


La trêve de 60 jours entre les États-Unis et l’Iran prendra fin dans trois jours, sans qu’aucune indication officielle sur les intentions des deux parties n’ait été fournie.
Les canaux de communication entre Téhéran et Washington restent interrompus mais il semble que les médiateurs, notamment le Pakistan, s’activent pour obtenir une prolongation du cessez-le-feu prévu par le mémorandum d’entente américano-iranien, conclu à la mi-juin.
Les deux belligérants semblent disposés à prolonger la trêve, sans qu’une éventuelle rallonge soit, à ce stade, assortie de conditions particulières, selon diverses sources médiatiques concordantes.
La statu quo régional est ainsi appelé à durer, sans qu’il ne soit possible de déterminer, au vu du durcissement de ton des deux côtés, ce qui pourrait les amener à reprendre le dialogue.
Washington considère que le blocus naval qu’il impose à la République islamique est en train de produire son effet et Téhéran estime de son côté qu’en continuant de perturber le trafic maritime international sur le détroit d’Ormuz, il pourra contraindre les États-Unis à revoir à la baisse les conditions qu’ils imposent à la République islamique, menacée cependant de nouvelles sanctions économiques.
Celles-ci devraient être annoncées la semaine prochaine, selon le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, et «viendraient s’ajouter au blocus naval imposé».
«Ce sera une combinaison d'un isolement économique comme le monde n'en a jamais vu et de la poursuite du blocus dans le détroit d'Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d'entrer ou de sortir des ports iraniens», a-t-il annoncé dans une interview télévisée sans donner davantage de précisions sur les mesures envisagées.
Cette pression s’explique notamment par la poursuite des attaques des Gardiens de la révolution contre les navires qui traversent le couloir sécurisé par les Américains à, Ormuz, ainsi que par les attaques continues des Houthis pro-iraniens contre des structures saoudiennes.
Dans le même temps, les États-Unis restent très présents sur le terrain. Le porte-avions USS George Washington, basé dans le Pacifique, est en route pour le Moyen-Orient, où il prendrait le relais de l’USS Abraham Lincoln, déployé depuis fin janvier.
L’information a été fournie par l’agence Associated Press, qui reprend un communiqué des forces navales américaines et qui explique ce redéploiement par les informations relatives à des problèmes de santé mentale et d’approvisionnement auxquels sont confrontés les militaires à bord de l’USS Abraham Lincoln.
Incertitude au Liban
Au Liban, la journée a été surtout marquée par une déclaration de l’ambassadeur des États-Unis, Michel Issa, au sujet de la présence israélienne au Liban-Sud.
Au terme d’un entretien avec le président de la Chambre, Nabih Berry, le diplomate a sans détours souligné, en réponse à une question, que les opérations militaires israéliennes, dont le dynamitage d’habitations et d’infrastructures civiles, ne prendront fin que lorsque le Hezbollah aura rendu ses armes.
Engagé dans des négociations directes avec Israël, le Liban pose comme condition principale pour faire avancer ces pourparlers la fin des démolitions en cours (stigmatisées jeudi par le Premier ministre, Nawaf Salam) et un retrait israélien progressif du sud du pays. La date du huitième round n’a toujours pas été fixée.
Michel Issa l’a confirmé, tout en assurant que celui-ci aura lieu. La date du 2 septembre avait été avancée après le septième round qui a eu lieu à Rome, mais elle devait être confirmée.
D’autres éléments compliquent la poursuite du dialogue, comme la question des zones pilotes qui fait toujours l’objet de discussions, notamment avec les responsables du Centcom et le responsable du comité de surveillance de la trêve, le général Joseph Clearfield. Ce dernier poursuit depuis mercredi des entretiens officiels au Liban.
Avec M. Issa, il s’était rendu auprès de Nabih Berry, puis auprès de Nawaf Salam. Selon l’ambassadeur américain, des échanges sont toujours en cours pour déterminer l’État qui sera désigné - parmi ceux qui avaient été retenus à Rome - pour vérifier que le travail mené par l’armée libanaise dans les zones pilotes est conforme aux dispositions de l’accord libano-israélien de juin dernier.
Il semble toutefois que les tractations vont bon train pour assurer une reprise des négociations libano-israéliennes, dans les délais. Si Michel Issa s’est félicité des progrès réalisés jusque-là, le Hezbollah continue de s’y opposer.
Son chef, Naïm Qassem, toujours déconnecté de la réalité, a repris ses attaques vendredi contre les autorités, dans un discours prononcé pour célébrer la «victoire» (!) de sa formation lors de la guerre, dévastatrice pour le Liban, de 2006. Dans ce discours-rengaine, il s’est permis encore une fois de menacer l’État, en affirmant que «la colère» de son groupe «peut à tout moment exploser»…