-Rouge palestinien, le 29 janvier 2024. L’armée israélienne avait jusqu’à présent nié que ses troupes se trouvaient dans la zone au moment des faits. Hind Rajab avait appelé les services d’urgence depuis la voiture de sa famille, qui avait essuyé des tirs alors qu’elle tentait de fuir la ville de Gaza, dans le contexte de l’avancée de l’armée israélienne dans le nord du territoire palestinien. Les circonstances de la mort de la fillette avaient provoqué une vive indignation internationale et suscité de nombreux appels à l’ouverture d’une enquête indépendante. Les enregistrements originaux de son appel aux services d’urgence ont par la suite été intégrés au documentaire La Voix de Hind Rajab , nommé aux Oscars. Ghalibaf à Bagdad Enfin, le président du Parlement iranien et chef négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, est arrivé mercredi à Bagdad pour une visite de trois jours, alors que l’Irak subit d’importantes pressions de Washington afin de désarmer les puissantes factions armées soutenues par l’Iran. M. Ghalibaf a affirmé que son déplacement visait «à renforcer le nouvel ordre dans la région et à accélérer le renforcement de la coopération entre tous les pays de la région, sans ingérence étrangère». Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Bagdad, pris entre ses relations avec Téhéran et les exigences américaines concernant les groupes armés pro-iraniens présents sur son territoire. M. Ghalibaf doit notamment rencontrer le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, avant de s’entretenir avec des représentants du «Cadre de coordination», coalition au pouvoir regroupant plusieurs partis chiites plus ou moins proches de Téhéran. Sous la pression de Washington, M. Zaidi a donné aux groupes armés pro-iraniens jusqu’au 30 septembre pour déposer les armes. Cette échéance coïncide avec la fin de la mission de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis en Irak.

L’Iran lance un «ultimatum» à Washington; Trump durcit encore le ton
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Publicado
août 17, 2026 - 22:52

La trêve de 60 jours durant laquelle Téhéran et Washington étaient supposés poursuivre leurs discussions en vue d’une paix durable a pris fin lundi sur une note belliqueuse et sans changement dans les positions des deux belligérants. Le ton est de nouveau monté entre les deux parties qui s’accordent sur un seul point: pas question de jeter du lest. Appliquant l’adage selon lequel la meilleure défense reste l’attaque, l’Iran a apparemment opté pour une stratégie «pleinement offensive», allant jusqu’à fixer un «ultimatum» (!) de «quelques semaines» à Washington pour «respecter les dispositions du mémorandum d’entente de juin dernier», a indiqué lundi l’agence internationale Reuters, citant un haut responsable iranien. Selon Reuters, Téhéran compte passer à l’action en cas d’échec des efforts diplomatiques avec les États-Unis. «Les entités iraniennes doivent se tenir prêtes à une escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz et dans la région au sens large, car l’Iran sera prêt à prendre des décisions et à agir sur des choix difficiles», a affirmé ce responsable, ajoutant que son pays mènerait une attaque militaire «opportune et précise» pour briser le blocus naval américain. Allant de l’avant dans son arrogance et dans son comportement typique de celui du «vainqueur» qui impose ses conditions au vaincu (!), la République islamique «exige, dans le court délai de quelques semaines fixé, que les États-Unis mettent en œuvre toutes les dispositions de l’accord» de juin. «C’est une condition préalable à la poursuite des négociations avec Washington», a déclaré le responsable iranien à Reuters, ajoutant que les médiateurs communiqueraient la date butoir de Téhéran à Washington et aux États de la région. Cet «avertissement» illustre en réalité à quel point les sanctions économiques et le blocus naval américain étouffent un Iran soumis à d’importantes difficultés économiques et financières et qui est, de ce fait, prêt à tout pour s’en sortir. Il est intervenu quelques heures après une interview accordée par le président Donald Trump à Fox News, qui a réaffirmé sa volonté d’accentuer ces sanctions, rappelant l’objectif premier de la guerre: «Empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire.» Le locataire de la Maison Blanche a dit ne pas être «pressé par le temps», en allusion aux élections partielles de novembre. Il a cependant créé la surprise en menaçant Oman de frappes militaires au cas où il se mettrait «en travers» d’un accord sur le détroit d’Ormuz, un autre élément de conflit entre Téhéran et Washington. Un responsable iranien a signalé lundi, une nouvelle fois, que son pays est sur le point de sceller un accord avec Mascate au sujet de la navigation dans cette voie de passage maritime stratégique, mais les États-Unis redoutent que cet accord ne soit au détriment de la liberté de passage des navires à Ormuz, qui fait partie des eaux internationales. Dans son entretien téléphonique à Fox News, Donald Trump a cependant assuré qu’une issue diplomatique restait possible avec Téhéran, tout en relevant que «les Iraniens ne semblent pas vouloir pour l’heure d’une solution diplomatique». Il a quand même appelé Téhéran à «hisser le drapeau blanc de la capitulation», avant de réaffirmer l’existence d’un canal de communication indirect avec les Gardiens de la révolution islamique. Ces derniers se sont empressés de le démentir. Leur porte-parole, Hossein Mohammadi, a indiqué qu’il n’existe «aucune forme de contact» avec les Américains, accusant Trump de «divaguer». Selon Axios, c’est le leader kurde, Nechirvan Barzani, qui serait le trait d’union entre les Pasdaran et Washington et qui aurait œuvré pour organiser une rencontre entre les deux parties. Tensions sur le terrain L’escalade verbale, qui dure d’ailleurs depuis quelques jours, s’accompagne de tensions réelles sur le terrain, toutes provoquées par les alliés de l’Iran dans la région. C’est dans ce cadre qu’il faut situer les frappes quotidiennes – dont deux lundi – des Houthis contre des cibles saoudiennes ou encore l’attaque au drone explosif menée samedi par le Hezbollah, contre des militaires israéliens au Liban-Sud, laquelle a entraîné une violente riposte de l’armée israélienne. Dans la nuit de dimanche à lundi, deux drones piégés ont visé, sans faire de victimes, le bureau du Premier ministre du Kurdistan irakien, Masrour Barzani, ainsi que la résidence du chef des services de renseignement locaux, près d’Erbil. Téhéran a été immédiatement pointé du doigt mais n’a pas réagi à ces accusations. Le Kurdistan irakien, allié des États-Unis mais voisin de l’Iran, a été régulièrement attaqué depuis le début de la guerre régionale. Alors que le dossier iranien fait du surplace, ceux du Hamas à Gaza et du Hezbollah au Liban avancent à petits pas. En visite en Israël, l’émissaire du président Trump, Jared Kushner, a tenu une réunion avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, après s’être entretenu la veille avec des représentants du Hamas en Égypte. Au cœur des discussions: la deuxième phase du plan américain, qui prévoit notamment le désarmement du Hamas et le retrait des forces israéliennes de Gaza, mais que Tel Aviv conteste. Israël exige un désarmement «véritable» du Hamas, lequel réclame que ses armes soient consignées dans des dépôts. Israël insiste dans ce cadre pour que cette faction pro-iranienne n’ait aucun rôle dans l’enclave. Selon diverses sources concordantes, citées par des médias occidentaux et israéliens, Jared Kushner aurait obtenu un engagement en ce sens des représentants du Hamas et l’aurait relayé à Benjamin Netanyahu. Selon le Jerusalem Post , les armes du Hamas seraient remises aux Américains qui les détruiraient. Le Premier ministre israélien devait assurer devant son hôte qu’Israël se retirera de Gaza, une fois ce processus terminé, toujours selon le JP . Un signal qui renvoie au Liban où le Hezbollah refuse toujours le principe même de son désarmement alors que celui-ci devrait intervenir tôt ou tard, au vu des transformations dans la région. Quand et comment? Reste à voir comment les autorités libanaises vont gérer le dossier. Pour l’heure, Beyrouth souhaite une prolongation du mandat de la Finul, qui expire à la fin de l’année ou, du moins, la mise en place d’une force internationale qui prendrait le relais de celle de l’ONU. Le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre, Nawaf Salam, se sont fait l’écho de ce souhait, à la veille d’une réunion du Conseil de sécurité sur le Liban. Une pétition en ce sens, signée par 86 députés libanais, adressée au Conseil de sécurité, a été remise lundi à M. Salam. Enfin, dans un dossier distinct, Donald Trump a annoncé vouloir «réduire considérablement» la participation américaine aux exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. Ces manœuvres ont pourtant commencé comme prévu, lundi. Le président américain justifie cette décision par le coût des exercices et par sa «très bonne relation» avec Kim Jong-un.

