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Opinion

La torture, de l’essence du régime syrien déchu!
By
Youssef Mouawad
Published
mai 22, 2026 - 23:38

De quoi s’extasier devant la panoplie des instruments de torture figurant au menu des geôles syriennes! C’est que les officines des divers services de moukhabarat n’avaient pas chômé pendant plus de cinquante ans de dictature prorogée. Alors, pour exercer leurs talents pervers, arracher des aveux à leurs victimes et surtout intimider la population, les tortionnaires du Baas avaient le choix entre le « doulab », le « ‘abd al-aswad » et le « bisat al-rih ». Difficile de départager les supplices, mais le deuxième de la liste est d’une telle perversité qu’Amnesty International n’avait pas manqué de le décrire dans son Rapport de 1984 en ces termes : « La victime, ligotée, est assise sur un appareil qui, lorsqu’on le branche, lui introduit une lame de métal chauffée dans l’anus ».

Iran et Liban: deux théâtres, une même guerre?
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Jean-Patrick Dayras
Published
mai 19, 2026 - 14:23

Les différentes déclarations et volte-face du président Donald Trump vont modifier les relations avec les Européens, l’OTAN et les alliés des États-Unis. Elles vont entraîner des réactions de la part des pays du Pacifique et du Moyen-Orient qui pensaient la protection des États-Unis crédible. Les Occidentaux jouent la modération et veulent avoir un rôle dans la sécurité du détroit d’Ormuz après la cessation des hostilités. Les États-Unis seront-ils hors-jeu dans la région au profit d’un autre protecteur improbable? Le règlement libanais se fera-t-il avec la France? Avec ou sans l’Europe? Après l’intervention des États-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février 2026, dont les chefs d’État ou de gouvernement des pays occidentaux, européens et de l’OTAN n’avaient pas été informés, le président Donald Trump a demandé à ces derniers de le soutenir en participant à la préservation de la sécurité dans le détroit d’Ormuz et en assurant un soutien direct aux opérations américaines. Majoritairement, les chefs d’État et de gouvernement ont décliné.

En Syrie, toute justice sélective est justice émasculée!
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Youssef Mouawad
Published
mai 16, 2026 - 12:23

La marche au supplice avait été filmée : ce n’est pas tous les jours que l’on massacre 288 civils dont 12 enfants ! La scène s’était déroulée dans la banlieue sud de Damas et « dans les règles ». Nous sommes en 2013 au lieu-dit Tadamon. Plus de 24 vidéos avaient saisi des spectacles glaçants d’effroi, dont le suivant : des miliciens pro-gouvernementaux conduisent des civils aux yeux bandés et aux mains attachées dans le dos jusqu’au bord d’une tranchée ; ils les y précipitent avant de tirer dans le tas pour les abattre. Les corps, nous rapporte-t-on, sont ensuite brûlés puis ensevelis à l’aide d’un bulldozer pour ne pas laisser de trace. Comble d’abomination, ces « exploits » de la dynastie el-Assad sont filmés dans le détail par le soin des bourreaux. Or, par un concours de circonstances, cette vidéo incriminante allait faire le tour des réseaux sociaux à partir de 2022 et devenir emblématique de la férocité du régime. Une pièce à conviction qui nous montre le dénommé Amjad Youssef, vedette principale de ce film d’horreur, dispensant la mort en toute quiétude !

Les exilés en Israël: entre blessure identitaire et absence de justice transitionnelle

Le dossier des Libanais exilés en Israël compte parmi les plus complexes et les plus sensibles de toute la problématique libanaise, précisément parce qu'il se situe au croisement de trois dimensions étroitement enchevêtrées : les séquelles des occupations syrienne et israélienne, les héritages de la guerre civile, et la fracture profonde qui traverse les conceptions mêmes de l'État, de la souveraineté et de la justice. L'État a été absent du Liban-Sud pendant des décennies, laissant les populations livrées aux tiraillements entre l'occupation et les armes des milices. Quand il y revint après la libération, ce fut avec une logique sécuritaire et judiciaire stricte, étrangère à tout esprit de réconciliation nationale digne de ce nom. C'est pourquoi ce dossier est demeuré une plaie ouverte : le Liban n'a pas connu l'expérience d'une véritable justice transitionnelle à la mesure de l'après-guerre et des occupations multiples qui l'avaient meurtri.

