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L'Essentiel du jour

De Rome à Ormuz, les négociations progressent mais les incertitudes persistent

C’est la journée des pourparlers par excellence. À Rome, la troisième et dernière réunion du septième round de négociations directes entre Beyrouth et Tel Aviv a pris fin sur une note plus ou moins positive mais toujours pas concluante. Dans le Golfe, Téhéran et Mascate seraient sur le point d’annoncer un accord provisoire sur la navigation dans le détroit d’Ormuz. Dans les deux cas, un dénouement n’est certainement pas pour bientôt, d’autant que le problème de fonds, c’est-à-dire le pouvoir déstabilisateur de l’Iran dans la région, et plus particulièrement celui des milices pro-iraniennes, persiste, comme l’a relevé à juste titre le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chibani, en visite jeudi à Ankara. Les développements récents au Yémen confirment également cette thèse. Jeudi, la milice des houthis a revendiqué des attaques contre les forces gouvernementales en réponse, selon son chef, au récent renforcement des troupes yéménites appuyées par l'Arabie saoudite. Ces attaques ont fait au moins 38 morts, bilan le plus meurtrier depuis le cessez-le-feu de 2022, qui avait mis fin à plus de sept ans d'une guerre dévastatrice dans ce pays de la péninsule arabique. Assaad Chibani a annoncé, après son entretien avec son homologue turc, Hakan Fidan, que Damas et Ankara sont d’accord pour «soutenir les efforts visant à renforcer la stabilité en Irak et au Liban», partant du principe que «le rétablissement du monopole des armes dans ces deux pays favoriserait la stabilité dans l’ensemble de la région». Il a dans le même temps souligné l’importance d’«un renforcement de la coordination sécuritaire avec les pays voisins, et du contrôle des frontières afin de faire face aux menaces posées par les groupes armés opérant en dehors de l'autorité de l'État». Alors que l'Irak est pleinement engagé dans un processus, certes complexe, de désarmement des milices, lesquelles auraient récemment redéployé leurs forces sur le terrain sur fond de craintes d'une nouvelle escalade sécuritaire dans le pays, le Liban semble avoir mis une sourdine à ce dossier. Pour Beyrouth, la priorité reste le Liban-Sud et toute la problématique qui entoure les conséquences désastreuses de la guerre dans laquelle le Hezbollah a entraîné le pays. Selon les informations relayées par les médias libanais au sujet du dernier round de pourparlers directs, étalé sur trois jours et réparti sur trois réunions, politique, juridique et militaire, la délégation libanaise a insisté pour la poursuite du retrait graduel israélien de la partie méridionale du pays, sur base de l’accord bilatéral de juin et de l’arrêt des opérations militaires. Aucun accord définitif n'a pu être trouvé sur le dossier des «zones pilotes» qui se limitent aujourd’hui à trois et que Beyrouth souhaite étendre à de nouveaux secteurs, dont Zawtar al-Charkieh. L’agence al-Markaziya , qui cite des sources du palais présidentiel de Baabda, précise que la délégation israélienne a demandé une présentation détaillée des secteurs proposés afin d'en examiner les caractéristiques géographiques. Le document libanais doit être remis à l’autorité politique en Israël, selon al-Markaziya qui, citant les mêmes sources, précise qu’en revanche, un accord a pu être trouvé sur les références et les procédures qui devraient encadrer les mécanismes de coordination entre les trois parties (libanaise, israélienne et américaine) pour la phase d'application du reste du mécanisme. Les deux délégations ont également bouclé le dossier du «tiers garant», c’est-à-dire la partie qui doit s’assurer sur le terrain que les mesures prises sont conformes aux dispositions de l’accord libano-israélien de juin. Elles se sont accordées sur une liste «restreinte» de candidats parmi lesquels sera choisie l'entité appelée à assumer ce rôle. Elles ont également convenu de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies afin d'obtenir l'adoption d'une nouvelle résolution qui servira de cadre juridique à la période consécutive au mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Le dossier des prisonniers, longuement examiné, s’avère plus problématique puisqu’il porte sur un échange, selon les mêmes sources. Le Liban dispose d’une liste précise de noms qu’il a remis à la délégation israélienne laquelle lui a transmis à son tour une liste des noms d’Israéliens et de juifs libanais portés disparus. Or Beyrouth ne dispose pas de données à ce sujet. Quoi qu’il en soit, les discussions de Rome sont considérées «positives», selon Baabda. Des démarches sont même en cours afin d'associer le Comité international de la Croix-Rouge au processus. Les pourparlers reprendraient le 1 er septembre. Cette date demeure toutefois provisoire. Elle sera confirmée en fonction de l'évolution des contacts diplomatiques et des préparatifs des dossiers sous examen. Grâce à une intervention américaine, les négociations de Rome n’ont pas été compromises par l'escalade militaire au Liban-Sud, où l’armée israélienne a mené des raids violents successifs contre Mansouri et Bourj Chemali, dans le caza de Tyr. Cette recrudescence de la violence qui a suivi la mort de deux soldats israéliens dans un bâtiment piégé à Majdal Zoun, a pu être réglé dans le cadre du mécanisme de suivi instauré depuis le 27 novembre dernier, après la funeste «guerre de soutien» au Hamas, également lancée par le Hezbollah contre Israël. En marge des négociations, le président de la République, Joseph Aoun, a reconnu devant les journalistes accrédités à Baabda que «le chemin sera long» avant d’arriver à un accord qui mettrait le Liban à l’abri de nouvelles destructions, mais que l’État est «déterminé à le poursuivre». Un accord irano-omanais? Au niveau régional, l’Iran et le sultanat d’Oman sont semble-t-il sur le point d’annoncer un accord sur la gestion de la navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon la chaîne panarabe, Al-Hadath, l’accord en question, dont Washington serait informé, consiste à contraindre les navires à emprunter un couloir longeant l’Iran à l’aller et les côtes omanaises au retour, moyennant des frais dits de service. Les discussions seraient dans leur phase finale, selon le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, cité par l'agence de presse officielle Irna. Cependant, toute réouverture d’Ormuz, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui impose un blocus aux ports iraniens, a-t-il précisé. Or cette réouverture risque d’être problématique si les informations fournies par l’agence iranienne Fars se confirment. Selon cette plateforme, un projet de loi est actuellement sous étude au Parlement iranien pour que les navires battant pavillon israélien ou américain, ainsi que ceux relevant des pays qui accueillent les bases américaines, soient interdits de passage. Ce développement, s’il se confirme, serait un indicateur supplémentaire des dissensions iraniennes internes, lesquelles seraient à l’origine, selon le vice-président américain JD Vance, des complications au niveau des pourparlers bilatéraux qui, apparemment, se poursuivent indirectement, via les médiateurs qatari et pakistanais. L’ancien président iranien, Hassan Rouhani, a dans ce cadre violemment critiqué «une minorité qui cherche à entraîner le pays vers une guerre», tandis que des informations relayées par divers médias font état de nominations et de tentatives de restructuration censées asseoir l’autorité de l’aile dure en Iran.