Sanglante escalade au Liban-Sud
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août 16, 2026 - 00:48

La fête de l’Assomption, en ce samedi 15 août, a été marquée par une grave escalade au Liban-Sud, l’aviation israélienne ayant effectué des raids sanglants contre les localités d’El-Ansar et Deir Zahrani, dans le caza de Nabatiyeh, faisant au total 11 tués, dont un haut responsable militaire du Hezbollah, et une vingtaine de blessés. L’Etat hébreu a indiqué en fin de journée que ces raids ont été menés en représailles à une attaque perpétrée tard vendredi par la milice pro-iranienne contre une unité israélienne dans la zone de Ali el-Taher, dans la région de Nabatiyeh. Trois soldats israéliens ont été blessés, dont deux grièvement. A la suite de cette opération, l’aviation israélienne a lancé à l’aube de samedi des raids intensifs contre les hauteurs de Ali el-Taher, mais l’attaque aérienne la plus meurtrière a eu lieu à El-Ansar où sept personnes ont été tuées. Dans un communiqué officiel, Tsahal a indiqué en fin de journée qu’un «commandant» de l’unité d’élite du Hezbollah, el-Radwane, Ali Samir Hajj Hassan, a été tué à el-Ansar. Le communiqué précise que le bâtiment visé était un centre de commandement de la milice pro-iranienne, d’où avait été donné l’ordre de lancer l’attaque contre les soldats en mission sur la colline de Ali el-Taher. Le communiqué indique que plusieurs adjoints du responsable hezbollahi ont été tués ainsi que des membres de sa famille qui étaient présents dans le centre de commandement. «Le responsable tué avait placé les membres de sa famille à ses côtés comme bouclier humain», affirme Tsahal. Plus tard dans la journée de samedi, un raid a été mené contre Deir Zahrani, faisant quatre tués et plusieurs blessés. Ces attaques aériennes ont été vivement stigmatisées par le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam. En soirée, la chaîne 12 israélienne a indiqué que Tsahal a informé les habitants du nord d’Israël de son intention de «mener des attaques au Liban-Sud dans la nuit de samedi, et de ce fait des explosions seront entendues» dans la région. L’accord sur Ormuz à nouveau en gestation Sur le plan régional, le ministère iranien des Affaires étrangères a souligné samedi en soirée qu’un accord avec le sultanat d’Oman devrait être annoncé sous peu en vue de délimiter les couloirs maritimes que seraient autorisés à emprunter les navires le long du détroit d’Ormuz. Notons dans ce cadre, que le ministère iranien des AE avait indiqué il y a quelques jours qu’un accord avec le sultanat d’Oman ne signifierait pas nécessairement que la libre circulation dans le détroit d’Ormuz serait assurée et sécurisée. Une source officielle à Téhéran a réaffirmé à ce propos samedi en fin de journée que «les Etats-Unis devaient satisfaire certaines conditions afin de garantir la sécurité dans le détroit» ! Il convient de relever sur ce plan que deux navires, dont l’un relevant d’une compagnie des Emirats arabes unis, ont été la cible d’attaques iraniennes dans cette zone au cours des dernières vingt quatre heures. Parallèlement à cette tension persistante dans cette région soumise aux attaques des Pasdaran, les opérations militaires et les bombardements se sont poursuivis samedi au Yémen entre la milice pro-iranienne des Houthis et les forces régulières yéménites, notamment dans la région de Ma’reb. Trois aviateurs iraniens tués au Qatar en mars Reste à signaler en conclusion que l’Iran a annoncé samedi que trois pilotes iraniens sont détenus au Qatar depuis mars dernier. Une source iranienne a affirmé qu’ils «avaient été faits prisonniers lorsque leurs avions avaient été abattus dans l’espace aérien qatari alors qu’ils tentaient d’effectuer des raids contre des bases américaines». Tard en soirée, samedi, le ministère qatari des Affaires étrangères a démenti détenir des aviateurs iraniens, précisant toutefois que les unités de secours étaient à la recherche des dépouilles des aviateurs. La source qatarie a indiqué sur ce plan que des contacts avaient été établis avec les autorités iraniennes afin de leur remettre la dépouille de l’un des aviateurs «mais l’Iran n’a pas donné suite à nos démarches», souligne le ministère des A.E. du Qatar…

