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Opinion

Je jure d'être fidèle à la patrie, à l'armée et au drapeau...
Par
Akram Nehmé
Publié
avr. 4, 2026 - 16:59

Ces derniers jours, voir l'armée se retirer de certains villages du Sud comme Rmeich, Aïn Ebel, Debel ou Qlayaa fait quelque chose à l'intérieur qu'on a du mal à nommer. Ce n'est pas seulement de la tristesse. C'est plus vieux que ça, plus profond, comme si ce recul venait confirmer une intuition qu'on repoussait depuis longtemps, celle d'un pays qui glisse lentement hors de lui-même. Dans les cafés, dans les messages qu'on s'envoie le soir, on sent que quelque chose s'est fissuré. Mais l'émotion, aussi juste soit-elle, ne suffit pas à comprendre ce qui se passe. Et tant qu'on reste dedans, on ne voit rien.

Pays du Golfe, prenez exemple sur Youssef Rajji!
Par
Youssef Mouawad
Publié
avr. 4, 2026 - 12:46

Notre République décatie a retrouvé son lustre. Il a suffi qu’un de nos ministres fasse preuve de fermeté et « congédie », dans le respect des règles d’usage, le représentant accrédité de l’Iran. Et c’était d’autant plus à l’honneur de Youssef Rajji qu’il a su braver la tempête suscitée par son impertinence. Cependant, il ne faut pas croire que ce coup de force diplomatique irait jusqu’à rétablir la crédibilité de ce gouvernement ou de cette administration. Il en faudrait bougrement plus ; et des purges d’ampleur stalinienne y suffiraient à peine ! Le Khalij à feu et à sang Mais rendons-nous dans le golfe Persique, puisqu’il faut

Quand la victoire devient du bruit
Par
Jad Akhawi
Publié
avr. 1, 2026 - 09:45

Dans les grandes crises, les affrontements ne se cantonnent pas au seul terrain militaire. Ils s'étendent ainsi à un autre champ, tout aussi décisif, celui du récit. Dans la situation libanaise actuelle, le comportement du Hezbollah se démarque par une intensification de ses menaces internes et une saturation de l'espace médiatique avec un flot de communiqués pouvant atteindre des dizaines par jour. Or ce phénomène mérite une lecture attentive, loin de toute réaction émotionnelle, pour en comprendre les ressorts, les objectifs et les répercussions. Ce qui frappe d'emblée, c'est le volume inédit de communiqués évoquant des «opérations d'exception» et des «exploits héroïques» au sud du pays. Ce rythme soutenu ne peut s'expliquer par les seuls faits militaires. Il relève de ce que l'on appelle la «gestion du moral». Les guerres modernes ne se mènent pas uniquement avec des armes, mais aussi par l'image, l'information et l'impression. Aussi, lorsqu'un acteur se sent sous pression, militairement ou politiquement, il a recours à l'amplification de ses succès pour préserver la cohésion de son environnement et empêcher le doute d'y pénétrer.

Le choix de la peur du choix
Par
Akram Nehmé
Publié
mars 31, 2026 - 10:23

Le Liban vit sous pression, entre ce qui le frappe de l’extérieur et ce qui le bloque de l’intérieur, et avec le temps, ce qui était exceptionnel est devenu presque normal. Le vrai problème n’est plus seulement ce qui vient d’ailleurs, il est dans cette incapacité à trancher, dans ce moment suspendu où l’État voit parfaitement ce qui doit être fait mais n’arrive pas à franchir le pas. Ce n’est pas un manque de compréhension, c’est une peur qui s’est installée lentement, nourrie par une histoire où chaque affrontement interne a laissé des traces trop profondes pour être ignorées. Quand un pays a connu la guerre, il ne développe pas seulement des réflexes, il porte des traumatismes, des peurs enracinées, des automatismes de survie qui poussent à éviter, contourner, repousser, même quand cette fuite devient elle-même un danger.

Péril est notre demeure, perpétuelles sont nos guerres !
Par
Youssef Mouawad
Publié
mars 28, 2026 - 11:26

“Baytuna al-khataru”, (péril est notre demeure), expression empruntée à Saïd Akl. Michel Chiha n’était pas dupe de notre unité nationale de façade! D’ailleurs, qui l’aurait été ? Cet essayiste craignait, par-dessus tout, les démons de la division et de la violence qui hantaient notre mémoire de Libanais. Son Liban était : « un pays que la tradition doit défendre contre la force… » La fragmentation nationale et le legs historique L’affrontement, qui se poursuit sous nos yeux depuis octobre 2023, peut passer pour un affrontement international ou régional entre Israël et l’Iran, mais il est également, pour ce qui nous concerne, le prolongement d’un conflit domestique ancestral entre factions libanaises.