Négociations avec Israël; acte d’accusation prochainement sur le 4 Août: le retour de l’État

Le septième round des pourparlers directs libano-israéliens a démarré mardi à Rome, au siège de l’ambassade des États-Unis. Les discussions, présentées comme étant ardues, seront étalées sur trois jours, au cours desquels les deux délégations libanaise et israélienne doivent s’entendre sur la suite du mécanisme prévu pour un retrait progressif des forces de Tel Aviv et un déploiement de l’armée. Un sujet sur lequel Beyrouth insiste particulièrement alors que la priorité de l’État hébreu reste le mécanisme prévu par le Liban pour le désarmement du Hezbollah. Ce groupe pro-iranien est de nouveau monté au créneau mardi, fustigeant les autorités libanaises et s’en prenant en particulier au président de la République, Joseph Aoun. Après un silence qui a duré près d’un mois, le chef du Hezb, Naïm Qassem, s’est permis d’accuser le président de «partialité» et de faire le jeu d’Israël. Il a stigmatisé sa politique qui «consiste (selon lui) à faire des concessions gratuites à Israël, et à servir les intérêts de cet État et non du Liban». Ce discours méritait facilement d’avoir pour titre: «Les pourparlers libano-israéliens vu par Téhéran», à qui Naïm Qassem a rendu hommage, soit dit en passant. Pour lui, le salut du Liban ne peut passer qu’à travers le mémorandum d’entente irano-américain, ce qui concrètement signifie qu’aux yeux du Hezb, le Liban doit rester sous la coupe du régime des mollahs. Une perspective qui reste hors de question pour les autorités libanaises, engagées à fond, au contraire, dans un processus qui doit affranchir le Liban de toute tutelle et redonner à l’État ses lettres de noblesse. Le chef du gouvernement, Nawaf Salam, s’est d’ailleurs fait l’écho de cette constante libanaise, en répondant vertement au porte-parole de l’Iran au Liban, qu’il a remis à sa place, en soulignant, dans un message sur son compte X, qu’ «un groupe qui a spolié la décision de guerre et de paix et le rôle de l’État au profit d’un axe étranger (auquel il appartient) est le dernier à avoir le droit de donner des leçons de patriotisme». Pour le président du Conseil, si quelqu’un a rendu service à Israël, c’est bien le Hezbollah. M. Salam a rappelé à cet égard les guerres «absurdes» dans lesquelles ce groupe a entraîné «unilatéralement» le pays, au mépris de l’intérêt national, donnant ainsi à Israël «un prétexte pour attaquer le Liban, détruire ses villages, tuer et déplacer la population, et bafouer sa souveraineté». Une page nouvelle avec la Syrie Le discours de Naïm Qassem s’est cependant distingué par l’annonce d’une volonté hezbollahie d’ouvrir une nouvelle page avec le régime d’Ahmad el-Chareh en Syrie, que son groupe avait pourtant combattu, aux côtés des forces de Bachar el-Assad, durant la guerre de 2011. Cette volonté d’ouverture tactique ne peut s’expliquer que par l’affaiblissement et l’isolement d’un Hezbollah qui semble prêt à tout pour survivre. Car, coup de malchance, le terrain a montré mardi que la formation pro-iranienne espère maintenir son couloir d’approvisionnement avec l’Iran via la Syrie. Pendant que Naïm Qassem chantait les louanges d’une nouvelle page entre sa formation et Damas, l’armée libanaise annonçait la saisie, dans le secteur frontalier du côté d’Ersal, dans la Békaa, de roquettes de type Grad, destinées au Hezb et qui étaient acheminées en contrebande à partir de la Syrie. Il s’agit de la énième saisie d’armes acheminées vers la formation pro-iranienne, parallèlement à la découverte de tunnels et de voies de passages frontaliers illégaux, ayant tous la même finalité: le trafic d’armes et de drogue. La commémoration du 4 Août Autre coup de malchance pour le Hezb: cette saisie coïncide avec la sixième commémoration de l’explosion apocalyptique du port de Beyrouth, le 4 août 2020, où étaient stockées des centaines de tonnes de nitrate d’ammonium. En annonçant, le 28 juillet 2026, la découverte de près de 4.000 tonnes de cette même matière explosive, près du village de Houla, au Liban-Sud, la Finul a conforté les soupçons, nourris pendant des années, de liens entre le Hezb et l’affaire très louche, du stockage de 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth (contrôlé à l’époque par le Hezb), dont quelques centaines seulement avaient explosé le 4 août 2020. L’acte d’accusation que le juge d’instruction près la Cour de Justice, Tarek Bitar, doit publier d’ici décembre, selon le bâtonnier Imad Martinos, devrait faire la lumière sur cette affaire que de nombreux responsables, sous le mandat de l’ancien président Michel Aoun, ont cherché à étouffer par tous les moyens. Son successeur, Joseph Aoun, a, au contraire, pressé le magistrat de rendre public, au plus vite, l’acte d’accusation qui a été soumis à l'avocat général près la Cour de cassation, Mohammed Saab. Ce dernier doit rendre son réquisitoire, après avoir examiné le document, analysé les charges, et donner son avis écrit sur la suite à donner à la procédure, avant de le remettre à Tarek Bitar. Depuis l’accession de Joseph Aoun à la tête de l’État et la désignation de Nawaf Salam pour diriger le gouvernement, l’affaire de l’explosion du 4 août suit une trajectoire judiciaire normale. Marquera-t-elle la fin de l’impunité au Liban? Nombreux sont ceux qui l’espèrent. En tout cas, le comportement des autorités reflète un sérieux dans le suivi. Un deuil national a été décrété dans le pays où les drapeaux ont été mis en berne, notamment au palais présidentiel, pendant que des ministres participaient aux rassemblements organisés à la mémoire des victimes. Lors du rassemblement organisé en fin d’après-midi, près du port, à l’heure où l’explosion s’était produite, les parents des victimes ont annoncé qu’ils poursuivront leur mobilisation jusqu’à ce que toute la vérité soit faite sur cette affaire et que les responsables soient sanctionnés. Un accord sur Ormuz? Sur le plan régional, c’est une impression de déjà-vu qui a marqué la journée de lundi, avec l’annonce d’un accord imminent sur le détroit d’Ormuz, alors que tous les accords précédents conclus et signés entre les États-Unis et l’Iran n’ont pas été respectés par le régime iranien. C’est dans ce cadre que les deux médiateurs qatari et pakistanais ont fait état d’«efforts en cours» pour que Washington et Téhéran reprennent leur dialogue, tandis que les États-Unis annonçaient un prochain accord pour rouvrir le détroit d'Ormuz, au cœur de la reprise des hostilités ces dernières semaines. Cet accord pourrait intervenir «mardi ou mercredi», selon le Secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Le Secrétaire d’État, Marco Rubio, devait le confirmer un peu plus tard. Selon le Qatar, ces efforts sont menés sans discussions directes prévues entre les deux parties. Quoi qu’il en soit, la tension persiste dans la région où les Houthis yéménites ont ciblé l'aéroport de Najran en Arabie saoudite. Dans la nuit de lundi à mardi, un cargo qui tentait de franchir le détroit d’Ormuz, a été frappé par un projectile qui a déclenché un incendie. Un membre de l'équipage est porté disparu, selon la société de sécurité britannique Vanguard.