D’Ormuz au Liban, les inconnues persistent
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LevantTime .
Publicado
août 14, 2026 - 23:28

La trêve de 60 jours entre les États-Unis et l’Iran prendra fin dans trois jours, sans qu’aucune indication officielle sur les intentions des deux parties n’ait été fournie. Les canaux de communication entre Téhéran et Washington restent interrompus mais il semble que les médiateurs, notamment le Pakistan, s’activent pour obtenir une prolongation du cessez-le-feu prévu par le mémorandum d’entente américano-iranien, conclu à la mi-juin. Les deux belligérants semblent disposés à prolonger la trêve, sans qu’une éventuelle rallonge soit, à ce stade, assortie de conditions particulières, selon diverses sources médiatiques concordantes. La statu quo régional est ainsi appelé à durer, sans qu’il ne soit possible de déterminer, au vu du durcissement de ton des deux côtés, ce qui pourrait les amener à reprendre le dialogue. Washington considère que le blocus naval qu’il impose à la République islamique est en train de produire son effet et Téhéran estime de son côté qu’en continuant de perturber le trafic maritime international sur le détroit d’Ormuz, il pourra contraindre les États-Unis à revoir à la baisse les conditions qu’ils imposent à la République islamique, menacée cependant de nouvelles sanctions économiques. Celles-ci devraient être annoncées la semaine prochaine, selon le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, et «viendraient s’ajouter au blocus naval imposé». «Ce sera une combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens», a-t-il annoncé dans une interview télévisée sans donner davantage de précisions sur les mesures envisagées. Cette pression s’explique notamment par la poursuite des attaques des Gardiens de la révolution contre les navires qui traversent le couloir sécurisé par les Américains à, Ormuz, ainsi que par les attaques continues des Houthis pro-iraniens contre des structures saoudiennes. Dans le même temps, les États-Unis restent très présents sur le terrain. Le porte-avions USS George Washington, basé dans le Pacifique, est en route pour le Moyen-Orient, où il prendrait le relais de l’USS Abraham Lincoln, déployé depuis fin janvier. L’information a été fournie par l’agence Associated Press, qui reprend un communiqué des forces navales américaines et qui explique ce redéploiement par les informations relatives à des problèmes de santé mentale et d’approvisionnement auxquels sont confrontés les militaires à bord de l’USS Abraham Lincoln. Incertitude au Liban Au Liban, la journée a été surtout marquée par une déclaration de l’ambassadeur des États-Unis, Michel Issa, au sujet de la présence israélienne au Liban-Sud. Au terme d’un entretien avec le président de la Chambre, Nabih Berry, le diplomate a sans détours souligné, en réponse à une question, que les opérations militaires israéliennes, dont le dynamitage d’habitations et d’infrastructures civiles, ne prendront fin que lorsque le Hezbollah aura rendu ses armes. Engagé dans des négociations directes avec Israël, le Liban pose comme condition principale pour faire avancer ces pourparlers la fin des démolitions en cours (stigmatisées jeudi par le Premier ministre, Nawaf Salam) et un retrait israélien progressif du sud du pays. La date du huitième round n’a toujours pas été fixée. Michel Issa l’a confirmé, tout en assurant que celui-ci aura lieu. La date du 2 septembre avait été avancée après le septième round qui a eu lieu à Rome, mais elle devait être confirmée. D’autres éléments compliquent la poursuite du dialogue, comme la question des zones pilotes qui fait toujours l’objet de discussions, notamment avec les responsables du Centcom et le responsable du comité de surveillance de la trêve, le général Joseph Clearfield. Ce dernier poursuit depuis mercredi des entretiens officiels au Liban. Avec M. Issa, il s’était rendu auprès de Nabih Berry, puis auprès de Nawaf Salam. Selon l’ambassadeur américain, des échanges sont toujours en cours pour déterminer l’État qui sera désigné - parmi ceux qui avaient été retenus à Rome - pour vérifier que le travail mené par l’armée libanaise dans les zones pilotes est conforme aux dispositions de l’accord libano-israélien de juin dernier. Il semble toutefois que les tractations vont bon train pour assurer une reprise des négociations libano-israéliennes, dans les délais. Si Michel Issa s’est félicité des progrès réalisés jusque-là, le Hezbollah continue de s’y opposer. Son chef, Naïm Qassem, toujours déconnecté de la réalité, a repris ses attaques vendredi contre les autorités, dans un discours prononcé pour célébrer la «victoire» (!) de sa formation lors de la guerre, dévastatrice pour le Liban, de 2006. Dans ce discours-rengaine, il s’est permis encore une fois de menacer l’État, en affirmant que «la colère» de son groupe «peut à tout moment exploser»…

Tiraillements politiques persistants sur fond de stagnation militaire
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Taline Becharraoui
Publicado
août 13, 2026 - 22:35

