
Ces derniers jours, voir l'armée se retirer de certains villages du Sud comme Rmeich, Aïn Ebel, Debel ou Qlayaa fait quelque chose à l'intérieur qu'on a du mal à nommer. Ce n'est pas seulement de la tristesse. C'est plus vieux que ça, plus profond, comme si ce recul venait confirmer une intuition qu'on repoussait depuis longtemps, celle d'un pays qui glisse lentement hors de lui-même. Dans les cafés, dans les messages qu'on s'envoie le soir, on sent que quelque chose s'est fissuré. Mais l'émotion, aussi juste soit-elle, ne suffit pas à comprendre ce qui se passe. Et tant qu'on reste dedans, on ne voit rien.