Trump annonce des négociations, l’Iran le dément
Par
Taline Becharraoui
Publié
août 3, 2026 - 22:02

Ce lundi 3 août est resté marqué par les suites de l’annonce faite par le président américain Donald Trump, la veille, de suspendre les frappes de grande envergure contre l’Iran qui étaient prévues le week-end écoulé. Le président américain avait pourtant annoncé que ces frappes seraient «les plus puissantes depuis la Seconde Guerre mondiale». Lundi matin, le président Trump a effectivement annoncé des négociations avec l’Iran, lundi soir. Mais Téhéran, par la voix du porte-parole des Affaires étrangères, s’est empressé de démentir le chef de la Maison Blanche, assurant ne mener des pourparlers qu’avec Oman pour la répartition des tâches dans le détroit d’Ormuz. En soirée, c’était au tour de Trump de reprendre le ton belliqueux face à l’Iran. «Les autorités iraniennes sont fourbes comme pas possible», a-t-il lancé. L’Iran «a le choix entre un accord ou une capitulation totale», a-t-il affirmé, cité par l’AFP. Par ailleurs, le rôle de l’Arabie saoudite dans le nouveau revirement opéré par le président Trump la veille se précise. Un communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères a annoncé que le ministre Fayçal ben Farhan s’était entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi. Le texte ajoute que les deux hommes ont discuté de la «désescalade». Cet appel fait écho à celui qu’avait fait dans la nuit de samedi à dimanche le prince héritier Mohammad Ben Salman à Trump, afin de privilégier la diplomatie et de geler les frappes contre Téhéran. Par ailleurs, malgré les apparences, les contacts diplomatiques iraient bon train en coulisses. Selon la MTV, Araghchi a longuement discuté des perspectives diplomatiques avec son homologue pakistanais, le principal médiateur depuis le début des négociations irano-américaines. Les regards étaient tournés lundi également vers Gaza, où le Conseil de la paix devrait commencer à superviser le désarmement du Hamas. Des failles commencent à apparaître cependant dans ce processus: Israël, dans une première réaction à l’accord annoncé par Trump et approuvé par le Hamas, a fait part à Washington de ses «inquiétudes». «La version rendue publique ne reflète pas la position d'Israël», a déclaré le porte-parole du bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Doron Spielman, dans des propos repris par l’AFP. La délégation libanaise en route pour Rome Au Liban, on s’apprête à un septième round de négociations directes avec Israël qui devrait se dérouler mardi à Rome, à l’ambassade des États-Unis. Ces pourparlers se tiennent dans une atmosphère de plus en plus tendue en raison des opérations israéliennes continues au sud, et des critiques qui s’amplifient contre le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam. Les différends semblent augmenter entre les délégations elles-mêmes, les Libanais exigeant des résultats et des annonces portant sur de nouvelles zones-pilotes. Celles-ci devraient paver la voie à un retrait israélien progressif et à un déploiement de l’armée libanaise. Mais les Israéliens semblent peu enclins à envisager de nouveaux retraits. Sans compter l’approche des élections législatives qui rend le Premier ministre israélien peu disposé à de nouvelles concessions pouvant lui coûter des voix. Reste à signaler une déclaration de l’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth Michel Issa. Celui-ci s’est d’emblée félicité, dans un message sur X, du fait que les pourparlers «se poursuivent» à Rome. Il a assuré que les textes des accords sont une chose, et leur application en est une autre. Il a ainsi mis en garde contre toute «précipitation» dans la mise en place de cet accord, afin que, a-t-il ajouté, on finisse bien par protéger les populations que l’on veut protéger. Un message aux Libanais pour réduire leurs exigences? Les prochaines négociations le montreront.

Frappe majeure contre l'Iran: Washington alerte ses ressortissants
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LevantTime .
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août 2, 2026 - 01:53

Fausse alerte ou vrai bluff ? Plusieurs déclarations alarmantes ont été faites samedi soir sur l’imminence d’une attaque américaine de grande envergure contre l’Iran. La reprise des affrontements début juillet a fait dérailler le protocole d'accord signé mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix. Jeudi, le Pakistan, pays médiateur, a affirmé que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade, en particulier concernant le détroit d'Ormuz. L'Iran et les Etats-Unis ont repris cette semaine leurs échanges de frappes nocturnes après plusieurs jours d'accalmie, mais aucune attaque n'a été signalée depuis la nuit de vendredi à samedi. Mais face à la stagnation de la situation, et en l’absence d’une sincère volonté de négociation de la part de Téhéran, l’administration Trump veut en finir avec une situation politique et sécuritaire tendue dont les conséquences économiques se font sentir dans le monde entier. L’alerte la plus sérieuse est venue des ambassades américaines dans plusieurs pays du Moyen-Orient qui ont mis en garde samedi les citoyens américains contre une possible "escalade" du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à partir, le président Donald Trump ayant menacé de frapper l'Iran avec force. Selon des médias américains, Washington envisage de nouveaux bombardements massifs ce weekend, notamment contre des infrastructures énergétiques, mais d'après le média américain CBS, qui cite plusieurs sources anonymes, Donald Trump n'aurait toutefois pas encore donné son feu vert. Le président américain a de nouveau menacé vendredi de frapper "très fort" l'Iran, qui depuis la reprise des hostilités début juillet, a recommencé à viser des pays alliés de Washington et des installations américaines dans la région. Les messages lançant une alerte aux ressortissants US, dont des versions ont été publiées samedi sur les réseaux sociaux des ambassades à Amman, Abou Dhabi, Jérusalem, Mascate, Koweït, Bagdad, Ryad, Doha et Beyrouth, invitent les ressortissants américains à vérifier les informations relatives à leurs vols et à suivre les consignes de sécurité des autorités locales. "Les Américains au Moyen-Orient doivent actuellement faire preuve de prudence et d'une vigilance accrue et se préparer à d'éventuelles annulations de vols, à des fermetures périodiques de l'espace aérien et à des perturbations potentielles des déplacements", précise l'alerte. Au Liban, le personnel non-essentiel de l'ambassade a été relocalisé. "Le régime iranien est imprévisible, comme l'ont montré ses récentes décisions d'attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d'étendre ses attaques à des zones qui n'avaient pas été visées auparavant (comme l'Egypte)", indique un message publié sur les sites des ambassades. Mercredi, un drone a frappé un navire gazier appartenant à une société américaine, amarré dans un port égyptien. L'Egypte mène une enquête mais n'a, à ce stade, accusé aucun groupe d'être à l'origine de l'attaque. L'armée iranienne a, de son côté, accusé Washington d'"attiser les tensions" dans la région et averti: "Tout pays servant de bouclier défensif à l'Amérique criminelle et agressive sera englouti par les flammes de la guerre".