Les dissensions entre Américains et Israéliens à propos du Liban se creusent de plus en plus, à mesure que les propos de responsables de l’Etat hébreu s’éloignent davantage des engagements pris au cours des pourparlers directs avec les Libanais, notamment depuis la signature de l’accord-cadre entre les deux parties en juin. Ainsi, des propos du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, sur le fait que l’armée ne se retirerait pas de la partie occupée du Sud, ont attiré une réponse cinglante du département d’Etat jeudi, qui a estimé que ces déclarations n’étaient pas conformes aux engagements pris dans l’accord-cadre. Entre-temps, ce jeudi, les destructions israéliennes se sont poursuivies sans relâche au sud du Liban. Les Israéliens s’apprêteraient aussi, selon la MTV, à faire exploser les tunnels du Hezbollah dans la colline de Ali el-Taher où les Iraniens ont construit au fil des ans d’impressionnants tunnels souterrains s’étendant sur des centaines de kilomètres, parallèlement à des infrastructures militaires sophistiquées dont le but était de paver la voie à un assaut du Hezbollah contre la Galilée. Sur le plan politique, la journée de jeudi a été marquée par une déclaration du Premier ministre libanais Nawaf Salam, critiquant « l’attitude illogique » de l’Etat hébreu, malgré le début de l’application de l’accord-cadre sur le terrain. Il s’est par ailleurs plaint du fait qu’un premier message allant dans ce sens avait été supprimé de son compte X, et qu’il avait dû le republier. Cette attitude israélienne inflexible s’inscrit dans la perspective des élections d’octobre prochain. Et cette escalade sur le terrain ne se limite pas au Liban. Jeudi, un nouvel assassinat a eu lieu à Gaza, malgré les demandes américaines répétées en faveur d’une accalmie. Dans la bande, l’armée israélienne a tué deux Palestiniens, dont un chef de la police, près de Khan Younes, qualifiant la victime de « terroriste » qui représentait « une menace » pour ses soldats. Les troubles se poursuivent aussi en Cisjordanie, où un journaliste palestinien, Mohammad Awad, a été arrêté près de Ramallah, sous prétexte qu’il travaille pour le Hamas. Même l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a dénoncé « la terreur horrible » exercée par les colons israéliens en Cisjordanie. Propos violents et trêve fragile en Iran Sur le front iranien, une rhétorique excessivement violente continue d’entourer le contrôle du détroit d’Ormuz, devenu décidément le cœur de cette guerre irano-américaine. Si, sur le terrain, aucune escalade n’a encore été constatée entre les deux belligérants, la rhétorique s’est enflammée après les propos, la veille, du président américain Donald Trump, qui a indiqué que les Etats-Unis avaient « un contrôle total » du détroit, et maintenaient « un blocus hermétique » sur les ports iraniens. Cela a suffi pour déclencher un concert de réactions outrées de la part des Iraniens. L’armée iranienne a ainsi dénoncé jeudi « les mensonges » de Trump. « Les fausses affirmations des Etats-Unis selon lesquelles les navires traversent normalement le détroit d'Ormuz (...) ne sont rien d'autre que des mensonges et des inventions », a déclaré Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement central Khatam al-Anbiya, des propos rapportés par l’AFP. Selon lui, le détroit reste « sous la gestion et le contrôle total de la République islamique, et aucun navire commercial ou pétrolier n'a eu et n'aura la possibilité d'y naviguer en toute sécurité sans l'autorisation et la supervision des puissantes forces armées iraniennes ». Un autre haut responsable iranien avait également démenti plus tôt les déclarations du président américain. « Aujourd'hui, vous voyez que le détroit d'Ormuz est sous la gestion et le contrôle de la République islamique, et que notre pays poursuit sa trajectoire en toute sécurité », a affirmé Hossein Taeb, chef des forces paramilitaires du Bassidj, relevant des Gardiens de la Révolution. Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a écrit jeudi sur son compte X que les Etats-Unis ont fait de « mauvais calculs » liés à des défaillances du renseignement. Autre déclaration et nouvelle provocation : le député iranien Behnam Saeedi, membre de la commission de la sécurité nationale, a affirmé que les navires israéliens et les bâtiments militaires américains seraient interdits de passage dans le détroit. Il reste que rien n’indique au stade actuel que la trêve est sur le point d’être brisée. Une impression d’embourbement se dégage dorénavant de ce conflit. Et les Iraniens ne ratent pas une occasion de revendiquer des redevances pour tout passage dans le détroit, la dernière en date étant la marée noire au large d’Oman, causée de toute évidence par une frappe sur un pétrolier, et qui vient de frapper les côtes iraniennes. Les autorités de ce pays demandent dorénavant des indemnités à ce propos. Bien que le calme sur le front américano-iranien semble tenir, il n’en est pas de même pour les Houthis yéménites, alliés des Iraniens, qui ont revendiqué une frappe de drones sur une raffinerie saoudienne du géant Aramco en soirée. Toujours sans réaction américaine notable. A noter que, selon la chaine saoudienne al-Arabiya, le ministre saoudien de la Défense s’est entretenu jeudi avec une délégation irakienne des relations dans les domaines militaires et de la défense. Un lien possible avec l’accord passé entre l’Arabie, le Pakistan et la Turquie sur la défense commune, la semaine dernière ? Il s’agit dans tous les cas de la première réunion après des attaques menées contre le royaume à partir de l’Irak.

