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Israël défie la Turquie sur le terrain syrien

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La base aérienne désaffectée d'Abou Dhouhour, dans la province d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie. (AFP)
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Par LevantTime .
Publié août 20, 2026 - 00:10

Plusieurs développements diplomatiques et militaires ont marqué la journée de mercredi au Moyen-Orient, avec un regain de tension entre Israël et la Turquie sur le dossier syrien, qui a connu un nouvel épisode mercredi, au lendemain du bombardement par l’aviation israélienne de la base aérienne d’Abou Dhouhour, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est prévalu mercredi d'avoir "clairement" signifié à la Turquie qu'elle ne devait pas installer une base en Syrie, reconnaissant implicitement la frappe de la veille.

Dans le même temps, le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, a averti que son pays ne tolérerait l’implantation d’aucune «force hostile» à proximité de ses frontières, lors d’une visite auprès des troupes israéliennes déployées dans le sud de la Syrie.

La visite du haut gradé intervient au lendemain du bombardement de la base aérienne d’Abou Dhouhour. Le gouvernement israélien accuse Damas d’avoir violé un accord entre eux, en autorisant le déploiement de troupes turques sur cette installation.

Ankara, dont les relations avec Israël sont tendues depuis plusieurs années, a rejeté ces accusations. L’ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, également envoyé spécial du président américain pour la Syrie, a de son côté condamné les frappes israéliennes, dénonçant une «escalade inutile».

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ces frappes sont intervenues après «la visite, ces derniers jours, d’une délégation militaire turque à l’aéroport dans le cadre des efforts en cours visant à le remettre en service».

 

Conférence de soutien à l’armée libanaise

 

Sur le dossier libanais, Beyrouth a annoncé mercredi avoir reçu une invitation de la France à participer à une réunion préliminaire en vue de la tenue, le mois prochain à Paris, d’une conférence internationale de soutien à l’armée libanaise.

Cette conférence devait initialement se tenir en mars dans la capitale française, mais elle avait été reportée lorsque le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale, en soutien à l’Iran.

Le président libanais Joseph Aoun, qui se trouve actuellement en visite officielle à Rome, a reçu une lettre de son homologue français Emmanuel Macron, invitant le Liban à «participer à une réunion préliminaire le 17 septembre à Paris, en vue de la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure», a indiqué la présidence libanaise.

Des chefs d’état-major de plusieurs pays, ainsi que des experts et des représentants de gouvernements et d’organisations internationales, sont attendus à cette réunion préliminaire, selon la présidence libanaise. Paris n’a toutefois pas encore fait d’annonce officielle concernant la réunion.

 

L’armée israélienne reconnaît avoir tué Hind Rajab

 

À Gaza, l’armée israélienne a reconnu mercredi que ses troupes avaient ouvert le feu sur la voiture dans laquelle se trouvait Hind Rajab, une fillette palestinienne de cinq ans, tuée en janvier 2024. Elle a également annoncé l’ouverture d’une enquête à la suite d’investigations préliminaires sur cette affaire.

Le corps de Hind Rajab avait été retrouvé dans une voiture criblée de balles plusieurs jours après que la fillette eut été entendue pour la dernière fois lors d’un long appel téléphonique avec le Croissant-Rouge palestinien, le 29 janvier 2024.

L’armée israélienne avait jusqu’à présent nié que ses troupes se trouvaient dans la zone au moment des faits.

Hind Rajab avait appelé les services d’urgence depuis la voiture de sa famille, qui avait essuyé des tirs alors qu’elle tentait de fuir la ville de Gaza, dans le contexte de l’avancée de l’armée israélienne dans le nord du territoire palestinien.

Les circonstances de la mort de la fillette avaient provoqué une vive indignation internationale et suscité de nombreux appels à l’ouverture d’une enquête indépendante.

Les enregistrements originaux de son appel aux services d’urgence ont par la suite été intégrés au documentaire La Voix de Hind Rajab, nommé aux Oscars.

 

Ghalibaf à Bagdad

 

Enfin, le président du Parlement iranien et chef négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, est arrivé mercredi à Bagdad pour une visite de trois jours, alors que l’Irak subit d’importantes pressions de Washington afin de désarmer les puissantes factions armées soutenues par l’Iran.

M. Ghalibaf a affirmé que son déplacement visait «à renforcer le nouvel ordre dans la région et à accélérer le renforcement de la coopération entre tous les pays de la région, sans ingérence étrangère».

Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible pour Bagdad, pris entre ses relations avec Téhéran et les exigences américaines concernant les groupes armés pro-iraniens présents sur son territoire.

M. Ghalibaf doit notamment rencontrer le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, avant de s’entretenir avec des représentants du «Cadre de coordination», coalition au pouvoir regroupant plusieurs partis chiites plus ou moins proches de Téhéran.

Sous la pression de Washington, M. Zaidi a donné aux groupes armés pro-iraniens jusqu’au 30 septembre pour déposer les armes. Cette échéance coïncide avec la fin de la mission de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis en Irak.

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