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Opinion

Nabih Berry... halte au chantage!
Par
Jad Akhawi
Publié
juil. 4, 2026 - 15:48

À chaque tournant décisif que traverse le Liban, le même discours ressurgit: la menace de faire tomber le gouvernement, les mises en garde contre un nouvel effondrement et l’escalade de la confrontation. Pourtant, la question n’est plus de savoir si Nabih Berry peut renverser le gouvernement. Elle est désormais tout autre: que se passerait-il après sa chute? Quelle est l’alternative? Quelle vision propose-t-il pour le Liban? Et comment le pays sortira-t-il de sa crise s’il retombe une fois encore dans le cercle vicieux du vide politique et institutionnel? Si l’opposition à l’accord-cadre procède d’une réelle volonté de défendre la souveraineté, que ceux qui s’y opposent présentent une alternative claire, réaliste et applicable. Se contenter de réclamer la chute du gouvernement sans proposer la moindre feuille de route ne promet aux Libanais qu’un surcroît d’incertitude.

Accord-cadre: la victoire de l’État contre le chaos
Par
Jad Akhawi
Publié
juin 27, 2026 - 21:07

Chaque fois que le Liban s’approche d’une tentative sérieuse de réorganiser sa relation avec son environnement et avec lui-même, un discours tout prêt resurgit, résumant tout processus de négociation à une «reddition». Cette qualification n’est plus une simple divergence politique: elle est devenue un instrument de blocage systématique de tout processus susceptible de réhabiliter la notion même d’État. Plus grave encore, elle sert à priver l’État de sa propre légitimité chaque fois qu’il exerce son rôle naturel: négocier et prendre des décisions. L’accord-cadre proposé n’est pas une reddition. Bien au contraire: il constitue une tentative avancée de réintégrer le Liban dans le cercle des États qui détiennent seuls leur décision souveraine à travers leurs institutions, et non à travers des centres de pouvoir parallèles ou extérieurs à l’État.

Qui a gagné? Qui a perdu? On n'en sait rien, on ne sait plus!
Par
Youssef Mouawad
Publié
juin 27, 2026 - 13:24

Au lendemain de la funeste guerre de juin 1967, la guerre dite des Six jours, les pays arabes devaient faire un constat amer: l’Égypte avait perdu la bande de Gaza et le Sinaï, le Royaume hachémite avait été délesté de Jérusalem et de la Cisjordanie, alors que la Syrie s’était piteusement retirée de son Golan. Or le Baas au pouvoir à Damas, refusant d’assumer la responsabilité d’un revers historique, laissait entendre que les Israéliens ne l’avaient pas emporté tant qu’ils n’avaient pas renversé son régime! Tant que ce dernier tenait bon, Tel-Aviv ne pouvait se prévaloir d’une victoire! Cette attitude de déni allait constituer un précédent chaque fois que les Arabes subissaient un Waterloo.

Le Liban d’abord…
Par
Samir Abdelmalak
Publié
juin 27, 2026 - 09:15

Les grandes crises révèlent une vérité simple: aucun pays ne peut tenir lorsque les allégeances qui le dépassent demeurent plus fortes que le sentiment d’appartenance nationale. Les États qui parviennent à surmonter les épreuves sont ceux qui font de l’identité nationale le cadre qui rassemble tous leurs citoyens, quelles que soient leurs appartenances politiques, religieuses ou culturelles. La patrie n’efface pas la diversité ; elle lui offre le cadre qui la protège. Cette leçon est apparue avec netteté dans les récentes évolutions en Iran, où le discours national et patriotique a gagné en vigueur, en intégrant des catégories qui, jusqu’à récemment, étaient considérées comme étrangères au cercle de la loyauté politique. Les autorités ont compris que les défis existentiels imposaient d’élargir le cercle de l’appartenance, la force d’un État se mesurant autant à la cohésion de son pouvoir qu’à sa capacité d’embrasser l’ensemble de la société dans toute sa diversité.

Retour sur le projet d’avion de combat franco-allemand
Par
Jean-Patrick Dayras
Publié
juin 22, 2026 - 20:33

L’article de Roger Barake «Avis de tempête dans le ciel européen» - Levant Time, 13 juin 2026 - présente les raisons invoquées de l’abandon du projet de SCAF (Système Aérien de Combat Futur). Cet article offre un éclairage particulier en présentant les relations franco-allemandes telles qu’elles sont perçues par beaucoup de Français. Il donne un éclairage spécifique sur cet abandon regrettable. Voici quelques extraits éclairants de l’introduction de l’article précité : « L’échec du programme a immédiatement relancé les critiques visant Dassault Aviation et son président-directeur général, Éric Trappier. Dans certains milieux politiques allemands et européens, le patron du constructeur français est présenté comme l’un des principaux responsables du blocage. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir défendu une vision trop nationale du programme, incompatible avec la logique de coopération européenne.