Le Liban entre les armes et les négociations
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Jad Akhawi
Published
mai 10, 2026 - 16:02

Dans un moment régional d'une complexité extrême, le Liban se trouve confronté à une question existentielle qui dépasse de loin les calculs politiques du quotidien et les clivages traditionnels : que veut-il obtenir d'éventuelles négociations avec Israël, que peut-il offrir, et dispose-t-il seulement, en son for intérieur, de la capacité nécessaire pour honorer les engagements qui pourraient en découler ? Ces questions ont cessé d'être théoriques. Elles sont désormais directement liées au destin de l'État libanais, à la possibilité pour des centaines de milliers de ses ressortissants de rentrer dans leurs villages, et à la capacité du pays à sortir de sa condition d’ « arène de confrontation ouverte » pour accéder enfin au rang d'un État ordinaire, maître de ses frontières et de ses décisions.

Négociations de Washington : le Liban parviendra-t-il à briser ses chaînes?

Depuis l’émergence du conflit arabo-israélien, le Liban a cherché avec constance à se prémunir contre un glissement total dans le brasier des guerres ouvertes, en adoptant une politique articulée autour de deux piliers : être le dernier État arabe à signer un accord de paix avec Israël, et demeurer un «pays de soutien» à la cause palestinienne plutôt qu’un «pays de confrontation» qui porterait seul le poids de la guerre. Cette approche découlait de la nature singulière du Liban, de ses équilibres subtils et de sa composition politique et sociale qui ne saurait absorber des conflits prolongés dépassant ses capacités et ses ressources.

Syriens, faites justice - mais que justice!
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Youssef Mouawad
Published
mai 9, 2026 - 02:09

Une potence avait été dressée par des manifestants devant le palais de justice de Damas. Nous sommes le dimanche 27 avril dernier, dans la capitale syrienne: une foule compacte était présente à la première audience des procès censés statuer sur le sort des criminels du régime déchu de Bachar el-Assad. Les manifestants criaient vengeance: ils n’auraient pas hésité à mettre en œuvre leur propre justice! C’est dire l’ambiance générale surchauffée qui pourrait jeter le discrédit sur le cours des développements à venir. Un tribunal spécial pour la Syrie, sur le modèle de celui institué pour l’ex-Yougoslavie, aurait suscité moins d’appréhensions.

La maladie culturelle
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Khalil Helou
Published
mai 5, 2026 - 17:02

La maladie dont souffre le pays n’est pas seulement la milice du Hezbollah, quoiqu’elle constitue le défi le plus important, ni les autres milices, ni les groupes armés dans les camps palestiniens, ni l’absence de souveraineté, ni la corruption sempiternelle depuis l’époque de la Mutasarrifiyah (1862 - 1915). Cette maladie, qui est le déracinement de la culture de l’État et de l’État régalien, infecte les mentalités et y prolifère depuis l’occupation baathiste syrienne. Elle s’est exacerbée plus tard, et s’est cancérisée sous l’hégémonie du Hezbollah. Depuis 21 ans celui-ci, à tous les niveaux de sa hiérarchie, et là où il se trouve dans les institutions, s’acharne à modeler les mentalités et les rendre soumises, et utilise ces institutions comme bouclier sociopolitique et sécuritaire à son profit.

Le dernier venin
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Akram Nehmé
Published
mai 4, 2026 - 07:57

Le Hezbollah, qui pendant des années faisait trembler tout le pays avec ses armes, ses hommes et ses menaces, en est aujourd'hui réduit à salir le patriarche maronite Béchara Raï à travers des armées de comptes anonymes, de faux courage et d'insultes écrites derrière un écran. Même leur manière de tomber devient petite. Pourquoi cette rage ? Parce que le patriarche a simplement rappelé une chose devenue insupportable pour eux : le Liban appartient aux Libanais. Une phrase simple. Une phrase normale. Et pourtant ils n'arrivent plus à la faire taire. Alors ils frappent dans le vide, comme quelqu'un qui sent que le sol se dérobe sous ses pieds.

Enfin, les procès de Damas!
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Youssef Mouawad
Published
mai 2, 2026 - 09:58

Des procès, il y en eut à Nuremberg (1945-46) et à Tokyo (1946-48), et même qu’à Istanbul, on dressa les potences en juillet 1919 pour exécuter de Jeunes Turcs responsables du génocide arménien. Cela dit, l’on s’était légitimement demandé pourquoi le pouvoir d’Ahmed al-Chareh tardait à mettre en branle la machine judiciaire. Ce dernier hésitait-il à sanctionner les exactions commises contre tout un peuple par la dynastie des tyrans Al-Assad et par leurs camarillas? La question était d’autant plus lancinante que plus d’une vingtaine de responsables – des premiers et deuxièmes couteaux, si vous me passez l’expression – avaient été appréhendés et croupissaient dans les geôles en attente d’un jugement.