Les explosions du Beaufort provoquent une onde de choc politique
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LevantTime .
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août 1, 2026 - 00:43

Les explosions ont provoqué des ondes équivalentes à celles d'un séisme de magnitude 3,2: l'armée israélienne a procédé, dans la nuit de jeudi à vendredi, à des explosions massives près de la forteresse de Beaufort, dans le sud du Liban, suscitant des condamnations du président Joseph Aoun et du Premier ministre Nawaf Salam. Le chef de l'État est même allé jusqu'à dénoncer «une escalade extrêmement dangereuse» et «une menace directe» pour la mise en œuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous l'égide des États-Unis. Alors que les États-Unis avaient confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus, la présidence a déploré, dans un communiqué, que «le timing de ces agressions envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité», à quelques jours de ces nouvelles négociations. 700 tonnes d'explosifs Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné «les agressions israéliennes continues dans le Sud, sous forme d'explosions, de bombardements et de destructions méthodiques», y compris «les atteintes aux sites archéologiques». (AFP) Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit «les tunnels terroristes dans la région de Beaufort» à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs. Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après «la violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah», mercredi. L'armée israélienne avait accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays. (AFP) Le château de Beaufort, datant de l'époque des Croisés et situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la Liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco. Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions «pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse», dont l'ampleur «ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain», actuellement impossible. Photo aérienne prise par l’Armée du Levant en 1936 et colorisée par l’IA. (Wikimedia Commons) Riad Salamé placé en détention dans un hôpital Sur un autre plan, l'ancien gouverneur de la Banque centrale libanaise, Riad Salamé, accusé de détournement de fonds, a été placé en détention sous surveillance policière dans un hôpital, où il a été admis après un malaise. Gouverneur de la Banque du Liban (BDL) de 1993 à juillet 2023, Riad Salamé, 76 ans, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, mais a toujours nié toute malversation. Il devait comparaître jeudi dans le cadre d'une plainte déposée par le nouveau gouverneur, Karim Souaid, pour détournement de fonds de l'institution, enrichissement illicite et blanchiment d'argent. Ne s'étant pas présenté à l'audience, Riad Salamé a dans la foulée fait l'objet d'un mandat d'amener émis par un juge, mais a finalement décidé de se rendre de son plein gré au tribunal, accompagné de son avocat, a précisé une source judiciaire. Il a ensuite « eu un malaise alors qu'il se rendait au Palais de justice », a ajouté cette source, précisant que l'audience avait été reportée sine die. Plus tard, après que les autorités n'ont pu le localiser ni à ses adresses déclarées ni dans un hôpital, le procureur général près la Cour de Cassation a émis contre lui un nouveau mandat. Riad Salamé a finalement été retrouvé vendredi dans un hôpital situé en dehors de Beyrouth. Le juge a ordonné de « renforcer les mesures de sécurité dans l'aile où il séjourne » ainsi qu'aux entrées de l'établissement, et de le considérer comme étant « en détention », a ajouté la source judiciaire. Riad Salamé est accusé par ses détracteurs d'être l'un des principaux responsables de l'effondrement financier du Liban. Gaza: le Hamas confirme un accord sur son désarmement Sur le plan régional, le Hamas a confirmé vendredi avoir accepté un accord prévoyant son désarmement et un retrait israélien progressif de Gaza, deuxième étape du plan initié par les États-Unis pour mettre fin à la guerre entre le mouvement islamiste palestinien et Israël. Près de vingt-quatre heures après son annonce par Donald Trump, qui s'offre une percée diplomatique majeure alors que les États-Unis restent empêtrés dans la guerre avec l'Iran, le gouvernement israélien n'avait toujours pas réagi officiellement à l'accord. Le ministre israélien d'extrême droite Itamar Ben Gvir l'a toutefois dénoncé comme étant « inacceptable pour Israël ». L'accord, une feuille de route en quinze points publiée vendredi par le «Conseil de paix», prévoit la cessation des opérations militaires des deux parties ainsi que l'entrée dans le territoire du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), chargé de gérer la vie quotidienne durant la période de transition. Cette structure, composée de technocrates palestiniens, est actuellement basée en Égypte, Israël l'empêchant d'accéder à Gaza. Le NCAG prendra progressivement en charge, selon un calendrier défini, le processus de démantèlement et de stockage des armes lourdes du Hamas, de ses sites de production militaire, de ses dépôts d'armes et de ses tunnels, sans qu'aucune arme ne soit remise à Israël ni à des organisations non palestiniennes. L'opération sera liée à un retrait progressif d'Israël. La mise en œuvre de l'accord sera supervisée par un Comité international de vérification (IVC). Le texte prévoit également le déploiement temporaire à Gaza de la Force internationale de stabilisation (ISF), en cours de formation dans le cadre du plan de Donald Trump, afin de surveiller le respect du cessez-le-feu et de garantir l'acheminement de l'aide humanitaire. Le haut représentant pour Gaza au «Conseil de paix», Nikolaï Mladenov, a souligné que «le retrait israélien devait aller de pair avec le désarmement». L'accord, annoncé deux jours après la rencontre entre Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison-Blanche, a nécessité «des mois de très difficiles négociations», a-t-il relevé. Dans l'étroit territoire surpeuplé, où la situation humanitaire demeure très préoccupante, les habitants oscillent entre scepticisme et espoir. Les forces israéliennes occupent plus de 60 % du territoire, séparé de la zone contrôlée par le Hamas par une «ligne jaune» de démarcation.

Les Pasdaran étendent le champ de leur capacité de nuisance
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LevantTime .
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juil. 31, 2026 - 00:22

Jour après jour, l’aile radicale du régime iranien – du moins, telle que la qualifie certains milieux occidentaux – s’emploie à afficher ses moyens d’étendre progressivement sa capacité de nuisance à de nouvelles zones du Moyen-Orient. Dans le prolongement de la réactivation de leur milice yéménite, les Houthis, en vue de prendre en otage le détroit de Bab el-Mandeb et la voie maritime correspondante de la mer Rouge (après le détroit d’Ormuz), les Pasdaran ont tenu à montrer qu’ils ont «la main longue» au niveau de la portée de leurs missiles. Ils ont ainsi attaqué au moyen d’un drone bourré d’explosifs le port de Damiette, en Égypte, atteignant deux navires – dont l’un américain – de stockage de gaz. Un incendie s’est déclaré sur ces deux navires. Le gouvernement égyptien a fait assumer à l’Iran la responsabilité de cette attaque, laquelle a été vivement condamnée par le secrétaire général de la Ligue arabe qui l’a qualifiée d’agression «inacceptable» contre Le Caire. Parallèlement, les Gardiens de la révolution ont lancé cinq missiles contre la Jordanie – agression vivement stigmatisée par le Qatar – et ont attaqué une fois de plus le Koweït où le bâtiment d’une entreprise chinoise a été touché de plein fouet et gravement endommagé par l’explosion qui a fait un mort parmi les ouvriers. En réaction, la Chine a invité les protagonistes à mettre un terme sans délai à l’escalade militaire. Signe de l’extension du conflit à de nouveaux acteurs: le ministère saoudien de la Défense a organisé à Riyad une réunion élargie qui a regroupé les chefs d’État-major (ou leurs représentants) de 43 pays. L’objectif de ces assises était de donner le coup d’envoi à la mise sur pied d’une vaste «alliance maritime de la Défense». Le ministère saoudien a indiqué qu’il s’agit là d’une initiative internationale visant à assurer la sécurité et la liberté de navigation sur les voies maritimes. Il convient de rappeler dans ce cadre que l’aviation saoudienne, en collaboration avec les forces aériennes américaines, ont effectué au début de cette semaine des raids contre des positions des Houthis, au Yémen, en signe de représailles aux tirs de missiles (avortés) que la milice yéménite pro-iranienne avait tenté d’effectuer contre les installations saoudiennes d’Aramco. Notons à ce propos que selon des sources citées par la chaîne arabophone al-Hadath , c’est à partir du territoire irakien, et grâce à la complicité de milices irakiennes pro-iraniennes, que les Houthis ont lancé les missiles en direction du territoire saoudien. C’est la première fois depuis le déclenchement de ce conflit que l’armée saoudienne s’implique directement dans les opérations militaires contre les alliés de l’Iran. Au début du mois de juillet, le Koweït et Bahreïn avaient bombardé des positions en Iran, avec l’appui et la couverture aérienne assurée par les Émirats arabes unis, ce qui avait constitué le premier indice d’une participation active des pays du Golfe dans la guerre contre l’Iran. Cette propension des Pasdaran à vouloir étendre autant que possible le conflit armé à de nouvelles zones du Moyen-Orient a poussé le président Donald Trump a donné dans la nuit de mercredi à jeudi son feu vert à une nouvelle vague de raids aériens contre des positions, des infrastructures et des dépôts de munitions relevant des Gardiens de la révolution dans plusieurs régions iraniennes. Le commandement central américain devait indiquer jeudi que «des dizaines de positions des Gardiens de la révolution ont été visées avec succès au cours de ces raids». Selon des informations en provenance d’Israël, Washington aurait informé jeudi soir les autorités israéliennes que de nouveaux bombardements aériens massifs contre les quartiers généraux et les centres des Pasdaran devraient être lancés dans la nuit de jeudi. Seul point positif dans ce sombre tableau régional: l’annonce, jeudi, d’un accord, avalisé par le Hamas, visant à remettre les armes lourdes à un comité international qui se chargera de collecter et de stocker les armes du Hamas, conformément au processus de solution à Gaza qui avait été élaboré par le président Trump. Aoun à Ankara C’est dans ce contexte régional en pleine mutation que le président Joseph Aoun a effectué jeudi une visite éclair à Ankara où il a tenu une réunion avec le président Recep Tayyip Erdogan qui a souligné à cette occasion que son pays est disposé à contribuer à la consolidation de la sécurité au Liban. Le chef de l’Etat a regagné Beyrouth jeudi soir et la présidence de la République a indiqué, dans un communiqué de presse, que la coopération entre les deux pays portera, notamment, sur un soutien à l’armée, la fourniture de maisons préfabriquées pour les déplacés du Sud, ainsi que sur une aide dans les domaines de l’énergie électrique, du transport aérien et du développement des infrastructures de base. Le président Aoun a adressé au président Erdogan une invitation à visiter le Liban.