Nabih Berry, l'architecte de l'occupation iranienne du Liban
Par
Makram Rabah
Publié
mars 26, 2026 - 05:05

À un moment charnière de la trajectoire libanaise, la décision d'expulser l'ambassadeur iranien ne saurait être traitée comme un geste diplomatique ordinaire. C'est, très simplement, le premier véritable test de la capacité de l'État libanais à dire « non » à un projet régional qui vide sa souveraineté de sa substance depuis des années. Mais comme toujours, le problème n'est pas seulement extérieur — il réside au-dedans, et plus précisément chez ceux qui se prétendent partenaires dans la gouvernance. Au centre de ce tableau se dresse Nabih Berry, notre omniprésent président de la Chambre. Berry, qui tente aujourd'hui de se poser en garant de la stabilité, est en réalité l'un des principaux architectes de son effondrement. L'homme qui s'est longtemps présenté comme une « soupape de sécurité » n'est devenu, en vérité, qu'une soupape d'obstruction — bloquant toute tentative sérieuse de contester la domination du Hezbollah et l'emprise de l'Iran sur le Liban.

L’illusion de l’inaction face à un régime sanguinaire
Par
Khalil Helou
Publié
mars 24, 2026 - 17:20

Il y a 108 ans, quelques mois avant la fin de la Première Guerre mondiale, et plus précisément le 18 mars 1918, Georges Clemenceau, Premier ministre et ministre de la Guerre en France, déclarait devant l’Assemblée nationale: «On dit: nous ne voulons pas la guerre, mais il faut la paix le plus tôt possible. Ah! Moi aussi, j’ai le désir de la paix le plus tôt possible et tout le monde la désire. Il serait un grand criminel celui qui aurait une autre pensée, mais il faut savoir ce qu’on veut. Ce n’est pas en bêlant la paix qu’on fait taire le militarisme prussien. Ma politique, je fais la guerre.»

Pour une intifada chiite contre le Hezb!
Par
Youssef Mouawad
Publié
mars 21, 2026 - 13:34

Aux seuls chiites libanais de désavouer le Hezbollah, de mettre un terme à son hégémonie et, du coup, à l’emprise des Pasdarans sur notre pays * ! Même cas de figure en Iran : les frappes combinées israélo-américaines ont beau pulvériser Ali Larijani, sa garde rapprochée et ses forces répressives, seule une insurrection citoyenne peut renverser la tyrannie de wilayat al-faqih . Les observateurs avisés finiront par l’admettre : nul dénouement de la tragédie perse, nulle résolution de la crise iranienne sans affrontement entre compatriotes, c’est-à-dire sans conflit civil. Aux peuples donc de revendiquer leur droit à la vie !

Nos enfants prodig(u)es
Par
Akram Nehmé
Publié
mars 21, 2026 - 06:54

On a tous quelqu'un dans la famille qui est parti étudier à l'étranger. Un fils, une fille, un neveu, une nièce. On a payé les frais de scolarité, on s’est serré les dents, on était fier. Ils ont eu leurs diplômes. Ils sont allés travailler au Golfe. On appelait ça une réussite. Aujourd'hui, cette histoire-là est en train de s'arrêter. Les pays du Golfe ont décidé d’accorder les emplois à leurs propres citoyens en priorité. C'est leur droit, et c'est une tendance lourde, pas une simple mesure temporaire. Les grands projets de vision économique, comme l'Agenda 2030 en Arabie Saoudite, sont conçus précisément pour réduire la dépendance à la main-d'œuvre étrangère. Les Libanais qui travaillaient là-bas commencent à recevoir des lettres de licenciement, et beaucoup de ceux qui restent voient leurs contrats non renouvelés.

Pour un nouveau 14 Mars
Par
Jad Akhawi
Publié
mars 14, 2026 - 16:06

La mémoire libanaise est jalonnée de moments marquants, mais rares sont ceux qui ont véritablement constitué un tournant dans l'histoire du pays comme la manifestation du 14 mars 2005. Ce jour-là, il ne s'agissait pas simplement d'une manifestation massive au cœur de Beyrouth, mais d'un rare moment où les Libanais se sont unis autour d'une idée commune: la restauration de l'État. Ce moment est survenu après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafik Hariri, un crime qui a non seulement ébranlé le Liban, mais a aussi bouleversé le cours de sa vie politique. L'assassinat d'une figure de l'envergure de Hariri n'était pas un simple incident de sécurité, mais un véritable séisme politique qui a révélé l'ampleur de la crise que traversait le Liban, sous le joug sécuritaire et politique de Damas depuis la fin de la guerre civile.