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Youssef Mouawad

Youssef Mouawad

Hezbollah, qu’as-tu fait de tes frères?
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Youssef Mouawad
Published
mars 14, 2026 - 09:32

Hezbollah, tu avais probablement quelque chose à prouver ! En lançant aux premières heures du lundi 2 mars, une « salve de missiles et un essaim de drones » en direction d’Israël, tu avais certainement ta petite idée derrière la tête. À ce jour, les conséquences sont incalculables : plus de sept cents morts, éradication sans pitié de quartiers entiers, près de neuf cent mille sinistrés hors de leurs foyers, dont plus de 150.000 qui n’ont trouvé refuge que dans la précarité et la promiscuité d’abris collectifs! Pourquoi n’avoir pas fait le dos rond ? Tu ne pouvais faire preuve de tant d’immaturité quand tu savais que la riposte de l’État hébreu serait disproportionnée. En ta qualité de « mouvement autoproclamé de résistance », tu n’étais pas de taille à te mesurer à Tsahal, d’autant moins que tu avais été décapité au jour du 17 septembre des « pagers ». Quelle était donc la finalité de ton acte de provocation ? Ton minable feu d’artifice ne pouvait renverser le cours de la situation, déjà que les missiles tirés depuis l’Iran s’étaient révélés inefficaces et insuffisants et qu’ils avaient apporté la preuve de la vulnérabilité d’un régime clérical aux abois.

Le temps d’oser dire …
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Youssef Mouawad
Published
mars 7, 2026 - 10:27

Doit-on pleurer l’ayatollah Khamenei ? Va-t-on se joindre au cortège des éplorés ou alors donner le nom de ce « martyr » à une avenue de notre capitale ? Dans leur complaisance, nos gouvernements avaient bien donné le nom de Hafez al-Assad à une rue passante pour célébrer in sæcula sæculorum son âge d’or sur notre terre*. Après tout, le Guide suprême iranien a bien façonné le Liban et l’a régenté au même titre que les usurpateurs Assad, père et fils. Et même si ce fut par personnes interposées, il a laissé ses empreintes indélébiles dans notre histoire, violant nos institutions et déchirant notre tissu social si spécifique. Des décennies durant, notre pays ne fut qu’un condominium syro-iranien, une bande de terre longeant la Méditerranée où Damas et Téhéran exerçaient concomitamment leur conjointe souveraineté.

Conflit irano-US: on n’est plus comme en 2015 sous Obama
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Youssef Mouawad
Published
févr. 28, 2026 - 14:01

Donald Trump vient d’engager les forces américaines dans une vaste opération contre le régime iranien. C’est du Real McCoy et non point un simulacre de raid ni un coup de semonce. La face du Moyen-Orient va changer! Et pour tout dire, c’est l’arrogance des ayatollahs qui aura causé leur perte. D’ailleurs, les États-Unis avaient infligé à l’Iran, il y a quelques jours, un affront que les ayatollahs avaient eu intérêt à passer sous silence. Lors du dernier conciliabule qui s’est tenu jeudi à Genève, sous l’égide du sultanat d’Oman, Steve Witkoff, le négociateur américain, avait soudainement interrompu les échanges et s’était retiré de la réunion au prétexte qu’il avait des obligations à remplir. Et de fait, il allait retrouver à l’autre bout du lac Léman une délégation ukrainienne.

Seul Trump peut sauver le régime iranien!
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Youssef Mouawad
Published
févr. 21, 2026 - 10:02

Si l’on en croit les rumeurs, il n’y aura rien de grave à signaler dans les prochaines semaines. Car, si l’on se fie aux propos de Abbas Araghtchi, Téhéran et Washington seraient parvenus, lors de leurs entretiens à Genève, à un large accord sur un ensemble de « principes directeurs, sur la base desquels ils avanceront et commenceront à travailler sur le texte d’un accord potentiel ». Entretemps, l’Iran est en train de se réapprovisionner en armes et en munitions, ce qui n’est pas de nature à rassurer Israël, ce dernier exigeant, par ailleurs, que les pourparlers en cours excèdent le strict cadre du nucléaire pour inclure les deux questions des missiles et des proxys.

Politique de la corde raide et des laissés-pour-compte
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Youssef Mouawad
Published
févr. 14, 2026 - 13:50

À quoi servirait une frappe ordonnée par Trump? Irions-nous croire qu’elle mettrait un terme à la répression qui s’abat sur les manifestants iraniens? En fait, nul n’est en mesure d’interrompre ces représailles que les gardiens de la Révolution infligent à leurs concitoyens. Et même si un accord était conclu à Oman pour esquiver une opération militaire américaine, rien n’indique que la paix civile s’instaurerait tout de go. Dans un cas comme dans l’autre, que les mollahs parviennent à un entendement au rabais avec les États-Unis ou non, le mouvement protestataire iranien sera livré à la férocité d’une « pacification » qui tire à balles réelles et à bout portant sur les protestataires et autres opposants.