L’Iran fait feu de tout bois et active les milices irakiennes
Par
LevantTime .
Publié
juil. 30, 2026 - 00:26

Le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, le Hamas à Gaza… L’Iran a décidé mardi de mobiliser son quatrième proxy majeur dans la région afin d’accentuer la pression sur les États-Unis et leurs alliés : l’Irak, où la République islamique continue d’entretenir une nébuleuse de groupes armés encadrés par les Gardiens de la révolution. Washington a en effet annoncé mercredi des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, elle-même visée plus tôt par des missiles tirés depuis le territoire irakien. Ces attaques, menées dans plusieurs villes d'Irak, ont fait 20 morts — dont cinq Iraniens — et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et regroupant plusieurs groupes armés pro-iraniens. Si Donald Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient «coordonnées avec le gouvernement irakien», la présidence irakienne a dénoncé une «violation flagrante de la souveraineté de l'Irak». Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté «un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins». Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être à l'origine des tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite. Il reste que le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué mercredi que «des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak». Téhéran a condamné les frappes menées dans le pays voisin. Sa télévision d'État a fait état, dans l'après-midi de mercredi, de bombardements américains sur une ville située à la frontière avec l'Irak. Par ailleurs, l'armée américaine a annoncé avoir intercepté des missiles visant ses forces «basées au Moyen-Orient» et tirés depuis l'Iran. La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest de l’Iran. La Jordanie, alliée de Washington et déjà ciblée par Téhéran, a indiqué pour sa part, tôt mercredi, avoir abattu cinq missiles en provenance d'Iran. Les Gardiens de la révolution ont revendiqué à ce sujet une attaque de missiles contre «une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis». Face à ces agressions iraniennes répétitives, le président américain Donald Trump a déclaré, selon des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News, que les États-Unis allaient frapper «fort» l'Iran après les tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui embrase le Moyen-Orient. Attaques houthies en mer Rouge Au Yémen, le gouvernement reconnu par l'Onu a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement stratégique situé à son extrémité sud. Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé, à l'aide de missiles, un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir «violé le blocus naval» qu'ils menacent d'imposer au royaume, premier exportateur mondial de brut. L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule Arabique. Les Gardiens de la révolution ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir intercepté et immobilisé trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitaient, avant la guerre, près de 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié. Ces nouvelles frappes sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par les attaques de leurs deux pays contre l'Iran le 28 février. Les origines du Hachd al-Chaabi Pour en revenir au rassemblement dit el-Hachd al-Chaabi, également connu sous le nom de Forces de mobilisation populaire, il a été créé en 2014 à la suite d'une fatwa du grand ayatollah Ali al-Sistani, la plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, appelant à combattre le groupe jihadiste État islamique (EI), qui avait alors conquis de vastes territoires du pays. Des groupes armés pro-iraniens se sont alors rassemblés et des milliers de volontaires ont rejoint les combats. Les combattants du Hachd al-Chaabi ont été largement entraînés par l'Iran et encadrés par des groupes soutenus par Téhéran, qui avaient déjà combattu les forces américaines après l'invasion de l'Irak en 2003 et la chute de Saddam Hussein. Leurs activités étaient supervisées par le général Qassem Soleimani, chef de la Force al-Qods — la branche chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution — tué dans une frappe américaine à Bagdad en 2020. En 2016, une loi a intégré le Hachd al-Chaabi aux forces armées et de sécurité irakiennes. Un an plus tard, il a contribué, aux côtés de celles-ci et avec l'appui de la coalition internationale dirigée par Washington, à la défaite de l'État islamique. Depuis l'invasion de 2003, les États-Unis ont conservé une influence majeure en Irak. Mais leur intervention a également favorisé l'expansion de l'influence iranienne, avec l'accession de leurs alliés chiites aux plus hautes sphères du pouvoir à Bagdad. Depuis lors, l'Irak est devenu l'un des principaux théâtres des affrontements par procuration entre Washington et Téhéran. Aujourd'hui, le Hachd al-Chaabi regroupe des dizaines de groupes armés, dont plusieurs brigades de puissantes factions pro-iraniennes classées organisations terroristes par les États-Unis. Certaines de ces factions sont accusées de percevoir des salaires de l'État tout en agissant de manière totalement autonome. Au fil des années, leur influence s'est accrue. Plusieurs groupes ont obtenu des sièges au Parlement, tandis que plusieurs de leurs dirigeants, dont le commandant du Hachd al-Chaabi, ont été visés par des sanctions américaines. Divers groupes armés pro-iraniens appartiennent également à la nébuleuse de la Résistance islamique en Irak, qui a revendiqué des centaines d'attaques contre des installations américaines dans la région depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Ils se réclament de l'« axe de la résistance « dirigé par Téhéran, qui regroupe également le Hezbollah libanais, le Hamas à Gaza et les Houthis au Yémen. Parmi les plus actifs figurent les Kataeb Hezbollah, qui ciblent depuis longtemps les intérêts américains en Irak et dont plusieurs commandants ont été tués lors de frappes américaines. D'autres groupes, comme les Kataeb Sayyid al-Shuhada et le mouvement Al-Nujaba, sont présents sur certaines bases du Hachd al-Chaabi tout en disposant de leurs propres installations, principalement destinées à la fabrication de drones. Ils disposent également de roquettes et seraient en possession de missiles balistiques à courte portée.