Les Pasdaran affirment vouloir passer à «l’offensive»
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LevantTime .
Publicado
août 12, 2026 - 21:28

Nous sommes loin des déclarations (faussement) optimistes des hauts responsables pakistanais ou même des dirigeants américains qui faisaient état régulièrement de «contacts positifs» avec les négociations iraniennes et, souvent aussi, de l’imminence d’un accord entre les deux protagonistes du conflit iranien. Le président Donald Trump a, certes, mis en mode «pause» les bombardements aériens contre les positions, les infrastructures et les entrepôts des Gardiens de la révolution islamique. Mais ce n’est nullement le cas du régime des mollahs qui, à l’évidence, met à profit cette accalmie pour reprendre son souffle, réorganiser ses troupes et reconstituer, autant que faire se peut, son arsenal offensif, tout en transposant le «front» et les opérations militaires sur le territoire d’une partie tierce, celui du Yémen. Dans ce cadre, la milice yéménite des Houthis, inféodée à Téhéran, a poursuivi au cours des dernières vingt-quatre heures ses attaques contre l’Arabie saoudite et les positions ou centres névralgiques tenus par le gouvernement yéménite, appuyé par Riyad et reconnu par la communauté internationale. Dans la matinée et le début d’après-midi de ce mercredi 12 août, les Houthis ont ainsi pilonné une nouvelle fois le port Mokha, tenu par l’armée yéménite, et d’autres positions loyalistes. À titre de représailles, les forces gouvernementales yéménites ont bombardé à l’artillerie lourde les centres et les points de rassemblement des Houthis sur le front de Maarib, tandis que des drones attaquaient les véhicules militaires et les fortifications de la milice pro-iranienne à Taez. Un haut responsable yéménite a indiqué mercredi après-midi que «des dizaines de miliciens houthis ont été tués ou blessés au cours de ces opérations, sur plusieurs fronts». La chaîne panarabe al-Hadath rapporte que «84 miliciens houthis ont été tués en six jours, dont vingt-huit hauts responsables». Notons que tard mardi soir, les Houthis ont lancé des missiles balistiques et des drones contre des forces saoudiennes à Maarib. La milice pro-iranienne a affirmé, en outre, avoir attaqué des dépôts de munitions et d’armes ainsi que des centres de commandement saoudiens. Une guerre psychologique D’une manière concomitante à la transposition de la tension militaire sur le terrain yéménite, une sorte de guerre psychologique semble aller crescendo entre les deux protagonistes du conflit. Le président Donal Trump a ainsi qualifié une fois de plus les dirigeants iraniens de «menteurs» et de personnages «fourbes», soulignant qu’il n’avait pas confiance dans le régime des mollahs. Le président Trump a affirmé par ailleurs que «les Gardiens de la révolution sont à bout de souffle, ils sont décimés et en fuite». Et le chef de la Maison Blanche d’ajouter qu’il est exclu que la République islamique puisse «jouer les trouble-fête au Moyen-Orient». «L’Iran n’est plus le tyran du Moyen-Orient», a-t-il affirmé. Les Gardiens de la révolution, de leur côté, ont été plus agressifs et belliqueux dans leurs déclarations. Ils ont d’abord indiqué qu’aucune discussion n’était en cours avec les Américains au sujet d’une prolongation du cessez-le-feu, ajoutant qu’en réalité «il n’existe pas de cessez-le-feu pour qu’il soit question de sa prolongation». Le conseiller du commandant des Pasdaran a été plus explicite au niveau des intentions iraniennes sur ce plan. Reflétant sans doute la radicalisation du directoire de la République islamique après les récentes nominations de six officiers supérieurs à des postes-clés militaires et sécuritaires, il a ainsi souligné très explicitement que le corps des Gardiens de la révolution islamique est passé d’une «doctrine défensive à une doctrine offensive et doit se préparer à mener des opérations sur un terrain étranger». Et d’ajouter en clarifiant encore plus la nouvelle posture des Pasdaran: «L’une des voies qui pourrait être suivie est de prolonger cette guerre jusqu’à arriver au prochain mandat présidentiel (aux États-Unis), de manière à les avoir à l’usure (…). Les intérêts économiques dans le monde peuvent être facilement détruits.» Et de préciser en outre que «le nombre de missiles que nous produisons quotidiennement est supérieur au nombre de missiles que nous lançons par jour». L’UE et vingt-six États demandent l’arrêt des exécutions en Iran Alors que ce haut responsable des Pasdaran faisait état d’une nouvelle «stratégie offensive», le ministère koweïtien de l’Intérieur a indiqué mercredi après-midi que le département de la Sécurité de l’État a déjoué «un complot terroriste qui visait des infrastructures vitales dans le pays». Parallèlement, et dans le même registre de la transposition de la tension sur le territoire d’autrui, le commandant de la «Brigade de Jérusalem» (relevant des Pasdaran), Ismaïl Qaani, en visite à Bagdad, a déclaré mercredi que la décision du nouveau gouvernement irakien portant sur le monopole des armes aux mains de l’État «constitue un coup de poignard assené dans le dos de l’Iran». Le responsable iranien aurait demandé aux milices irakiennes inféodées à la République islamique de s’opposer à cette politique de monopole des armes suivie par le pouvoir en place à Bagdad. Reste à signaler que l’Union européenne et vingt-six autres États ont publié un communiqué conjoint demandant au régime des mollahs de mettre un terme immédiatement aux exécutions de jeunes et de ressortissants iraniens ayant participé aux dernières manifestations dans plusieurs régions de la République islamique.

Les dernières nominations militaires en Iran, indices d’une radicalisation accrue