Quelle vérité Naïm Kassem tente-t-il de dissimuler?
Par
Jad Akhawi
Publié
juin 20, 2026 - 13:31

Chaque fois que le Hezbollah affronte une crise politique, militaire ou populaire, ses dirigeants reviennent au même lexique: la résistance, la victoire, la souveraineté, le refus de toute tutelle. Des mots lourds, chargés d'une forte charge émotionnelle, mais qui perdent chaque jour davantage leur pouvoir de conviction auprès des Libanais, à mesure que se creuse l'écart entre le discours et la réalité. Dans son dernier discours, le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a affirmé que le Hezb restait fidèle à l'accord de Taëf et à la Constitution libanaise, que ses armes étaient dirigées contre Israël, et qu'il faisait face à des projets d'allégeance et de tutelle étrangère. Un propos qui paraît cohérent au premier abord, mais qui s'effondre dès qu'il affronte les faits.

Hé l’Iran, de quoi je me mêle?
Par
Youssef Mouawad
Publié
juin 20, 2026 - 00:50

La question ainsi formulée est quelque peu tardive, cependant elle a le mérite d’être posée en des termes exprès! En vertu de quelle norme juridique ou de quelle convention internationale, l’Iran s’immisce-t-il dans les affaires libanaises? Et en toute impunité depuis plus de quarante ans! Profitant de la faillite de l’État, l’ingérence s’est faite sous forme de soutien militaire, politique et financier dispensé au Hezbollah, allant jusqu’à impliquer notre pays dans des conflits et des affrontements qui n’étaient pas à l’ordre du jour de son gouvernement légitime. Comment frôler l’incident diplomatique sans y succomber?

Défaites cumulées ne font pas victoire
Par
Najib Zwein
Publié
juin 18, 2026 - 19:34

Au cœur des grandes mutations que connaît la région, le front libanais semble être le seul à attendre encore que se dessine clairement l'image finale de ce qui se joue entre les États-Unis et l'Iran. L'accord qui a mis fin à la machine de guerre et redessiné les lignes d'affrontement régional n'a pas encore livré toutes ses répercussions sur le Liban, tandis que les Libanais guettent ce que les prochains jours révéleront sur la direction qu'emprunteront les forces liées au projet iranien, après de longues années de paris risqués, de guerres et d'aventures. Certes, le cessez-le-feu représente un acquis pour l'ensemble des Libanais, après que le pays a payé un prix exorbitant en vies humaines, en ressources économiques, en infrastructures et en cohésion sociale. Mais cette évolution ne peut ramener les aiguilles en arrière, ni effacer les résultats catastrophiques engendrés par la guerre. Chaque camp cherche aujourd'hui à se présenter en vainqueur, pourtant la question qui importe aux Libanais n'est pas de savoir qui a gagné ou perdu, mais bien ce qu'a gagné l'État libanais, et où sont les acquis qui consolident la légitimité, les institutions et la souveraineté nationale.

À Baysarieh comme au Palais Bourbon, un vent de fronde …
Par
Youssef Mouawad
Publié
juin 13, 2026 - 00:26

Au moment même où se tenait à Paris, à l’Assemblée nationale, un colloque donnant la parole à nos concitoyens chiites libres*, un village du Sud perché à 180 mètres, se rappelait à notre bon souvenir. Le vendredi 5 juin, un vent de fronde se levait à Baysarieh: une échauffourée y opposa les habitants, en majorité duodécimains et acquis à Nabih Berri, à des hezbollahis qui voulaient installer des lance-roquettes en plein milieu de la localité. L’armée libanaise dut s’interposer pour séparer les antagonistes et rétablir l’ordre. Une vidéo a enregistré la mêlée collective qui, comble d’ironie, s’est déroulée dans une rue pavoisée d’étendards vert pistache, aux couleurs du mouvement Amal!

«On n'est jamais si bien servi que par soi-même»
Par
Samir Abdelmalak
Publié
juin 12, 2026 - 18:18

Le monde semble vivre aujourd’hui entre la fièvre de la Coupe du monde et les publications du président américain Donald Trump sur les réseaux sociaux, avec tout ce qu’elles entraînent comme répercussions immédiates sur les violentes fluctuations des cours du pétrole et de l’or, et sur les profits considérables qu’en tirent les spéculations qui leur sont liées. Ce «vacarme» médiatique dissimule pourtant des mutations plus profondes et plus déterminantes, qui se traduisent par un retraçage du réseau des alliances régionales et internationales, sous l’effet des retombées accélérées de l’affrontement en cours entre les États-Unis et Israël d’une part, l’Iran et ses ramifications de l’autre.