Iran: malgré leurs «divergences», Trump et Netanyahu resserrent les rangs
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LevantTime .
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juil. 29, 2026 - 00:57

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont tenu, mardi, une réunion qualifiée de «positive» par les deux parties, ce qui leur a permis de réaffirmer leur détermination à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Les deux dirigeants, engagés côte à côte dans leur campagne contre la République islamique, ont toutefois commencé à afficher leurs divergences depuis avril dernier. Le locataire de la Maison-Blanche privilégie désormais une solution diplomatique afin d'abréger une guerre plus longue que prévu qui risque de lui coûter politiquement, à l'approche des élections de mi-mandat (« midterms »). À l'inverse, le Premier ministre israélien entend aller jusqu'au bout de l'affrontement afin d'éliminer ce qu'il qualifie de menace « existentielle » que représente l'Iran. Dans une vidéo diffusée après la réunion, Benjamin Netanyahu a assuré avoir eu «la meilleure des conversations» avec Donald Trump, expliquant que leurs échanges avaient notamment porté sur leur «objectif commun: s'assurer que l'Iran ne se dote pas d'armes nucléaires». Pour autant, cet entretien à huis clos, qui a duré près d'une heure et demie et à l'issue duquel aucun des participants ne s'est exprimé devant la presse, ne dissipe pas totalement l'impression de divergences entre Washington et Jérusalem. Il s'agissait de leur première rencontre depuis le déclenchement de la guerre régionale au Moyen-Orient, et de leur huitième depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Washington affirme vouloir redonner une chance à la diplomatie avec Téhéran après deux semaines de bombardements d'une intensité inédite intervenus avant le cessez-le-feu d'avril. La visite de M. Netanyahu intervient à un «moment critique pour le Moyen-Orient», alors que l'Iran continue, selon Israël, de «privilégier le terrorisme plutôt que les négociations» et maintient le blocage du détroit d'Ormuz, a déclaré plus tôt mardi Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies. «Un type très difficile» Les relations entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu s'étaient fortement dégradées en avril, lors des premières négociations sur un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Le président américain s'en était alors vivement pris à son allié israélien, qu'il accusait de compromettre les efforts diplomatiques. Donald Trump avait notamment qualifié Benjamin Netanyahu de «type très difficile». Le Premier ministre israélien avait reconnu des «désaccords tactiques», tout en affirmant partager avec son homologue américain les mêmes objectifs stratégiques. Interrogé mardi matin sur des informations faisant état du renforcement des installations iraniennes dans la montagne Kolang («pioche» en persan), Donald Trump a répondu: «Je n'ai pas besoin que Bibi me dise cela. Il me le dit parce qu'il veut que je reste impliqué.» «Je sais exactement ce qui se passe à Kolang. Ce n'est pas un gros problème. Si nous ne parvenons pas à un accord, nous détruirons ces installations très facilement», a-t-il déclaré sur Fox News avant la rencontre. «L'enjeu principal est de montrer au monde entier, à l'Iran, mais aussi au Liban et à d'autres pays de la région, qu'il n'existe ni rupture ni désaccord majeur entre les États-Unis et Israël», a expliqué à l'AFP Yonatan Freeman, spécialiste des relations internationales à l'Université hébraïque de Jérusalem. Selon lui, les divergences éventuelles portent davantage sur les moyens, calendrier, intensité des opérations militaires ou objectifs immédiats, que sur les finalités. Contacts iraniens sur Ormuz avec Riyad et Mascate Parallèlement, Téhéran continue d'alterner opérations militaires et initiatives diplomatiques auprès de ses voisins arabes du Golfe, brouillant les lignes traditionnelles de la confrontation. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s'est ainsi entretenu séparément par téléphone avec ses homologues omanais, Badr al-Busaidi, et saoudien, Fayçal ben Farhane, du détroit d'Ormuz, selon la télévision d'État iranienne. « Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération et de faire progresser les efforts diplomatiques afin de rétablir la stabilité dans la région et de mettre fin à l'insécurité imposée dans le détroit d'Ormuz par les actes agressifs des États-Unis », selon la même source. Dans la soirée de mardi, Riyad a par ailleurs annoncé avoir intercepté des centaines de drones iraniens lors d'une attaque visant des installations pétrolières d’Aramco dans l'est du royaume… Suite des pourparlers de Rome Sur le plan libanais, les États-Unis ont confirmé la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome, du 4 au 6 août, dans le cadre de l'extension du mécanisme des « zones pilotes » sous supervision de l'armée libanaise. Ces réunions, essentiellement techniques, porteront sur l'élargissement du dispositif, le règlement des questions frontalières encore en suspens ainsi que l'élaboration d'un accord global de paix et de sécurité, a indiqué un responsable du département d'État américain à la chaîne Al-Hadath . «Nous abordons ce nouveau cycle de discussions entre le Liban et Israël avec un élan positif après le succès des zones pilotes», a ajouté ce responsable sous couvert d'anonymat. Le diplomate a également affirmé que la «rencontre fructueuse» entre les présidents Donald Trump et Joseph Aoun avait eu un impact positif sur les discussions libano-israéliennes. Malgré l'accalmie relative des combats, l'armée israélienne poursuit néanmoins des frappes ponctuelles dans le sud du Liban. Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, s'est même vanté mardi d'avoir détruit 24 villages libanais centenaires, avant d'ajouter que l’armée israélienne appliquait au Liban la même tactique qu'à Gaza, où près de 70 % de la bande côtière palestinienne aurait été détruite depuis le déclenchement des hostilités en octobre 2024… À Houla… encore du nitrate d'ammonium Sur le terrain, la Finul a annoncé mardi avoir découvert, début juillet, environ quatre tonnes d'explosifs à Houla, village du sud du Liban situé dans une zone sous occupation israélienne. Les Casques bleus «ont découvert 385 conteneurs abandonnés dans un bâtiment, renfermant environ 4 000 kilogrammes d'explosifs, principalement des composés à base de nitrate d'ammonium», a indiqué la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Des spécialistes de la Finul ont ensuite «neutralisé ce matériau afin de le rendre inoffensif et d'éliminer tout risque», sans préciser à qui appartenaient ces explosifs. Houla fait partie d'une bande d'environ dix kilomètres de profondeur en territoire libanais, le long de la frontière avec Israël, occupée par l'armée israélienne depuis la dernière guerre déclenchée début mars contre le Hezbollah. Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans le conflit régional le 2 mars en attaquant Israël au nom de son soutien à l'Iran, provoquant une vaste riposte israélienne terrestre et aérienne. La découverte de ces explosifs ravive inévitablement le traumatisme de l'explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020. Ce jour-là, près de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium entreposées sans précaution depuis plusieurs années avaient explosé, faisant plus de 220 morts, plus de 6 500 blessés et dévastant une grande partie de la capitale. Six ans plus tard, les enquêtes judiciaires et les expertises scientifiques visant à déterminer les causes de la catastrophe et les responsabilités continuent de piétiner, les magistrats et les experts faisant l'objet de fortes pressions politiques. De nombreux observateurs estiment que le Hezbollah porte une lourde responsabilité dans le stockage de cette matière explosive, la formation pro-iranienne exerçant alors une influence prépondérante sur le port de Beyrouth, principale porte d'entrée des armes iraniennes et de diverses marchandises de contrebande destinées à son financement.

