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Opinion

Si ce n’est la Syrie, c’est la Turquie et vice-versa!
Par
Youssef Mouawad
Publié
août 8, 2026 - 14:31

Après avoir été adoubé à Washington, voilà que fin juillet le général Joseph Aoun se faisait introniser à Ankara, une capitale qui l’a reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Le tapis rouge, la garde présidentielle rendant les honneurs süngü tak et les salves de canon ne furent pas rien aux yeux du militaire de carrière qu’est le président libanais. Évidemment, ce n’est pas lui qui irait chercher noise à une délégation commerciale turque comme l’avait fait le président Élias Hraoui au tout début de son mandat. La carte complète des sanjaks des vilayets de Beyrouth et de Syrie en 1909. Le vilayet de Beyrouth regroupait les sanjaks de Naplouse, de Saint-Jean d’Acre, du “Bilad al Bechara” (Liban-Sud actuel ou Jabal Amil), la ville de Beyrouth, les sanjaks de Tarablus ash-Sham, et de Lattaquié. La terminologie Tarablus ash-Sham était utilisée pour éviter la confusion avec une autre ville ottomane: Tarablus el-Gharb, la ville de Tripoli en Libye, qui a gardé son nom. (Wikimedia Commons)

Une crise financière aux profondes racines politiques
Par
Antoine Menassa
Publié
août 7, 2026 - 17:19

La crise libanaise, officiellement apparue à l’automne 2019, a été expliquée presqu’exclusivement par des facteurs techniques : ingénieries financières de la Banque du Liban ; profits bancaires; parité livre-dollar; taux d’intérêt; transferts de capitaux ; déficit commercial et consommation. Ces facteurs doivent être en effet examinés, mais ils ne suffisent pas à expliquer totalement l’effondrement. Les causes politiques, sécuritaires et administratives — pillage du secteur public, recrutements anarchiques dans l’administration de l’Etat, dépenses sans budgets réguliers, clientélisme, politisation de la justice, contrebande, économie parallèle et implication dans des conflits régionaux — ont été largement occultées. Le gouvernement de Hassane Diab n’est pas exclusivement à l’origine d’une crise qui se préparait depuis des décennies. Toutefois, certaines décisions prises ou assumées pendant son mandat ont accéléré la rupture.

Cheikh Naïm…  Le monopole de la violence légitime commence à Ali Taher

Avant toute chose, cheikh Naïm, il vous faut comprendre que l’ensemble des Libanais paient aujourd’hui le prix de vos inconséquences politiques, de votre soumission aveugle à l’Iran et de vos décisions unilatérales qui ont entraîné le Liban dans des guerres qu’il n’avait ni choisies ni décidées. Car ceux qui ont conduit le pays à cette situation dramatique et permis le retour de l’occupation israélienne dans certaines parties du Liban-Sud ne sont pas ceux qui s’efforcent aujourd’hui de sauver le Liban. Ce sont ceux qui se sont soumis aux ordres de l’Iran et ont décidé seuls d’entrer en guerre, en dehors des institutions de l’État et de son autorité.

Victoire russe ou ukrainienne, quelles conséquences au M.O.? (5/5)
Par
Jean-Patrick Dayras
Publié
août 2, 2026 - 21:12

La guerre d’Ukraine continue d’être au centre d’un vaste débat entretenu, entre autres, par des bombardements quasi quotidiens qui visent de part et d’autre des centres névralgiques et, plus spécifiquement, les capitales russe et ukrainienne. Afin de mieux comprendre les différentes dimensions de ce vieux conflit, il est nécessaire de revenir sur les prolégomènes et la genèse de ce qui a abouti à cette guerre (fratricide?), en exposant les motivations et les aspirations des différentes parties concernées, dont notamment l’Occident (États-Unis et Europe, élargie à tous les pays de l’Otan, à l’exception de la Turquie), et en rappelant aussi les débuts de l’offensive russe et les échecs des tentatives d’aboutir à une paix, ou tout au moins à des négociations, sachant que les responsabilités dans ce contexte sont multiples.

Au Liban, une emprise remplace l’autre!
Par
Youssef Mouawad
Publié
août 1, 2026 - 15:16

C’est à croire que le Liban n’a vécu qu’au gré des capitales étrangères: il y eut l’heure égyptienne sous Nasser, l’heure palestinienne sous l’OLP, l’heure syrienne sous la dynastie républicaine des Assad, et bien entendu l’heure iranienne quand le Hezbollah s’était saisi des commandes par personnes interposées. Cela est d’autant plus spécifique de la réalité libanaise qu’à chaque fois que l’influence d’un régime arabe ou autre venait à se diluer ou s’effacer, celle d’un autre régime la remplaçait. Comme si cela allait de soi, la nature ayant horreur du vide et nos hommes politiques ne voulant pas renoncer à la servitude.

