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Opinion

Seul Trump peut sauver le régime iranien!

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Par Youssef Mouawad
Publié févr. 21, 2026 - 10:02

Si l’on en croit les rumeurs, il n’y aura rien de grave à signaler dans les prochaines semaines. Car, si l’on se fie aux propos de Abbas Araghtchi, Téhéran et Washington seraient parvenus, lors de leurs entretiens à Genève, à un large accord sur un ensemble de « principes directeurs, sur la base desquels ils avanceront et commenceront à travailler sur le texte d’un accord potentiel ». Entretemps, l’Iran est en train de se réapprovisionner en armes et en munitions, ce qui n’est pas de nature à rassurer Israël, ce dernier exigeant, par ailleurs, que les pourparlers en cours excèdent le strict cadre du nucléaire pour inclure les deux questions des missiles et des proxys. 

Cela dit, les pays arabes du Golfe, qui ont insisté pour que Trump fasse prévaloir les voies diplomatiques sur l’option militaire, peuvent craindre que Netanyahu ne fasse le mariole et ne mette le feu aux poudres. 

Et s’il y avait anguille sous roche 


Tout en rassemblant une armada menaçante dans la région, le président américain s’est porté au secours du régime des ayatollahs en lui accordant un sursis. Il l’a sauvé en lui gardant la tête hors de l’eau, de même qu’il l’a préservé de la fureur d’Israël dont il retient jusque-là le bras vengeur. Mais le retiendra-t-il encore après le « persuasion trip » qu’a effectué Netanyahu à Washington le 11 février dernier et dont l’objet était de faire part des appréhensions israéliennes à la Maison Blanche? 

Donald Trump est plus roué qu’on ne le croit. Pour preuve, son intervention imprévue, et pour certains intempestive, en juin dernier. Rappelons qu’Israël avait déclenché le 13 juin 2025 une attaque surprise contre l’Iran et que, dans la nuit du 21 au 22 de ce même mois, l’US Air Force et l’US Navy étaient entrées dans la danse et avaient bombardé plusieurs sites nucléaires. Ce raid allait brutalement interrompre le sixième round de négociations, lequel était censé reprendre entre l’Iran et les États-Unis, trois jours après le début des combats.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui empêcherait un remake fondé sur le même scénario ? N’est-on pas à la veille des négociations dont les « principes directeurs » ont été établis récemment à Genève ? Et n’est-ce pas le moment idéal pour frapper l’Iran, qui croit avoir remporté la manche en enfarinant l’Américain? Ce serait un peu la réponse du berger à la bergère, et Trump en est bien capable!

C’est ne pas compter avec la pusillanimité 


Certains ont été jusqu’à taxer la politique américaine d’incohérence. Ben Samuels, correspondant du quotidien Haaretz à Washington, n’arrive toujours pas à s’expliquer la politique du zigzag (ou du yoyo) de la Maison Blanche, quand tout relève de l’arbitraire, de l’humeur ou de la fantaisie d’un homme. Or J.D. Vance, le vice-président américain, ne s’était pas retenu de déclarer que Donald Trump n’avait « pas l’habitude de révéler publiquement ses positions afin de préserver son espace décisionnel ».   

C’est que Donald Trump est un businessman qui ne veut pas tomber dans le piège de la guerre, où sont tombés bien de ses prédécesseurs. C’est également, et je ne vous le fais pas dire, un matamore capable de gesticulation mais qui se dérobe à l’heure de l’affrontement. 

Dans une prise de décision, entrent en jeu aussi bien les intérêts d’une personne que son caractère ! Et si le président américain déclare qu’il veut épuiser la voie diplomatique avec l’Iran avant toute action militaire, c’est par « failure of nerve and want of courage », c’est-à-dire par couardise et pusillanimité.

Mais en cette heure précise où deux porte-avions ont pris leurs marques dans la région, rien n’est dit et le diable peut toujours surgir de la boîte!

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