L’Arabie saoudite cible des milices pro-iraniennes en Irak
Par
Taline Becharraoui
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juil. 27, 2026 - 22:57

Alors que la tension est en grande partie retombée au Moyen-Orient au niveau du conflit iranien, c’est le front yéménite qui semble le plus actif, en ce lundi 27 juillet, avec de nouvelles attaques des rebelles houthis contre les installations pétrolières en Arabie saoudite. Dans ce cadre, le royaume saoudien est la cible, au stade actuel, d’autres groupes pro-iraniens installés en Irak. Les Saoudiens ont intercepté des drones venus du territoire irakien et, dans le même temps, ils ont demandé aux autorités irakiennes d’empêcher ces attaques perpétrées par ces groupes «terroristes», d’autant que le nouveau gouvernement affiche sa volonté de mieux gérer sa situation interne. Encore une fois, l’Iran prouve qu’il utilise ses proxys sur base d’un plan bien huilé, profitant sans doute des atermoiements américains. Mais pourquoi cibler particulièrement l’Arabie saoudite à un moment d’accalmie relative ? D’autres incidents ont été également relevés depuis l’arrêt des bombardements américains contre l’Iran, vendredi dernier. La marine des Gardiens de la Révolution iranienne a ainsi indiqué, lundi, avoir empêché le passage de six navires qui voulaient emprunter le détroit d'Ormuz alors qu’ils tentaient de «transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes». Plus tôt dans la journée, la télévision d'Etat avait fait état d'un «incident» impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions, indique l’AFP. D’autre part, l’armée israélienne a annoncé avoir intercepté deux drones près de la frontière avec la Jordanie, sans qu’ils soient entrés en territoire israélien. Au sud du Liban, l’armée israélienne a accusé le Hezbollah de lancer au moins un drone dans la zone très disputée de Ali el-Taher, et de tenter d’y collecter des informations sur ses soldats. Plusieurs incidents sécuritaires ont été constatés dans cette zone lundi. Le parti chiite n’avait pas mené d’opérations depuis le cessez-le-feu décrété à Islamabad. Netanyahu à Washington Entre-temps, la Cisjordanie continue de s’embraser avec des clashs entre les colons et les habitants, et les tensions sont à leur comble. Autre incident préoccupant de ces dernières heures : l’attaque ukrainienne contre un navire iranien en mer caspienne, ayant fait des victimes, continue de susciter la polémique en Iran. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a non seulement critiqué sévèrement Kiev, dans un message sur X, mais il a accusé Israël d’avoir fomenté l’attaque en vue d’entraîner l’Europe dans le conflit iranien. C’est dans ce contexte particulièrement tendu que le Premier ministre israélien devait se rendre lundi à Washington où il doit être reçu, mardi par le président Donald Trump. A la veille de cet entretien, le journal israélien Israel Hayom a rapporté des informations selon lesquelles M. Netanyahu devrait fermement résister à toute pression américaine en vue d’un retrait de Gaza, de Syrie ou du sud du Liban. Selon le journal israélien, le Premier ministre affirmerait clairement que les besoins sécuritaires d’Israël devraient primer sur toute autre considération, alors que la région continue d’être secouée par des conflits superposés et de fragiles initiatives diplomatiques. Cette perspective devrait accentuer les différends entre les deux hommes, le président Trump ayant déjà demandé publiquement à M. Netanyahu de retirer ses troupes du Liban et de Syrie. Elle fragiliserait aussi les négociations en cours avec le Liban, qui devraient déboucher sur un retrait progressif de l’armée israélienne du sud du Liban, en parallèle à un déploiement de l’armée libanaise, sous condition d’une démilitarisation du Hezbollah dans ces zones appelées «pilotes». L’armée libanaise s’est déjà déployée dans un village du sud, mardi dernier, Zawtar el-Gharbiya, dans la région de Nabatiyeh. Pour le Liban officiel, représenté par le président de la République Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, qui persévèrent sur la voie des négociations directes avec Israël (le prochain round doit se tenir le 4 août à Rome), certaines déclarations israéliennes jusqu’au boutistes sont préjudiciables, même si elles s’inscrivent dans le cadre des surenchères liées à des calculs internes (échéances électorales) et internationaux. Ces attitudes israéliennes extrémistes sont d’autant plus déplorables que l’accord-cadre signé entre les parties libanaise et israélienne le 26 juin continue d’être la cible sur la scène libanaise de campagnes menées par l’axe iranien. Outre les traditionnelles critiques du Hezbollah, le président du Parlement et chef d’Amal, Nabih Berry, a fait une déclaration lundi dans laquelle il a renouvelé son rejet de toutes négociations directes avec Israël, se disant pessimiste concernant l’accord-cadre et estimant que le premier déploiement de l’armée libanaise à Zawtar el-Gharbiya le pousse à davantage de pessimisme. Il a plaidé pour un parrainage américain, saoudien et iranien, de la situation au Liban. Les négociations américano-iraniennes La journée de lundi a également été marquée par la visite du Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, à Beyrouth, au cours de laquelle il a déclaré que son bureau «a documenté des violations généralisées du droit international, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre». Recevant M. Türk à Baabda, le président libanais Joseph Aoun a affirmé que «les destructions continues perpétrées par les Israéliens au sud du Liban risquent de compromettre l’application de l’accord-cadre» libano-israélien. Notons enfin au niveau des négociations américano-iraniennes que l’Iran, par la voix de son porte-parole des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï, a nié qu’il n’y ait de quelconques négociations directes en cours avec les Etats-Unis, reconnaissant seulement des messages transmis via des médiateurs. Le responsable iranien en a profité pour fustiger les multiples déclarations américaines selon lesquelles les Iraniens chercheraient désespérément à revenir sur la table de négociations. Revenant en outre à son inqualifiable arrogance à l’égard des Etats-Unis, le ministère iranien des AE a souligné que «l’Iran ne permettra jamais aux Etats-Unis de décider du timing de la guerre ou de la paix»!

Le conflit iranien embrase de nouveaux fronts
Par
LevantTime .
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juil. 25, 2026 - 23:07

Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont ciblé samedi des sites pétroliers en Arabie saoudite en riposte à des frappes de Riyad, marquant une nouvelle intensification des hostilités sur un front supplémentaire de la guerre qui embrase le Moyen-Orient. Si les autorités saoudiennes sont restées silencieuses jusqu'à présent sur ce plan, les forces aériennes grecques, chargées d'opérer un système de défense aérienne en Arabie saoudite, ont annoncé avoir intercepté deux missiles et un drone lancés depuis le Yémen en direction de Yanbu. Après avoir multiplié ces derniers mois les frappes contre les pays du Golfe en représailles aux bombardements américains, Téhéran semble désormais ouvrir un nouveau front par l'intermédiaire de ses alliés houthis contre la coalition dirigée par Riyad. Ces nouveaux affrontements dans la zone stratégique de la mer Rouge, alors que le détroit d'Ormuz demeure verrouillé à l'autre extrémité de la péninsule Arabique, renforcent les inquiétudes concernant le transport mondial des hydrocarbures. Face à cette nouvelle escalade, Donald Trump a menacé cette semaine les Houthis et l'Iran d'une «punition militaire majeure». Le président américain a assuré laisser la voie diplomatique ouverte et poursuivre le dialogue avec les dirigeants iraniens, tout en affirmant qu'il pourrait infliger à la République islamique «un niveau bien pire» de frappes. Vendredi, plusieurs médias américains faisaient état de discussions portant sur une possible opération militaire de grande envergure. Bahreïn et le Koweït: une rare riposte du Golfe Depuis plusieurs semaines, l'Iran concentre ses frappes de représailles sur Bahreïn et le Koweït, deux pays qui accueillent des bases militaires américaines. Dotés de forces aériennes relativement modestes, équipées d'appareils américains et européens, ces deux États du Golfe ne souhaitent plus laisser Téhéran les frapper en toute impunité. Selon le Wall Street Journal de vendredi, Bahreïn et le Koweït ont secrètement envoyé des avions de chasse frapper des sites militaires en Iran, signant leur première riposte directe contre la République islamique. Menées au début du mois, ces opérations illustrent la prise de conscience des États arabes face à un conflit qui menace de les entraîner davantage. Les frappes auraient visé des dépôts de drones, des stocks de missiles ainsi que d'autres infrastructures militaires. Les Émirats arabes unis, qui avaient déjà participé à plusieurs opérations contre l'Iran au début du conflit, auraient fourni des renseignements sur les cibles ainsi qu'une couverture aérienne défensive, signe d'une coopération militaire arabe de plus en plus étroite face à Téhéran, selon les mêmes sources. En Iran, la répression se poursuit En dépit du cessez-le-feu conclu en avril, les exécutions de manifestants, de membres de groupes interdits et d'espions présumés se poursuivent en Iran. Il s'agit, selon les organisations de défense des droits humains, d'une tentative des autorités d'empêcher l'émergence d'un nouveau mouvement de contestation comparable à celui de janvier dernier. La récente reprise des hostilités inquiète davantage encore ces organisations, qui redoutent un durcissement supplémentaire de la répression afin de réduire toute contestation au silence. Les autorités iraniennes accusent les personnes exécutées d'avoir participé à des attaques meurtrières contre les forces de sécurité ou ciblé des bâtiments publics. Les ONG dénoncent toutefois des procès arbitraires et expéditifs, ainsi que des actes de torture. Ces affaires ne représenteraient que la partie émergée de l'iceberg. Selon Iran Human Rights (IHR), près de 400 personnes ont été exécutées depuis le début de l'année, principalement dans des affaires de meurtre ou de trafic de drogue. Avec 2150 exécutions recensées l'an dernier, l'Iran occupait une nouvelle fois la deuxième place mondiale derrière la Chine, selon Amnesty International. Les tensions gagnent de nouveaux fronts Les foyers de crise continuent ainsi de se déplacer à travers le Moyen-Orient, où demeure la crainte d'une reprise, à tout moment, de la guerre entre Washington et Téhéran. Les deux camps affirment être prêts à un nouveau cycle d'affrontements, tandis que les perspectives d'un retour au dialogue paraissent de plus en plus limitées au regard du durcissement de leurs positions respectives. Israël, pour sa part, affirme être prêt à reprendre ses frappes contre la République islamique en cas d'attaque iranienne contre son territoire ou si Washington donnait son feu vert à une opération militaire de grande ampleur. Dans ce contexte, la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington, au début de la semaine prochaine, revêt une importance particulière. Le bureau du chef du gouvernement israélien a annoncé vendredi que M. Netanyahu serait reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, mettant ainsi fin aux spéculations alimentées depuis plusieurs semaines sur une détérioration des relations entre les deux dirigeants. Cette rencontre devrait leur permettre d'examiner les différentes options susceptibles de mettre un terme à un conflit qui s'enlise, tout en empêchant Téhéran de reconstituer ses capacités militaires ou de reprendre l'initiative diplomatique en position de force. Autre signe de la possibilité d'une reprise des hostilités, l'ambassade des États-Unis en Israël a appelé les ressortissants américains présents dans le pays à «suivre de près l'évolution de la situation et à se préparer à une possible perturbation du trafic aérien». Affrontements meurtriers en Cisjordanie En Cisjordanie, les habitants du village palestinien de Tell ont enterré samedi quatre hommes tués la veille lors d'affrontements avec des colons israéliens. Les violences avaient éclaté vendredi après l'entrée dans le village d'une vingtaine de colons venus de l'implantation voisine de Havat Gilad. Selon l'armée israélienne, un Palestinien s'est emparé de l'arme d'un colon avant de tuer l'un d'eux. Des échanges de tirs ont ensuite éclaté, faisant quatre morts palestiniens et un deuxième mort israélien. Israël a immédiatement lancé une vaste opération de sécurité, bouclant le secteur et fermant les barrages routiers dans toute la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967. Les violences se sont fortement intensifiées en Cisjordanie depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Les attaques de colons et les raids de l'armée israélienne contre les villages palestiniens sont devenus quasi quotidiens. Ces exactions sont régulièrement documentées par des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, parfois par leurs propres auteurs. Après ce qu'il a qualifié d'«attentat meurtrier» ayant coûté la vie à deux Israéliens, Benjamin Netanyahu a promis d'agir «avec fermeté» et annoncé «l'accélération de la légalisation d'avant-postes» de colonies. Ces avant-postes, constitués le plus souvent de quelques caravanes ou bâtiments préfabriqués construits sans autorisation officielle, visent à créer des faits accomplis sur le terrain. Deux sites inscrits en urgence au patrimoine en péril Signalons sur un autre plan, que les forteresses de Jabal Amel, dans le sud du Liban, ainsi que le site archéologique de Sébastia, en Cisjordanie, ont été inscrits vendredi en urgence à la fois sur la Liste du patrimoine mondial et sur celle du patrimoine mondial en péril, de l'Unesco. Les cinq forteresses de Jabal Amel sont situées dans une région du Liban-Sud régulièrement bombardée par Israël depuis le début du conflit. Les «éléments constitutifs» de ces ouvrages fortifiés, datant du XIIe siècle et construits sur des collines dominant les environs, ont subi des dommages et restent exposés à des menaces liées au conflit armé en cours, «suffisamment graves pour justifier le recours à une procédure d'urgence», souligne l'Unesco. Retour progressif à Zawtar el-Gharbiyé Au Liban, enfin, un timide signe d'accalmie est apparu dans le Sud. Les habitants de Zawtar el-Gharbiyé ont commencé à regagner progressivement leur village, sous la supervision de l'armée libanaise, qui s'y est déployée conformément à l'accord-cadre conclu le 26 juin entre Beyrouth et Israël. Ce retour laisse penser que la mise en œuvre de cet accord progresse, malgré la poursuite des opérations de dynamitage menées par l'armée israélienne dans d'autres secteurs du Liban-Sud. Le retrait progressif des forces israéliennes demeure toutefois conditionné au déploiement complet de l'armée libanaise et au démantèlement des infrastructures paramilitaires du Hezbollah. En Syrie, Guterres appelle à un soutien international Notons, sur le plan diplomatique, qu’en visite en Syrie pour la première fois, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé samedi la communauté internationale à soutenir ce pays engagé dans une phase de transition après plus d'une décennie de guerre civile et l'installation de nouvelles autorités. Aux côtés du président Ahmad al-Chareh, il a également plaidé pour le respect de la souveraineté syrienne, en référence aux incursions israéliennes dans le sud du pays. Cette visite constitue la première d'un secrétaire général de l'Onu en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute, fin 2024, du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition de groupes rebelles.