Le non-lieu de Riad Salamé: la primauté du droit face aux rumeurs
Par
Antoine Menassa
Publié
juil. 23, 2026 - 17:58

Par Antoine Menassa * La Chambre d’accusation de Beyrouth a prononcé il y a quelques jours un non-lieu en faveur de l’ancien Gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, dans le dossier ouvert à la suite de la plainte déposée en juin 2021 par l’homme d’affaires Talal Abou-Ghazaleh. Celui-ci l’accusait d’avoir édicté des circulaires modifiant le système économique libéral, d’avoir dissimulé la réalité de la situation des banques et d’avoir participé, en collusion avec celles-ci, à l’appropriation des fonds des déposants. Par sa décision rendue le 14 juillet 2026, la Chambre d’accusation a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction reprochée n’étaient pas réunis. Appliquant les principes du droit pénal avec impartialité et indépendance, elle a replacé le dossier dans son cadre strictement juridique et mis un terme aux poursuites engagées contre l’ancien Gouverneur. Cette décision est saluée comme une illustration du rôle de la Justice, qui ne saurait être guidée ni par les impressions ni par la pression de l’opinion publique, mais uniquement par la loi et les preuves.

Aurions-nous trahi notre pays le 26 juin dernier ? *
Par
Youssef Mouawad
Publié
juil. 18, 2026 - 13:57

Quand on a reculé devant le feu ennemi, quand l’adversaire a assailli nos villes, rasé tant d’agglomérations et chassé nos compatriotes de leurs foyers, quand il a prouvé qu’il est en mesure d’avancer encore et encore jusqu’à cerner notre capitale et par-dessus tout quand, de guerre lasse, les boutefeux ont imploré un cessez-le-feu, il va de soi qu’à la table des négociations on ne fasse pas la fine bouche et qu’on doive transiger sur certains principes comme la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale! La France défaite dut céder en 1871 l’Alsace-Lorraine à l’empire du Kaiser; et de même l’Allemagne fut tenue, à la signature du traité de Versailles en 1919, d’accepter, entre autres mesures dégradantes, de démilitariser la Rhénanie et réduire les effectifs de son armée à cent mille hommes!

De l’excédent de puissance à la puissance de l’État
Par
Samir Abdelmalak
Publié
juil. 9, 2026 - 22:36

Le Moyen-Orient connaît des mutations sans précédent qui redessinent les équilibres de puissance et de sécurité. Après des années de guerres ouvertes et de conflits par procuration, la région s’oriente progressivement vers une nouvelle approche fondée sur le renforcement de l’État national, la réduction de l’influence des organisations armées non étatiques et la reconstruction des institutions militaires et sécuritaires en tant qu’unique garante de la stabilité. Dans ce contexte, le Liban se voit offrir une occasion rare de repenser son système de défense en harmonie avec les évolutions régionales tout en préservant ses intérêts nationaux.

Quand la sociologie absout le Hezbollah
Par
Makram Rabah
Publié
juil. 9, 2026 - 16:22

Il est une logique qui ressurgit chaque fois que la question des armes du Hezbollah est soulevée. Elle s’efforce de présenter le parti non comme une autorité armée ayant confisqué la décision d’une communauté et d’un pays, mais comme le prolongement naturel de la communauté chiite libanaise, comme si contester le Hezbollah revenait à s’en prendre aux chiites eux-mêmes, et comme si le désarmer signifiait arracher toute une communauté à son histoire, à sa mémoire et à ses moyens de protection. Cette logique est non seulement erronée. Elle est insultante. Elle réduit les chiites à leur peur. Elle transforme leur longue histoire en simple prélude à un fusil. Elle traite toute une communauté comme si elle ne pouvait exister qu’à l’intérieur du réseau d’un parti armé, comme si Jabal Amel, Najaf, la jurisprudence religieuse, le réformisme, les oulémas, les intellectuels, les agriculteurs, les étudiants, les commerçants et toute l’expérience nationale des chiites libanais n’avaient été qu’une préparation à la wilayat el-faqih.

La terre en échange de la paix
Par
Fady Noun
Publié
juil. 6, 2026 - 13:17

«La terre en échange de la paix.» Voilà, en deux mots, en termes anciens et toujours actuels, l’accord israélo-libanais de Washington (23-26 juin), pour peu que l’on place l’intérêt de la population des villages détruits avant toute autre considération. Le reste est détail. Oui, la terre en échange de la paix, mais pas n’importe quelle paix. Une paix passant par la concentration des armes aux mains de l’État libanais tel qu’on le connaît, démocratie parlementaire, terre de liberté et de pluralisme. Cela pourrait aussi s’exprimer ainsi: la terre, en échange des armes du Hezbollah. Car contrairement à ce qu’on pense, l’accord de Washington est un accord pacifique, non guerrier. Il pourrait s’appliquer sans qu’une seule balle ne soit tirée.