Le big stick et l’effet dissuasif !
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Youssef Mouawad
Published
févr. 7, 2026 - 11:14

Et si l’Iran cédait devant le déploiement massif de la force américaine ? Et s’il ne relevait pas le défi de la flotte US qui vient mouiller dans ses propres eaux, celles du Golfe Persique? Eh bien, il perdrait la face, lui qui, il y a si peu, plastronnait et proclamait solennellement occuper quatre capitales arabes! Ne nous y trompons pas, Téhéran aura à choisir entre la guerre et le compromis, c’est-à-dire une reculade qui remettrait au goût du jour la diplomatie de la canonnière si décriée dans les cercles académiques. Cette soi-disant diplomatie, d’avant le premier conflit mondial, consistait à tirer depuis la mer sur les côtes d’un pays qui avait des choses à se reprocher, généralement des dettes financières.

Ingérence humanitaire à Téhéran et légitime défense à Caracas!
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Youssef Mouawad
Published
janv. 31, 2026 - 12:07

Qui ne s’est félicité de l’enlèvement de Nicolás Maduro, le dictateur qui a poussé à l’exode huit millions de ses compatriotes, c’est-à-dire un quart de la population du Venezuela ? Mais est-ce à dire que l’administration américaine était dans son droit en menant ce raid audacieux dans la vicinité de Caracas? D’après la Charte des Nations Unies de 1945 qui sacralise la souveraineté nationale et garantit la paix entre nations, un pays ne peut recourir à la force armée que dans deux cas, à savoir la légitime défense et l’adoption d’une résolution du Conseil de Sécurité l’y autorisant. Un pays peut cependant intervenir dans le territoire d’un autre pour répondre à la demande pressante de son gouvernement légitime: N’est-ce pas que les US marines avaient débarqué sur nos côtes en 1958 à la requête du président Camille Chamoun?

Le golfe Persique, un théâtre de dupes
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Youssef Mouawad
Published
janv. 26, 2026 - 09:53

Un maître du suspense que ce Donald Trump ! Dans les eaux chaudes du Golfe comme dans les terres gelées du Groenland, le président américain agit suivant le même pattern : susciter un événement renversant pour ensuite rafler la mise sous les regards médusés des protagonistes. Et l’on aurait tort d’ignorer le côté histrionique du personnage qui cherche à accaparer l’attention et à se faire prier pour accorder ses bonnes grâces. Le 13 janvier, il appelait les manifestants iraniens à prendre le contrôle des institutions et leur assurait que l’aide était « en route ». Mais cette promesse n’était qu’un pétard mouillé. Le président américain allait se rétracter trois jours plus tard en se saisissant d’un prétexte qui sonne creux: « Je respecte grandement le fait que toutes les pendaisons prévues qui devaient avoir lieu hier ont été annulées par les dirigeants de l’Iran. Merci ! »

Iran: une guerre civile, comme celle de Syrie, reste probable
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Youssef Mouawad
Published
janv. 17, 2026 - 09:04

N’allez pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Le régime de Téhéran n’est pas tombé ; et quand bien même il serait fragilisé, il ne vacille pas. Si les manifestations et les émeutes déclenchées dans les villes d’Iran sont à l’honneur des universitaires, des femmes, des bazaris comme des autres strates de la société, c’est à se demander si elles ont dépassé en ampleur celles qui avaient déboulonné le Chah en 1979. Mais ces convulsions et protestations peuvent soudain atteindre une gravité insoupçonnée, et il ne serait pas illusoire de parier sur leur succès comme n’hésite pas à le déclarer le chancelier allemand.

Décombres et Résistance à tous crins
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Youssef Mouawad
Published
janv. 10, 2026 - 19:18

On a toutes les raisons d’appréhender le vocable « debellatio » . Ce terme juridique barbare définit, en droit international, la subjugation d’un État et son éradication par la violence armée. Il désigne une situation d’anéantissement militaire, politique et juridique d’un pays donné par des combats ravageurs : situation qu’a connue Carthage à la fin des guerres puniques, tout comme l’Allemagne nazie à la chute de Berlin en mai 1945. Et le Liban alors, ne risque-t-il pas de connaître pareil sort pour soi-disant « faits de résistance » du Hezb ? Une normalisation, mais à quel prix ? Est-ce à dire que les Accords d’Abraham, pour arrimer notre pays à leur convoi triomphal, sont conditionnés par un debellatio préalable , c’est-à-dire par une subjugation des zones rétives à la pax americana ? Ces conventions internationales, intervenues en 2020 entre Israël et des pays du Golfe, ont en effet amorcé une dynamique de normalisation diplomatique, économique et sécuritaire entre des régimes arabes et l’État hébreu. Et, ce faisant, elles ont rejeté dans une opposition farouche les partisans du front de la « récalcitrance » ( al-moumana’a ), à savoir l’Iran et ses trois « H », le Hamas, les Houthis et le Hezbollah*.