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Opinion

Hezbollah, qu’as-tu fait de tes frères?
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Youssef Mouawad
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mars 14, 2026 - 09:32

Hezbollah, tu avais probablement quelque chose à prouver ! En lançant aux premières heures du lundi 2 mars, une « salve de missiles et un essaim de drones » en direction d’Israël, tu avais certainement ta petite idée derrière la tête. À ce jour, les conséquences sont incalculables : plus de sept cents morts, éradication sans pitié de quartiers entiers, près de neuf cent mille sinistrés hors de leurs foyers, dont plus de 150.000 qui n’ont trouvé refuge que dans la précarité et la promiscuité d’abris collectifs! Pourquoi n’avoir pas fait le dos rond ? Tu ne pouvais faire preuve de tant d’immaturité quand tu savais que la riposte de l’État hébreu serait disproportionnée. En ta qualité de « mouvement autoproclamé de résistance », tu n’étais pas de taille à te mesurer à Tsahal, d’autant moins que tu avais été décapité au jour du 17 septembre des « pagers ». Quelle était donc la finalité de ton acte de provocation ? Ton minable feu d’artifice ne pouvait renverser le cours de la situation, déjà que les missiles tirés depuis l’Iran s’étaient révélés inefficaces et insuffisants et qu’ils avaient apporté la preuve de la vulnérabilité d’un régime clérical aux abois.

La guerre, faute de mieux
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Nanette Ziadé-Ritter
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mars 10, 2026 - 13:44

J’appartiens à cette génération qui a grandi avec la guerre, qui craint de mourir avec elle et qui, entre-temps, aura perdu le plus clair de sa vie à attendre ou espérer que cela aille mieux. J’appartiens à cette génération de l’entre-deux qui a connu l’avant 1975 sans pouvoir en extraire des souvenirs de jeunesse. Celle qui peut regretter sans jamais tourner la page. Celle qui pensait que, comme elle, les jeunes d’aujourd’hui, peu importe le camp auquel ils appartiennent, auraient jeté un regard en arrière et auraient préféré vivre que mourir en soi-disant martyrs. Je reste, comme tant d’autres, ahurie de voir que mon pays a pu de nouveau être entraîné dans une guerre absurde au lieu de signer un traité de paix. Celui-là même qui a permis à tous les autres Arabes d’avancer à pas de géant, alors que nous pensions détenir le graal de la région. Et nous voilà recalés au dernier rang, forcés de constater que notre géographie comme notre démographie en seront à jamais remodelées.

Être ou ne pas être
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Karim Tabet
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mars 9, 2026 - 09:09

To be or not to be. Dans cette célébre tirade, Shakespeare symbolise la vie avec son lot de douleurs, d’injustices et de souffrances, que nous subissons depuis des décennies, mais elle incarne aussi la mort et le suicide comme issue de sortie. Si un groupuscule fanatique a decidé d’emprunter cette route au nom d’une cause obscurantiste, la majorité des Libanais la rejette ouvertement. La fin annoncée d’une tyrannie Les signes ne sont pas trompeurs. L’Histoire nous l’apprend encore et encore. Quand une dictature telle que celle des mollahs et des Gardiens de la révolution se retrouve coincée au pied du mur, quand le danger guette, quand les chimères et les mégalomanies dont elle s’est longtemps nourrie pour sa survie se fracassent contre la dure réalité, quand s’effondre ce château de cartes qu’elle s’est efforcée de construire durant des décennies à n’importe quel prix, au mépris de toute considération morale et éthique envers une population qu’elle croit tenir sous son joug, quand le désespoir prend le dessus et que tous les indicateurs passent au rouge, alors le fanatisme aveuglé, l’hystérie furieuse et la folie kamikazienne, prennent la relève et l’emportent sur la raison.

Le tunnel et la tente
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Akram Nehmé
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mars 9, 2026 - 08:24

Ils ont des missiles de précision, mais ils n’ont pas de couvertures pour les enfants. Ce n’est pas un oubli ni une erreur d’organisation, c’est un choix. Le ciment n’a pas servi à construire des abris pour protéger les familles, il a servi à creuser des tunnels pour protéger les roquettes. Dans cette logique, une ogive a une valeur stratégique, alors qu’un civil est considéré comme remplaçable. Il suffit d’en fabriquer d’autres. La démographie devient ainsi une forme d’arsenal. Et la souffrance de ces civils n’est pas un échec pour ceux qui dirigent ce système. Elle devient au contraire un outil. Une mère qui pleure dans une école devant les caméras du monde entier produit un message puissant qui se répand tout seul: regardez ce qu’ils nous font. Ce que l’on oublie souvent de dire, c’est que l’ennemi n’a pas détruit les abris. Il n’y en a tout simplement jamais eu.