Le feu qui couve sous la cendre… Au stade actuel, tel semble être la perception que le camp iranien radical chercherait à entretenir à plus d’un niveau. Sur le plan des opérations militaires, d’abord… La milice yéménite des Houthis, qui représente l’un des principaux proxys du régime des mollahs dans la région, a ainsi poursuivi mardi, 11 août, son entreprise de déstabilisation dans la zone de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb. Elle a notamment lancé trois missiles balistiques contre un navire commercial yéménite qui traversait ce détroit. L’attaque des Houthis a été particulièrement meurtrière. Elle s’est soldée, parmi les membres de l’équipage, par quatre tués, trois Pakistanais et un Indonésien, et quatre blessés. Selon le ministère yéménite du Transport, la milice pro-iranienne a en outre lancé un quatrième missile durant les opérations de secours, «dans le but d’accroître le nombre de victimes», affirme le ministère qui ajoute que les attaques des Houthis contre les navires commerciaux «menacent l’approvisionnement de millions de Yéménites en produits alimentaires». De manière quasiment concomitante, les forces américaines déployées dans la région du Golfe ont attaqué pour leur part dans le détroit d’Ormuz un navire qui tentait de briser le blocus naval imposé par l’armée US aux ports iraniens. Des tirs ont été dirigés contre le navire qui était aux couleurs du Panama. La restructuration de l’appareil militaire iranien Parallèlement à ces opérations militaires ponctuelles, ce sont les dernières nominations au niveau du haut commandement des Gardiens de la révolution islamique et des forces armées iraniennes qui constituent surtout un indice sérieux du fait que le feu couve peut-être sous la cendre. Il ressort en effet des analyses et commentaires rapportés par divers médias iraniens que les six officiers supérieurs qui ont été désignés lundi à des postes-clés au sein du commandement des Pasdaran et des forces armées représentent l’aile radicale du régime des mollahs. Les mêmes sources, citées par le site d’information libanais al-Janoubiya (proche de l’opposition chiite hostile au Hezbollah), indiquent que les promotions en question reflètent manifestement un durcissement de la part des décideurs iraniens qui auraient procédé à ces nominations pour accroître la posture offensive et dissuasive du régime. Il reste que le ministre pakistanais de la Défense a déclaré mardi en fin de journée que les Etats-Unis et la République islamique sont proches de la conclusion d’un accord susceptible de mettre fin au conflit actuel. Cette déclaration coïncide avec la visite effectuée mardi par le ministre pakistanais de l’Intérieur à Téhéran. Ce n’est, certes, pas la première fois que les responsables pakistanais expriment leur optimisme quant à «l’imminence» d’une sortie de crise dans la région, mais cet optimisme s’accompagne, depuis quelques jours, d’un bémol dans les positions en flèche adoptées généralement par le président Donald Trump. Le chef de la Maison Blanche a souligné en effet à plusieurs reprises ces derniers jours qu’il privilégiait, au stade actuel, l’arme des pressions économiques maximales contre le régime, plutôt qu’une relance des opérations militaires à grande échelle. Il n’en demeure pas moins que le président américain a, une fois de plus, exprimé des critiques acerbes à l’égard des dirigeants iraniens, soulignant que les négociateurs du régime sont «particulièrement fourbes du fait qu’ils approuvent certaines mesures, lors des discussions, qu’ils s’emploient ensuite à démentir publiquement devant les correspondants de presse». Notons sur un tout autre plan, que le tribunal pénal de Damas a prononcé mardi des peines de mort contre l’ancien président et dictateur syrien Bachar el-Assad, son frère Maher et leur cousin Atef Najib pour crimes contre l’humanité et tueries préméditées. Le tribunal a décidé en outre d’engager des poursuites internationales contre eux. Ces condamnations ont provoqué des manifestations de joie dans la capitale syrienne.

La région entre dans un temps mort, Téhéran réorganise son directoire
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Publicado
août 10, 2026 - 23:46

