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Opinion

Après la tempête, le vent du changement?

Entre les pièges de l'extérieur et le devoir du sauvetage national

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Par Najib Zwein
Publié juin 2, 2026 - 22:27

Pendant de longues décennies, Israël attendait le moment propice pour liquider ce qu'il considère comme une menace contre son projet, qu'elle soit palestinienne, libanaise ou liée au projet régional iranien. Au-delà de la préparation militaire, il s'employait à aménager les conditions diplomatiques et médiatiques nécessaires à la mise en place d'une couverture internationale pour une grande bataille dont l'ambition était de redessiner le visage du Moyen-Orient.

Lorsqu'éclata l'opération «Déluge d'Al-Aqsa» le 7 octobre, le gouvernement de Benjamin Netanyahu fit valoir le discours du «péril existentiel», tirant parti de l'alignement des grandes puissances occidentales et en tête d'elles les États-Unis. Ce fut alors l'occasion historique qu'attendait Netanyahou pour déclencher la machine de guerre dévastatrice, non pas seulement contre le Hamas, mais contre tout ce qui pouvait être classé comme allié ou soutien.

Au cœur de ce plan, l'Iran commit sa première faute en ordonnant l'engagement du Liban dans la guerre par le truchement du Hezbollah, dans ce qu'on appela le «front d'appui», le 8 octobre. Ce jour-là, Israël ne dissimula pas ses intentions mais avertit clairement que le sud du Liban risquait de se transformer en «second Gaza». Vint ensuite la seconde faute, lorsque l'affrontement s'élargit et se mua en bataille directement liée aux calculs iraniens pour venger la mort de Khamenei, sans aucun lien avec l'intérêt libanais ni avec la sécurité des Libanais et l'avenir du Liban-Sud.

La réalité catastrophique s'étale au grand jour: à chaque véhicule blindé israélien touché répond l'effacement total d'un village, le déplacement de ses habitants, la mort de ses fils. Il est désormais manifeste que le Liban paie le prix d'un affrontement entre deux projets extérieurs: Israël qui refuse le modèle libanais, civilisationnel, pluriel et prospère, et l'Iran qui s'acharne à faire du Liban un terrain avancé et une première ligne de défense pour sa révolution islamique.

Au milieu de ce tableau d'une gravité existentielle, le président de la République lança une initiative courageuse et audacieuse, à laquelle nul avant lui n'avait osé se résoudre, animé par la seule ambition de sauver le pays et de ramener la décision au sein de l'État. En complémentarité avec cette position, le Premier ministre affirma de son côté que la voie du dialogue et de la négociation directe, si difficile et si complexe soit-elle, demeure le seul parcours réaliste pour épargner aux Libanais une hémorragie et une destruction plus grandes encore.

Ce qui donne aujourd'hui quelque raison d'espérer, c'est ce cri authentique qui s'est élevé de sous les décombres et les cendres de notre Sud résistant. C'est la voix du Sudiste véritable qui refuse la mort gratuite, qui refuse que ses villages et ses fils soient le combustible des guerres des autres ou le sacrifice sur l'autel de calculs régionaux. Cette voix réclame ouvertement la présence pleine et effective de l'État, le monopole des armes entre les mains des institutions légitimes, et le ralliement à l'armée libanaise en tant que seule référence en matière de sécurité et de souveraineté.

Face à cette réalité, on ne peut plus miser sur la conscience ou la bonne foi de parties locales qui continuent de pratiquer la tergiversation et la dissimulation, sachant pertinemment qu'elles sont perdantes d'avance. En ces circonstances décisives, la politique des faux-fuyants, de l'obstination et du sabotage des solutions nationales n'est plus une simple erreur politique ; elle est devenue une forme d'abandon de la responsabilité nationale, une trahison envers le peuple et la patrie.

Soutenir le président de la République et le chef du gouvernement, appuyer ces orientations de sauvetage et se ranger fermement derrière l'armée libanaise n'est plus un choix politique ordinaire parmi d'autres ; c'est devenu un devoir national et moral qui s'impose à tous.

Et l'interrogation grandit, le cri se fait pressant: où sont les forces du changement? Où sont les révoltés du dix-sept octobre? Où sont les enfants de la révolution du Cèdre et tous ceux qui croient en la souveraineté et en la liberté? Pourquoi ne vous unissez-vous pas aujourd'hui autour du cri de vos proches dans le Sud? Pourquoi ne formez-vous pas un front uni face à l'occupant et à l'usurpateur pour soutenir le projet de construction de l'État?

L'heure de vérité et du choix décisif a sonné: soit prendre la direction d'un État souverain, libre, capable, qui détient en exclusivité la décision de guerre et de paix et protège ses enfants, soit demeurer dans le tourbillon de l'effondrement et de la destruction, et laisser la patrie en otage des projets extérieurs qui se disputent son sol.

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