
Trump hausse le ton et stigmatise le comportement du régime des mollahs


Nous sommes loin des déclarations (faussement) optimistes des hauts responsables pakistanais ou même des dirigeants américains qui faisaient état régulièrement de «contacts positifs» avec les négociations iraniennes et, souvent aussi, de l’imminence d’un accord entre les deux protagonistes du conflit iranien.
Le président Donald Trump a, certes, mis en mode «pause» les bombardements aériens contre les positions, les infrastructures et les entrepôts des Gardiens de la révolution islamique. Mais ce n’est nullement le cas du régime des mollahs qui, à l’évidence, met à profit cette accalmie pour reprendre son souffle, réorganiser ses troupes et reconstituer, autant que faire se peut, son arsenal offensif, tout en transposant le «front» et les opérations militaires sur le territoire d’une partie tierce, celui du Yémen.
Dans ce cadre, la milice yéménite des Houthis, inféodée à Téhéran, a poursuivi au cours des dernières vingt-quatre heures ses attaques contre l’Arabie saoudite et les positions ou centres névralgiques tenus par le gouvernement yéménite, appuyé par Riyad et reconnu par la communauté internationale. Dans la matinée et le début d’après-midi de ce mercredi 12 août, les Houthis ont ainsi pilonné une nouvelle fois le port Mokha, tenu par l’armée yéménite, et d’autres positions loyalistes.
À titre de représailles, les forces gouvernementales yéménites ont bombardé à l’artillerie lourde les centres et les points de rassemblement des Houthis sur le front de Maarib, tandis que des drones attaquaient les véhicules militaires et les fortifications de la milice pro-iranienne à Taez. Un haut responsable yéménite a indiqué mercredi après-midi que «des dizaines de miliciens houthis ont été tués ou blessés au cours de ces opérations, sur plusieurs fronts». La chaîne panarabe al-Hadath rapporte que «84 miliciens houthis ont été tués en six jours, dont vingt-huit hauts responsables».
Notons que tard mardi soir, les Houthis ont lancé des missiles balistiques et des drones contre des forces saoudiennes à Maarib. La milice pro-iranienne a affirmé, en outre, avoir attaqué des dépôts de munitions et d’armes ainsi que des centres de commandement saoudiens.
Une guerre psychologique
D’une manière concomitante à la transposition de la tension militaire sur le terrain yéménite, une sorte de guerre psychologique semble aller crescendo entre les deux protagonistes du conflit. Le président Donal Trump a ainsi qualifié une fois de plus les dirigeants iraniens de «menteurs» et de personnages «fourbes», soulignant qu’il n’avait pas confiance dans le régime des mollahs.
Le président Trump a affirmé par ailleurs que «les Gardiens de la révolution sont à bout de souffle, ils sont décimés et en fuite». Et le chef de la Maison Blanche d’ajouter qu’il est exclu que la République islamique puisse «jouer les trouble-fête au Moyen-Orient». «L’Iran n’est plus le tyran du Moyen-Orient», a-t-il affirmé.
Les Gardiens de la révolution, de leur côté, ont été plus agressifs et belliqueux dans leurs déclarations. Ils ont d’abord indiqué qu’aucune discussion n’était en cours avec les Américains au sujet d’une prolongation du cessez-le-feu, ajoutant qu’en réalité «il n’existe pas de cessez-le-feu pour qu’il soit question de sa prolongation».
Le conseiller du commandant des Pasdaran a été plus explicite au niveau des intentions iraniennes sur ce plan. Reflétant sans doute la radicalisation du directoire de la République islamique après les récentes nominations de six officiers supérieurs à des postes-clés militaires et sécuritaires, il a ainsi souligné très explicitement que le corps des Gardiens de la révolution islamique est passé d’une «doctrine défensive à une doctrine offensive et doit se préparer à mener des opérations sur un terrain étranger». Et d’ajouter en clarifiant encore plus la nouvelle posture des Pasdaran: «L’une des voies qui pourrait être suivie est de prolonger cette guerre jusqu’à arriver au prochain mandat présidentiel (aux États-Unis), de manière à les avoir à l’usure (…). Les intérêts économiques dans le monde peuvent être facilement détruits.» Et de préciser en outre que «le nombre de missiles que nous produisons quotidiennement est supérieur au nombre de missiles que nous lançons par jour».
L’UE et vingt-six États demandent l’arrêt des exécutions en Iran
Alors que ce haut responsable des Pasdaran faisait état d’une nouvelle «stratégie offensive», le ministère koweïtien de l’Intérieur a indiqué mercredi après-midi que le département de la Sécurité de l’État a déjoué «un complot terroriste qui visait des infrastructures vitales dans le pays».
Parallèlement, et dans le même registre de la transposition de la tension sur le territoire d’autrui, le commandant de la «Brigade de Jérusalem» (relevant des Pasdaran), Ismaïl Qaani, en visite à Bagdad, a déclaré mercredi que la décision du nouveau gouvernement irakien portant sur le monopole des armes aux mains de l’État «constitue un coup de poignard assené dans le dos de l’Iran». Le responsable iranien aurait demandé aux milices irakiennes inféodées à la République islamique de s’opposer à cette politique de monopole des armes suivie par le pouvoir en place à Bagdad.
Reste à signaler que l’Union européenne et vingt-six autres États ont publié un communiqué conjoint demandant au régime des mollahs de mettre un terme immédiatement aux exécutions de jeunes et de ressortissants iraniens ayant participé aux dernières manifestations dans plusieurs régions de la République islamique.