La région semble s’être engagée dans une longue «pause», dans un temps mort appelé peut-être à durer jusqu’aux deux échéances électorales de l’automne, en Israël puis aux États-Unis. Des foyers de tensions itinérants persistent cependant, mais ils restent contrôlés. La semaine qui s’ouvre s’inscrit ainsi dans le prolongement de la précédente, sur les plans politique et militaire. Pas de positions en flèche, ni du côté américain, ni du côté israélien, alors que les propos du président américain, Donald Trump, dimanche sur l’Iran, continuent d’alimenter les spéculations sur un éventuel changement de stratégie de Washington. Seul Téhéran, engagé dans un processus de restructuration interne, a brisé l’accalmie, en répondant directement au locataire de la Maison Blanche. Dans une interview au site américain, Axios, dimanche, Donald Trump a comparé le bras de fer avec la République islamique à «une partie d’échecs», après avoir écarté un recours à la force pour la contraindre à rouvrir le détroit d’Ormuz. Trump hausse le ton Il reste que pour la première fois depuis une dizaine de jours, le président Trump a repris lundi ses attaques médiatiques contre le pouvoir iranien, soulignant qu’il a l’intention de demander au régime des mollahs d’indemniser «les familles des manifestants tués au cours des 50 dernières années». Et le chef de la Maison Blanche d’aller plus loin sur ce plan en indiquant que «l’Iran doit assumer la responsabilité des dégâts et des morts subis par les populations du Liban, de Syrie, du Yémen et de Gaza». La position du président américain à cet égard est visiblement une réponse à l’attitude des Gardiens de la révolution iranienne qui ont posé six conditions aux Américains pour la réouverture du détroit d’Ormuz, dont notamment le versement par Washington d’indemnisations à l’Iran à titre de compensation pour les dégâts provoqués en Iran par les bombardements américains. Téhéran a ironisé par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, qui a affirmé que les Iraniens étaient des «joueurs d’échecs professionnels». Une façon de dire que la République islamique aura le dernier mot dans le conflit en cours, alors que les spéculations allaient bon train, lundi, sur les implications du changement de stratégie américaine, Washington ayant renoncé pour le moment à l’option militaire contre l’Iran au profit de pressions économiques accrues. En privilégiant les pressions économiques, les États-Unis misent-ils sur une implosion de la République islamique? Essaient-ils de calmer le jeu pour éviter des secousses internes avant les élections partielles de novembre? Cherchent-ils à gagner du temps en attendant de reconstituer leurs stocks d’armes et de munitions? Autant de questions qui ont alimenté les analyses politico-médiatiques en ce lundi. Ce qui est sûr en revanche, c’est que les négociations indirectes entre Téhéran et Washington sont interrompues et qu’un accord irano-omanais autour de la gestion du détroit d’Ormuz, présenté jeudi comme étant imminent par les deux parties, peine à voir le jour. Au cours d’un entretien téléphonique qu’ils ont eu, lundi, les deux ministres iranien et pakistanais des Affaires étrangères ont parlé de tout, sauf des négociations indirectes américano-iraniennes, qui se déroulaient par l’intermédiaire d’Islamabad. Le seul élément confirmé reste la reprise du conflit yéménite, la milice pro-iranienne des Houthis étant de nouveau engagée à fond dans une guerre contre les forces gouvernementales yéménites et l’Arabie saoudite. Une guerre à mettre sur le compte du bras-de-fer, plus large, dans lequel l’Iran est engagé, avec les pays de la région qui accueillent des bases américaines, pour essayer de s’imposer comme une puissance régionale incontournable. Six nominations de poids à Téhéran Si les armes de manière globale se sont tues, l’état de ni guerre ni paix dans lequel la région est plongée est mis à profit par Téhéran pour reconstituer son directoire, militaire notamment. Selon divers médias iraniens et panarabes, le guide suprême Mojtaba Khamenei a nommé Ahmad Vahidi, commandant des Gardiens de la révolution islamique (les Pasdarans). Cinq autres ont été également nommés à des postes-clés militaires: Ali Abdollahi, chef d’état-major des forces armées, Kiyomars Heidari, vice-chef d’état-major des forces armées, Mostafa Izadi, vice-commandant des Gardiens de la révolution islamique, Ali Azmaei, commandant des forces navales des Pasdarans et Hussein Taeb, commandant de la milice paramilitaire des Bassidjs. Téhéran avait déjà nommé Mohsen Rezaï, ancien commandant des Gardiens de la révolution, au poste de secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, en remplacement de Mohammad Bagher Zolghadr. Toute la question reste de savoir si cette restructuration est accompagnée d’une reconstitution de la structure militaire iranienne, au moment où Israël menace de frapper la République islamique si elle reconstruit son arsenal nucléaire et balistique. Téhéran mise sur le repli américain Pour l’heure, Téhéran semble miser sur le repli stratégique américain ainsi que sur les désaccords qui continuent d’apparaître entre Washington et Tel Aviv, pour essayer de se remettre sur pied. Selon divers médias israéliens, les rapports entre Donald Trump et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ne sont pas au beau fixe. Washington privilégierait les solutions politiques et souhaiterait un retrait israélien de Gaza et du Liban. Il voudrait également que Tel Aviv freine ses menaces contre l’Iran, selon ces médias qui indiquent qu’un message en ce sens aurait été transmis par le commandant du Centcom, l’amiral Brad Cooper, aux autorités israéliennes. Mais Tel Aviv aurait rejeté les trois demandes. Israël conteste, notamment, le plan américain pour Gaza. Idem pour le Liban où l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires dans la partie qu’elle contrôle au sud du pays et où l’incertitude règne autour du huitième round des pourparlers directs, appelé à se tenir au début du mois de septembre à Rome. Le président libanais, Joseph Aoun, en a discuté lundi avec le chef de la délégation libanaise, Simon Karam. Selon diverses informations, l’affaire de la carte publiée dimanche sur X – puis retirée – par le ministère israélien des Affaires étrangères, représentant une partie du Liban-Sud comme annexée au territoire israélien, serait évoqué au cours de la prochaine rencontre libano-israélienne, d’autant que Beyrouth insiste pour un retrait total, progressif, israélien, de la partie méridionale du pays.

Téhéran pose six conditions à Washington pour débloquer le détroit d'Ormuz

C’est un calme précaire – et troublant – qui règne depuis près de 48 heures sur l’ensemble de la zone du Levant et du Golfe, après les attaques lancées en début de semaine par la milice yéménite pro-iranienne des Houthis contre des positions saoudiennes, à la frontière entre le Yémen l’Arabie saoudite, ou aussi contre les secteurs tenus par les forces yéménites loyalistes, relevant du gouvernement reconnu par la communauté internationale. Ces unités loyalistes devaient lancer dans la nuit de vendredi et à l’aube de samedi des attaques d’envergure contre les positions des Houthis. Le seul développement notable, sur le plan sécuritaire, intervenu en cette journée de samedi 8 août aura été l’attaque menée par les Gardiens de la révolution islamique iranienne contre un pétrolier des Émirats arabes unis dans la région du détroit d’Ormuz. Les Émirats ont stigmatisé cette attaque, soulignant qu’il s’agit là d’un acte de « piraterie iranienne ». Plus tard dans la journée, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie ont vivement condamné l’agression iranienne. L’Arabie saoudite a fait assumer à l’Iran la responsabilité de «la poursuite des agressions ignobles et des attaques contre les navires». De son côté, le Qatar a souligné la «nécessité de mettre un terme aux agressions iraniennes injustifiées». Les Pasdarans haussent le ton Parallèlement à ce développement d’ordre sécuritaire, la journée de samedi a été marquée par trois prises de position d’une importance vitale qui résument à elles seules la situation présente relative à la crise du détroit d’Ormuz. En milieu de journée, samedi, le porte-parole des Gardiens de la révolution islamique iranienne a ainsi souligné sans détours que le rétablissement de la libre circulation maritime au détroit d’Ormuz dépendait de la soumission des Etats-Unis aux conditions de l’Iran. En soirée, le Haut Conseil national de sécurité – l’instance suprême qui prend actuellement les grandes décisions stratégiques – a publié un communiqué définissant explicitement six conditions posées aux États-Unis pour la réouverture du détroit d’Ormuz: l’arrêt de toutes les menaces et insultes proférées contre l’Iran; l’arrêt définitif de toutes les guerres en Iran, au Liban, en Irak, au Yémen et en Palestine; la levée du blocus imposé aux ports iraniens et le retrait de toutes les forces américaines du voisinage de l’Iran; le versement de compensations pour les dommages causés par les échanges de tirs; la levée de toutes les sanctions; le déblocage de manière inconditionnelle de tous les avoirs gelés. Les confidences du président Dans ce contexte, le président iranien Massoud Pezechkian a déclaré samedi sans ambages que «la décision de guerre et de paix est entre les mains des Gardiens de la révolution islamique». «La décision d’arrêter la guerre ou de la poursuivre est entre les mains du commandement militaire iranien», a souligné le président iranien. Ces propos impliquent l’éclipse, voire la disparition, du rôle du Guide suprême de la Révolution islamique à qui il revient, sur le plan du principe, de prendre de telles décisions à caractère stratégique. En milieu de semaine, convient-il de rappeler, le président Pezechkian avait déclaré que les contacts avec le Guide Mojtaba Khamenei étaient devenus extrêmement difficiles. Fait révélateur de la profonde crise socio-économique à laquelle est confronté l’Iran: le président iranien a relevé, dans sa déclaration de samedi, qu’il «n’est plus facile désormais d’introduire des marchandises dans le pays, et nous devons emprunter d’autres voies pour atteindre ce but». En tout état de cause, les milieux politiques étaient dans l’attente, samedi soir, de la réaction du président Donald Trump aux conditions que lui posent les Pasdaran pour accepter la réouverture du détroit d’Ormuz.