Le temps d’oser dire …
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Youssef Mouawad
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mars 7, 2026 - 10:27

Doit-on pleurer l’ayatollah Khamenei ? Va-t-on se joindre au cortège des éplorés ou alors donner le nom de ce « martyr » à une avenue de notre capitale ? Dans leur complaisance, nos gouvernements avaient bien donné le nom de Hafez al-Assad à une rue passante pour célébrer in sæcula sæculorum son âge d’or sur notre terre*. Après tout, le Guide suprême iranien a bien façonné le Liban et l’a régenté au même titre que les usurpateurs Assad, père et fils. Et même si ce fut par personnes interposées, il a laissé ses empreintes indélébiles dans notre histoire, violant nos institutions et déchirant notre tissu social si spécifique. Des décennies durant, notre pays ne fut qu’un condominium syro-iranien, une bande de terre longeant la Méditerranée où Damas et Téhéran exerçaient concomitamment leur conjointe souveraineté.

Naïm Kassem est un menteur
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Makram Rabah
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mars 6, 2026 - 05:41

Dans sa dernière allocution, Naïm Kassem a tenté de présenter la décision du Hezbollah de lancer des roquettes et d'élargir la guerre comme un acte défensif contraint, imposé par les violations israéliennes. Selon son récit, le Hezbollah a fait preuve de patience pendant quinze mois après le cessez-le-feu de novembre 2024, a laissé la diplomatie suivre son cours, et n'a finalement agi que lorsqu'il est devenu évident qu'Israël ne cesserait pas de violer la souveraineté du Liban. Cet argument ne mérite pas d'être sérieusement débattu, car il est bâti sur un mensonge. Kassem ne se trompe pas. Il n'est pas mal informé et ne présente pas une interprétation alternative des événements. Il ment. Les faits ne sont ni compliqués ni ambigus, et la chronologie elle-même expose la malhonnêteté de sa thèse. Le Hezbollah n'a pas soudainement découvert les violations israéliennes après quinze mois de silence, pas plus qu'il n'a décidé que la souveraineté libanaise avait finalement atteint son point de rupture. L'organisation a choisi son moment avec beaucoup de soin, et elle l'a fait immédiatement après l'assassinat d'Ali Khamenei.

Liban: entre passivité et guerre imposée, l’État face à la tempête Hezbollah

Le Liban est aujourd’hui divisé suivant une ligne de fracture verticale, notamment depuis que le pouvoir exécutif a interdit toute activité militaire du Hezbollah, alors que la situation sur le terrain ne fait que s’aggraver, avec l’élargissement du conflit militaire entre Israël et le Hezbollah. L’ouverture du front sud et les réactions politiques et médiatiques du Hezbollah qui critique le Conseil des ministres, le président de la République et s’en prend au Liban tout entier, peuvent, au mieux, être qualifiées d’irresponsables, sinon de défiantes. Les premiers à en payer le prix sont les partisans du Hezbollah eux-mêmes, ensuite le Liban tout entier.

Cherchons homme d’État
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Khalil Helou
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mars 2, 2026 - 16:11

Les circonstances dramatiques que traverse le pays nécessitent à n’en point douter la présence d’hommes d’État ! Le Liban en a connu et ils nous manquent, d’autant que leur liste est restreinte. Certes, un homme d’État doit être au pouvoir pour faire ses preuves, et il ne peut s’affirmer que dans des circonstances importantes. Ainsi, depuis 1943, certains présidents de la République ont été à la hauteur de la fonction de chef de l’État face aux évènements. Ils ont été à la hauteur soit par leur vision, ou par leurs décisions concrètes qui ont épargné au pays des catastrophes. Ils se sont montrés aussi à la hauteur en s’en tenant fermement à la Constitution et aux lois en vigueur, par la force, la diplomatie, ou une politique sage et ferme. Ils ont, surtout, assumé leurs responsabilités quant à la défense de l’État régalien, souverain et indépendant.

Une souveraineté indivisible dans un Liban divisé
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Makram Rabah
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févr. 25, 2026 - 21:54

Naïm Kassem a prononcé quantité de discours au fil des ans. Le dernier, à l’occasion de l’anniversaire des « commandants martyrs » du Hezbollah, n’avait rien d’original. Mais il était révélateur. À la fois élégie, sermon et avertissement. Prévisible de bout en bout. Les martyrs ont été invoqués. La foi réaffirmée. Israël dénoncé. L’Iran célébré. Et le gouvernement libanais délicatement rappelé à l’ordre : responsable de tout, habilité à presque rien. La formule est remarquable. Le Hezbollah exige que l’État défende la souveraineté — à condition que l’État ne prétende pas en être le propriétaire.

Son Excellence
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Akram Nehmé
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févr. 21, 2026 - 18:31

Au Liban, l’argent ouvre presque toutes les portes. Il accélère les décisions, simplifie les démarches, fait tomber bien des résistances. Il y a pourtant une porte qu’il ne peut pas ouvrir : celle de la dignité, celle du respect réel, celui qui ne se paie pas. Il le sait, même s’il préfère ne pas se l’avouer. Il a réussi vite, très vite. Trop vite. Nouveau riche, fortune arrivée avant la reconnaissance, argent parfois opaque, parfois franchement louche. Malgré les biens, les relations et les signes extérieurs, il vit avec ce malaise persistant : quelque chose manque. Une légitimité. Une place. L’impression d’exister autrement que comme quelqu’un qui paie.