Une alliance militaire sunnite face à l’Iran
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Publicado
août 8, 2026 - 00:17

Depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les monarchies pétrolières du Golfe en paient le prix fort : à défaut de pouvoir atteindre Tel-Aviv ou Washington, la République islamique n’a pas hésité à cibler ses voisins arabes, sous prétexte qu’ils abritent des bases américaines, pourtant largement évacuées. Résultat : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, pourtant considéré comme un allié de l’Iran, mais aussi Oman et la Jordanie ont été pris pour cible. Récemment, Téhéran a activé ses proxys en Irak et au Yémen, les milices chiites irakiennes et les Houthis yéménites, qui ont visé les infrastructures pétrolières saoudiennes. Par ailleurs, d’autres menaces pèsent sur l’économie même des pays arabes, avec le blocage du détroit d’Ormuz, seul débouché maritime du Golfe persique, et celui du détroit de Bab el-Mandeb, porte d’entrée de la mer Rouge. Cette guerre larvée n’est pas sans rappeler, une fois encore, la tiédeur du grand allié américain envers ses « protégés » arabes… L’annonce faite par ces trois alliés de Washington envoie ainsi un message à Téhéran, mais aussi aux États-Unis, perçus comme un partenaire de moins en moins fiable, selon des experts. Le modèle de l’Otan Partant de ce constat, on ne peut que comprendre les motifs qui ont poussé l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie à conclure, vendredi à La Mecque, un pacte de défense liant les trois pays. « L’accord vise à renforcer la dissuasion collective contre tout acte d’agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre eux tous », a précisé le ministère pakistanais des Affaires étrangères, la Turquie y voyant une « contribution importante à la préservation de la paix » dans la région. Les trois pays musulmans sunnites ont en commun de participer aux efforts de règlement du conflit entre l’Iran et les États-Unis, qui a embrasé la région et ébranlé l’économie mondiale. Une puissance nucléaire et la deuxième armée de l’Otan L’Arabie saoudite et le Pakistan sont en outre déjà liés par un accord de défense mutuelle conclu en septembre 2025, fruit d’une longue tradition de coopération militaire. Son annonce avait suscité de nombreuses interrogations, Islamabad possédant la bombe atomique. Vendredi, Riyad a nié tout lien avec « des ambitions nucléaires » et assuré, comme Ankara, que ce pacte ne visait aucun pays de la région. Par ailleurs, la Turquie a affirmé que l’accord avec Islamabad et Riyad n’était « pas en contradiction » avec les engagements d’Ankara vis-à-vis de l’Otan. Ankara a en outre répété que cette entente tripartite, signée un peu plus tôt à La Mecque, « ne cible aucun pays tiers ni aucun bloc » et ne vise qu’à « renforcer la coopération dans l’industrie de défense, les formations militaires, le partage de technologies et la stabilité régionale ». La Turquie possède la deuxième armée de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord en nombre d’hommes, dont elle couvre le flanc oriental, et a accueilli début juillet le sommet de ses dirigeants, auquel participait notamment le président américain Donald Trump. Pôle sécuritaire contre investissements Selon un analyste cité par l’AFP, cette annonce conforte les ambitions saoudiennes de devenir le parrain de la sécurité régionale et de diversifier ses partenariats en matière de défense. Une sécurité sérieusement menacée récemment par la rivalité avec les Émirats arabes unis, rivalité qui a risqué de se transformer en conflit ouvert au Yémen, bien avant la guerre en Iran. Pour la Turquie, par ailleurs membre de l’Otan, et le Pakistan, il s’agit de gagner en influence et d’attirer les investissements saoudiens. Ce rapprochement « est clairement orienté contre l’Iran », relève auprès de l’AFP Oumar Karim, spécialiste de l’Arabie saoudite à l’université de Birmingham. L’enjeu des détroits Pour lui, l’alliance « vise à répondre à la nouvelle approche stratégique » de Téhéran, « qui entend dominer l’ensemble de la région du Golfe et contrôler le trafic maritime dans les voies navigables stratégiques, qu’il s’agisse du détroit d’Ormuz ou du détroit de Bab el-Mandeb ». Pour l’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, l’ouverture de ces passages maritimes est essentielle. La mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb étaient devenus des voies de substitution alors que l’Iran verrouille de nouveau le détroit d’Ormuz depuis la reprise des affrontements avec les États-Unis en juillet. Mais les Houthis yéménites, soutenus par l’Iran, ont récemment imposé un blocus aux navires saoudiens et menacent également la navigation à Bab el-Mandeb, de l’autre côté de la péninsule Arabique. Outre le front maritime, l’Arabie saoudite a été ciblée sur son territoire par les Houthis, qui ont visé ces dernières semaines des infrastructures pétrolières. La coalition menée par Riyad, alliée du gouvernement du Yémen depuis 2015, a également accusé vendredi les rebelles d’avoir mené des bombardements dans la région frontalière de Najran, faisant 11 blessés civils, une attaque sans précédent dans le royaume depuis la trêve conclue en 2022 entre les deux camps.